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samedi 2 mars 2013

ARTHUR EDWARD WAITE (1857-1942)


Arthur Edward Waite (2 octobre 1857 - 19 mai 1942) était un occultiste américano-britannique. Arthur Waite est né à Brooklyn, État de New York.

Son père Charles F. Waite était un capitaine de la marine marchande américaine, tandis que sa mère Emma Lovell était la fille anglaise d'un riche marchand de Londres impliqués dans le commerce des Indes orientales. Juste un an après sa naissance et lors d'un voyage du Connecticut à Londres, le père de Waite est mort en mer le 29 Septembre 1858. Veuve et enceinte à l'époque, après avoir donné naissance à sa sœur, Frederika Emma et les enfants sont retournés à Londres, en Angleterre.

Ce qui n'est pas généralement connu, c'est que les enfants étaient nés illégitimement. Emma et le Capitaine Waite n'avait jamais été marié, car sa famille s'y était opposé.

À son retour à Londres et en raison de l'ostracisme continue sa famille, Emma a été forcée d'élever ses enfants dans les banlieues pauvres de Londres. Le rejet de sa famille l’a également amenée à se convertir à l'Église catholique romaine, une foi qu’elle a transmise à son fils et sa fille.

Même si elle n’est pas très à l'aise financièrement, Emma a fait de son mieux pour éduquer Edward Waite, et même parvint à le faire étudier à une petite école privée dans le nord de Londres, ensuite au Collège Saint-Charles, une école catholique dans Baywater.

Après avoir quitté l'école, Waite a commencé aussitôt à travailler comme commis et dans ses temps libre, il écrivait de la poésie et de la fiction romanesque...

Waite a passé une grande partie de sa vie dans et autour de Londres, et était reconnu comme étant un écrivain prolifique... Il est vite devenu en relation avec diverses maisons d'édition...

Son premier ouvrage publié a été « Ode à l'astronomie » (1877), après quoi il a publié de nombreux poèmes et des histoires dans des revues littéraires mineures... Plus tard, il a également édité un petit magazine « Le Monde Inconnu ».

En 1886, son premier ouvrage majeur sur l'occultisme est apparu : « Les mystères de la magie, un condensé des écrits d'Eliphas Lévi » (Redway 1886).

Après la mort de sa sœur en 1874, Waite perd tout intérêt dans l'Église catholique romaine, bien qu’il conservera un grand amour pour sa cérémonie rituelle. Effectivement, dans ses associations avec des ordres secrets plus tard, il ferait appel à divers aspects du catholicisme romain dans ses constructions rituelles propres...

Waite a alors commencé à explorer d'autres chemins de la spiritualité et de l'occultisme. Il a commencé avec le spiritualisme, mais il n’y trouve pas sa voie, et est passe enfin à la Société Théosophique. Mais presque aussitôt il en désapprouve le parti-pris "anti-chrétien", voire l’idéologie "luciférienne" qui se retrouve partout dans les œuvres de HP Blavatsky, qui en a fait sa force motrice principale.

À cette époque, Waite était un lecteur assidu et se rendait régulièrement à la bibliothèque du British Museum, où il s’afférait religieusement à l'étude de nombreuses branches de l'ésotérisme. C'est là qu'il a découvert les écrits et enseignements de Eliphas Lévi, et trouva enfin sa voie...

Alors qu'il avait déjà écrit et publié de nombreux poèmes et des romans, il a également reconnu ses lacunes comme écrivain de fiction, et a donc décidé de se concentrer sur une carrière en tant que critique et compilateur sur l'histoire et les doctrines de l'occultisme.

C'est là tout en étudiant au British Museum qu'il est entré en contact avec les goûts de SL MacGregor Mathers, un des fondateurs de l'Ordre de la Golden Dawn.

En 1883/1884, il épousa Lucasta' Ada Lakeman avec qui il a eu une fille Sybil Waite.

Plus tard, en Janvier 1891, Waite et Lucasta ont été initiées au grade "Néophyte" de l'Ordre de la Golden Dawn.

L’événement eu lieu à la maison des Mathers, à Dulwich, près du Musée Horniman, là où travaillait Mathers.

Cependant, Lucasta 'n'a jamais été enthousiaste et la participation et l'implication Waite était sporadique. Waite a toujours fait preuve de partialité en faveur de la voie de la mystique plutôt que celle de l'occultiste, il n'a pas toujours les yeux dans les yeux avec Mathers et ne s'est jamais senti heureux dans l'Aube d'or d'origine.

Toutefois, il a persisté et en Avril 1892, avait avancé au 4 = 7 grade de "Philosophus".

A.E. Waite intégra l’"Ordre hermétique de la Golden Dawn" en 1891 et la "Societas Rosicruciana in Anglia" en 1902.

Lorsqu'il devient Grand Maître de l'Ordre en 1903, changeant son nom en « Holy Order of the Golden Dawn », de nombreux membres rejetèrent ses idées sur la primauté du mysticisme sur la magie, et un groupe rival, l'Etoile du Matin, fit sécession sous l'impulsion de William Butler Yeats.

En 1903, l'ordonnance initiale de la Golden Dawn en proie à ces querelles, ces schismes et ces scandales, l'ordre tel qu'il avait été s’est finalement divisée en groupes distincts et indépendants...

Ceux qui sont restés fidèles à Mathers ont formé l’"Ordre du Temple Alpha et Omega", tandis que Waite a pris la tête de l'original Temple Isis-Urania.

La plupart des autres membres de la Golden Dawn est resté avec le groupe Waite, qu'il a rebaptisé l'« Ordre du Rite Rectifié et indépendant ».

La Golden Dawn fut déchirée par nombre de conflits internes jusqu'au départ de Waite en 1914.

Après son départ, le vaste système de qualité, le travail et l'examen du « Second Ordre » a commencé à se détériorer et tout l'ordre de Londres a glissé dans le déclin.

L’ASCENSION DE WAITE...



En attendant, pour faciliter ses propres progrès, Waite tourna son attention vers la franc-maçonnerie. Le 19 Septembre 1901, il est initié dans la Runymede Lodge à Wraysbury, et cela marquera un tournant pour lui...

C'était une bonne démarche à faire pour Waite et pour de nombreuses personnes influentes impliquées dans la Grande Loge (La plupart également membres de haut niveau de la Golden Dawn), qui par lers recherches et leurs pratiques, avaient déjà choqué suffisamment le milieu des initiés dans toute l’Europe.

Deux mois plus tard, en Avril 1902, Waite a également rejoint la « Societas Rosicruciana in Anglia » (SRIA), qui contient également des membres éminents de la Golden Dawn.

Après, son élévation à des grades émérites, Waite a commencé sa quête pour des degrés supérieurs, et y mit tous ses efforts pour de bon. Il a donc procédé à l'« Arche Sainte-Royal », et suite à cela il s’affiche comme étant « Templier » à la consécration de la commanderie roi Édouard VII.

Waite avait formulé la théorie que toutes les pratiques et les traditions ésotériques ; que l'Alchimie, Kabbale hébraïque, légendes du Saint Graal, Rose-Croix, le mysticisme chrétien ou franc-maçonnerie, étaient des passages secrets à une expérience directe avec Dieu.

Il était convaincu que le symbolisme dans chacune de ces traditions ont une racine commune et un but commun, et que leur interprétation correcte conduit à une révélation de moyens cachés à l'illumination spirituelle.

En 1910, Waite a été installé en tant que Maître de Runymede Lodge, et, tandis qu'il poursuivait ses autres intérêts, il est toujours resté un membre loyal, contribué à ses conférences et régulièrement assisté aux réunions.

Cependant, beaucoup de l'ancien groupe n'aimait pas le nouveau décret, pour Waite ne se souciait pas de la magie et l'a remplacé par le mysticisme. Cela a conduit à un autre schisme et les membres les plus enclins magiquement, y compris le Dr Robert Felkin William et John William Brodie-Innes, de gauche à former l '«Ordre de la Stella Matutina".

Le nouveau décret a lutté pendant quelques années mais a continué à être poursuivi par les dissidents, les querelles d'autres suivis jusqu'à Waite dissout l'Ordre en 1914.

Il a remplacé l'année suivante avec le Mouvement de la Rose-Croix, en précisant dans sa constitution, c'est l'indépendance de tous les autres ordres.

Une clause déclare que: «La communauté de la Rose-Croix ne se soucie pas que ce soit dans la recherche occulte ou psychique, il s'agit d'une quête de la grâce et non pas une quête du pouvoir».

Une autre clause déclare : « Le Sacre indépendant et rectifié avec ses dépendances, le cas échéant, dans la mesure où actuellement en activité, et le « Temple Stella Matutina » avec ses dépendances, ne sont pas en communication avec la communauté de la Rose-Croix, et ne peut être visité ou Inscription".

Vers 1921

La communauté de la Rose-Croix comme beaucoup d'autres factions créées après la disparition de la Golden Dawn, peu à peu perdu de son élan et s'est évanouie dans l'histoire...

Après l’effondrement de la bourse qui supportait les organisations de Waite, la rumeur voulait que son mariage avec Lucasta s'était détériorée, et qu'il s’était retiré pour vivre avec sa secrétaire sur Penywern Road, Earls Court, Londres. Il s'avérait qu’elle était aussi un ex-membre du Temple Isis-Urania dont la devise était "Vigilate", ce qui était le plus adapté à la situation si l’on juge que Waite s’était attirer toutes sortes de réputation, et maintenant des rumeurs circulaient qu'il s’était mis à boire... À la mort de Lucasta en 1924, il épouse enfin Marie Broadbent Schofield.

Vers 1932

Waite est mort ​​le 19 mai 1943 et fut enterré dans le cimetière de Bishopsbourne dans le Kent, où il a passé la plupart de ses dernières années.

En dépit de ses contributions prolifiques à des rituels et des conférences qui composent l'histoire de la franc-maçonnerie, il a été accordé qu'un bref, trois paragraphes notice nécrologique parue dans « La Chronique francs-maçons » de l’époque. (vol. 135, p. 178, 6 Juin 1942).

Il y est simplement été décrit comme un poète et écrivain s’étant inspiré de la franc-maçonnerie...

La Tombe de Waite est maintenant masquée par une végétation dense de la belladone, un événement anecdotique mais qui a contribué à ternir encore plus sa réputation.

Waite fut un auteur prolifique de textes occultes ayant pour thèmes la divination, le rosicrucisme, la franc-maçonnerie, la magie noire et cérémonielle (goétie et théurgie), la Kabbale et l'alchimie ; il a également traduit et re-publié plusieurs ouvrages mystiques et alchimiques...

Enfin, Waite est surtout connu pour avoir été le co-créateur du jeu de Tarot dit Rider-Waite, largement utilisé dans le monde anglo-saxon principalement à des fins divinatoires, et l'auteur du manuel d'accompagnement du dit jeu, « Pictorial Key to the Tarot ».

LE TAROT DE WAITE


Arthur Edward Waite tandis né en Amérique, est mieux connu comme un écrivain anglais mystique, occultiste et prolifique sur des sujets maçonniques et ésotériques. Un membre de l'ordre occulte célèbre, l'Ordre Hermétique de l'Aube Dorée, Waite a avait publié un certain nombre de livres importants sur des questions ésotériques. Son legs le plus durable n'est toutefois pas à travers ses livres, mais par le biais du jeu de Tarot qu'il a créé ...

Appelé le "Rider Waite Tarot", il est peut-être le jeu de tarot qui est devenu le plus populaire au XXe siècle.

Le tarot de Rider-Waite est coupable de la plus grande des confusion au sujet du Tarot!!! D’abord, il a transposé les noms des lames pour des noms anglais, certes, mais aussi les a-t-il "ésotérisées", selon ses fantasmes, faisant du Bateleur un "Magicien", ou faisant du Pape un "Hiérophante".  De plus, il prend la liberté d’inverser l’ordre de deux arcanes : LA JUSTICE et LA FORCE !

Quel malheur pour la tradition authentique des Tarots de Marseille! Cette infamie perpétrée insolemment par Waite a fait connaître un faux tarot en Angleterre et à cause qu’il est de langue anglaise il va se propager partout sur terre! Il se propagera et propagera le virus! Oui! Car on peut parler ici d’un véritable virus !!!

Le Tarot de Rider-Waite à trompé nombre de personne et plusieurs générations... Malgré tous les personnes qui cherchent à se porter à sa défense, il est évident que c’est peine perdue, surtout devant celui qui voudra connaître l’authentique magie des Tarots et leur véritable utilisation, tant divinatoire qu’au point de vue du processus « alchimique », de la théurgie ou de quelque utilisation opératoire valable... Les seuls Tarots valables sont les authentiques Tarots de Marseille et nuls autres.

Le Tarot de Waite est plutôt un "oracle" non pas un "Tarot"...

Ce jeu est connu pour être l'un des premiers dont les 78 lames sont entièrement illustrées, contrairement à presque tous les jeux traditionnels où d’habitude, seuls les 22 arcanes majeurs le sont.


En vérité, le Tarot de Waite est pur fantasme. Basé sur des correspondances ésotériques, mythologique, douteuses... Surtout toujours dans l’idéologie de la Golden Dawn et le mysticisme de la théosophie moderne...

Waite a complètement dénaturé le Tarot...

Malheureusement, son "Tarot Traffiqué" a toujours la faveur du grand public, et c’est toujours le Tarot le plus vendu, entre tous! Évidemment, il est publié à grand tirage, il est en langue anglaise, il est attrayant... Il aussi est celui qui connait le plus d’ouvrages écrits à son sujet... Alors, il reste un des favoris, malgré qu’il soit une abjection, un avilissement de l’authentique Tarot de Marseille, pratiquement un blasphème à la tradition! Oui le Tarot de Waite est sans nul doute un anathème, une offense faite au grand génie des vrais initiés, créateurs du vrai Tarot... Or, le public a été fâcheusement, impunément détourné de la vraie « Connaissance », en raison de la diffusion du Tarot de Waite...

De fait, la popularité de ce jeu, a contribué beaucoup à propager l’idéologie de la Golden Dawn et les idées de la théosophie moderne... À ce niveau, ce fut le plus important outil de propagande!!!

