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jeudi 14 mars 2013

HELENA PETROVNA BLAVATSKY (1831-1891)


Helena Petrovna von Hahn, plus connue sous le nom d'Helena Blavatsky ou Madame Blavatsky (en russe : Елена Петровна Блаватская), née le 30 juillet 1831 à Ekaterinoslav dans l'Empire Russe, aujourd'hui ville de Dniepropetrovsk dans l'actuelle Ukraine, et morte le 8 mai 1891 à Londres, est un des membres fondateurs de la Société théosophique et d'un courant ésotérique auquel elle donna le nom générique de Théosophie. Souvent désignée par ses initiales : HPB.

Biographie

Enfance

Helena naît le 30 juillet 1831 (11 août 1831 du calendrier grégorien), à Yekatérinoslav (aujourd'hui Dniepropetrovsk en Ukraine), près du fleuve Dniepr, au sud de la Russie, sous le tsar Nicolas Ier. Elle est la fille d'un colonel, le baron Peter von Hahn, officier germano-balte sujet de l'empire russe, et d'une romancière, Helena Andreïevna de Fadeïev (Fadeef, alias Zénaïda R-va). La famille déménage à Romankovo, Odessa. Saint-Pétersbourg, Nadyejda, Poltava, Saratov, Odessa. Helena perd sa mère à 11 ans (juil. 1842), et va vivre à Saratov, chez son grand-père maternel, Andreï Mikhaïlovitch de Fadeïev, le gouverneur civil, qu'elle suit à Saratov (1842-1847), Astrakhan, Tiflis (Tbilissi en Géorgie, dans la Transcaucasie). Chétive, elle se montre une enfant fantasque, somnambule, mais aussi décidée, intrépide, coléreuse. Elle lit, dès 1846, chez son grand-père, des ouvrages sur la franc-maçonnerie, les sciences occultes. Elle a une gouvernante anglaise, une autre française, elle parle donc couramment russe, allemand, français, anglais.

Mariage blanc

Sur un coup de tête ou pour obtenir son indépendance, en juillet 1848, elle se marie avec Nicéphore Vassiliévitch Blavatsky, vice-gouverneur de la province d'Erevan (Arménie, russe depuis 1828). Le mariage ne sera pas consommé : Il a 40 ans, elle a 18 ans. Elle restera vierge et hostile aux "mâles" sa vie durant.

Première série de voyages (1848-1858)

Dès octobre 1848, aidée financièrement par son père, elle voyage : Turquie, Égypte, Grèce... En 21 ans de voyages, elle va rencontrer sorciers, rebouteux, chamans de Mongolie et d'Inde, lamas du Caucase et du Tibet, yogins d'Inde et de Ceylan, spirites russes et égyptiens, médiums, sages et autres personnes spirituellement remarquables, qui allaient profondément l'influencer. Dans cette première série de voyages (1848-1858), elle va à Constantinople, en Égypte (elle s'instruit auprès d'un copte du nom de Paulos Metamon), à Londres, en Amérique du Nord (le Québec, puis les États-Unis, avec l'explorateur Albert Rawson, en fin 1851) où elle rencontre des Amérindiens, des mormons, des vaudouistes (à la Nouvelle-Orléans). Elle se rend au Mexique, au Honduras, aux Indes (1852), Ceylan, à Singapour, New York, Calcutta, au Ladakh. Elle ne parvient pas à pénétrer au Tibet. Elle passe par Java, revient en Angleterre (1853), retourne aux États-Unis (été 1854), dans les Montagnes Rocheuses, en convoi d'immigrés. Via le Japon, elle regagne l'Inde, et d'après ses dires, aurait réussi, fin 1855, par le Cachemire, à entrer au Tibet, pour être initiée par son ou ses Maîtres, les Mahâtma (Terme qui signifie "Grande Âme" en sanskrit). Aucun document certain n'atteste sa présence au Tibet même. Qui plus est, elle n'a pu y séjourner sept ans comme elle l'a prétendu, et sa connaissance du Tibet est peu conforme à ce qu'on sait du bouddhisme tibétain, ou lamaïsme.

Elle entretient, dit-elle, des communications avec des Maîtres de la Grande Fraternité Blanche, des Mahâtmas, plus ou moins invisibles, dont le premier est M. (le Mahâtma Morya), du Râjput (Inde occidentale), dont elle a rêvé, qu'elle voit physiquement à Londres en août 1851. Plus tard viendront le Mahâtma Koot Hoomi, etc...

En 1858, HPB passe par la France et l'Allemagne. Elle revient, en janvier 1859, en Russie, à Pskov, chez sa sœur, la veuve Vera Yahontoff, qui, sous le nom de plume V. de Jelihowsky, décrira ses exploits paranormaux. HPB n'est pas médium, mais tient, dit-elle, ses pouvoirs de sa volonté, ou des Mahatma lisant dans la « Lumière astrale », ou d'êtres invisibles, ou par contact avec des "courants de pensée" (pas des morts) de personnes mortes ou vivantes. Entre 1863 et 1865, elle voyage au Caucase et surmonte diverses crises psychologiques ou mystiques, dont le dédoublement.

Deuxième série de voyages (1865-1873)

Dès début 1865, HPB visite les Balkans, la Grèce, l'Égypte, la Syrie (chez les Druzes), l'Italie (Giuseppe Mazzini l'initierait au carbonarisme). Peut-être combat-elle aux côtés de Garibaldi à la bataille de Mentana (1867), où elle serait blessée cinq fois. En 1868, la voici à Florence, en Serbie, puis en Inde, et d'après elle pour la seconde fois, au Tibet. Elle rencontrerait alors le Maître Koot Hoomi, dans le Petit Tibet (Ladâkh), de 68 à 70. En avril 1870, elle souffre de la mort d'un enfant de 5 ans, Yuri, dont elle serait la tutrice : elle en perd la foi en la religion orthodoxe. Suivent des voyages à Chypre (fin 1870), en Grèce. Elle subit un naufrage le 4 juillet 1871, près de l'île de Spétzai.

En Égypte, au Caire, elle fonde, avec Emma Cutting (future Emma Coulomb), une éphémère Société Spirite, selon les principes d'Allan Kardec. Elle visite Jérusalem, part à Odessa (juil. 1872), à Paris.

HPB se fixe à New York en juillet 1873, à 42 ans. En le colonel Olcott, homme de loi, franc-maçon, elle rencontre, en oct. 1874, un premier grand compagnon (chum) en théosophie : ils s'intéressent alors au spiritisme (de Katie King), dont elle rejette cependant les idées. Peu après elle se fait un autre "compagnon" de W. Q. Judge. Elle contracte à New York, en avril 1875, un second mariage avec un Géorgien, Michael C. Betanelly, alors qu'elle restait mariée avec le général Blavatsky. Ce mariage n'aura pas plus d'incidence et de sexualité que le premier, le divorce est prononcé en mai 1878.

Theosophical Society

Elle fonde le 7 septembre 1875 (officiellement le 17 nov. 1875), à New York la « Theosophical Society » (Société théosophique), avec le colonel Henry Steel Olcott comme président et le clerc d'avocat irlandais William Quan Judge comme secrétaire ; HPB est simple secrétaire correspondante. L'intention des fondateurs, était assurément de créer, pour lexixe siècle, un outil efficace au service de ce grand mouvement théosophique de tous les temps. D'où les 3 Buts de cette Société :

- Former le noyau d'une Fraternité universelle de l'humanité, sans aucune distinction de race, de couleur ou de croyance.

- Encourager l'étude comparée des religions, sciences et philosophies.

- Faire l'investigation des pouvoirs psychiques et spirituels, latents dans l'être humain.

Sur le second point, un effort considérable a été mené (préfigurant l'œuvre ultérieure de l'UNESCO) pour faire découvrir à l'Orient et à l'Occident leurs richesses culturelles respectives. Sur le troisième, l'essentiel a été fourni par H.P. Blavatsky qui a jeté les bases d'une psychologie transpersonnelle avant la lettre, permettant d'expliquer notamment :

le pourquoi et le comment des phénomènes spirites et psychiques en général, en les distinguant des authentiques expériences spirituelles;

le scénario réel du mourir, avec des précisions qui éclairent les récits modernes des rescapés de la mort;

l'expérience posthume de la conscience, en donnant un sens nouveau à la mort, dans la perspective logique de la réincarnation.

Quant au premier but, qui s'attaquait aux plus formidables barrières qui divisent les humains (nationalités, castes, religions), des résultats remarquables ont été obtenus sous l'impulsion des fondateurs. Malheureusement, les dissensions qui ont finalement éclaté entre membres influents ont fait que ce mouvement, très fort au xixe siècle et appelé à un grand avenir, a vite perdu de son dynamisme après le décès de la grande pionnière.

New York et Isis dévoilée

En septembre 1877, HPB fait paraître à New York en deux gros volumes, en anglais, « Isis Dévoilée », 1400 pages. L'immense ouvrage est aussitôt épuisé. D'un côté, le New York Herald Tribune le tient pour « une des productions remarquables du siècle » ; de l'autre côté, le célèbre linguiste et orientaliste Max Müller dit l'auteur "incompétente". HPB reçoit la citoyenneté américaine en juil. 1878.