Le Tarot de Waite a fasciné plusieurs générations d’ésotéristes, occultistes et tarologues, et il a réussi à être d’une considérable importance dans l’élaboration des concepts du mouvement New Age...

Waite n’est pas un "grand initié" ;  il est surtout un expert propagandiste, et toutes ses réalisations allaient dans le sens de faire la propagande d’une idéologie qu’il avait adopté... Ces ouvrages prolifiques sont une suite de missives et de guide à l’endoctrinement. Waite est l’auteur de plus de soixante livres, des conférences, des rituels, des traductions, et des contributions à de nombreuses revues et magazines... Mais rien de ces écrits n’a vraiment marqué les milieux des initiés et c’est certainement le Tarot de Waite qui a fait passer son nom à l’histoire...

Au début des années de 1900, en tant que chef de la reconstruction du Temple Isis-Urania de la Golden Dawn, Waite se voyait obligé de rédiger tous les ouvrages nécessaires à la compréhension des doctrines spécifique à cette brigue de la Golden Dawn. À cette époque, Waite venait juste de terminer son livre « La Clé du Tarot » et quelqu'un lui était nécessaire pour l'illustrer.

L'un de ses membres était un artiste accompli, Pamela Colman Smith, il lui a donc commandé les illustrations pour son Tarot, et l'a dirigée dans la conception de ce bel ensemble de cartes. Le Tarot Rider-Waite a donc été illustré par Pamela Colman Smith, membre de la Golden Dawn, et mis pour la première fois en vente en 1910.

La principale innovation de ce jeu de tarot est l'illustration de toutes les cartes, et pas seulement des arcanes majeurs, mais aussi des cartes mineurs ; et de manière à être graphiquement suggestive de leurs significations divinatoires.

Comme j’ai déjà expliqué dans un article précédant... Les arcanes mineurs du Tarot de Waite ont été réalisés dans le but de faciliter leur lecture, mais, en vérité, en interprétant les arcanes, Waite a troqué la magie des tarots et il est impossible, de ce fait, de pouvoir utiliser son jeu selon les enseignements authentiques du Tarot de Marseille, qui lui, procède complètement d’une manière différente...

Le Tarot de Marseille offre des infinies possibilités tandis que le tarot de Waite nous ramène aux scènes qui sont illustrées sur les lames...


Malgré tout les problèmes que pose le tarot de Waite, j’imagine qu’il y aura toujours des gens pour le préférer aux autres, et il se trouvera toujours des adeptes, mais pour ma part, je considère ce tarot comme une beauté, une suite de belle images, mais surtout le plus dommageable et infecte tarot de tout les temps!

Il faut effectivement aussi considérer l’ampleur de son influence dans le monde des tarots... Au cours du XXème siècle 90% des tarots qui ont été créés et publiés étaient basées sur le modèle de Waite !! Et seulement 7 % respectaient le modèle du Tarot de Marseille. C’est une aberration, et une catastrophe pour la véritable tradition des tarots!

Sans nul doute le Tarot de Waite est le tarot qui a semer le plus de confusion, et a causer le plus de dommages. Il a détourné la majorité des intéressés, et la majorité des gens de l’authentique enseignement ésotérique qui correspond à la véritable tradition des tarots!

Waite n’a pas été ni un rénovateur, ni un innovateur du Tarot... Il a été tout simplement un habile escamoteur, un mystificateur, rien de moins qu’un fumiste...

Et le comble... Il s’agit d’un des plus magnifique Tarot jamais réalisé. Les illustrations de Pamela Colman Smith sont superbe... Or, c’est un malheur, oui un malheur, que ses illustrations n’ont pas servie simplement à réaliser une nouvelle version du tarot en respectant sa forme.

Je sais qu’au début de 2013, l’Éditeur Faust, a fait paraître une version « réhabilité » du Tarot de Waite où les arcanes ont été remis dans l’ordre et les noms changés pour des noms plus en correspondances avec ceux du Tarot de Marseille. (une manière de joindre l’utile à l’agréable !). Ce tarot existe dans la version française (avec les noms du Tarot de Marseille authentique) et dans des versions, anglaise, et espagnole (avec des noms dont les correspondances sont plus exactes). Il a changé le nom du "Tarot Rider-Waite" pour : « Tarot Pamela Colman Smith »

Cela dit, le Tarot de Waite tel qu’il est proposé par son "créateur" doit être considéré comme un objet de diversion, un jeu attrayant mais qui est en vérité le medium par lequel est véhiculé l’idéologie suspecte de la Golden Dawn... Donc, pour ce qui est de l’apprentissage de la lecture du tarot, selon la tradition du Tarot de Marseille le Tarot de Waite est à rejeter catégoriquement. Et, de toute manière, souvenez-vous seulement de ceci : Le "Tarot de Rider-Waite est un « oracle », non pas un "Tarot"...

CONCLUSION

Sans exagération, Sir Arthur Edward Waite a acquis au cours de sa vie, une grande réputation d’auteur, et des titres honorifiques, et des grades d’initiés, mais il est apparent qu’il s’est élevé à partir de ces titres de renoms d’avantage que par la validité de son œuvre... Il apparaît aussi que Waite pourrait bien s'être développé à partir d'un milieu pauvre doté d’un faible niveau d'éducation. Sir Waite était un homme de distinction, snob, méprisant et critique de ses contemporains, et de fait, il a créé des remous et hérissé quelques plumes de son époque...

Mais, quoiqu’il en soit, Waite avec son Tarot est personnage qui passe à l’histoire... En dépit d’avoir consacré une grande partie de sa vie à la franc-maçonnerie, même s’il n’a su non plus imposer sa voie, son célèbre Tarot, fut indiscutablement le plus puissant outil de propagande de l’idéologie de la Golden Dawn.

BIBLIOGRAPHIE :

« Israfel : Letters, Visions and Poems, Londres », Allen, 1886.

« The Mysteries of Magic. A digest of the writings of Eliphas Lévi » (1886)

« The real history of the Rosicrucians » (1887), Adamant Media Corporation, 2005

« Handbook of Cartomancy (1889) : Manual of Cartomancy and Occult Divination », Kessinger, 1994

« The occult sciences. A Compendium of Transcendental Doctrine & Experiment » (1891), Kessinger, 2011

« The Hidden Church of the Holy Grail : Its Legends and Symbolism Considered in Their Affinity with Certain Mysteries of Initiation and Other "Traces of a Secret Tradition in Christian Times" » (1909), Amsterdam, the Netherlands:Fredonia Books, 2002.

« The picturial key to the Tarot » (1910), Kessinger, 2003, 348 p. Dessins de Pamela Colman.

« The Secret Tradition in Freemasonry » (1911), Kessinger, 2002

« The way of divine union » (1915)

« A New Encyclopaedia of Freemasonry (Ars Magna Latomorum) and of Cognate Instituted Mysteries: Their Rites, Literature, and History » (1921), New York:Wings Books, 1994

« The secret tradition in alchemy » (1926), Kessinger, 1997

« The Holy Grail. Its legends and symbolism » (1933), Dover, 2006

« Shadows of Life and Thought » (1938), Londres, Selwyn and Blount. Mémoires.

« The alchemical papers of Arthur Edward Waite », Nocalore Press, 1938

« The Book of ceremonial magic. The secret tradition in Goëtia », Londres, Kegan Paul, 2005, XLIV

« Inner and Outer Order Initiations of the Holy Order of the Golden Dawn », Canada, Ishtar Publishing, 2005

« White Magic and the Evocation of the Spirits of Elements », Kessinger, 2005

« Black Magic and the Evocation of Demons », Kessinger, 2005

« The Art of Invoking Spirits in the Crystal », Kessinger, 2006, 20 p. Extrait de Manual of Cartomancy and Occult Divination, Kessinger, 1994

OSWALD WIRTH (1860-1943)



Oswald Wirth (5 août 1860 à Brienz, Suisse - 9 mars 1943) était le secrétaire de Stanislas de Guaita, et dessina en collaboration avec lui un Tarot édité aujourd'hui sous le nom de Tarot de Wirth. Ce Tarot est expliqué et commenté dans son ouvrage "Le Tarot des imagiers du Moyen Âge", devenu un classique.

Il disait humblement tout devoir à Stanislas de Guaita, rencontré pour la première fois au printemps 1887, et qui le fit son secrétaire et ami.

"(…) l'entrée en relation avec Stanislas de Guaita devint pour moi un événement capital. Il fit de moi son ami, son secrétaire, et son collaborateur. Sa bibliothèque fut à ma disposition, et, bénéficiant de sa conversation, j'eus en lui un professeur de Qabbale, de haute métaphysique, autant que de langue française. Guaita prit la peine de me former le style, de me dégrossir littérairement (…) je lui dois d'écrire lisiblement (dédicace au Tarot des imagiers du Moyen Âge)."

Même si l'on peut aisément convenir que Guaita ait pu lui enseigner l'art de tourner heureusement ses phrases, dans notre langue que les étrangers considèrent comme si difficile – Oswald Wirth était originaire de Suisse alémanique –, il est indéniable que le disciple a par la suite égalé, sinon dépassé, le maître, au moins dans le domaine du symbolisme ; on lui doit en effet un certain nombre d'ouvrages qui sont devenus des classiques : "Le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'alchimie et la Franc-maçonnerie""Le Symbolisme astrologique", et surtout "Le Tarot des imagiers du Moyen Âge" dans lequel il reprend l'étude symbolique des lames majeures qu'il avait dessinées pour Guaita.

D'une manière générale, et contrairement à celui qu'il considérait comme son maître, il s'est davantage intéressé à la Franc-maçonnerie, dont il était membre, qu'à la Rose-Croix. Les mystères de l'Art Royal, et La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes en rendent compte brillamment.

En effet, il fut initié le 28 janvier 1884 à "La Bienfaisance Châlonnaise" du GODF. À son retour à Paris, il devient le secrétaire de Guaita et s'affilie à la loge "Les Amis Triomphants". Insatisfait, en 1889, il s'affilie à la loge "Travail et Vrais Amis Fidèles" de la Grande Loge symbolique écossaise, dont il sera président plusieurs fois. Cette loge rejoindra la Grande Loge de France fin 1898.

Il sera un des fondateurs de l'importante revue "Le Symbolisme". Joannes Corneloup fera un portrait très intéressant de sa relation spiritualiste avec la franc-maçonnerie.

Oswald Wirth mourut le 9 mars 1943 à 11 heures. Il est enterré au cimetière de Mouterre-sur-Blourde, au sud de Poitiers.

LE "TAROT KABBALISTIQUE" D'OSWALD WIRTH


En 1889, Oswald Wirth publie l’ouvrage de référence, devenu célèbre, "Tarot des Imagiers du Moyen-Âge". Il reprend les idées Kabbalistes d’Eliphas Lévi, et pousse encore plus loin le syncrétisme du Tarot, en y fusionnant la tradition alchimique, l’iconographie des bâtisseurs de cathédrales, la vision égyptienne – tout en réfutant son caractère originaire – des chiffres arabes ou des symboles taoïstes, qui se retrouvent à l’intérieur de chaque lame.


Ce goût du syncrétisme s’explique par la personnalité de Wirth. Ce Suisse allemand, Franc-Maçon et membre de la Société Théosophique, fût le disciple, l’ami et le secrétaire d’un autre grand penseur de l’ésotérisme occidental, le lorrain Stanislas de Guaïta...

C’est pour ce dernier que Wirth entreprend de dessiner un nouveau tarot en 1887. Ce travail le passionne tellement qu’il passera 2 ans à rédiger un livre et concevoir son jeu, qui restent encore parmi les plus utilisés.

Selon les aveux mêmes de l'auteur, c'est à la suite de sa rencontre avec Stanislas de Guaita qu'Oswald Wirth décida de restituer aux 22 arcanes majeurs du Tarot leur pureté symbolique.


Pour ce faire, il était nécessaire d'en saisir l'idée générale et de s'initier aux conceptions qui lui ont donné naissance.

« Avec l'aide de Stanislas de Guaita, je me suis mis au travail pour acquérir la science du symbolisme m'autorisant à reconstituer la Tarot dans le dessin et les couleurs, conformément au génie médiéval. Ce fut long, mais j'eus la patience de m'instruire méthodiquement. Partout où je les ai rencontrés, je me suis exercé à interpréter les symboles, au point de me faire la réputation d'un spécialiste en la matière. M'attaquant tout d'abord au symbolisme constructif des Francs-Maçons, je fus amené à le comparer à celui des Alchimistes, qui traduisent en images tirées de l'ancienne métallurgie l'ésotérisme initiatique, si judicieusement adapté par les tailleurs de pierre au Moyen Age à la pratique de leur art. »

(Oswald Writh : Le tarot des imagiers du Moyen Age)

Le Symbolisme du Tarot


Les imagiers-illuministes du Moyen-Âge qui ont composé les 22 Arcanes se sont inspirés des connaissances mystérieuses de l’époque. Le nombre 22 qui est celui des lettres de l’alphabet hébraïque, suggère que la Kabbale ne leur était pas étrangère ; ils avaient de plus des notions d’Alchimie et d’Astrologie, sans parler d’un mysticisme laïque visant l’accomplissement du Grand-Oeuvre humain, c’est-à-dire la transmutation graduelle de l’homme animal en un être digne d’une espèce d’essence divine.

Guidés par une intuition diffuse, les dessinateurs du Tarot n’ont pas été tenus d’en apprécier toute la portée philosophique. L’artiste se fait parfois l’interprète inconscient d’un ésotérisme qui hante son imagination, sans se manifester à son intellect avec une suffisante netteté.

Des variantes s’observent parmi les Tarots les plus anciens ; il y eut des tâtonnements qui ont conduit à la fixation du symbolisme lors de l’invention de la gravure sur bois. Mais à cette époque, les bariolages destinés aux joueurs n’avaient pas toujours été recopiés avec soin et surtout avec une parfaite compréhension des détails. Il en est résulté une défiguration partielle du Tarot du jeu de carte en 78 lames.

Des fantaisistes comme Etteila, au XVIIe siècle, ont perfectionné à leur façon le jeu populaire pour en tirer un instrument de divination à l’usage des cartomanciennes. Cela nous écarte entièrement du primitif livre muet signalé par Court de Gebelin puis soigneusement étudié par Eliphas Lévi (L’Abbé Alphonse-Louis Constant), mort en 1875 après avoir publié de très appréciés ouvrages sur la Magie.

Cet occultiste a redessiné les Arcanes VII et X du Tarot en clarifiant leur symbolisme. S’inspirant de cette restitution, Stanislas de Guaita, en 1887, suggéra de l’appliquer à l’ensemble des 22 Arcanes.

De recherches poursuivies à la Bibliothèque Nationale naquit alors le "Tarot Kabbalistique" de 1887, qui reproduit les modèles les plus correctement significatifs. C’est ce Tarot restitué à sa pureté hiéroglyphique que décrit et documente le "Tarot des Imagiers du Moyen-Âge" publié en 1923 accompagné de la nouvelle version "amélioré" de son tarot...

Oswald Wirth était un grand passionné de l'occultisme sous toutes ses formes, de la kabbale et de la divination, un érudit qui restera dans l'histoire de la voyance comme un des plus grands spécialistes du Tarot de Marseille.

Si on parle de lui encore aujourd'hui c'est parce qu'il a grandement participé à nous le transmettre depuis le Moyen-Âge jusqu'à aujourd'hui. Sorte de trait d'union entre le passé et le présent O. Wirth contribua à nous transmettre le tarot notamment en le redessinant.

C'est cela qui est important dans l'œuvre de Wirth c'est ce dessin des lames du Tarot de Marseille "revu et corrigé", qu'il fit avant de publier un ouvrage cet ouvrage de référence que fut "Le Tarot des Imagiers du Moyen-Âge", un livre dans lequel il propose une ré-interprétation complète du Tarot de Marseille.


Wirth n'a pas écrit que sur le tarot mais c'est ce chapitre qui nous intéresse car il est sans doute une des plus grandes figures de la voyance telle qu'on peut la voir avec un regard objectif et non dévot comme cela ce voit trop souvent dans la voyance ou la religion.

Ainsi on a plus affaire à un avis et a une explication de passionné éclairé qu'à celle d'un illuminé que l'on pourrait trouver sur internet ou dans les librairies ésotériques. Wirth a su transmettre avec grande rigueur ses savoirs, et au détriment d’avoir à faire le « rénovateur » d’une tradition, il ne manque jamais de respect aux arts divinatoires, et sait donner son avis ou sa version sans jamais remettre en question la tradition de la taromancie ni l’authenticité des tarots de Marseille.

Il est en effet important que des personnes montrent une idée objective et rationnelle au lecteur pour permettre à celui-ci de trouver le plus facilement possible des réponses de qualité.

(C'est ce que nous nous efforçons de faire ici. Offrir une vision aussi objective que possible... Et ce n’est pas si simple...)

Pourquoi une vision objective de la voyance?
La voyance est comme la religion, une croyance... Avoir une vision objective de celle-ci n'est pas toujours la bienvenue pour tout ceux qui croient... car l'humain n'aime pas être contredit et être mis devant ses propres contradictions, d’autant plus sur des sujets épineux comme ceux-ci.

Mais dans bien des cas la voyance est un sujet de questionnement pour des personnes nouvelles venues, des intéressés, des curieux et dans ce cas il est souvent préférable de présenter au novice une vision objective et non prosélytiste des choses.

Pour ma part, les ouvrages de Wirth ont été très importants au début de mon initiation au Tarot. Comme bien des personnes curieuses au sujet du tarot je me suis procurer le livre incontournable « Le Tarot des Imagiers du Moyen-Âge » et je me suis confectionner moi-même un tarot à partir des images du livre... C’est le début de ma passion pour le tarot et mes premiers pas vers les arts divinatoires, ma première école d’ésotérisme... Et pourtant, depuis ce temps, mes vues et mes croyances on beaucoup changées sur ces sujets... Je n’aborde plus le tarot de la même manière, et évite surtout de me laisser prendre dans les pièges de l’occultisme, c'est-à-dire, j’évite de me prêter au jeu de l’obscurantisme et de la mystification. Mais je ne manque pas de considérer à leur juste valeur les gens d’érudition et je respecterai toujours ceux-là qui ont été capable de rester égal à eux-mêmes, de prêcher pour leur église si ca leur chante, mais au moins de le faire dans le respect des autres... En cela on ne peut que complimenter et vanter les ouvrages d’Oswald Wirth ; ouvrages d’ailleurs, que je consulte toujours à l’occasion.

En conclusion, sur le tarot de Wirth nous diront simplement que celui-ci est de haute qualité, très logique et intéressant pour toutes celles et ceux qui s'intéressent à la voyance sans vouloir entrer dans des schémas trop compliqués d’interprétation et de voyance.

De plus, le Tarot de Wirth, malgré les ajouts qui y ont été adjoints il s’agit tout de même d’un tarot conçu dans le respect des tarots de Marseille traditionnels. Créé à partir d’un authentique Tarot de Marseille (un "Tarot de Rochus Schär" qui lui avait été offert par Aristide de l'Espinay).

Wirth a personnalisé les images avec soin et cela donne justement à ce tarot toute sa personnalité. À vrai dire, non seulement il a été conçu avec un grand souci de précision ésotérique, mais encore est il très attachant.

Étrange personnage que cet Oswald Wirth..... 


Étrange, car sa vie est à multiples facettes et l'aborder n'est pas aisé. 

Pour comprendre l'œuvre d'Oswald Wirth, il est nécessaire de se replacer dans le contexte de l'époque d'une part mais aussi de choisir les bons ouvrages, dans le sens où les ouvrages de Wirth sont destinés à des publics très variés et de qualité (par rapport à une attente "actuelle") très variable.

À ce niveau, il est nécessaire de bien différencier deux hommes bien distincts : "Oswald Wirth l'ésotériste public" et "Oswald Wirth le Maçon". 

Bien que ces considérations soient liés parfois, on aurait pu présenter dans chacun de ces domaines : Oswald Wirth le vulgarisateur et Oswald Wirth le maître. 

Le premier découpage me semble plus intéressant ne serait-ce que par la nature des publics qu'il cible. D'une manière générale on peut dire cependant qu' Oswald Wirth est à la Tradition (ou à ses Maîtres) ce que Platon fut à la pensée Socratique. 

Cette prodigieuse courroie de transmission que fut son œuvre joua un grand rôle dans la rénovation des valeurs traditionnelles (sens ésotérique) engluée dans un symbolisme incompris et dégradé. Ce fut le cas tout particulièrement pour le Tarot pour ce qui est de sa facette publique, et du rituel* pour sa facette maçonnique. 

Avant Oswald Wirth, le symbolisme n'avait que peu de maîtres contemporains, ou en tout cas peu accessible à la pensée publique ou initiable.

Oswald Wirth, par son œuvre a permis l'éclosion de toute une pleïade d'ésotéristes fameux comme le fut Hadès plus récemment dans le monde de l'Astrologie contemporaine. 

La transmission de la Tradition, par les contingences actuelles de notre société de fin du deuxième millénaire chrétien, vit l'éclosion de ce nouveaux type de maîtres, chargés d'entrevoir la porte de la connaissance aux initiables, par les bibliothèques et hors des structures atrofiées, désorganisées ou moribondes que la tradition occidentale possède. 

Le paradoxe de l'œuvre d'Oswald Wirth, c'est que certains de ses ouvrages sont de véritables œuvres de référence complètement exploitables et profondes et que d'autres sont des vulgarisations superficielles  certes intéressantes, mais dépourvues de toute utilité contemporaine ou pouvant même induire le chercheur en erreur (Le symbolisme occulte de la Franc Maçonnerie, le symbolisme astrologique, Guide à l'usage des apprentis.....), nous y reviendrons au cas par cas éventuellement.

Notoriété Mérité...

Dès que l'on veut parler de tradition en Maçonnerie on parle d'Oswald Wirth, et pourtant son oeuvre parfois peu laisser à désirer selon les spécialistes... Oswald Wirth a laissé en maçonnerie une aura prodigieuse, fruit d'un investissement et d'un travail de toute une vie qui fut une véritable restauration de la pensée traditionnelle pour une maçonnerie qui se veut symboliste, initiatique et à la recherche de la Tradition.

On parle souvent de lui, on le cite, mais sans savoir pourquoi le plus souvent. Ce n'est pas son savoir occulte sur le Tarot ou l'Alchimie et encore moins l'astrologie qui lui ont valu ses lettres de noblesse en loges. Il faut entendre ici par oeuvre : son travail sur le rite (REA & A) d'une part, et son travail de "Frère" dans l'obédience (GLSE et GLDF) tout au long de sa vie.

De ces nombreux ouvrages, malheureusement, ses livres sur le rituel ne sont véritablement d'aucun intérêt,  car, tout à coup, en ces ouvrages son approche est trop personnelle. Mais, comme il le dit si bien lui-même, le symbolisme peut être approché de manière infinie... (en vérité : ses touches personnelles sont parfois à contre sens des normes actuelles du rite et pourraient dérouter un jeune apprenti). Je ne saurai que trop recommander son ouvrage "Les Mystères de l'Art Royal" dont la première partie est un chef d'oeuvre, que devraient lire tous les apprentis qui recherchent la lumière avec une orientation ésotérique, et souhaitent comprendre l'esprit de la Franc-Maçonnerie dans son éclosion dans les sociétés humaines.

Alors donc, je le répète... L'étude du symbolisme et de la divination ne peut pas vraiment se faire dans les livres, et ceux qui persistent obsessionnellement sur cette voie ne trouvent qu'un "trou noir" intellectuel (au sens astrophysique = une aspiration déviante et anéantissante). Aussi, "Le rituel" est une chose vivante et qui se lit, s’interprète et se comprend selon son époque et selon sa nature propre. Or, l'oeuvre d'Oswald Wirth transmet dans certains ouvrages la passion et l'esprit du symbolisme et l'esprit du rite. Et c'est cela qui est magistral chez lui et qui est utile pour la apprentis.

Si Oswald Wirth ne compte pas vraiment parmi les dits "Grands Maîtres" de l'ésotérisme, assurément il compte parmi les figures les plus importantes de l'histoire des Tarots et de ce fait il a nécessairement marqué l'ésotérisme du XXème siècle.
BIBLIOGRAPHIE

- Le Tarot des imagiers du moyen-âge, Éd. Tchou
- Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'Alchimie et la Franc-maçonnerie, Éd. Dervy
- Théorie et Symboles de la Philosophie Hermétique
- Le symbolisme astrologique, Éd. Dervy
- Les mystères de l'art royal - Rituel de l'adepte, Éd. Dervy
- L'imposition des mains et la médecine philosophale, Éd. Guy Trédaniel
- La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, trois tomes, Éd. Dervy
- Le livre de Thot comprenant les 22 arcanes du Tarot, (1889).
- L'ideal initiatique (1923)(édition complétée en 1927,Éd. Le Symbolisme, Paris)
- Le serpent Vert (Conte symbolique de Goethe, traduit et commenté par Oswald Wirth, (1935), Éd. Dervy
- Qui est régulier ? Le pur maçonnisme sous le Régime des Grandes Loges inauguré en 1717, (1938), Éd. Le Symbolisme, Paris.

Vous pouvez téléchargez l’ouvrage : « Théorie et Symboles de la Philosophie Hermétique », d’Oswald Wirth (en cliquant sur le titre du livre)

jeudi 28 février 2013

LA "ROSE-CROIX"


La Rose-Croix est un ordre hermétiste chrétien légendaire dont les premières mentions remontent au début du XVIIe siècle en Allemagne. L'existence de l'ordre, et celle de son fondateur Christian Rosenkreutz, sont sujettes à controverse.

Quoi qu'il en soit, à partir du XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, de nombreux mouvements se sont réclamés de l'ordre de la Rose-Croix, ou se sont référés à la "tradition rosicrucienne" ou à l'"héritage de Christian Rose-Croix".

Leurs membres sont appelés les rosicruciens. Le terme « Rose-Croix » désigne, dans leur langage, un état de perfection spirituelle et morale.

Comme archétype de société secrète, immémoriale et toute-puissante, les rose-croix apparaissent dans la littérature ésotérisante, souvent comme successeurs des chevaliers du Graal et des Templiers.

À l'origine d'un mythe : les manifestes rose-croix...

Introduction

Les « Manifestes Rose-Croix », la "Fama Fraternitatis" et la "Confessio Fraternitatis", furent publiés en Allemagne en 1614 et en 1615 et firent pour la première fois mention de cette fraternité en une période de tensions politiques et religieuses, et d'avancées scientifiques. On leur associe généralement un autre texte : Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz publié en 1616.

La Fama Fraternitatis (1614)

En 1614 paraît à Cassel, à l'imprimerie de Wilhelm Wessel, un document anonyme en allemand : Réforme générale et universelle du monde entier. Contenant la Fama Fraternitatis de l'illustre Ordre de la Rose-Croix [...].

Cette « réforme générale » est un récit satirique sur les projets de réforme qui fleurissaient à l'époque. En appendice, on trouve un "manifeste" : la "Fama Fraternitatis" ou "Fraternité de l'illustre ordre de la R.C".

Le nom du fondateur (C.R.C.), ainsi que ceux des membres de la fraternité ne sont mentionnés que par leurs initiales.

La "Fama Fraternitatis" narre la vie du fondateur mythique de l'ordre. Allemand, orphelin d'une famille noble mais désargentée, il est élevé et éduqué dans un couvent. Un périple entrepris autour de la Méditerranée lui permet d'acquérir les sagesses et les connaissances de l'Orient et de les confronter à celles de l'Occident.

À son retour, il s'entretient avec les savants d'Europe « leur montrant les erreurs de nos Arts, comment les corriger, d'où l'on pourrait tirer des indices certains sur les siècles suivants et en quoi ils devaient concorder avec les siècles passés ; aussi comment réformer les défauts de l'Église et toute la philosophie morale ». Mais ces derniers, se voyant contraints de se remettre en question et craignant que leur réputation n'en souffre, le rejettent.