Troisième série de voyages (1879-1885)

Une troisième série de voyages (1879-1885) commence, qui conduit HPB et Olcott en Inde. Arrivés à Bombay en février 1879, ils lancent en octobre la revue The Theosophist, où s'affirme l'idée d'une sagesse divine éternelle, la Théosophie, et d'une Fraternité de Sages. Ils rencontrent swâmî Dayânanda Sarasvatî, fondateur du mouvement Ârya-samâj, favorable à une Inde traditionnelle. Madame Blavatsky et le colonel Olcott travaillent, dès déc. 1879, avec un nouveau "compagnon", Alfred Percy Sinnett, journaliste, spirite, enthousiasmé par la théorie des Maîtres (Morya, Koot Hoomi...) qui enverraient de 1880 à 1885 des lettres à Sinnett et aux adeptes.

HPB et Olcott font voile sur Ceylan (le Srî Lankâ), pays bouddhiste, de mai à juin 1880, ils prennent le pancha sila (la confirmation bouddhiste en "cinq préceptes"), et encouragent un renouveau bouddhiste (surtout dû à Sinnett). En mai 1882, ils s'installent en Inde, à Âdyar, près de Madras. Ce lieu devient le centre mondial de la Société théosophique et un foyer visant à promouvoir l'enseignement indien traditionnel, voire l'indépendance de l'Inde. En 1881, Allan Octavian Hume systématise le septénaire, la théorie des corps subtils selon HPB : corps physique, corps vital, corps astral, corps de désir, manas inférieur, manas supérieur, esprit. Le premier groupe français de la Société théosophique naît en 1883.

Deux épreuves surviennent

Première épreuve : en 1883, le médium Henry Kiddle soutient qu'une des lettres des « Maîtres », publiées par le colonel Olcott, plagie un de ses articles de 1880. De plus, un couple d'anciens membres théosophistes à Âdyar, Alexis et Emma Coulomb, soutiennent que HPB a falsifié les lettres des Maîtres et commis divers artifices pour faire croire en des événements merveilleux ; l'article paraît dans une revue connue, le Christian College Magazine, en sept. et oct. 1884. En 1894, Annie Besant accusera William Quan Judge d'être l'auteur des lettres des Mahâtma. La graphologie atteste que l'écriture n'est pas celle de HPB.

Deuxième épreuve : en déc. 1884, la (SPR) diligente en Inde une enquête sur les phénomènes paranormaux attribués à HPB. Son rapport, dirigé par Richard Hodgson, publié en déc. 1885, fait scandale : tous les exploits (apparition de lettres venues de Maîtres vivant au Tibet, matérialisation d'objets...) sont classés soit comme des tricheries ou ruses d'HPB soit comme des hallucinations ou erreurs d'interprétation des témoins ; selon R. Hodgson, HPB doit rester "comme l'un des imposteurs les plus accomplis, ingénieux et intéressants de l'Histoire" (one of the most accomplished ingenious and interesting impostors in history), elle serait aussi un espion russe.

Le rapport Hodgson sera corrigé dans un sens favorable par un autre membre de la SPR, Vernon Harrison, en 1977. Quoi qu'il en soit, de nombreux témoins déclarent qu'HPB bénéficie de pouvoirs paranormaux, spontanés dans sa jeunesse, ensuite volontaires. Elle peut, selon ces témoins, lire la pensée des autres, augmenter ou diminuer le poids de meubles, matérialiser des objets, faire entendre des coups ou des sons musicaux (cloches, pianos jouant tout seuls), lire des livres rangés dans de lointaines bibliothèques, recevoir des lettres "précipitées" mystérieusement par les Grands "Maîtres de Sagesse" de la "Grande Loge Blanche"...

Derniers voyages

HPB se rend à Marseille (mars 1884), Nice, Paris, en Allemagne, à Elberfeld. En juin 1884, le peintre d'art Hermann Schmiechen fait un portrait des Maîtres. Elle revient, via Le Caire (où elle rencontre l'égyptologue Gaston Maspero), en Inde (déc.).

Elle quitte définitivement l'Inde en mars 1885, pour l'Europe. Cette quatrième et dernière série de voyages (1885-1887) la conduit en Italie, Suisse, Allemagne (chez la comtesse Wachtmeister), et en Belgique.

Londres

HPB est malade : obésité (113 kg), néphrite chronique, hydropisie ; elle est quasi impotente. Elle se fixe à Londres en mai 1887. Elle fonde en mai la « Blavatsky Lodge » et en septembre la revue Lucifer. Elle rencontre William Butler Yeats, grand poète et futur président (en 1901) de l'Hermetic Golden Dawn. Elle institue en octobre 1888 la « Section Ésotérique » de la Société théosophique, pour des chercheurs plus avancés.

Doctrine Secrète

Elle termine son livre le plus connu, « La Doctrine Secrète », en Belgique, à Ostende. Ce livre, son second monument littéraire (après Isis dévoilée) paraît, en anglais, à Londres, en deux gros volumes, durant octobre et décembre 1888. Il repose sur un livre mystérieux, « Le Livre de Dzyan », qui, selon certains, démarquerait un traité de la kabbale juive, le Zohar : le traité sur le chapitre Genèse de la Bible. HPB reçoit de nombreuses visites de voyageurs anglais traversant la mer du Nord, mais chez la population locale elle passe pour la « sorcière russe ».

D'autres livres sont écrits, pour faciliter l'entrée en Théosophie : La Clef de la Théosophie (juillet 1889), Glossaire de Théosophie(édité en 1892). Suite à la parution de « La Doctrine Secrète », HPB, en mai 1889, gagne l'amitié et le soutien d'Annie Besant; Annie Besant sera une grande compagne en amitié et en recherches, comme les compagnons Olcott, Judge, Sinnett. En 1890, elle reçoit la visite du futur Gandhi qui forge grâce à elle sa « conscience nationale » d'Indien et grâce aux théosophistes son accès à l'hindouisme traditionnel de la Bhagavad-Gîtâ.

La mort

HPB meurt à Londres le 8 mai 1891, à 60 ans, lors d'une grave épidémie de grippe. Elle est incinérée au Woking Crematorium, dans le Surrey.

Critiques

Selon certains, son œuvre relève de l'ésotérisme, de l'orientalisme, de la cause des femmes, de la parapsychologie. En 1892, un érudit, William Emmette Coleman, s'est fait fort de montrer que la vaste érudition de HPB ne s'appuierait que sur des livres occultistes de seconde main. Pour d'autres, son œuvre a fait connaître et a apporté à l'Occident l'essence des traditions spirituelles les plus anciennes.

Le romancier et historien Theodore Roszak a soutenu en 1975 que "Helena Petrovna Blavatsky (est) certainement l'un des esprits les plus originaux et les plus pénétrants de son temps (Helena Petrovna Blavatsky... is surely among the most original and perceptive minds of her time."

René Guénon, un des opposants les plus documentés au théosophisme, considère celui-ci comme étant «une erreur des plus dangereuses pour la mentalité contemporaine».

BIBLIOGRAPHIE :

aux Éditions Adyar

« Isis dévoilée. Clef des Mystères de la Science et de la Théologie anciennes et modernes » (« Isis Unveiled », New York, 1877), 2 vol. Trad. française, Paris, Éditions Adyar

- t. I : Science
- t. II : Science
- t. III : Religion
- t. IV : Religion

« La Doctrine Secrète ». Synthèse de la science, de la religion et de la philosophie (The Secret Doctrine, Londres, 1888), 2 vol. en 4 t. à Londres + un 3° vol. en 2 t. arrangé par Annie Besant en 1897 à Londres. Trad. française, Paris, Éditions Adyar :

- t. I Cosmogénèse. Ire partie : Évolution cosmique - Stances de Dzyan
- t. II Cosmogenèse. II° partie : Évolution du symbolisme. III° partie : Science occulte et science moderne
- t. III Anthrogénèse
- t. IV Le symbolisme archaïque des religions du monde. Appendice
- t. V et VI (volume III arrangé par Annie Besant) : Miscellanées 

Il existe un Abrégé de la "Doctrine secrète" de H. P. Blavatsky. Extraits conformes et suivis tirés des 4 premiers volumes de l'édition française, Paris, Adyar, 1923

« Les rêves et l'éveil intérieur » (1888, en collaboration avec W. Q. Judge), trad., Textes théosophiques, 1987, 190 p.

« La Voix du silence » (The Voice of the Silence, 1889). Extraits des "Préceptes d'or". Trad., Paris, Adyar, 1991.

« La Clef de la Théosophie » (The Key to Theosophy, 1889). Exposition par questions et réponses. Trad., Paris, Adyar, 1991, 328 p.

« Cinq Messages aux Théosophes Américains » (Five Messages to the American Theosophits, 1888-1891, 1re éd. 1922), trad., Paris, 1982.

« Dans les cavernes et les jungles de l'Hindoustan ». 1883-1886 (From the Caves and Jungles of Hindostan. 1883-1886, 1re éd. 1892), trad.

« Glossaire de la Théosophie » (The Theosophical Glossary, 1892), trad., Adyar, 1981

« Râja-yoga ou Occultisme » (1931), trad., 1983.

DOCUMENTS À CONSULTER :
(pour accéder aux documents, cliquez sur l'image des livres)

« LA DOCTRINE SECRÈTE », Tome1, H.P. Blavatsky 

« ÉCOLE DE SAGESSE – LA RÉINCARNATION », H.P. Blavatsky 


Source : Wikipédia (article de Mélanie Vallière)

mercredi 13 mars 2013

LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE


La Société théosophique est une association d'inspiration néospiritualiste destinée à diffuser la théosophie, doctrine révélée et diffusée par Helena Petrovna Blavatsky et ses successeurs. Cette doctrine s’appuie apparemment sur les enseignements de la philosophie occulte des premiers Rose-Croix, des philosophes médiévaux qui s'appelaient "théosophes" et sur l'étude de la mystique indienne et des religions orientales. Son objectif initial était l'étude de l'occultisme et de la cabbale.