Il fonde alors en Allemagne un cloître appelé "maison du Saint-Esprit", afin d'y rassembler et conserver ses connaissances, et invite, afin de les consigner, trois de ses anciens condisciples qui lui jurent fidélité et silence : « Ainsi commença la Fraternité de la Rose-Croix, avec quatre personnes seulement ». L'ordre se donne une règle, et se disperse à travers le monde.

L'histoire relate que 120 ans après la mort du fondateur de l'ordre, les Frères de la troisième génération, refaisant en "bons architectes" la maçonnerie de leur "maison", redécouvrent son tombeau. L'inscription "Post 120 annos patebo" ("après 120 ans, je m'ouvrirai") indique que cette découverte apparemment fortuite avait été prévue.

Dans ce « temple-tombe », illuminé « par un autre soleil », se trouve le corps intact de C. R.C. tenant dans ses mains un petit livre d'or, intituléLivre T.. L'autel circulaire est entouré de formules de sagesse et d'axiomes comme "Nequaquam vacuum" ("nulle part n'est le vide" en latin) ». 

Les frères décident alors de révéler au monde cette sagesse chrétienne censée réconcilier les connaissances du passé et celles de l'avenir, et proposer une réforme universelle des sciences, de l'art et de la religion. Ils expliqueront les 37 raisons de cette décision dans une "Confessio", et promettent plus d'or « que le roi d'Espagne n'en peut rapporter des deux Indes ». La "Fama Fraternitatis", qui devait être écrite en cinq langues, invite les sages, savants et chefs de l’Europe intéressés par cette offre à se faire connaître de quelque manière "et en quelque langue que ce soit".

La Fama s'achève par la phrase : « Sub umbra alarum tuarum Jehova » (À l'ombre de tes ailes Jéhovah).

L'ouvrage se termine par la Courte réponse faite par Adam Haselmayer qui, pour cela, a été arrêté et emprisonné par les Jésuites et mis aux fers sur les galères.

Bien que la « Fama » fût en général publiée seule par la suite, l'ensemble de l'ouvrage original ("Reformatio", "Fama" et la "Réponse de Haselmayer") forme un tout, dont le sens général est que la vraie réforme ne peut se faire de l'extérieur comme le promouvaient penseurs et législateurs, mais qu'elle doit être intérieure, spirituelle et mystique.

La Confessio Fraternitatis (1615)

En 1615, une seconde édition de la Fama paraît chez le même éditeur. Il y est joint un second texte, en versions latine et allemande (d'ailleurs sensiblement différentes) : « Confessio Fraternitatis Rosae Crucis. Ad eruditos Europae. » (« Confession de la Fraternité de la R. C. Aux savants de l'Europe »).

Cette "Confession" (ou profession de foi), où s'expriment les frères de la Rose-Croix, fait référence à la Fama, et renouvelle son appel aux savants, mais aussi aux humbles, et ses promesses de réforme chrétienne universelle et de révélation des secrets de la Nature. Dans la forme elle s'inspire de la Confession d'Augsbourg. Plus que la Fama, elle met l'accent sur le millénarisme et l'antipapisme.

Les frères se défendent des accusations d'hérésie :

« Comment pourrions-nous être jamais soupçonnés d'hérésie, de menées et de complots coupables contre l'autorité civile, quand nous condamnons les sacrilèges dont Notre-Seigneur Jésus-Christ est l'objet, et dont l'Orient comme l'Occident se rendent coupables (entendons Mahomet et le pape), et quand nous présentons au chef suprême de l'Empire romain notre prière, nos mystères et nos trésors ? »

Ils font l'éloge de la Bible et de la vie évangélique :

« Contre eux, nous professons et témoignons publiquement qu'il n'a pas existé depuis les débuts de ce monde de livre supérieur, de livre meilleur, de livre aussi merveilleux, aussi salutaire que justement la sainte Bible. Et bienheureux son détenteur, bienheureux plus encore son lecteur assidu, au comble de la félicité celui qui en a épuisé l'étude. Qui sait la comprendre ne peut être plus près de Dieu ni plus semblable à lui. »

Le prénom du fondateur de la fraternité apparaît : Christian R.-C. Il serait né en 1378 et aurait vécu cent six ans. La Confessio Fraternitatis propose une philosophie chrétienne, et aussi un état de vie merveilleux qui "figurait à l'origine du monde avec Adam" accessible à l'homme régénéré. 

La Confessio annonce la fin du mahométisme et du catholicisme, et la venue d'une nouvelle ère liée à l'avènement d'une mystérieuse quatrième monarchie et à l'apparition de signes, d'étoiles dans les constellations du Serpentaire et du Cygne.

Les frères disposent d'une "écriture magique", semblable à la langue originelle des patriarches bibliques Adam et Hénoch, qui leur permet de lire et de comprendre la volonté divine.

La Confessio évoque l'alchimie en tant que force guérissante, capable certes d'opérer la transmutation des métaux (ce qu'ils ne prisent pas), mais surtout comme "remède suprême" pour la libération de l'humanité :

« Maintenant, il est nécessaire que cède toute erreur, ténèbre et servitude qui se sont progressivement emparées des sciences, des œuvres et du gouvernement des humains... de sorte que la majorité des hommes se sont obscurcis... Il n'est cependant d'autre philosophie pour nous que Celle qui est la Couronne de toutes les facultés, sciences et arts. En ce qui concerne notre siècle elle comprend surtout la Théologie, la Médecine, et avant tout la Science du Droit; c'est une philosophie qui sonde le ciel et la terre à l'aide d'un excellent art d'analyse ou qui, en un mot exprime essentiellement que l'homme est un microcosme, et l'étendue de son art dans la nature. »

Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz (1616)


En 1616 paraît à Strasbourg chez Lazare Zetzner, sans nom d'auteur et en allemand,  « Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz » . Si ce texte, plus long que les deux manifestes  « Fama et Confessio », et dont la qualité littéraire est largement reconnue, est aujourd'hui celui qui retient le plus l'attention tant des ésotéristes que des historiens, il n'eut à l'époque que peu d'influence : jamais traduit en latin, il ne le fut en anglais qu'en 1690, et en français qu'en 1928.

Ce texte allégorique et mystique narre, à la première personne, l'expérience initiatique de Christian Rosenkreutz, nom symbolique qui peut se traduire par « le chrétien à la Rose et à la Croix » ; les rosicruciens francophones le nomment « Christian Rose-Croix ». L'action se situe en 1459. Au cours de sept journées, pleines d'évènements merveilleux et symboliques, Christian Rosenkreutz participe aux noces alchimiques du roi et de la reine, qui culminent avec la décollation et la résurrection du couple royal.

L'avertissement introductif indique le caractère ésotérique de l'œuvre :

« Les arcanes s'avilissent quand ils sont révélés ; et, profanés, ils perdent leur grâce. Ne jette donc pas de marguerites aux pourceaux, et ne fais point à un âne une litière de roses. »

L'alchimie, dans « Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz »  comme dans les autres "manifestes", est considérée comme un processus de régénération spirituelle et une source de purification et de renaissance intérieure.

Analyse des manifestes Rose-Croix...

Hypothèses sur les auteurs des manifestes et leurs motivations

Johann Valentin Andreae a publié « Les Noces Chymiques » de Christian Rosenkreutz en 1616.

Depuis leur parution anonyme, de nombreuses hypothèses ont été faites sur l'identité du ou des auteurs des manifestes, ainsi que sur leurs motivations et leurs desseins.

En ce qui concerne « Les Noces Chymiques »  Johann Valentin Andreae (1586-1654) déclarera dans son Autobiographie, qui ne fut publiée qu'en 1799, en avoir été l'auteur dans sa jeunesse (entre 1602 et 1604). Il s'agissait d'« une plaisanterie (ludibrium)) pleine de scènes d'aventures. À (ma) surprise ce livre fut apprécié par certains et expliqué par des interprétations subtiles, quoique ce ne soit qu'une petite œuvre insignifiante et qu'il représente les vains efforts de la curiosité ».

Inspecteur ecclésiastique, chargé de fonctions diplomatiques puis prédicateur de la cour de Stuttgart, Andreae fut aussi connu pour ses écrits satiriques qu'il justifiera ainsi : « C'est l'affaire du Christianisme qui me tenait à cœur et je voulais le faire progresser par tous les moyens ; et comme je ne pouvais le faire par des chemins rectilignes, je tentai de la faire par des détours et des pitreries, non point, comme il a semblé à certains, avec un esprit de raillerie mais en recourant à la manière dont usent beaucoup de gens pieux, en ce sens que par le truchement d'une plaisanterie et par une charmante malice, je poursuivais un but sérieux et j'insufflais l'amour du christianisme. »

Le ou les auteurs des manifestes ne sont pas connus avec certitude. L'analyse stylistique et thématique des différents textes (« Fama et Confessio » mais aussi leurs préfaces, la "Reformatio" et la « Réponse de Haselmayer »), tend à montrer qu'il s'agit de l'œuvre de plusieurs auteurs.

Il semble probable que ces textes ont été écrits au sein d'un groupe d'intellectuels luthériens, rassemblés à partir de 1607 avec Andreae sous la houlette du théologien Johann Arndt (1555–1621). Ce groupe, qu'on appelle Cénacle de Tübingen, promouvait notamment l'imitation de la vie de Jésus-Christ.

Si Andreae eut sans doute un rôle inspirateur et central, on trouve également la marque de ses amis, en particulier Wilhelm Wense, Tobias Hess et Christoph Besold (1577-1638). Ainsi un groupe de jeunes luthériens allemands, qui avait eu maille à partir avec les autorités universitaires « s'est dressé clandestinement contre l'orthodoxie desséchante à laquelle il a opposé tout à la fois la mysticité antique et médiévale, l'esprit scientifique naissant et l'œuvre sociale enseignée notamment par Campanella, avec ses études et sa "Cité du Soleil" socio-théocratique. »

La publication des manifestes : le rôle d’Adam Haselmayer

La "Fama" semble avoir été rédigé vers 1608 et avoir rapidement circulé sous forme manuscrite (quatre exemplaires originaux ont aujourd'hui été retrouvés) dans les milieux alchimiques : en 1611 le médecin danois Ole Worm en avait reçu une copie, probablement de la part de Johann Hartmann, qui tenait la première chaire de « Chymie » d'Europe, à l'université de Marbourg.

Mais c'est Adam Haselmayer, l'auteur d'une réponse à la Fama publiée en même temps qu'elle, qui joua un rôle déterminant dans la publication des manifestes. Donné dans la préface comme secrétaire de l'archiduc Maximilien, il a longtemps été considéré comme un personnage fictif. Des recherches récentes ont permis de retrouver sa trace. Il s'agit d'un paracelsien du Tyrol.

Ayant lu la Fama dès 1610, il en offrit en 1612 une copie qu'il tenait de Tobias Hess à son protecteur Auguste d'Anhalt-Plötzkau, féru d'alchimie et des textes de Paracelse et de Valentin Weigel dans l'espoir que ce dernier devint le leader politique de la réforme universelle annoncée par les Rose-Croix.

Ce fut sans succès, car Auguste de Anhalt qui avait renoncé à toute ambition politique en laissant le gouvernement de la principauté d'Anhalt à son frère, se contenta de faire imprimer secrètement une centaine d'exemplaires de la réponse de Haselmayer, dans l'espoir de susciter la réaction des Rose-Croix.

L'enthousiasme de Haselmayer se tourna alors vers son suzerain le catholique archiduc Maximilien III d'Autriche, qui cependant le fit arrêter et envoyer aux galères.

On a retrouvé une version de ce texte imprimée en 1612, et il s'agirait donc de la première "réponse" à l'appel de la Fama. Haselmayer déclare avoir lu un manuscrit de la « Famaen » 1610 (ce qui permet de supposer que le texte circulait quelques années avant sa publication en 1614). Dans ce texte apocalyptique et mystique, il voit dans les frères de la Rose-Croix des disciples de Paracelse, et annonce l'imminence de la fin du monde et l'avènement de l'empire du Saint-Esprit (règne dénommé "Quatrième Monarchie" dans la Fama).

Les sources et les références

Tant par le style que par le fond, les manifestes sont caractéristiques de la pensée de l'époque, au tournant de la Renaissance et de l'âge baroque. Ils puisent leur inspiration, comme la multitude d'écrits alchimiques qui fleurissent alors, dans le fond séculaire de la littérature mystique et hermétique. Ainsi on peut y trouver des références et allusions au néo-platonisme, aux pythagoriciens, à la philosophie arabe, à la kabbale, à la Gnose, et même aux sages de l'Inde.

Paul Arnold a remarqué que les Noces Chymiques sont inspirées par le Livre I du poème « The Faerie Queene » (1590) d’Edmund Spenser. En particulier, on y trouve les aventures similaires d'un « Chevalier de la Croix-Rouge », qui deviendra le « Frère de la Rose-Croix rouge » dans les « Noces Chymiques », avec le glissement en allemand de Rotes-Kreutz à Rosen-Kreutz. Andreae a pu aussi s'inspirer de son blason familial qui comprenait quatre roses rouges entre les branches d'une croix rouge, blason lui-même peut-être inspiré des armes de Luther, représentant une croix noire sur un cœur rouge entouré d'une rose blanche.

Sceau de Luther
La « General reformatio », est en fait l'adaptation en allemand de l'avis LXXVII d'un ouvrage satirique de Trajano Boccalini : « Ragguagli di Parnasso » (« Nouvelles du Parnasse »), publié à Venise en 1612. Cet ouvrage eut un grand succès à l'époque et était connu des membres du cénacle de Tübingen et en particulier de Christoph Besold.

Les textes de la Fama et de la Confessio sont probablement inspirés de l'utopie de Tommaso Campanella : « La cité du soleil ». Parmi les contemporains allemands, on y trouve l'influence d'écrits alchimiques tels que l’« Amphitheatrum Sapientiae Aeternae »  (1595) de Heinrich Khunrath (~1560-1605) et la « Naometria »  (1604) de Simon Studion  (1543-1605).

Le personnage de Christian Rosenkreutz ferait référence aux vies de Joachim de Flore, de Thomas a Kempis, ainsi que d'un certain Aegidius Gutman (1490-1584) dont la biographie touche à la légende.

Controverses sur l'existence et l'origine de l'Ordre

Il n'existe aucune preuve historique de l'existence d'un Ordre de la Rose-Croix avant ou au moment de la parution des manifestes, au début du XVIIe siècle ; Les mouvements qui se sont par la suite baptisés "Rose-Croix" n'ont pas le moindre lien de filiation directe avec le groupe des auteurs des manifestes (le cénacle de Tübingen). La société rosicrucienne "AMORC" (fondée en 1917) est la seule à avoir revendiqué le titre d'Ordre "authentique" de la Rose-Croix.

Les opinions sur l'existence et l'origine de l'ordre peuvent schématiquement être classées en quatre catégories différentes :

Pour les universitaires Yates, Arnold, Edighoffer, Faivre (« Bien que, de 1615 à l’époque actuelle, quantité de faussaires n’aient cessé de brouiller les pistes, on peut affirmer qu’entre 1614 et 1620 il n’existe pas de "Fraternité Rose-Croix", à moins d’entendre par là qu’une amitié spirituelle rapprochait les amis du cénacle »), Christian Rosenkreutz et l'ordre de la Rose-Croix sont des fictions inventées par les auteurs des manifestes, et ces textes relevaient à l'origine du "ludibrium" (c’est-à-dire du "jeu", de la "plaisanterie") ésotérique d'un jeune luthérien malicieux et cultivé, Johann Valentin Andreae.

Les manifestes de la Rose-Croix ne seraient pas une preuve de son existence mais seulement la narration de son mythe. Ils auraient pris rapidement une dimension polémique dans l'âpre contexte de la Réforme.

Les affiches parues à Paris en 1623 ne seraient quant à elles qu'un canular. Les idées développées dans les manifestes n'ayant rien de particulièrement original ni de spécifique, leur succès non démenti tient à leur qualité littéraire, à leur parfum de secret et de mystère, et à l'association, puissamment évocatrice dans la culture occidentale, des noms et symboles de la rose et de la croix.

Ceux qui, tout en croyant à l'existence d'une fraternité de la "Rose-Croix", estiment que les détails historiques fournis dans les manifestes sont à prendre au moins en partie dans un sens symbolique. L'ordre aurait été constitué du regroupement d'esprits brillants autour de Johann Valentin Andreae.

La Rose-Croix exprimerait les aspirations spirituelles et profondes qui imprègnent encore aujourd'hui l'imaginaire de l’Occident.

D'autres tenants de l'interprétation symbolique des manifestes croient à une existence ancienne voire antique de l'ordre. C'est ainsi que plusieurs auteurs rosicruciens du XXe siècle, parmi lesquels Harvey Spencer Lewis, le fondateur de l'AMORC, s'autorisant principalement d'"archives secrètes" ou d'"archives akhashiques" consultables uniquement au moyen de différentes techniques de méditation, ont affirmé que l'ordre de la Rose-Croix avait une origine égyptienne, voire atlante.

Certains enfin ont réinterrogé avec Serge Hutin le concept d'ordre initiatique en y voyant un courant de pensée – organisé par des principes et fondé sur la reconnaissance tacite entre ses contributeurs de leurs autorités morales respectives – plutôt qu'une organisation secrète hiérarchisée de manière formelle.

Les réactions au XVIIe siècle...


Un retentissement considérable

Les manifestes Rose-Croix eurent très vite un retentissement considérable. Il y eut rapidement plusieurs rééditions. Leur appel (et surtout les références à Paracelse) fut reçu par nombre de « chymistes » d'Allemagne, et aussi d'Europe. La Bibliotheca Hermetica Philosophica d'Amsterdam a recensé 400 réponses imprimées dans les dix années qui suivirent leur parution et environ 1 700 entre les XVIIe et XVIIIe siècles.

Pour Carlos Gilly : « le succès des manifestes Rosé-Croix tenait non seulement à leur habillage mythique (sans lequel ils n'auraient suscité que fort peu d'intérêt), mais aussi et surtout à l'idée d'avoir présenté la Fraternité comme déjà constituée, et au fait d'avoir invité les savants et les princes d'alors à y donner réponse par la voie de l'imprimé ».

Des polémiques ne tardèrent pas à naître. Les rose-croix furent accusés d'imposture et, plus grave à l'époque, de sorcellerie et d'hérésie.

Cependant, Michael Maier, l'influent médecin de l'empereur Rodolphe II, prit fait et cause pour les Rose-Croix dans son « Silentium post clamores », (1617) puis son « Themis Aurea », (1618), voyant en eux les héritiers d'une antique tradition philosophique.

L'Anglais Robert Fludd, qui publie en Allemagne, médecin et auteur d'un certain nombre de traités rosicruciens, se voulut, principalement dans « Apologia Compendiera » (1616) et « Summum Bonum », (1629), un porte-parole de cette fraternité. Fludd et Maier furent les principaux défenseurs et promoteurs des rose-croix, leur donnant leurs lettres de noblesse et accréditant l'existence d'une fraternité immémoriale de sages possédant toutes connaissances et vertus. Ils expliquèrent et développèrent les idées rosicruciennes en y adjoignant certaines qui leur étaient propres.

Parmi les autres partisans des idées rosicruciennes, le médecin et astronome Daniel Mögling publia en 1618, sous le pseudonyme de « Theophilus Schweighardt Constantiensem », un « Speculum Sophicum Rhodostauroticum » (Miroir de la sagesse des rose-croix)

Mystérieuse, sans existence avérée, la fraternité inspira les interprétations et les réactions les plus diverses et parfois les plus fantaisistes. Ce ne furent pas seulement des théologiens et des hommes de science qui se jetèrent dans le débat, mais aussi des âmes en quête de spiritualité, et parfois même des escrocs.

Des princes comme Frédéric V du Palatinat et Gustave Adolphe de Suède ont pu être inspirés par certaines idées des manifestes.

Frances Yates note que ces derniers ont été publiés dans le contexte politique d'une tentative d'union des princes protestants européens, projet qui culminera en 1613 avec le mariage de la princesse Elizabeth Stuart d'Angleterre avec Frédéric V du Palatinat, et l'acceptation par ce dernier de la Couronne de Bohème alors en rébellion contre l'empereur Ferdinand II de Habsbourg.

Selon Frances Yates, les manifestes rose-croix seraient le reflet ésotérique de ces projets de réforme politique, sous l'influence de l'astrologue et mathématicien anglais John Dee (1527-1608). Cela expliquerait la bonne réception que reçurent les manifestes en Angleterre, dans la lignée de Robert Fludd : en 1652 Thomas Vaughan, sous le pseudonyme de Eugene Philatete, traduisit la « Fama et la Confessio », et publia plusieurs ouvrages sur la Rose-Croix qui influenceront Elias Ashmole (1617-1692).

La thèse de Yates manque cependant de preuves historiques directes...

Quoi qu'il en soit, le « Règne d'un hiver » de Frédéric V du Palatinat s'acheva en 1620 avec la victoire des impériaux catholiques à la bataille de la Montagne Blanche.

Les réactions des membres du cénacle de Tübingen

Pour leur part, les auteurs des manifestes semblèrent dépassés tant par leur succès que par les polémiques engendrées, et se désolidarisèrent.

Tobias Hess mort en 1614, Andreae fut le principal suspecté, sa participation semblant avoir été notoire. Il adopta une attitude complexe et ambigüe (voir les analyses de Arnold et Edighoffer) pour se défendre des accusations et calomnies. Il semble avoir voulu d'abord rectifier l'interprétation des Manifestes en publiant les « Noces Chymiques » et le « Theca Gladii Spiritus » (fourreau du glaive de l'esprit).

En même temps, il attaqua ou dénigra dans ses écrits (« Menippus », « Turris Babel ») certains aspects des manifestes, tout en en défendant d'autres. Et finalement, il essaya tout au long de sa vie de promouvoir des sociétés d'union chrétienne, dans lesquelles on peut retrouver une part du projet utopique des rose-croix, dépouillé de leur contenu alchimique et hermétique.

Christoph Besold fit éditer en 1623 De la monarchie espagnole de Tommaso Campanella, pourtant l'un des inspirateurs des manifestes, avec cette phrase mettant en doute l'existence même de la fraternité et le sérieux des manifestes :

« Et déjà la fameuse fraternité des Rose-Croix déclare que dans tout l'univers circulent des vaticinations délirantes. En effet, à peine ce fantôme est apparu (bien que « Fama et Confessio » prouvent qu'il s'agissait du simple divertissement d'esprits oisifs) il a aussitôt produit un espoir de réforme universelle, et a engendré des choses en partie ridicules et absurdes, en partie incroyables. Et ainsi des hommes probes et honnêtes de différents pays se sont prêtés à la raillerie et à la dérision pour faire parvenir leur franc parrainage, ou pour se persuader qu'ils auraient pu se manifester à ces frères, à travers le Miroir de Salomon ou d'autre façon occulte. »

Quoi qu'il en soit, la fraternité ne s'exprima plus publiquement.

L'affaire des placards en France

En juin ou juillet 1623, alors qu'en Allemagne les polémiques s'éteignent peu à peu devant le silence des rose-croix et face aux débuts de la guerre de Trente Ans (1618-1648), des affiches reprenant l'appel des manifestes sont placardées dans tout Paris.

Les auteurs de ces affiches sont restés longtemps inconnus, mais selon un témoignage de Nicolas Chorier découvert en 1971, il s'agirait d'un canular lancé par un jeune étudiant en médecine, Étienne Chaume, avec quelques amis.

Il existe plusieurs versions du texte de ces affiches, et il semble qu'en fait plusieurs textes aient été affichés simultanément.

« Nous Députés du Collège principal des Frères de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible en cette ville, par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tourne le cœur des Justes. Nous montrons et enseignons à parler sans livres ni marques, à parler toutes sortes de langues des pays où nous voulons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d'erreur et de mort. »

Cette première affiche est rapidement suivie par une seconde :

« S'il prend envie à quelqu'un de nous voir par curiosité seulement, il ne communiquera jamais avec nous ; mais si la volonté le porte réellement et de fait de s'inscrire sur le Registre de notre Confraternité, nous qui jugeons des pensées, lui ferons voir la vérité de nos promesses ; tellement, que nous ne mettons point le lieu de notre demeure, puisque les pensées jointes à la volonté réelle du Lecteur, seront capables de nous faire connaître à lui et lui à nous. »

Leur texte est reproduit dans un ouvrage publié la même année par Gabriel Naudé, qui mena une enquête : Instruction à la France sur la Vérité de l'Histoire des Frères de la Rose-Croix où l'auteur expose la légende de Christian Rosenkreutz et ironise sur la prétention des frères de la Rose-Croix de réformer le monde. Il voit en eux des êtres acharnés à détruire la religion catholique et le pouvoir royal. La réaction française, à la différence de l'accueil anglais et allemand fut extrêmement négative et pour tout dire, les textes et proclamations rosicruciennes y provoquèrent la panique. L'avis général fut que les rosicruciens pratiquaient la magie noire et que ces « invisibles » étaient donc des sorciers. Les idées rosicruciennes y furent perçues comme des idées d'agents de l'étranger, principalement de l'Angleterre, Robert Fludd en étant la figure emblématique.

Dépassé par l'ampleur des réactions et des polémiques, Chaume s'enfuit de Paris pour faire ses études à Montpellier.

Cyrano de Bergerac (1619-1655), dans son Histoire comique des états et empires du soleil, en parle comme d'« une certaine cabale de jeunes gens que le vulgaire a connus sous le nom de "Chevaliers de la Rose-Croix" »

Controverses autour de Descartes, Leibniz, Comenius et d'autres personnalités

Afin d'accréditer l'existence et l'influence de la fraternité, les auteurs rosicruciens ont souvent mis en avant les relations que des personnalités illustres, notamment Descartes, Leibniz et Comenius, mais aussi Spinoza ou Newton, auraient eu avec la Rose-Croix. Ces relations iraient parfois jusqu'à l'appartenance effective à l'ordre.

Leurs contradicteurs objectent que les éléments historiques disponibles relèvent de l'anecdote tant pour la vie et l'œuvre de ces personnages que pour l'histoire du rosicrucisme. Ces éléments font d'eux des hommes de leur temps plutôt que des membres de la Rose-Croix ou même de la mouvance rosicrucienne :


« On a voulu voir également du rosicrucisme chez Leibniz et chez bien d’autres ; jeu stérile, puisqu'au xviie siècle l’ésotérisme moniste est de toute manière la philosophie de presque tous les gens qui pensent. » 

— Antoine Faivre

Descartes

Descartes (1596-1650) séjournait en Hollande et en Allemagne de 1618 à 1622, au plus fort de l'affaire des Rose-Croix. Il semble s'y être intéressé car d'après son premier biographe, Adrien Baillet, il aurait dit : « Si les Rose-Croix étaient des imposteurs, il n’est pas juste de les laisser jouir d’une réputation mal acquise aux dépens de la bonne foi des peuples ; s’ils appartoient quelque chose de nouveau dans le monde, qui valût la pleine d’être su, il auroit été malhonnête à luy, de vouloir mépriser toutes les sciences, parmi lesquelles il s’en pourrait trouver une, dont il aurait ignoré les fondements. »

Adrien Baillet relate, sur un ton amusant, qu'après avoir été intrigué par les « confrères de la rose-croix, dont il avoit fait des recherches inutilement en Allemagne durant l'hiver de l'an 1619 [...] l'on commençoit à faire courir le bruit qu'il s'étoit enrollé dans la confrérie. M. Descartes fut d'autant plus surpris de cette nouvelle, que la chose avoit peu de rapport au caractére de son esprit, et à l'inclination qu'il avoit toûjours euë, de considérer les rose-croix comme des imposteurs ou des visionnaires. » 

Après l'affaire des affiches (1622), il dut se faire voir partout à Paris pour se disculper d'être un des prétendus "invisibles".