Fondée à New York le 17 novembre 1875, par Helena Petrovna Blavatsky, ainsi que par le Colonel Henry Steel Olcott, William Quan Judge, Charles Sotheran, le Dr Seth Pancoast, George H. Felt, et quelques autres, ses quartiers généraux furent établis en Inde, d'abord à Varanasi puis à Adyar (près de Chennai). Aujourd'hui son siège mondial est à Adyar, Madras, Inde

La "Société Théosophique" est destinée à diffuser la "théosophie", doctrine ésotérique orientaliste inspirée de l'hindouisme et du bouddhisme. La Société Théosophique, de ce fait, détourne la spiritualité de la  théosophie antique et remet en doute l'ésotérisme chrétien.

Helena Petrovna Blavatsky est à l'origine de l'idéologie occulte de ce groupe. Cette femme se disant médium affirmait recevoir des messages télépathiques des grands mahatmas de l’Inde et de la "Fraternité Blanche Universelle" ou "Maitres du Monde". Avec des membre de la société secrète des Carbonaris, affiliés à la franc maçonnerie et avec d’autres francs maçons comme Henry Steel Olcott, Charles Leadbater, Francesca Arundale et Annie Besant, elle établie les préceptes de la Société Théosophique.



Helena Blavatsky (au centre, debout), Henry Steel Olcott (au centre, assis) et Damodar Mavalankar (3e de gauche) à un congrès de la Société de théosophie à Bombay (Mumbai) en 1881.


Helena Petrovna Blavatsky, est fondatrice de la Société Théosophique a été initiée par Illuminatus Mazzini eau carbonarisme, une forme de franc-maçonnerie, illuminée par la "Grande Loge Blanche" en 1856. Aussitôt elle faisait partie de la "Fraternité Hermétique de Louxor", et passa beaucoup de temps avec la famille Eddy dans le Vermont, qui étaient bien connus des médiums.

Elle a également été membre des fraternités occultes de l'"Ordre des Druses", la branche d'adoption du Rite Ancien et Primitif de la franc-maçonnerie, et les rites maçonniques hermétique de "Memphis Misraïm"...

Elle a été formée pour traiter des serpents vivants par le Cheikh Yusuf Makerzi ben, le chef des gestionnaires de Serpent, et elle a été hypnotisé par l'occultiste Victor Michal, et c'est, dans une certaine mesure, à partir de 1866, sous son influence qu'elle développera les idées de sa "théosophie moderne".

La "Doctrine Secrète" de la Société Théosophique est, disent-ils, la pratique de la "Science de l’Esprit". Enfin, cela est expliqué ainsi par ses adeptes...

La doctrine théosophique repose à ses débuts sur l'enseignement allégué de deux mahatmas indiens connus sous les noms de Moryah et Koot Hoomi (K.H.), avec qui Helena Blavatsky affirmait être en contact. Après des études personnelles poussées et différents voyages, Mme Blavatsky publie « La Doctrine Secrète »  ouvrage volumineux qui sera la base de son enseignement ésotérique.

La Société théosophique se présente ainsi :

La Société théosophique est une organisation internationale ayant pour but de :

- Former un noyau de la Fraternité Universelle de l'Humanité, sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur

- Encourager l'étude comparée des religions, des philosophies et des sciences

- Étudier les lois inexpliquées de la nature et les pouvoirs latents dans l'homme

La "Théosophie Moderne" dit que les Gnostiques furent les vrais ancêtres des théosophes d’aujourd’hui. Le terme peut comprendre tout système mystique articulé. Il fut appliqué notamment à la kabbale, au néoplatonisme et à un certain gnosticisme et au système de Jakob Böhme. Actuellement le terme "théosophie" s’applique le plus souvent aux enseignements de la "Société théosophique".

Différente du spiritisme, la théosophie moderne professe, ainsi que le dit Claude de Saint-Martin, que l’homme est un esprit tombé de l’ordre divin dans l’ordre naturel et qui tend à remonter à son premier état. L’esprit, obscurci par la matière, accomplit lentement, par des transformations successives, une évolution ascensionnelle vers son état primitif. Il y parvient par une sorte d’illumination, une intuition spéciale de la divinité. Il étudie la nature et cherche à en pénétrer les mystères pour la théorie aux sciences naturelles.

La Théosophie moderne affirme que, la Conscience est "Une" et "Universelle", que la Réincarnation est universelle, que l’individualité de l’homme est immortelle c’est à dire que les gens sont inconscients de leur nature divine et de leur personnalité d’incarnations en incarnations, qu’en fait on meurt avant même de découvrir cette nature immortelle en relation avec le divin, que le karma est important dans la vie des hommes, que nos mauvaises actions doivent être compensées par de bonnes actions qui elles doivent être en relation avec l’agenda divin du Grand Esprit, d’une évolution de la conscience individuelle en rapport avec le Divin, qu’il y a une fraternité universelle entre chaque êtres vivants même si les humains sont les seuls à posséder une âme individualisé nous sommes tous unis par cette fraternité, et qu’il existerait des "Maîtres de Sagesse", et que l’homme possède 7 corps, dont 6 invisibles (cette théorie septénaire serait basée sur la numérologie sacrée de dieu et du chiffre 7 en particulier - et qu’en fait, Dieu aurait 7 aspects différents), comme le calendrier maya nous l’explique aussi que chaque cycles du temps (9 cycles) sont composés de 7 jours et 6 nuits.

ISIS DÉVOILÉE


Paru en septembre 1877, cet ouvrage connut immédiatement un succès éclatant. Il éveilla l’intérêt du public à l’égard de questions que la Science et les Religions ont toujours laissées sans réponse satisfaisante. Cet intérêt fut en fait si vif qu’il suscita de la part de l’auteur des réponses dans les multiples écrits sur les Sciences Occultes que Helena Petrovna Blavatsky publia dans les journaux américains. Un premier pas dans le décryptage d’une longue histoire, celle de l’Humanité qui avait perdu, depuis la nuit des temps, tous ses repères.

C'est en réalité un pamphlet contre la civilisation rationaliste et matérialiste de l’Occident moderne. Son livre est, en fait, un pot-pourri de concepts pompés dans les religions anciennes, la démonologie, la Franc-Maçonnerie, et le spiritisme.

Avec la publication de son ouvrage "Isis Dévoilée", insigne monument de science frelatée et d’imagination débridée, est sortie de là, les notions et hypothèses empruntées aux mythes anciens, aux doctrines hermétiques égyptiennes et aux gnostiques, coudoient les idées prises de l’hindouisme, mais ce dernier élément, très important dès le début puisque la terminologie et les classifications principales devenaient peu à peu prépondérant dans la Société Théosophique.


ORIGINE DE LA SOCIÉTÉ THÉOSOPHIQUE

La "doctrine" dite "secrète" serait issue du Nord de l’Inde, des centaines de milliers d’années avant J.-C., puis transmise à l’Égypte, à la Chaldée, et, comparativement de façon plus récente, en Grèce, la Connaissance des Lois Universelles régissant l’Univers (le Macrocosme) et l’homme (le Microcosme) ainsi que la mise en œuvre de celles-ci (donc les pratiques liées à l’ascèse fondant l’évolution harmonieuse de l’être) était dispensée dans des Temples auxquels pouvaient accéder tout homme et toute femme instruits et dont l’éthique intègre était solidement établie.

Cette Doctrine était donc "secrète" et seules les élites en bénéficiaient car les masses, encore incultes car soumises, pour la plupart, à un statut social inférieur empêchant toute instruction, devaient être préservées de toute utilisation destructrice de ce Savoir. Aussi, se manifestait-elle pour le peuple sous la forme d’une "religion", celle-ci n’étant que l’expression allégorique des Lois Universelles...

En réalité cet Enseignement était unique et commun à tous les peuples mais il empruntait, pour se concrétiser, un symbolisme adapté à la nature propre des ethnies concernées. C’est pourquoi, sous des apparences multiples, la même Vérité était diffusée...

Ce fut l'Enseignement de cette "Vérité" que Blavatsky redéfinit sous l’ancien nom de "Théosophie" et dans ce même contexte nous détenons d’elle la synthèse la plus brillante qui fût jamais faite des Religions, des Mythes et de toutes les Écoles Philosophiques passées.

L’universalité de la véritable "Connaissance", d'une certaine manière, venait d’être démontrée... À l’instar des Professeurs de la Sagesse Antique, Blavatsky s’attacha à recourir sans cesse au stade atteint, dans son siècle, par la Science et l’expression de la spiritualité générale afin de restaurer à nouveau la Philosophie et l’ascèse conduisant aux Mystères.

Cet Enseignement diffusait, en conséquence, les fondements, non seulement de ce qui est devenu aujourd’hui la "Science Moderne", dans les multiples domaines de cette dernière, mais aussi de la constitution complexe des êtres et du principe essentiel qu’est, dans l’Univers, le phénomène de la Conscience... Or ces enseignements sont directement à l'origine du mouvement "New Age".

De cette exhaustivité résultait un pouvoir d’agir sur la matière ainsi que sur la structure subtile de l’être humain que la Science occidentale et les religions ignorent encore... Au départ, les but de la Société Théosophique de Mme Blavatsky semble s'être donné la plus noble mission.

Toutefois, au cours des millénaires, la transmission de cette Doctrine secrète suivit au moins deux voies divergentes principales...

Elle survécut, dans un premier temps, dans les "Écoles Secrètes Védiques", au Nord de l’Inde d’où elle fut originairement divulguée et vers lesquelles s’acheminèrent, d’Égypte, de Grèce et d’Asie Mineure, dès la fin du IIème siècle de notre ère, des manuscrits précieux que les remous de l’Histoire occidentale s’apprêtaient à détruire...

Selon la Société Théosophique, cette voie se concentra, à partir du VIIème siècle, au Tibet. Ce fut alors, toujurs selon eux, le premier Roi Bouddhiste, Song Tsen Gam-po, qui fit venir de l’Inde, à cette époque, des manuscrits inestimables et sauva donc ceux-ci de la destruction devant frapper par la suite, en Inde même, de nombreuses traces écrites de l’"Enseignement".

Naropa, l’Instructeur Indien, légua, au XIIème siècle, d’autres manuscrits à Marpa le Traducteur qui les ramena au Tibet...

Lorsqu’au XVème siècle, le Grand Tsong Kaparé forma le Bouddhisme Tibétain, cette Doctrine (dans toutes ses disciplines : Cosmogénèse, Anthropogénèse, Médecine, Astronomie, Astrologie, Théurgie, etc.) était déjà entièrement sauvée de l’obscurantisme qui était tombé sur le monde. Le Tibet allait préserver ainsi, dans le silence de ses Monastères inaccessibles, la Mémoire humaine...

Les membres de la Société Théosophique ont beaucoup profiter de la situation, en se faisant les premiers "grands révélateurs" des cet "Enseignement" et de ses doctrines... Au lieu de retransmettre l'Enseignement tel-quel, ses fondateurs et promoteurs se voient d'inventer un "enseignement"... Car en vérité, les documents consultés par les néo-théosophes montrent des lacunes, autant qu'ils sont d'origines douteuses. Il feront très souvent mention de manuscrit consultés aux Tibet, qui n'ont jamais encore été vu en réalité. (Ce qui s'expliquait alors par l'hermétisme des monastère tibétains). Enfin les créateurs de la Théosophie Moderne ont du faire preuve de beaucoup d'imagination. Ils se basaient sans doute parfois sur de vrais documents mais bien souvent ils se voyaient obligés de d'inventer de nouvelles idées pour donner du sens à leurs théories, et aussi, question de mettre un peu de viande autour de l'os. Or, du coup, ils ont littéralement créé un mythe dont Mme Blavatsky fut la "grande prêtresse". C’est apparemment l'"École Arhat Transhimalayenne" qui, par l’intermédiaire de deux de ces membres, livra ses Enseignements à l’auteure de « La Doctrine Secrète ».

C’est en Inde, en effet à Adyar, près de Madras que le centre et le sanctuaire occulte de la Société fut établit. C’est là que s’opérèrent les "miracles" qui firent à l’époque un bruit énorme, à tel point que la "Society of Psychcal Research" de Londres très considérée dans le monde savant fit une enquête sur place. Une commission de savants fut envoyée à Adyar et en revint avec la conviction que tous les prodiges de Madame Blavatsky n’étaient que jongleries et supercheries...

C’est dans le nord de l’Inde dans le Thibet, alors inaccessible ou du moins inviolé qu’on localisa les fameux maîtres, les mahatmas chargés par la fondatrice de promulguer les révélations opportunes et dont le principal tors est sans doute de n’avoir jamais existé.

C’est aux littératures de l’Inde, d’ailleurs sans aucun souci d’unité, de chronologie ou d’histoire, la Baghavad-Gîta* (poème religieux, épisode de l’énorme épopée hindoue, le Mahabharata) fraternisant avec des lambeaux arrachés aux Upanishads et Krishna avec Çakiamuni, que furent empruntées les notions fondamentales et les cadres de la nouvelle théosophie.

Une facette de la théosophie fut celle de Rudolf Steiner, d’origine hongroise mais éduqué à Vienne. Steiner (Rose-Croix) s’était séparé de la Société théosophique pour fonder la Société anthroposophique en janvier 1913.

Après la mort du fondateur de la société Théosophique, Madame Blavasky, l’organisation est tombée sous les mains de gens scrupuleux, cette organisation est maintenant une secte.

Ces idées seront reprises par l’allemand Lanz Von Liebensfeld, qui fondera l’Aryosophie base du système Hitlérien conjugué avec la théorie du surhomme de l’allemand Nietzche.

Mouvements Nazis (Les satanistes SS pratiquaient le sacrifice humain, la doctrine secrète inspire complètement les Nazis sataniques).

Mahatma Gandhi (un gourou hindou considéré comme un dieu par certains de ses disciples. Gandhi a été un succès avec les Britanniques en partie à cause de la Société Théosophique).

LA THÉOSOPHIE MODERNE DE NOS JOURS

Par le cours de l’Histoire, cette Connaissance Globale Antique devint éparse et s’occulta de plus en plus car son fondement le plus efficace, la "Théurgie", constituait un instrument de destruction aux mains d’hommes à l’éthique peu sûre, qui avaient accès d’une façon ou d’une autre à ce Savoir particulier, ce pouvait être la caste des prêtres elle-même...

De nos jours on ne peut faire autrement que de s'étonner quand on voit des personnalités respectables, des décideurs ou même des scientifiques de tous les domaines se référer à « La Doctrine Secrète » pour orienter leurs décisions et leurs recherches. Au détriment de ces aérations  et de ces enseignements douteux, la Société Théosophique influença plusieurs membres illustres. entre autre célébrités : Alice Bailey (chef du "Lucis Trust"); Henry Steel Olcott (un occultiste important); Elvis Presley (rosicrusien et esclave Monarch); Manly P. Hall (un Illuminati Theta programmeur, et au moins un Grand Maître au sein des Illuminati qui ont siégé au Grand Conseil Druid.); Frank Baum (Auteur de Wizard Of Oz); Charles Leadbeater, Francesca Arundale, Annie Besant, Rudolf Steiner; Curuppumullage Jinarajadasa, Aleister Crowley et la plupart des membres de la Golden Dawn, etc...

La "Doctrine Secrète" de la Société Théosophique est la pratique de la Science de l’Esprit. Enfin, cela est expliqué ainsi. Des hauteurs du Tibet où cette Connaissance des réalités humaines et universelles s’était enfermée et fut donc protégée de toute incursion malveillante, une porte s’ouvrit vers l’Occident à la fin du siècle dernier pour dissiper l’ignorance et permettre aux êtres de se resituer dans un Univers qu’ils méconnaissent. Qu’une telle Connaissance pût exister fit sourire dédaigneusement les Occidentaux du siècle dernier ; nos contemporains sourient moins, car de nombreux Scientifiques se réfèrent à « La Doctrine Secrète » pour orienter leurs recherches et trouver ce qui y était "dit" en un certain langage était une réalité expérimentable.

Il y a plusieurs autres articles postés sur ce blog concernant la Théosophie moderne. Vous pouvez les consulter ici (en cliquant sur l'image) :

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"ISIS DÉVOILÉE"

HENRY STEEL OLCOTT (1832-1907)



Henry Steel Olcott (2 août 1832 à Orange dans le New Jersey - 17 février 1907 à Adyar, Madras), est un militaire et journaliste américain connu pour avoir fondé et dirigé la Société théosophique.

Tout d'abord formé à l'agriculture biologique, Henry Steel Olcott se fit une réputation en publiant aux États-Unis un livre sur l'acclimatation du sorgho. Lorsque la guerre de Sécession éclata, il devint soldat, puis colonel. Il gagna ses galons uniquement grâce à ses dons pour l'intendance, sans jamais avoir porté un fusil ; il était d'ailleurs pacifiste. Il fut chargé de mettre au jour les fraudes qui se produisaient dans les fournitures de guerre. Le gouvernement américain le couvrit d'éloges pour le soin, le tact et la sûreté dont il fit preuve.

Il ouvrit ensuite un cabinet d'avoué où il fut attaché comme conseiller en affaires. Franc-maçon, il était aussi passionné par l'occultisme et la magie. Il s'intéressa aux phénomènes spirites qui étaient très à la mode à cette époque. Il rencontra Madame Blavatsky pour la première fois en 1874, tandis qu'il menait des investigations pendant trois ou quatre jours sur les manifestations spirites se produisant dans une ferme du Vermont, dans la ville de Chittenden (matérialisation ou solidification de défunts).

En 1875, avec Madame Blavatsky, William Quan Judge et quelques autres, il participa à la fondation de la Société théosophique, à New York, aux Etats-Unis. Le Colonel Olcott en fut le Président jusqu'à sa mort. Subjugué par la femme étonnante et hors norme qu'était Mme Blavatsky, il devint son secrétaire et son élève.

Il confia dans son journal intime "Old Diary Leaves" que ce fut la découverte des sorties hors du corps qui le détermina à se retirer en Inde et que ce fut un facteur déterminant pour le développement de la Société Théosophique. Il traduisit en anglais un ouvrage français sur ce sujet auquel il ajouta le fruit de ses propres observations.

Pour respecter ses dernières volontés, son corps fut brûlé le 17 février 1907 dans le parc de la Société Théosophique à Adyar en Inde.