En dédicace du manuscrit d'un pseudotraité de mathématique « Polybii Cosmopolitani Thesaurus mathématicus »  (Trésor mathématique de Polybe le cosmopolite) (1619), on trouve la dédicace suivante : « totius orbis eruditis et specialiter celeberrimis in G F.R.C denuo oblatus » (« aux savants du monde entier et particulièrement F(rères) R.C très celèbres en G(ermanie) »). Ce texte ne fut pas publié. Geneviève Rodis-Lewis, dans sa biographie Descartes de 1997, s'appuyant sur le caractère parodique de l'ouvrage, voit dans cette dédicace une intention sarcastique. Jean-Pierre Bayard y trouve au contraire un signe d'intérêt et de soutien.

Il reste que l'épisode fameux et fondateur des trois songes de Descartes eut lieu en Allemagne à l'hiver 1619, alors qu'il s'intéressait aux Rose-Croix. Certains auteurs pensent que l'imaginaire de Descartes fut alors inspiré par les textes rosicruciens qu'il devait lire à l'époque. Cependant cette hypothèse a été rejetée par Fernand Hallyn, et la véracité de toute l'anecdote racontée par Baillet a elle-même été mis en doute par Henri Gouhier après une minutieuse étude des sources.

Leibniz

Vers 1666, le philosophe et mathématicien allemand Leibniz (1646-1716) devint membre de la « Société Alchimique » de Nuremberg (1654-~1700) et en fut secrétaire pendant deux ans. Cette société est parfois confondue à tort avec celle de la Rose-Croix d'Or (voir ci-dessous). Il s'intéressa au texte des Noces Chymiques et décrypta l'énigme du nom de la jeune fille "Alchimia". Quant aux manifestes eux-mêmes il les considéra comme des fictions : « Tout ce que l’on a dit des Frères de la Croix et la Rose, est une pure invention de quelque personne ingénieuse ».

Comenius

Andreae fut, par ses projets de sociétés d'union chrétienne, en contact avec le pasteur de Bohême Comenius. En 1628, Andreae, découragé, lui écrivit pour lui passer le relais :

« Nous fûmes quelques hommes de grande valeur, qui [...] après la bouffonnerie de la vaine "Fama", nous étions réunis.[...] Vous abandonnant ce qui reste de notre naufrage, nous vous le transmettons volontiers, assez heureux si notre entreprise n'a pas tout à fait échoué. »

Malgré ces dénigrements, Comenius semble, dans « Le Labyrinthe du monde » (1631), avoir été séduit par les espérances développées dans les manifestes rose-croix.

S'en inspirant, il rédigea, en 1641 en Angleterre, un ambitieux et généreux programme de réforme : la « Via Lucis » (« Chemin de la lumière »). Edighoffer fait de Comenius celui qui fit passer la Rose-Croix du luthérianisme allemand au cadre universaliste et humanitariste qui allait être celui de la franc-maçonnerie.

Sociétés rosicruciennes et rosicrucianisme au XVIIIe siècle...

Après un oubli relatif pendant la seconde moitié du xviie siècle, une nouvelle efflorescence rosicrucienne apparaît au xviiie siècle. Parallèlement à l'essor de la franc-maçonnerie, différents mouvements et groupements rosicruciens se forment, touchant les sphères aisées de la société.

Les plus importants de ces groupements furent les différents groupes dénommés « Rose-Croix d'Or » et celui de la « Rose-Croix d'Or d'ancien système » (ces organisations n'ont pas de lien historique avec le "Lectorium Rosicrucianum" contemporain, dont il est question plus loin, hormis une prétention alchimique commune).

L'Ordre de la Rose-Croix d'Or (1710)

En 1710, parut à Breslau et en allemand, sous le nom de "Sincerus Renatus" (pseudonyme du prédicateur silésien Samuel Richter) : La vraie et parfaite préparation de la Pierre Philosophale par la Fraternité de l'Ordre de la Rose-Croix d'Or . Ce texte, qui est essentiellement un traité d'alchimie, se termine par l'énumération des cinquante-deux règles de l'ordre (instituant comme chef suprême le grade d'"Imperator" qui sera repris plus tard).

L'ordre décrit par Richter ne semble pas avoir existé, mais divers conventicules, de doctrine plutôt floue et reliés entre eux de façon assez lâche, prirent le nom de Rose-Croix d'or et se développèrent en Allemagne, en Pologne, en Tchécoslovaquie, aux Pays-Bas et jusqu'en Russie. C'est au sein de ces groupements que serait née vers 1750 la théorie de la filiation templière de la franc-maçonnerie, avec pour intermédiaires les rose-croix.

Cette théorie se développa ensuite au sein de la branche dite rectifiée de la franc-maçonnerie, avant d'être démentie par le convent de Wilhelmsbad en 1782. Toutefois, cette mise au point ferme sur le plan historique n'empêcha pas une partie du symbolisme alchimique et chevaleresque introduit dans les hauts grades maçonniques à cette occasion d'y demeurer par la suite.

Les Figures secrètes de la Rose-Croix des XVIe et XVIIe siècle , imprimées en deux parties, en 1785 puis en 1788, à Altona près de Hambourg, constitueraient le "testament spirituel" des rose-croix d'or. Elles comportent entre autres 36 planches d'images et de symboles alchimiques, théosophiques et hermétiques. L'auteur en est inconnu. On y distingue l'inspiration de Valentin Weigel, Heinrich Khunrath et Jacob Boehme, précurseurs des pensées rosicruciennes et théosophiques.

L'Ordre des Rose-Croix d'or d'ancien système (1777)

En 1777, un officier prussien, Johann Rudolf von Bischoffswerde, et un ancien pasteur, Jean Christophe Wöllner, fondent à Berlin l'« Ordre des Rose-Croix d'Or d'ancien système » à partir de la loge maçonnique des Trois Globes. Ils font remonter la généalogie des rose-croix, non au fondateur supposé Christian Rosenkreutz, mais à « Adam lui-même ».

Cette sapience divine aurait ensuite été conservée et transmise par les patriarches bibliques, les sectes à mystères, les pythagoriciens et les druides. L'ordre lui-même aurait été fondé par Ormus, un prêtre d'Alexandrie baptisé par saint Marc. Il se serait perpétué en Palestine jusqu'à l'époque des croisades, où il se serait transporté en Europe. La Rose-Croix d'or d'ancien système eut un succès certain et compta, dès 1779, 26 cercles et 200 membres en Allemagne.

Les deux fondateurs, grâce à diverses mystifications teintées d'occultisme, parvinrent à s'attirer les bonnes grâces des hautes sphères politiques. Ils furent ainsi nommés ministres en 1786 et suspendirent alors les activités de l'ordre qui devenait suspect et comptait alors plusieurs milliers de membres.

La symbolique rosicrucienne dans les milieux maçonniques

Le premier document connu rapprochant la rose-croix et la franc-maçonnerie date de 1638 à Édimbourg. Il s'agit d'un bref extrait du poème de Henry Adamson La Thrène des muses :

« For what we do presage is not in grosse,
For we be brethren of the Rosie Crosse:
We have the Mason word and second sight,
Things for to come we can foretell aright. »

Il est possible que des personnes sensibles aux idéaux de l'utopie rosicrucienne se soient affiliées aux loges maçonniques du XVIIe siècle en Angleterre et en Écosse.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le mot "Rose-Croix" fait beaucoup plus référence à un état d'ultime sagesse et de complète réalisation qu'à une organisation : on dit à l'époque "un rose-croix" pour désigner un de ces supposés initiés ultimes et « l'ordre des Rose-Croix » pour parler de leur organisation.

C'est dans cette acception qu'apparaît en franc-maçonnerie, vers 1760, le grade dénommé "chevalier rose-croix". Il devient un temps le grade terminal du Rite du royal Secret avant de devenir, en 1801, le 18e grade durite écossais ancien et accepté.

Le "bijou" traditionnel de ce grade est un compas orné d'une rose-croix et d'un pélican qui nourrit ses petits avec son propre sang. Dans certains autres de ces rituels maçonniques, on trouve des développements ésotériques du mythe de la construction du temple de Salomon qui rappellent la symbolique du temple-tombe de Christian Rose-Croix, « image et abrégé de l'Univers ».

À l'inverse, on trouvera, dans les rituels de nombreux groupes rosicruciens contemporains ou fondés au XIXe siècle, des emprunts à des rituels maçonniques attestés dès la fin du XVIIIe siècle. Ces influences mutuelles s'expliquent aisément par le fait qu'à l'instar de Papus, Lewis, Hutin et bien d'autres, les auteurs rosicruciens des XIXe siècle et XXe siècles seront très souvent également francs-maçons.

À la même époque, Martines de Pasqually fonde un « Ordre des Chevaliers Élus Cohen » au sein duquel il enseigne sa doctrine, proche de l'hermétisme chrétien (comme celle des rose-croix) et dont les membres les plus avancés pratiquent la théurgie et portent le titre de "Réaux-Croix".

Le terme "réaux-croix" semble avoir été inventé par Pasqually, par analogie avec rose-croix, tout en s'en distinguant, réau signifiant le "grand Adam" et "puissant prêtre". Ses successeurs Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint-Martin ("le philosophe inconnu") mirent l'ordre en sommeil après la mort de Pasqually en 1774, mais sa doctrine inspira en partie Willermoz dans sa contribution à la rédaction des derniers hauts grades maçonniques du rite écossais rectifié à l'occasion du "convent des Gaules" en 1778.

En 1798, l'abbé Augustin Barruel publie ses « Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme » dans lesquelles il accuse les Illuminés de Bavière (fondés en 1776, interdits en 1784 et éteints en 1790) d'être à l'origine d'un complot mondial qui aurait été la véritable cause de la chute de la monarchie en France.

Bien que réfutée depuis longtemps par la plupart des historiens, cette "théorie du complot" et ses dérivées ont encore aujourd'hui un certain nombre de partisans qui estiment que les rose-croix faisaient eux aussi partie de ce supposé complot. Quoique les idées des "illuminés" de Bavière, branche radicale des Lumières, semblent incompatibles avec la doctrine mystique "illuministe" des rose-croix et des rosicruciens, la confusion lexicale fut et reste fréquente.

Les rose-croix dans l'art et la littérature au XVIIIe siècle

Les proches des rosicruciens contemporains voient de fréquents symboles rosicruciens dans l'art et la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles. Certaines de ces influences sont avérées, d'autres sont plus discutables. Les symboles utilisés par les rosicruciens sont comparables à ceux utilisés par d'autres mouvements férus d'ésotérisme et d'alchimie déjà existants.

Les manuels initiatiques des rose-croix d'or et le texte des « Noces Chymiques » marquèrent une partie de l'œuvre de Gœthe, notamment dans « Les Mystères, le Conte et le second Faust ». Dans son poème inachevé « Les Mystères » (1784-1786) on trouve notamment la phrase : « Qui donc a marié les Roses à la Croix ? ». 

Pour les rosicruciens, l'opéra « La Flûte Enchantée » de Mozart constituait une allusion à peine voilée aux rites initiatiques supposés de la Rose-Croix, notamment pour ce qui concerne les épreuves du feu et de l'eau que traversent les deux héros à la fin de l'opéra. Il est néanmoins communément admis que, Mozart et Emanuel Schikaneder – son librettiste - étant tous deux francs-maçons, cette œuvre adopte une symbolique maçonnique.

Personnages célèbres

L'appartenance de certaines personnalités aux organisations rosicruciennes du XVIIIe siècle a parfois été évoquée.

Influencé par les idées de Josef Hoëné-Wronski, l'occultiste Éliphas Lévi a prétendu que Napoléon Bonaparte était rosicrucien, et avait reçu pour mission d'unifier l'Europe. D'autres auteurs, tels Papus ou Harvey Spencer Lewis ont aussi soutenu cette idée.

Sociétés rosicruciennes et rosicrucianisme aux xixe, xxe et xxie siècles

Entre les milieux du XIXe et du XXe apparaissent, dans divers pays, des groupements se réclamant de la Rose-Croix mais de doctrines divergentes. Au xixe siècle ils versent de plus en plus dans l'occulte et dans la magie, avec une diversité de grades, de structures hiérarchiques d'origines mystérieuses et de titres impressionnants....

La plupart de ces sociétés étaient considérablement influencées par la forte personnalité de leurs guides et fondateurs. Plusieurs figures importantes de l'ésotérisme occidental du xixe siècle écrivirent sur la Rose-Croix et le personnage de Christian Rose-Croix, : Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique ; Rudolf Steiner, d'abord secrétaire général de la Société théosophique en Allemagne, puis fondateur de la Société anthroposophique, qui y consacra de nombreux ouvrages ; enfin René Guénon.

Le peintre français Yves Klein, (1928-1962), qui avait découvert le rosicrucianisme dans le livre de Max Heindel, La Cosmogonie des Rose Croix, s'était inscrit tout jeune à la Rosicrucian Fellowship de Californie avec son ami le sculpteur Arman. L'influence de cette fréquentation qui n'a pas duré très longtemps est toutefois perceptible dans l'œuvre de Klein...

Aujourd'hui encore, au début du XXIe siècle, un certain nombre de mouvements actifs et parfois internationaux, se réclament de l'héritage rosicrucien. Les principaux sont, par ordre alphabétique : l'AMORC, le Lectorium Rosicrucianum, La Rosicrucian Fellowship, la Societas Rosicruciana in Anglia...

La Rose-Croix de Toulouse (1850)

Joséphin Peladan, qui fondera la Rose-Croix kabbalistique, a été initié au rosicrucianisme par son frère Adrien (1844-1885), l’un des premiers homéopathes français. Ce dernier aurait été reçu - selon Christian Rebisse, par un « membre de la dernière branche de l’ordre, celle de Toulouse ». À cette branche toulousaine de la Rose-Croix aurait également appartenu le vicomte Édouard de Lapasse (1792-1867), un ancien diplomate et médecin alchimiste toulousain.