BIBLIOGRAPHIE :

« Theosophy, Religion and Occult Science » (1885) 

« Episodes in a Life of Adventure » (1887). 

« Catéchisme bouddhiste » (Buddhist Catechism, 1881), trad., éd. Adyar 

« Le Bouddhisme selon le canon de l'Église du Sud, sous forme de catéchisme », Ghio, 1883, 105 p. 

« Histoire authentique de la Société théosophique », trad., 1907-1909, 2 vol. 

« A la découverte de l'occulte. Histoire des débuts de la Société théosophique » (Old diary leaves. inside the occult. The true story of Madame H. P. Blavatsky, 6 vol. 1895-1935), trad., Adyar, 1976, 464 p. 


Études sur Olcott :

H. P. Blavatsky, « Collected Writings », vol. I, p. 503-518. 

Guénon, René, « Le Théosophisme - Histoire d'une pseudo-religion », éditions Traditionnelles, Paris, 1986. Hostile. 

Lantier, Jacques, « La Théosophie ou l'Invasion de la spiritualité orientale », Culture, Art, Loisirs, Paris, 1970. 

Murphet, H., Hammer in the Mountain. « The Life of Henry Steele Olcott », Theosophical Publishing House, Âdyar, 1972. 

Washington, Peter, « La Saga théosophique » (1993), trad., Chambéry, éditions Exergue, 1999. 


Source Wikipédia : Walter Boralis : 19 août 2012 
(diffusion libre)

mardi 12 mars 2013

ALEXANDRE SAINT-YVES D'ALVEYDRE (1842-1909)


Alexandre Saint-Yves d'Alveydre, né le 26 mars 1842 à Paris et mort le 5 février 1909 à Pau, fut un érudit, poète et écrivain français.

Joseph Alexandre Saint-Yves naquît dans une famille catholique parisienne, l'aîné de trois fils dont le père Guillaume-Alexandre Saint-Yves était Médecin des Hôpitaux (Internat promotion 1833), aliéniste Médecin-Chef de la Maison de Charenton.

Élève insubordonné, Saint-Yves fit dans sa jeunesse un cours séjour à La Mettray, colonie pénitentiaire agricole pour jeunes détenus fondée par Frédéric Auguste de Metz, près de Tours.

M. de Metz fit une forte impression sur Saint-Yves qui lui voua une grande affection durant toute sa vie, reconnaissant l'importance de l'influence chrétienne de M. de Metz sur le cheminement de sa pensée.

Ses rébellions lui valurent d'être contraint par son père à s'engager dans l'armée plusieurs années avant sa majorité. Étudiant à l'école de médecine navale de Brest, il prit la variole noire en remplaçant volontairement un interne atteint de la contagion.

Convalescent, il obtint un congé renouvelable et se fixa en 1863 à Jersey, attiré par les œuvres et la gloire de Victor Hugo, alors exilé politique. Il y vécut en enseignant les sciences et menant de front des études incessantes. C'est là qu'il put lire les ouvrages d'Antoine Fabre d'Olivet qu'il tenait en grande estime. 

En 1870, il revint en France alors en guerre contre l'Allemagne de Bismarck, pour entrer dans un corps d'infanterie de marine. Il fut blessé lors d'une reconnaissance devant un fort. Après la guerre, il travailla au Ministère de l'Intérieur à Paris jusqu'en 1878.

Le 6 septembre 1877, il épousa la comtesse Marie Hélène de Keller. Ce mariage lui apporta la sérénité et l'aisance qui favorisèrent ses travaux.

Cette même année, il publia le Testament lyrique et les Clefs de l'Orient. Dans ce dernier livre, il présente une solution (reposant sur une entente religieuse entre Juifs, Chrétiens et Musulmans) à la « question d'Orient », amenée par l'effondrement de l'empire ottoman qui entraîna des tensions dans le Proche et le Moyen-Orient. Le Testament lyrique rassemble chronologiquement ses poèmes.

D'autre part, il entreprit la mise au point d'applications industrielles de plantes marines (De l'utilité des algues marines paru en 1879) dont il ne put mener à bien l'exploitation faute de capitaux.

En 1880, il reçut le titre de Marquis d'Alveydre des autorités de Saint-Marin. Il mourut en 1909 à Pau sans descendance et fut enterré au cimetière de Notre-Dame à Versailles.

Son œuvre

Saint-Yves définit succinctement la « Synarchie » comme la « loi qui, étant celle de l'organisation normale des Sociétés, est du même coup la loi de l'Histoire », France vraie, t.1, ch.5, p.113.

La Mission des Souverains et la Mission des Ouvriers parurent en 1882. Il était membre de l'Union de la Paix sociale, une des institutions fondée par Frédéric Le Play.

En octobre 1882, il tint une conférence sur la "Synarchie" au Congrès international d'arbitrage et de fédération de la Paix à Bruxelles. Il chercha ainsi jusqu'en 1883 à réaliser un Sénat de petits états européens pour en faire une Cour d'arbitrage entre les nations européennes.

La Mission des souverains expose l'histoire gouvernementale de la Chrétienté depuis seize siècles. Il y préconise une Synarchie européenne, dont la clef est le souverain pontificat, pour établir des rapports civilisés entre les sociétés au même titre qu'entre les individus d'une même société. Schématiquement, cela rappelle l'Organisation des Nations Unies, sinon que l'organisation proposée est fort différente et restreinte à l'Europe. La Mission des ouvriers est une invitation faite aux ouvriers à s'organiser socialement et indépendamment de tout parti politique pour la création de trois chambres sociales.

En 1884, il publia la Mission des Juifs qui reprend le cadre historique de « l'Histoire philosophique du genre humain » de Fabre d'Olivet (empire de Ram, schisme d'Irshou, histoire d'Israël, ...) et s'étend sur soixante-quatorze siècles d'expériences antérieures à la Chrétienté.

Cet ouvrage, fort remarqué dans le milieu occultiste, lui valut de rencontrer le Dr. Gérard Encausse, alias Papus.

Il faut remarquer à ce propos que Saint-Yves ne s'est jamais regardé comme un occultiste : « La vérité est qu'il n'y a pas de sciences occultes, car ce qui est scientifique cesse d'être occulte, et ce qui est occulte cesse de l'être en devenant scientifique. », Mission des Juifs, ch. 13, p. 343. Trop d'auteurs ont assuré du contraire sans prendre garde à la position de Saint-Yves sur le sujet. Il faut ajouter qu'il n'y a aucun aspect anti-sémite dans ce livre.

En 1887, il fit paraître la France vraie qui rapporte l'histoire des États-généraux depuis 1302 sous Philippe le Bel jusqu'à la Révolution de 1789.

Les États-généraux, assemblées sociales et non politiques, établissaient des cahiers de voeux (projets de loi) que le corps politique devaient arrêter en loi. La conception démocratique de la « Synarchie » trouve ainsi une base et un support historiques dans les État-généraux.

Dans la préface, Saint-Yves explique les démarches qu'il effectua avec entre autres le baron Th. de Cambourg auprès du gouvernement de la France pour la création d'un Conseil de l'économie national qui aurait rassemblé les délégués professionnels de tous les acteurs économiques de la société. Ce conseil devait proposer au gouvernement les vœux synthétiques de toute l'économie française.

Il donne, également dans ce livre, une autobiographie tant pour expliquer le cheminement de sa pensée vers la Synarchie, que pour se défendre de calomnies et diffamations dont il fut l'objet. Ainsi, il fait la comparaison entre sa doctrine et celle d'Antoine Fabre d'Olivet. Si les œuvres de l'un et de l'autre utilisent parfois les mêmes matériaux historiques, elles sont cependant fort dissemblables en plusieurs points essentiels :

Esprit profondément religieux, qui souhaite réconcilier la Religion et la Science, Saint-Yves d'Alveydre est avant tout chrétien. Le christianisme est toujours sous-jacent dans ses ouvrages, tandis que Fabre d'Olivet ne lui accorde pas d'importance.

Le fait social est ignoré de Fabre d'Olivet, alors qu'il est essentiel à l'œuvre de Saint-Yves. La conception de la Synarchie est totalement inconnue de Fabre d'Olivet.

On ne peut pas réellement parler d'une filiation quelconque entre Saint-Yves et Fabre d'Olivet. Certes, Saint-Yves reprend les matériaux mis à jour par Fabre d'Olivet et par d'autres savants du xviiie siècle (Anquetil-Duperron, D'Herbelot, William Jones et les savants de Calcutta, etc.), mais l'utilisation qu'il en fait et les conclusions qu'il en tire lui sont propres.

En 1890, dans la préface de son livre Jeanne d'Arc victorieuse, il signale mettre fin à ses démarches en faveur de la Synarchie. Ce livre, épopée dédiée à l'armée française, raconte l'histoire de Jeanne d'Arc où sa fin est expliquée par une trahison des conseillers du roi Charles.

René Guénon mentionne à plusieurs reprises Saint-Yves d'Aveydre, notamment dans son ouvrage « Le Roi du Monde ».

L'Archéomètre

Saint-Yves commença probablement à réfléchir, à travailler sur l' « Archéomètre » dans le courant des années 1890. En tout cas, il travailla sur ce sujet jusqu'à sa mort survenue le 5 février 1909 alors qu'il était allé chercher des soins pour sa santé défaillante dans une cure thermale à Pau. 

Une année après la mort de Saint-Yves, en 1910, Gérard Encausse et quelques amis et collaborateurs de Saint-Yves publièrent un gros livre, L'Archéomètre - Clef de toutes les religions et de toutes les sciences de l'Antiquité - Réforme synthétique de tous les arts contemporains qui devait sauver de la perte totale le travail de Saint-Yves. Malheureusement, le livre qu'ils publièrent ne permet guère de se rendre clairement compte du travail qui occupait alors Saint-Yves.

La même année, Gérard Encausse fit paraître un livre retrouvé dans les papiers de Saint-Yves, Mission de l'Inde en Europe que son auteur aurait détruit à sa sortie de presse en 1886 pour une raison qui reste inconnue. Ce livre révèle l'existence d'une société entièrement fermée sur elle-même, l'Agarttha. Ce serait un corps enseignant, une université antique issue de l'empire de Ram au travers des âges...

Saint-Yves ne fit aucun disciple, contrairement à ce qu'on peut parfois lire, ne fonda aucune société ou secte et n'adhéra à aucune, ni à la Société théosophique de Madame Blavatsky, ni même à l'ordre Martiniste fondé par Gérard Encausse, dont il était pourtant l'ami. Il ne voulait pas réduire la portée universelle de la Synarchie en l'inféodant à quelque mouvement que ce fut.

Saint-Yves fut un savant du XIXe siècle : poète, érudit, esprit religieux cependant soucieux de réalisation pratique, profondément chrétien.



BIBLIOGRAPHIE :


« Le Retour du Christ », 1874. 

« Les Clefs de l'Orient. Les mystères de la naissance, les sexes et l'amour, les mystères de la mort, d'après les clefs de la Cabbale orientale », 1877

« Les Rouyat », 1978, 52 p. 

« Testament lyrique », 1877. 

« Le Mystère du Progrès », 1878. 

« De l'utilité des algues marines », 1879. 

« Mission des Souverains », 1882 ; Dualpha, 2010, 418 p. 

« Mission des Ouvriers », 1882. 

« Mission des Juifs », 1884 ; Editions Traditionnelles, 2008, 2 t. 

« Mission de l'Inde en Europe, mission de l'Europe en Asie : la question du Mahatma et sa solution », 1886.

« Les Funérailles de Victor Hugo », 1885. 

« La France vraie ou la Mission des Français », 1887. 

« Vœux du syndicat de la Presse économique », 1887. 

« Les États-généraux du suffrage universel », 1888. 

« Le Centenaire de 1789 - Sa conclusion », 1889. 

« L'Ordre économique dans l'Electorat et dans l'État », 1889. 

« Le Poème de la Reine », 1889. 

« Maternité royale et mariages royaux », 1889. 

« L'Empereur Alexandre III épopée russe », 1889. 

« Jeanne d'Arc victorieuse », 1890. 

« Théogonie des Patriarches. Jésus, Moïse. Adaptations de l'Archéomètre à une nouvelle traduction de l'Évangile de Saint Jean », 1909, VIII-106 p., édition posthume. 

« L'Archéomètre - Clef de toutes les religions et de toutes les sciences de l'Antiquité - Réforme synthétique de tous les arts contemporains », 1910, édition posthume. Guy Trédaniel, 1990, 332 p.


Ouvrages biographiques


Charles Barlet (Albert Faucheux), « Saint-Yves d'Alveydre », 1910 

Jean Saunier, « Saint-Yves d'Alveydre ou une Synarchie sans énigme », 1981 

Le livre de Jacques Weiss, « La Synarchie de Saint-Yves d'Alveydre » est une bonne introduction aux ouvrages de Saint-Yves, mais il ne se trouve plus qu'en occasion.

LIVRES À CONSULTER (OU À TÉLÉCHARGER)
(cliquez sur les images des couvertures des livres pour accéder aux documents)

« L’ARCHÉOMÈTRE - Clef de toutes les religions et de toutes les sciences de l'Antiquité », de Alexandre Saint-Yves d'Alveydre :

« MISSION DES SOUVERAINS », par l’un d’eux (Alexandre Saint-Yves d'Alveydre) :

dimanche 10 mars 2013

ANNIE BESANT (1874-1933)


Annie Besant (née Wood le 1er octobre 1847 à Londres, décédée le 20 septembre 1933 à Madras, aujourd'hui Chennai, en Inde), est une conférencière, féministe, libre-penseuse, socialiste et théosophe britannique, qui prit part à la lutte ouvrière avant de diriger la Société théosophique, puis de lutter pour l'indépendance de l'Inde.

Issue d'une famille anglo-irlandaise et orpheline de père à cinq ans, elle fut éduquée de façon privée par une dame charitable. Elle fit de nombreuses lectures philosophiques qui développèrent ses questionnements métaphysiques et spirituels. Elle prit aussi conscience, à la même époque, de la condition ouvrière. Jeune femme de la classe moyenne victorienne, elle n'avait alors pas d'autre avenir que le mariage. En décembre 1867, elle épousa Frank Besant, un pasteur anglican. Le mariage fut malheureux. Après avoir eu deux enfants, le couple se sépara en 1873.

Excellente oratrice, Annie Besant commença une carrière politique en faisant des tournées de conférences sur le féminisme, la libre-pensée et le sécularisme. Elle travailla alors aux côtés de Charles Bradlaugh avec qui elle publia en 1877 une brochure présentant des méthodes de limitation des naissances. Ils furent jugés et condamnés à six mois de prison pour « obscénité ». L'appel fut suspensif et le verdict fut cassé pour vice de forme. Elle perdit cependant la garde de sa fille qu'elle avait obtenue lors de la séparation avec son mari.

Elle profita de la modification des statuts du University College de Londres pour y entamer des études scientifiques brillantes. Elle en fut cependant exclue en 1883 du fait de sa réputation et de ses activités politiques et ne put terminer sa troisième année de licence. En parallèle, elle dispensa des cours publics d'éducation populaire dans le Hall of Science de South Kensington.

Annie Besant s'intéressa à la pensée socialiste dès le début des années 1880 et adhéra à la Fabian Society en 1885. Elle devint rapidement membre du comité directeur. Elle s'engagea alors dans la lutte sociale. Elle était présente lors du « Bloody Sunday » du 13 novembre 1887 : cette manifestation pacifique dispersée par la force protestait contre la politique du gouvernement en Irlande ainsi que contre les conditions misérables de travail et de vie des milieux populaires. Elle organisa ensuite la grève victorieuse des allumettières de l'entreprise Bryant and May dans l'East End de Londres à l'été1888. Elle fut élue de ce quartier populaire au London School Board où elle réussit à faire adopter le concept de repas gratuits pour les enfants pauvres dans les écoles de la capitale.

En 1889, William Thomas Stead, rédacteur en chef de la Pall Mall Gazette, lui demanda d'écrire un compte-rendu de l'ouvrage d'Helena Blavatsky, la « Doctrine Secrète », qui lui fit découvrir la théosophie. Elle y trouva les réponses à ses interrogations métaphysiques et spirituelles et s'y convertit rapidement. Elle devint une des dirigeantes de la société théosophique.

En 1893, elle partit s'installer en Inde où était basée la société. Là, elle adopta et éduqua Krishnamurti pour qui elle devint une mère spirituelle. Elle prit la direction de la Société théosophique en 1907 et l'assuma jusqu'à sa mort en1933.

En Inde, elle s'engagea pour l'auto-détermination, puis l'indépendance du pays, par des articles, des discours et des activités éducatrices. Elle mécontenta le pouvoir britannique qui l'assigna à résidence en 1917 mais dut la relâcher rapidement sous la pression de l'opinion publique indienne. La même année, Annie Besant fut élue présidente du Parti du Congrès. Elle s'effaça peu à peu face à Gandhi et consacra les dernières années de sa vie à la théosophie.

Famille et jeunesse


Famille

Annie Besant, issue d'une famille anglo-irlandaise de la classe moyenne, est née à Londres le 1er octobre 1847. Son père, William Burton Persse Wood appartenait à une bonne famille du Devon. Matthew Wood, grand-oncle d'Annie, fut Sheriff et Lord Maire de la City puis Membre du Parlement pour cette même City à partir de 1817. Il est resté célèbre pour avoir pris la défense de la reine Caroline lors de son procès en divorce puis du duc de Kent, le père de la reine Victoria qui lui accorda le titre de baronnet. Ses fils firent aussi des carrières couronnées de succès dans l'Église anglicane, l'armée, la justice, les finances et au Parlement. Le grand-père d'Annie par contre était issu de la branche cadette moins fortunée. Il se maria avec une Irlandaise et s'installa à Galway où naquit le père d'Annie.

Le père d'Annie, William Wood fit des études de médecine au Trinity College de Dublin et épousa lui aussi une Irlandaise, Emily Morris. Touchés indirectement par la famine des années 1840, le couple quitta l'Irlande pour Londres où William Wood abandonna la profession de médecin pour un emploi de secrétaire dans la City. Installés dans le quartier de St. John's Wood, ils eurent trois enfants : Henry, Annie et Alfred.

Enfance

Le père d'Annie mourut alors qu'elle avait cinq ans. S'il avait abandonné la pratique de la médecine, il accompagnait parfois ses amis médecins. Il se blessa au doigt en disséquant une personne morte de tuberculose osseuse et contracta lui aussi la maladie dont il finit par mourir en 1852.

Quelques mois plus tard, Alfred, le plus jeune des enfants, décéda à son tour. Lors de ces deux occasions, Emily Wood aurait fait preuve de « clairvoyance ». Annie Besant disait que sa mère était très imprégnée de superstition celtique.