La Societas Rosicruciana in Anglia (1867)

La Societas Rosicruciana in Anglia ou SRIA, dérive de la "Societas Rosicruciana in Scotia" (SRIS), et fut fondée à Londres en 1867 par les maîtres maçons William James Hughan et Robert Wentworth Little peu après leur réception à Edimbourg, tous deux étaient membres de la Grande Loge unie d'Angleterre. Il s’agit d’un ordre rosicrucien admettant un maximum de 144 membres, et exclusivement destiné aux francs-maçons de cette grande loge ou des grandes loges reconnues par elle qui avaient atteint le grade de "Maître".

Les rituels et les initiations de la SRIA reprennent la structure en 9 grades de la Rose-Croix d'or d'ancien système, le contenu est strictement chrétien et les membres portent des noms et des devises latines.

On a souvent répété à tort que l'écrivain Sir Edward Bulwer-Lytton, auteur de « Zanoni ou la sagesse des Rose-Croix », en fut le grand maître et qu'il y intronisa le Français Éliphas Lévi (qui en fut effectivement un des premiers membres).

En réalité, Sir Bulwer Lytton n'a jamais joué aucun rôle dans la SRIA. En juillet 1870, Bulwer Lytton avait été nommé grand patron de la SRIA, c'est-à-dire président d'honneur, sans qu'il en ait été informé. Averti seulement fin 1872 qu'on lui avait accordé cette haute dignité, il écrivit immédiatement une lettre de protestation et de refus à John Yarker, l'un des dirigeants de la Société.

Toujours active, réservée aux membres de la Grande Loge unie d'Angleterre, elle se définit désormais elle-même comme une société dont « le but est l'aide mutuelle et l'encouragement dans la recherche sur les grands problèmes de la vie et la découverte des secrets de la nature, l'étude du système de philosophie fondée sur la Kabbale et les doctrines d'Hermès Trismégiste [transmises par] les Frères de la Rose-Croix d'Allemagne en 1450 (sic) et l'étude de la signification et du symbolisme de tout ce qui reste aujourd'hui de la sagesse, de l'art et de la littérature de l'Ancien Monde ». Elle a des filiales aux États-Unis, en Écosse, et en France (le collège Bernard de Claivaux).

Ce sont des membres de la SRIA qui fonderont en 1887 l'ordre de la Golden Dawn.

La Golden Dawn (1887)

En 1887, à Londres, est fondée la « Fraternity of the Esoteric Order of the Golden Dawn », connue plus tard sous le nom d'« Hermetic Order of the Golden Dawn » (« Ordre hermétique de l'Aube dorée ») par le Dr. William Wynn Wescott, William R. Woodman et Samuel Liddell MacGregor Mathers, membres de la SRIA.

Un de ses membres importants sera l'occultiste et alpiniste Aleister Crowley, par ailleurs membre d'un ordre martiniste et de l'Ordo Templi Orientis. On y rencontre aussi l'écrivain Bram Stoker et le poète irlandais William Butler Yeats.

Sous l'impulsion de Mathers se développa au sein de l'Ordre un "cercle intérieur" rosicrucien, l'« Ordre de la Croix d’Or et de la Rose Rubis », dont les membres pratiquaient la théurgie et qui eut une influence considérable sur la pensée rosicrucienne moderne...

Hostiles à Crowley et à la magie opérative, Arthur Edward Waite (auteur d'études historiques sur la Rose-Croix) et Yeats réforment l'ordre et fondent le Saint Ordre de l'Aube Dorée. La Golden Dawn traditionnelle survit sous la forme de la Stella Matutina.

L'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1888)

Fondé en 1888, en France, par Stanislas de Guaita et Joséphin Peladan, l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix a compté, parmi ses membres Papus, Erik Satie (qui composa pour l'ordre les Sonneries de la Rose-Croix) ou Paul Sédir.

L'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix enseignait la Kabbale et l'occultisme au sein d'une université libre. L'ordre décernait des grades de "bachelier en kabbale", "licencié en kabbale" et "docteur" au cours d'examens écrits et oraux.

Selon Jean-Fançois Bayard, le but en était « de mener simultanément une action occulte en vue de préserver la civilisation judéo-chrétienne et une action diffusante au cœur d'un public de profanes mais curieux de sciences occultes ». L'épisode de la guerre "occulte" de ces rosicruciens avec le moine défroqué Joseph-Antoine Boullan, mage noir réputé et exorciste, a alimenté les chroniques mondaines de l'époque et fut l'occasion de proclamations et d'anathèmes jetés par journaux interposés.

Prétextant un refus de la magie opérative, Péladan se sépare du groupe en 1891 pour fonder l'Ordre de la Rose-Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal. Cet ordre sera à l'origine des « Salons de la Rose-Croix » qui connurent une grande fréquentation.

Entre mai 1890 et mars 1893 éclata "la guerre des deux roses". Il s'agit de l'opposition entre Stanislas de Guaita, fondateur de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, et de son ancien ami Joséphin Péladan, fondateur de l'Ordre de la Rose+Croix Catholique du Temple et du Graal.

De 1920 à 1942 Pierre Piobb réserve son enseignement à un petit nombre d'élus mais refuse de fonder un ordre.

L'Ordo Templi Orientis (1902)

L'Ordo Templi Orientis, parfois noté OTO, était une société secrète allemande. Elle fut fondée par le franc-maçon viennois Karl Kellner. Après sa mort, Theodor Reuss, par ailleurs membre de la SRIA, en prit la direction. Dans son contenu, l'OTO mêlait des influences de soufisme et de tantrisme. Les rites étaient ceux de Memphis Misraïm. Selon Reuss, l'ordre avait ses racines dans la Rose-Croix mais son origine dans l'Ordre du Temple.

La Rosicrucian Fellowship (1909)

Entre 1909 et 1911, aux États-Unis, Max Heindel pose les bases de la Rosicrucian Fellowship ("Association rosicrucienne"). L’ouvrage de référence de cette association est lacosmogonie des Rose-Croix, portant sur le mystère du Monde.

Max Heindel a fondé son mouvement après un voyage en Allemagne pour rencontrer Rudolf Steiner.

D'après Max Heindel, il aurait rencontré sur le bateau le ramenant en Amérique ce qu'il appela un "Frère Aîné de la Rose-Croix", lequel lui aurait proposé de révéler publiquement et gratuitement leurs enseignements.

L'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC) (1917)


Suite à son initiation à Toulouse le 12 août 1909, le docteur Harvey Spencer Lewis fonde l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix ou AMORC le 1er avril 1915 aux États-Unis.

Pour l'AMORC, le personnage de Christian Rose-Croix, ou Christian Rosenkreutz, est une allégorie. En effet, l'ordre aurait été créé, non par un initié portant ce nom symbolique mais par une société initiatique de mystères organisée par le pharaon Thoutmôsis III. Ce pharaon aurait regroupé les écoles de mystères existantes au sein d'une même entité, il y a 3 500 ans.

L'AMORC a publié en 2001, ce qu'il définit comme étant un "quatrième manifeste rosicrucien".

La Confrérie de Crotone de l'Ordre rosicrucien (1924)

La Confrérie de Crotone de l'Ordre rosicrucien ("Rosicrucian Order Crotona Fellowship"), parfois notée CCOR, fut fondée par George Alexander Sullivan en 1924. Certains la considèrent comme étant la continuation de l’Ordre des Douze, société ésotérique dirigée par Sullivan dans les années 1911-1914 puis, à nouveau, dans les années 1920.

L'École de la Rose-Croix d'or (Lectorium Rosicrucianum) (1924)

Les fondateurs de l'actuelle Rose-Croix d'or font remonter sa naissance au 24 août 1924, c’est-à-dire lorsqu'ils en conçurent le projet. Le nom de « Rose-Croix d'Or » s'inspirerait d'une fraternité rosicrucienne ayant existé en Allemagne au XVIIIe siècle. Ce mouvement est issu de la « Rosicrucian Fellowship » de Max Heindel. Cette fraternité initiatique chrétienne, qui se réfère à la Gnose et au Catharisme pyrénéen, a pris en 1945 le nom de « Lectorium-Rosicrucianum », ce qui signifie "lieu d'enseignement de la Rose-Croix".

Ancien Ordre des Rosicruciens (A.O.R.) (1989)

L'Antiquus Ordo Rosicrucianis (A.O.R.), basé en Autriche, affirme sur son site web être une organisation mondiale sans but lucratif fondée en 1989.

Controverses sur les dérives sectaires de certaines associations rosicruciennes

Plusieurs organisations se réclamant de la Rose-Croix ont été suspectées de dérives sectaires par les autorités françaises.

L'Alliance Rose-Croix, le « Lectorium Rosicrucianum » et l'"AMORC" sont mentionnées, à divers titres, dans les rapports de la commission parlementaire sur les sectes en France de 1995 (rapport général) et de 1999 (les sectes et l'argent). Néanmoins, les rapports rendus par ces commissions d'enquêtes parlementaires ne constituent qu'un élément d'information et de proposition, ils n'ont pas de valeur juridique et des personnalités extérieures aux associations citées ont contesté ce classement...

Thèses et concepts rosicruciens

Rosicrucien ou Rose-Croix, quelle est la différence ?

Pour les rosicruciens contemporains, l'état de "Rose-Croix" désignerait celui qui a atteint l'état ultime de perfection spirituelle et morale (parfois appelé état « christique »), tandis que rosicrucien désigne l'initié qui cherche à atteindre l'état d'illumination du "Rose-Croix".

D'après ces mêmes rosicruciens, la réponse à la question de la nature de la véritable Rose-Croix ne peut provenir que de l'expérience intérieure de chacun.

Selon Max Heindel : « les Frères de la Rose-Croix sont parmi ces âmes miséricordieuses et ce n'est rien de moins qu'un sacrilège que de trainer ce nom de Rose-Croix en l'appliquant à nous-mêmes, alors que nous ne faisons qu'étudier leurs sublimes enseignements. » Selon Jan van Rijckenborgh, la Rose Croix est issue « de la hiérarchie de Christ (Logos) [et] les membres de cette Fraternité de la Rose-Croix agissent et se font connaître de manière anonyme. » 

L'universitaire Umberto Eco remarque que, pour les rosicruciens, se déclarer Rose-Croix est la preuve qu'on ne l'est pas, et que cela rend, par définition, l'inexistence de la Rose-Croix indémontrable.

Rose-Croix et alchimie

Les manifestes Rose-Croix sont marqués par la pensée alchimique, fort en vogue à l'époque, avec notamment des références explicites à Paracelse.

On y trouve notamment la critique, très courante dans les textes alchimiques, des "souffleurs", c'est-à-dire des "faiseurs d'or", par opposition à la "véritable" alchimie, dont le but serait de comprendre les lois de la Nature pour l'aider à se parfaire, tout en se transformant soi-même. Les premiers rosicruciens ou principaux partisans des Rose-Croix (Maier, Fludd, Schweighardt, etc.) étaient pour la plupart des alchimistes, dans tous les sens du terme.

Les rosicruciens d'aujourd'hui se consacrent avant tout à une l'alchimie dite "spirituelle", en s'inspirant tout particulièrement des Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz.

Pour cette "alchimie spirituelle", la "materia prima" est l'âme humaine et l'athanor est constitué par le corps physique et les corps subtils qui maintiennent ce dernier en vie et assurent le lien avec l'âme, étincelle divine. Le laboratoire en est l'existence humaine au cours de laquelle l'âme a la possibilité d'accomplir son apprentissage pour se parfaire, opérant la transmutation du vil métal de ses vices et de ses défauts en or spirituel, autrement dit en les vertus et qualités correspondantes.

Cette alchimie ne se réduit cependant pas à une transformation de la personnalité de l'Homme. Elle met en évidence les rapports existant entre Dieu, l'Homme et la Nature.

La connaissance du « Livre de la Nature » s'oppose à la conception matérialiste d'un "univers-machine" composé uniquement d'atomes.

Ainsi pour naître à l'harmonie entre l'Homme et l'Univers, la philosophie rosicrucienne étudie les relations entre le ciel et la terre. Elle fait de l'homme un microcosme image et l'abrégé de l'Univers, ou macrocosme. La rencontre entre ces deux dimensions symbolisée par la croix ayant la rose en son centre est le lieu de l'alchimie, l'athanor.

Le symbolisme de la rose et de la croix

Ce symbole classique au XVIIe siècle a été repris par l'AMORC sous forme d'une croix en or trilobée ayant en son centre une seule rose rouge : la croix représenterait le corps physique, et la rose l’âme en voie d'évolution, comme la fleur s'ouvre lentement à la lumière. Il désignerait symboliquement un état spirituel à atteindre, et l'aboutissement de la quête d'une connaissance d'ordre cosmologique en rapport avec l'hermétisme chrétien.

Cette vision toute moderne du symbole de l'ordre ne saurait en limiter la signification. À ce titre, il est intéressant de rappeler que, d'après Robert Fludd, le symbole de l’ordre serait une rose rouge sur une croix rouge (« Summum Bonum », 1629). S’inscrivant dans la lignée des manifestes rosicruciens du xviie siècle, Robert Fludd situe cette symbolique dans le christianisme en ajoutant que « les Rose-Croix s’appellent frères parce qu’ils sont tous fils de Dieu et que la rose est le sang du Christ, que, sans la croix interne et mystique, il n’y a ni abnégation, ni illumination ».

Les sociétés rosicruciennes passées et présentes ont décliné le symbolisme de la rose et de la croix de diverses manières : l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix de Stanislas de Guaita et Joséphin Peladan avait pour symbole une croix inspirée de la Croix de Malte ornée d'un pentagramme et de quatre roses, la Rosicrucian Fellowship a pour symbole une croix ornée d'une couronne de roses, etc...