William Wood laissa sa famille sans ressources. Celle-ci partit d'abord pour un quartier bien moins huppé que celui où elle avait jusque là habité : Richmond Terrace, à Clapham, banlieue de Londres au sud de la Tamise où était déjà installé le reste la famille irlandaise. Une des dernières volontés de William Wood était que son fils Henry fît du droit. Pour la respecter, Emily Wood s'installa bientôt à Harrow, où se trouve la célèbre public school du même nom. Elle voulait que son fils pût y entrer en bénéficiant des frais d'inscription réduits pour les habitants de la ville. Elle y ouvrit une pension pour les élèves de l'école à l'automne 1855 afin de gagner sa vie. L'année suivante, Annie fut confiée à Ellen Marryat, la sœur de Frederick Marryat et donc la tante de Florence Marryat.

Cette vieille fille de 41 ans fortunée et charitable se chargerait de son éducation, en même temps que celle d'une de ses nièces, Amy Marryat. Annie Besant dans son autobiographie raconte qu'elle eut le cœur brisé de quitter sa mère pour aller s'installer dans le Dorset, à Fern Hill près de Charmouth. Elle reconnaissait aussi tout ce qu'elle devait à Ellen Marryat qui lui donna une solide éducation. Elle apprit ainsi la géographie, le latin et diverses langues étrangères dont le français et l'allemand. Miss Marryat avait une conception de l'enseignement assez différente de ce qui se faisait à l'époque : elle ne croyait pas en l'apprentissage par cœur ; elle préférait que ses élèves apprissent par elles-mêmes. Ainsi, elles devaient exprimer leurs propres pensées dans les compositions qui leur étaient données. L'éducation religieuse était cependant très fortement présente, Miss Marryat étant très marquée par le courant évangélique, mais cela convenait à Annie qui était alors très pieuse et très curieuse des Écritures.

Adolescence

En 1861, Ellen Marryat décida de voyager à travers l'Europe avec Annie alors âgée de treize ans, son neveu et une nouvelle protégée Emma Mann, nièce du principal de Harrow et de Arthur Penrhyn Stanley. Ils passèrent plusieurs mois à Bonn puis s'installèrent à Paris pour sept mois où aux leçons quotidiennes s'ajoutèrent les visites des musées et églises. Annie y découvrit le catholicisme et principalement ses messes qui lui plurent beaucoup plus que l'évangélisme austère auquel elle était habituée. Elle pensa se convertir avant de se rapprocher du courant « High Church » au sein de l'anglicanisme.

Celui-ci, dit parfois anglo-catholicisme, était très proche des rites catholiques. Au printemps 1862, elle reçut cependant sa confirmation anglicane de l'évêque (anglican) de l'Ohio, alors à Paris. Elle raconte qu'elle se sentit à cette occasion comme touchée par le Saint-Esprit. De retour en Angleterre, Miss Marryat entreprit de donner de plus en plus de latitude intellectuelle à sa pupille avant de lui permettre de retourner chez sa mère, à Harrow, à quinze ans et demi.

Là, elle poursuivit son éducation grâce à la bibliothèque de la public school (les jeunes femmes n'étaient alors pas admises à l'université) tout en ayant une vie sociale un peu plus développée. Elle continua à lire des ouvrages en français et en allemand et lut aussi Homère, Dante ou Platon.

Elle accepta des invitations à des parties de croquet et à des bals, où elle rencontra les amis de son frère. Elle aurait plu à un certain nombre d'entre eux, mais elle était alors plus intéressée par la religion que par les garçons. Elle se rapprocha de plus en plus du catholicisme, se mit à se signer et à communier toutes les semaines et tenta même l'auto-flagellation. Cependant, elle ne se convertit pas, préférant toujours le Mouvement d'Oxford (autre nom du mouvement « High Church »). Elle décida aussi, comme le lui avait enseigné Ellen Marryat, d'aller voir par elle-même aux sources mêmes. Elle étudia alors les écrits des Pères de l'Église, principalement Origène, saint Jean Chrysostome et saint Augustin. Elle y découvrit les concepts, acceptés ou condamnés, de transmigration des âmes, d'accès à Dieu par la connaissance, des vertus du célibat, de la magie, du pouvoir des images et des idoles, de la signification des nombres ou des incantations. Elle découvrit la mythologie grecque, mais aussi la magie chaldéenne, le brahmanisme, le culte d'Isis et Hermès Trismégiste.

À Pâques 1866, la ferveur chrétienne d'Annie atteignit un paroxysme. Elle parcourut en esprit les stations du chemin de Croix. Afin de mieux comprendre la Semaine sainte, elle entreprit de comparer les différentes versions des Évangiles et fut alors surprise par les incohérences du texte. Elle rejeta cependant ses doutes. Ce fut dans cet état d'esprit qu'elle rencontra son futur mari.

Mariage

Fiançailles

Annie Wood rencontra Frank Besant à l'église de Clapham dont dépendait sa famille et où il officiait provisoirement à Noël 1865 puis à nouveau à Pâques 1866. Sa mère, jugeant que le jeune pasteur pouvait être un prétendant convenable pour sa fille, l'invita à passer une semaine durant l'été avec elles.

Annie discuta alors de longs moments avec lui. Cependant, alors qu'il considérait que lors de ces discussions il lui faisait la cour, Annie, elle, n'en avait pas même l'idée. Aussi, fut-elle complètement surprise lorsqu'il la demanda en mariage à la fin de la semaine. Elle ne sut quoi répondre et il prit son silence pour une réponse positive. Il considérait aussi qu'il devait épouser Annie car les longs moments qu'il avait passés seul avec elle pouvaient compromettre l'honneur de la jeune fille.

Fils d'un marchand de vin et frère de l'écrivain Walter Besant, Frank Besant avait 25 ans et était alors instituteur à Clapham où en tant que futur pasteur anglican, il remplaçait parfois des pasteurs en charge de cure afin d'arrondir ses fins de mois. Issu d'une famille très anglicane, il avait fait ses études dans des établissements profondément anglicans eux-aussi (King's College de Londres et Emmanuel College à Cambridge). Il se spécialisa en mathématiques et dès sa sortie de l'université, il retourna dans son ancienne grammar school enseigner les mathématiques tout en espérant être rapidement ordonné prêtre. Il était très timide et par conséquent considéré comme très cassant.

La demande en mariage, réitérée à Londres, fut acceptée par la mère d'Annie puisqu'elle l'avait plus ou moins suscitée. La jeune femme accepta elle aussi, mais en conçut du ressentiment contre sa mère. Annie passa la fin de l'été à voyager en Suisse avec la famille de William Prowting Roberts. Cet avocat s'était engagé dans la cause chartiste puis pour la défense des conditions de travail et de vie des mineurs et des classes populaires urbaines en général. Il fit découvrir la question ouvrière à Annie lors de leurs conversations. Elle comprit alors que ce dont les classes populaires avaient besoin n'était ni la pitié ni la charité, mais la justice. Lorsqu'elle leur rendit visite à nouveau, à l'été 1867, à Manchester, peu de temps avant son mariage, elle assista aux manifestations autour du procès puis de la condamnation à mort des membres de l'Irish Republican Brotherhood. Ces expériences, d'une foule en colère et de ce qu'elle considéra comme un verdict injuste, la marquèrent pour le reste de sa vie.


À l'automne 1866, Annie essaya de rompre ses fiançailles. Sa mère l'en dissuada avec deux arguments principaux : en tant que femme de pasteur, Annie serait en position idéale pour faire le bien et de toutes façons, elle n'avait pas réellement d'autre perspective que le mariage. Elle l'accepta finalement. De plus, Frank venait d'être ordonné prêtre. Il était devenu, selon les mots d'Annie, « un être semi-angélique » qui pouvait répondre aux aspirations spirituelles de la jeune femme alors : il serait son époux terrestre comme Jésus était pour elle son époux céleste.

Un mariage malheureux

Le 21 décembre 1867, Annie Wood épousa Frank Besant à St Leonards-on-Sea où s'était installée sa mère, près d'Hastings. La nuit de noces fut une abomination pour la jeune femme qui n'avait aucune idée de ce qui se passerait. Elle la ressentit comme un véritable viol et n'en retira que du dégoût et de la peur.

Autorité victorienne du mari

Le couple s'installa à Cheltenham en janvier 1868. Frank Besant avait obtenu un poste d'enseignant de mathématiques au Cheltenham college, une public school et Annie s'occupa d'une pension pour les élèves, comme sa mère l'avait fait à Harrow. Elle eut du mal à s'intégrer dans le groupe des épouses d'enseignants : elles ne faisaient que « parler de domestiques et de bébés » ; de plus, toute l'école était « Low Church » alors qu'elle était, elle, « High Church ». Annie Besant avait une impression de plus en plus forte d'isolement intellectuel. En réalité, certaines de ces femmes et de leurs filles étaient au moins aussi éduquées qu'elle, voire se battaient pour le droit à l'éducation des femmes. Il semblerait que son mariage ait eu une influence défavorable sur son moral et son état d'esprit.

La gestion de la pension n'était pas suffisante pour l'occuper et elle se montra
peu douée pour la gestion de la maison (tâches ménagères et domesticité). Il semblerait qu'elle ait laissé faire son mari (très autoritaire) afin de ne pas tout à fait devenir une « femme au foyer ». Elle passait ses journées à s'ennuyer, d'autant plus que l'étiquette ne lui permettait pas de sortir seule. Les relations de couple étaient très tendues. En février 1870, selon un affidavit de 1878, Frank la frappa en lui hurlant de rentrer chez sa mère.