L'École de la Rose-Croix d'Or désigne la rose épanouie comme étant le symbole de la perfection divine de l'âme, matérialisée par l'or. La croix d'or représente le corps de l'homme transfiguré. Cette école évoque un chemin, vécu à travers trois roses, soit trois phases de transformation :

- la rose blanche représente la purification ;
- la rose rouge évoque le sang de l'amour répandu pour tous, par le service à autrui ;
- la rose d'or est l'accomplissement, la réintégration du corps, de l'étincelle divine (l'âme) et de l'esprit dans l'harmonie originelle divine.

LE TAROT ET LA ROSE CROIX

Le Tarot Rose-Croix de Jacques Vieville...

Le Tarot qui nous intéresse ici est celui Jacques Viéville, qui peut sans doute être considéré comme étant un tarot "Rose-Croix".

Viéville est une de ces "Maîtres-cartiers" qui ont conçus des tarots au XVIè siècle et au XVIIIè.... Il est évident que les premiers tarots qui ont été publiés sont né de groupements d'initiés. Les premiers tarot en circulation sont certainement apparut en raison de ce Compagnonnage spécifique de "gens du papier", graveurs, imagiers, imprimeur, éditeurs...

En vérité, les premiers tarots, diffusés à Paris illustraient la nouvelle vision "symbolique", voire "symboliste" de la Renaissance ; basée sur l'hermétisme néo-platonicien, cabalistique, et certainement sur une gnose chrétienne et aux échos templières...

Il n'a jamais été dans l'intention des cartiers de créer des cartes pour la divination, c'est seulement après la disparition des Maîtres que la Franc-Maçonnerie s'empare des jeux et leur donnent cette direction....

De la fin du XVIIIè siècle jusqu'au début du XXè, il n' y a que des francs-maçons, des bohèmes ou des initiés qui s'intéressent aux cartes du tarot.

Fulcanelli décrit ainsi un médaillon de la cathédrale d'Amiens : 

« Le Maître anonyme qui sculpta les médaillons du porche de la Vierge-Mère a très curieusement interprété la condensation de l'Esprit universel ; un adepte contemple le flot de la rosée céleste tombant sur une masse que nombre d'auteurs ont prise pour une toison. Sans infirmer cette opinion, il est tout aussi vraisemblable d'y soupçonner un corps différent, tel que le minéral désigné sous le nom de Magnésie ou d'Aimant philosophique... Archée céleste, Crachat de Lune, Beurre de Terre, Graisse de rosée, Vitriol végétal, Flos Coeli, etc., selon qu'ils (les Maîtres) le regardaient comme réceptacle de l'Esprit universel, ou comme matière terrestre exhalée du centre à l'état de vapeur, puis coagulée par refroidissement au contact de l'air » 

(Le Mystère des Cathédrales).


Le Maître-cartier Vieville n'interprète pas différemment le phénomène exprimé dans la carte de la Foudre. Son orageux berger est vêtu à la grecque pour rappeler la Fable hermétique de Jason et la toison d'or...


Le tarot de Jacques Vieville est un authentique Tarot Rose-Croix...

Voici la démonstration qu'en a fait Charly Alverda sur un autre forum, reproduite ici avec son accord, car ce texte très intéressant méritait d'être porté à votre connaissance ici aussi.

"Le tarot Vieville est exclusivement hermétique et ce qui est - à ma connaissance - unique, de signature Rose-Croix et c'est ce que je démontre ici.

Les cartes de la Quinte Essence, les 22 “ triomphes “, sont des emblèmes ou hiéroglyphes au sens du XVIè siècle car leur création depuis la découverte des pseudos hiéroglyphes d'Horappolon était censée véhiculer la science “ égyptienne” d’Hermès, synthèse de pythagorisme, de néo-platonisme et de Kabbale hébraïque qui fit toute la Renaissance artistique. Cette science basée sur l'analogie qu’est l’hermétisme vit ses plus belles fleurs s’épanouir au tout début du XVIIè siècle dans le mouvement Rose-Croix. (Lire Frances Yates : La philosophie occulte à l’époque élisabèthaine et Pierre Béhar : Les langues occultes de la Renaissance.)

Le Chef d’Oeuvre de Vieville cartier parisien, notons le, signe cette reconnaissance envers les Manifestes R + C : la Fama, la Confessio et les Noces chymiques de Christian Rozenkreutz, et ceci dans un contexte très défavorable.

En 1623 des affiches sybillines étaient parues à Paris. Gabriel Naudé (bibliothécaire de Richelieu) nous relate les faits dans ses « Révélations à la France sur la vérité de l'histoire des Frères de la Rose-Croix » Voici le texte de la première affiche apparue sur les quais de Paris :

« Nous, députés du Collège des Frères de la Rose-Croix, faisons séjour visible et invisible dans cette ville par la grâce du Très-Haut, vers lequel se tourne le coeur des justes. Nous montrons et enseignons, sans livres ni marques, à parler toutes sortes de langues des pays où nous voulons être, pour tirer les hommes, nos semblables, d'erreur et de mort ».

Ces affiches et d'autres aussi étranges qui paraîtront quelques jours plus tard, rappelleront à l'élite intellectuelle française certains manifestes circulant en cinq langues dans toute l'Europe depuis une dizaine d'années. Le plus fameux de ces manifestes : la FAMA est intitulé : La Renommée de la Fraternité de l'Ordre très illustre des Rose-Croix. Thomas Corneille, à propos de la Pierre Philosophale - et non concernant sa pièce de théâtre du même nom - écrivait : « Mille gens en parlent, et plusieurs pourtant n'en connoissent que le nom. Les Roze-Croix ont grande relation avec ceux qui la cherchent, et avec une Secte particulière de Gens qu'on appelle Cabalistes ». Et, poursuivant sur les R + C : « Beaucoup de leurs visions, et surtout les ridicules pensées qu'ils avoient que chaque Elément estoit remply d'Habitants invisibles, et qu'ils pouvoient prendre alliance parmy eux comme Sages et en 1623, on ne parloit d'autre chose à Paris ».

Tout au long du XVIIè siècle, en france, les R + C (par ailleurs protestants) furent inquiétés. "L'affaire des poisons" n'arrangea rien à cause du groupe d'"alchimistes" douteux qui avait fabriqué les poisons. On trouva un poème alchimique dans les papiers de la Voisin et Glaser se trouvait, par ailleurs, impliqué dans l'affaire comme complice de la Brinvilliers. Tout cela était lié dans l'imaginaire collectif aux R + C et aux Cabalistes.

Vieville risquait le bûcher, tout au moins les galères, il le savait. Descartes qui était parti dans les Allemagnes à la recherche des R+C et de retour à Paris à cette date fut obligé de prouver sa non appartenance au mouvement, ce qu'il fit en arguant qu'il ne pouvait appartenir à la Secte des Invisibles faisant preuve de sa visibilité !.

C'’est donc avec un certain courage que notre cartier dissimula dans ses cartes sa connaissance de l’hermétisme R + C.

Toutes ses cartes sont inversées et doivent être regardées dans un miroir. Contrairement à l'usage répandu dès cette époque ses cartes ne sont pas légendées mais les noms sont inscrits sur son As de Deniers et son 2 de Coupes, ce qui lui permet d’appeler Dame la Tempérance, Viel art l’Hermite...  Et d'éviter de mettre des nombres en regard.

L’ordre de certains triomphes est lui même inversé, ce qui n'était pas rare à cause des techniques de gravure, nombre de cartiers ont inversé le IX et le XI, mais c'est ici intentionnel, le Viellard, à la barbe mercurielle fournie, aimante et condense l'énergie d'en-bas quand elle remonte de terre principalement au printemps. Il inverse aussi VII et VIII. VII avec la Balance est le 7è signe d'Air et le Chariot est tiré par des sphinx 

La Dame de toutes ses pensées nous oblige à utiliser certain miroir… 

Dans ce miroir serpentiforme apparaissent deux mots, SOL et FAMA, mots ne pouvant se lier grammaticalement. Ainsi, maître Jacques attire notre attention sur la FAMA (la Renommée) des Rose-Croix, leur Art du Soleil et, aussi sur la SEULE FEMME (ne dit-on pas, par ignorance, « des remèdes de bonne femme » pour des remèdes de bonne renommée, bone fama ?) 

La dame couronnée de pourpre élève de sa main gauche un sceptre ailé et de sa droite abaisse un vase doré qui répand un liquide couleur mercure dans une urne soulignée de rouge, tout en "fixant" du regard le double serpent de la banderole ou mercure double. Le mercure est appelé par les maîtres « miroir où l'on voit toute la nature à découvert »

Très subtilement, le cartier joue ainsi avec l'image traditionnelle de la Tempérance et la figure secrète du caducée, attribut du mercure ailé. Selon le dictionnaire mytho-hermétique de Dom Pernety, « l'un de ces serpents représente la partie volatile de la matière philosophique, l'autre signifie la partie fixe, qui se combattent dans le vase. L'or philosophique les met d'accord en les fixant l'un à l'autre et en les réunissant en un seul corps inséparablement. » 

La Tempérance des tarots est toujours représentée avec des ailes d'ange ; dans les tarots plus anciens elle prend le nom archaïque d'attrempance et le Comte de la Marche trévisane de dire dans sa Parole délaissée : « Notre œuvre n'est autre chose que vapeur et eau, qui est dite mondifiante, ou nettoyant, blanchissant, rubifiant et déjetant la noirceur des corps, et les philosophes l'ont nommée Eau permanente […] Alphidius a nommé cette eau attrempance ou mesure des sages. »

Vieville semble bien considérer son Tarot comme le Livre T des R + C.

Selon la Fama, en 1604, le Frère N.N. chef "du cercle intérieur" modifiant une partie des bâtiments de la fraternité découvre la porte cachée d'une crypte faite de sept côtés et de sept angles illuminée par un soleil artificiel, « un autre soleil qui avait apprit cela auprès du Soleil ». Au centre de la crypte, sur un autel circulaire est gravée une inscription : « j'ai fait de ce sépulcre un unique résumé de l'univers », puis quatre autres inscriptions accompagnées des quatre animaux évangéliques. En déplaçant l'autel on découvre le corps du Père Rosenkreutz parfaitement conservé et tenant dans sa main le Livre T. La Fama précise qu'il « est immédiatement après la Bible, notre trésor le plus grand que nous ne devons pas livrer à la critique du monde ». 

Viéville remplace la Maison-Dieu par la Foudre désignant ainsi non plus l’athanor-contenant mais le contenu avec la Toison d’or sous le chêne recueillant le mercure. “Note ce chesne” dira laconiquement Flamel dans son livre aux 3 X 7 feuillets : le "Livre des Figures Hiéroglyphiques". 

Il montre l’Etoile Flamboyante - symbole de l’esprit universel de la Nature - avec la carte XVII au dessus de la cathédrale au vitrail - lui aussi flamboyant - et au dessus du Temple aux 2 colonnes et au pavé mosaïque. Il fait ensuite glisser la traditionnelle fileuse sous le soleil dans la XVIIIè carte, cette fileuse aimante l’influx universel vu avec la Foudre et que revoie la lune montante au printemps. 

En XVIII, l’enfant du Soleil sur son cheval de bois indique que ce n’est plus que : "lusus puerorum" : jeu d’enfant et travail de femme d’obtenir la "Quinte Essence" symbolisée dans le 3è tarot : Le Monde et l'hermaphrodite auréolé revêtu de la cape aux 3 couleurs de l'Oeuvre.

Les métamorphose nécessaires à l’obtention de cet “enfant hermaphrodite du Soleil et de la Lune” en XXI est décrite par Flamel sensiblement avec la même symbolique : « Sur un champ vert trois ressuscitants, deux hommes et une femme entièrement blancs, deux anges au-dessus, et sur les anges, la figure du Sauveur, venant juger le monde, vêtu d'une robe parfaitement citrine blanche. J'ai donc fait ici peindre un corps, une âme et un esprit tous blancs comme s'ils ressuscitaient, pour te montrer que le soleil, la lune et le mercure sont ressuscités en cette opération, c'est-à-dire sont faits éléments de l'air et blanchis. » 

Ces métamorphoses de la matière et de l’esprit sont détaillées à l’extrême avec le quaternaire du tarot : dans les 4 X 4 Honneurs ou ENSEIGNEs et les 4 X 10 numérales (1+2+3+4). Il faut un livre pour évoquer les déclinaisons des mutations de ce Mercure des Philosophes, je les ai déjà beaucoup disséminées sur notre cher forum. Ici, ma surprise est toujours totale de voir qu’il y ait si peu d’hermétistes chez les tarologues, l’hermétisme étant pourtant le fondement de leur pratique : divination, magie cérémonielle... 

Pour conclure provisoirement (il y aurait encore tant de choses à dire !!) avec Vieville le Rose-Croix, je le crois protestant car il préfère le symbolisme mythologique au catholique. Je n'emploierai donc pas le terme de Lys-Croix comme pour Flamel.

Il place d'ailleurs le signe de l’or et du soleil au centre du Temple aux 2 colonnes payennes et au centre de la coiffure en “bouche de poisson” du Pape. Sa papesse entrouvre le Livre M de la Nature (MWMW), elle est la Vierge Noire qui s’illumine à la 3è rotae (des R + C), la triple coiffe le souligne de rouge.

Au Pendu qui reflète la structure du Tarot, Vieville fait faire le "4 de chiffre" qui était un symbole de la société très secrète appelée AGLA regroupant les "gens du papier". Au Mat, aux ailes dans les yeux, il fait porter un sabot (de cabaliste). Il a également placé les 2 couleurs du soufre et du mercure dans sa “marque” en 4 de Deniers... et deux Roses Rouges en 3 de Deniers.

Nous n'aurons plus de nouvelles de Vieville après 1664 quand les cartiers reçurent l'ordre de se grouper dans hôtel de Nemours sous la surveillance du fermier général. 

N. B. Je précise que le Flamel que j'ai évoqué ici n'est nullement le riche Flamel du moyen-âge, mais un alchimiste contemporain de Vieville." 

texte de : Charly Alverda

Je vous propose maintenant de consulter cet ouvrage au sujet du Tarot de Viéville :
(cliquez sur l'image du livre pour accéder au document)

"LES MYSTÈRES DU TAROT DE VIÉVILLE", de Patrick Coq