Annie Besant se tourna à nouveau vers la lecture puis vers l'écriture : des pamphlets religieux que son mari appréciait peu car ils étaient trop « High Church » ; un livre sur la spiritualité qui semble avoir été accepté mais ne fut finalement jamais édité ; un roman qui fut rejeté car trop politique et une nouvelle qui fut publiée dans le Family Herald, un « magazine d'informations domestiques ». Elle gagna alors 30 shillings, les premiers revenus de sa vie. Ils furent immédiatement récupérés par son époux. La loi disposait en effet que les revenus de la femme appartenaient à son mari, son « propriétaire » comme se mit alors à dire Annie. Elle déclara qu'elle n'avait pas besoin de cet argent, mais qu'elle fut choquée d'apprendre qu'il n'était pas à elle du tout.

Elle eut avec lui deux enfants : Arthur Digby, né le 16 janvier 1869 et Mabel Emily, née le 28 août 1870. Elle souffrit beaucoup durant ses grossesses ; la seconde fut même plus difficile que la première, car elle arriva très vite alors qu'elle était à peine remise de la première. Elle s'occupa elle-même de ses enfants : le couple ne pouvait se permettre une nourrice. Il semblerait que la violente dispute de février 1870 fût liée à une demande d'Annie de ne plus avoir d'autres enfants, pour des raisons matérielles. La seule véritable contraception pour un pasteur anglican était l'abstinence, or, il semblerait que Frank ait pris très à cœur de forcer son épouse à l'accomplissement du « devoir conjugal ». Elle se remit difficilement de son second accouchement, tandis que les disputes se faisaient de plus en plus régulières et de plus en plus violentes. Dans l'affidavit de 1878, elle l'accusa de cruauté ; il expliqua que son attitude à elle justifiait sa conduite à lui.

En 1871, Mabel tomba très gravement malade. Annie Besant s'épuisa à la soigner puis fit une dépression. Elle perdit alors la foi face aux épreuves et injustices que lui envoyait Dieu. Dans les mois qui suivirent, son mari essaya de la lui faire retrouver, luttant contre ce qu'il appelait ses « doutes » et lui présentant un autre pasteur anglican de Cheltenham qui lui servirait de guide spirituel. Celui-ci ne put rien faire : les solutions anglicanes, comme le Repentir, qu'il proposait n'avaient plus aucun écho en Annie qui désirait alors trouver une autre voie d'accès à la connaissance de Dieu. Pour lutter contre sa dépression et distraire son esprit de ses angoisses existentielles, son médecin lui suggéra de lire des ouvrages de science, d'anatomie et de physiologie. Finalement, pour lui changer définitivement les esprits, Frank quitta son poste d'enseignant à Cheltenham College pour prendre une cure qu'un cousin de sa femme, William Wood , lui avait obtenue à Sibsey, un tout petit village dispersé, d'un millier d'habitants, dans le Lincolnshire.

Dans ce petit village, sans vie sociale, Annie était plus libre que dans la ville de Cheltenham et pouvait sortir sans risquer de se compromettre.

Rupture

À Sibsey, elle remplit ses fonctions de femme de pasteur en rendant des visites caritatives aux pauvres et aux malades. À nouveau, elle fut confrontée à la misère populaire renforcée alors par de mauvaises récoltes sans que le propriétaire (absent) ait baissé les loyers. De plus, les ouvriers agricoles qui prenaient contact avec les syndicats perdaient définitivement toute possibilité de trouver à s'employer. Dans son Autobiographie, Annie Besant dit qu'elle apprit beaucoup politiquement à ce moment-là. Elle se posa à nouveau la question de sa foi. Elle se remit à lire de la théologie et découvrit les ouvrages de Matthew Arnold et son idée de morale comme religion. Ces lectures déplurent à son époux qui se remit, lui, à la frapper, au point qu'en juin 1872, elle s'enfuit chez sa mère à Londres.

Là, elle alla écouter les prêches de Charles Voysey, un pasteur anglican qui venait d'être condamné pour hérésie par le Privy Council. Il refusait les idées de péché originel et de châtiment éternel ainsi que la divinité du Christ et le Repentir. Il déclarait aussi que la Bible n'était pas la parole divine. Après avoir quitté l'Église anglicane, il fonda une Église théiste.

Annie se lia d'amitié avec lui. Voysey lui présenta diverses personnalités libres-penseurs de Londres, comme l'éditeur Thomas Scott qui publiait des pamphlets rationalistes ou républicains, l'indianiste John Muir, le réformateur socialiste Charles Bray ou l'évêque du Natal John William Colenso, défenseur de la cause des Zoulous. Lorsque Frank l'apprit, sa colère ne fit que croître.

Le fait que la femme d'un pasteur ait perdu la foi posait un gros problème social. Elle fit une dernière tentative et réussit à rencontrer Edward Bouverie Pusey, un des maîtres à penser du mouvement d'Oxford. Mais, personnalité intransigeante, Pusey se heurta de front avec elle et lui dit : « No, no, you have read too much already; you must pray, you must pray. » (« Non, non, vous avez déjà trop lu ; vous devez prier maintenant, vous devez prier. »).

Elle retourna à Sibsey à l'automne. Les époux s'installèrent dans deux pièces séparées de la maison. Elle reprit ses activités caritatives durant l'hiver : la région était en proie à une épidémie de typhoïde et Annie Besant, par sa dévotion aux malades, gagna le respect des villageois malgré le caractère choquant pour eux de son attitude à l'église. En effet, elle quittait l'office quand celui-ci évoquait des aspects de l'anglicanisme auxquels elle ne croyait plus, comme la communion. Elle s'enfermait parfois seule dans l'église vide et y prêchait. Les mots lui venant naturellement et sans effort, elle comprit alors qu'elle était douée pour les discours. Elle publia deux pamphlets avec pour seul nom d'auteur « épouse d'un ecclésiastique ». Cela irrita fortement son époux, notamment parce qu'ils étaient préfacés par Voysey : Frank Besant craignait en lui étant associé, même via sa femme, de se voir retirer sa cure. Il aurait été encouragé en ce sens par son frère aîné qui lui avait peur de perdre la protection de ses propres employeurs.

Le 20 juillet 1873, elle quitta Sibsey et son mari. La famille Besant lui fit savoir que la rupture était définitive. Elle entrait en marge de la société victorienne. Elle s'installa à Londres chez son frère et sa mère. Là, elle fit une nouvelle dépression nerveuse. En septembre, Frank Besant vint faire un scandale qui poussa Henry Wood à entamer une procédure de séparation entre sa sœur et son beau-frère car un divorce était hors de question pour le pasteur Frank Besant. La séparation fut prononcée le 25 octobre 1873.

Elle divisait la garde des enfants : Mabel à Annie et Digby à Frank. Ce dernier avait d'abord refusé l'arrangement, mais céda finalement lorsqu'on menaça de révéler son attitude vis-à-vis de sa femme : la cruauté était une cause de divorce acceptée. Il consentit également à lui verser une pension (£110, soit le quart de son revenu). Après avoir quitté son mari, Annie dut quitter aussi le domicile de son frère, dans la mesure où il exigeait lui aussi qu'elle rompît tout contact avec Voysey. Restant mariée, Annie Besant conserva son nom de femme mariée (comme la loi l'y obligeait), elle en changea simplement la prononciation.

Féministe et socialiste


Difficultés matérielles

Sans revenu, Annie Besant dut chercher du travail d'autant plus que ses relations lui fermèrent leur porte, en raison du scandale moral et religieux qu'elle avait causé. Après diverses tentatives infructueuses, elle fut accueillie finalement par un couple américain installé à Londres, Ellen et Moncure Daniel Conway. Ce dernier avait été un ardent défenseur de Voysey et se sentait en partie responsable de la situation d'Annie Besant. Elle travailla un temps avec lui, l'aidant en traduisant des ouvrages allemands dont il avait besoin pour la rédaction d'un des siens. Puis, elle fut engagée comme gouvernante chez un pasteur de Folkestone.

En avril 1874, sa mère Emily Wood, tomba gravement malade et Annie se rendit à ses côtés pour l'assister dans ses derniers instants. Sur son lit de mort, sa mère tenta de la faire revenir dans le giron de l'Église anglicane et de lui faire à nouveau accepter la communion. Elle accepta la communion, administrée aux deux femmes par Arthur Penrhyn Stanley, les autres pasteurs appelés ayant refusé.

Après le décès de sa mère, pour payer le loyer de ses deux pièces sur Colby Road, Annie Besant écrivit de nombreux pamphlets pour l'éditeur Thomas Scott. Elle signa de son nom de femme mariée et s'y déclarait théiste. Elle passait ses journées à travailler dans la « reading room » de la British Library. Elle prit aussi contact avec la National Secular Society de Charles Bradlaugh avec qui elle se lia d'amitié. Elle évolua alors vers l'athéisme.

Le 25 août 1874, malgré l'opposition de son mari qui ne put cependant l'empêcher, elle donna sa première conférence, intitulée « The Political Status of Women ».

Engagement séculariste

Charles Bradlaugh lui proposa alors de contribuer, pour une guinée par semaine, au National Reformer, l'hebdomadaire de la société séculariste (National Secular Society) qu'il avait fondée en 1866. Ce travail et ce salaire lui assuraient non seulement une indépendance financière, mais aussi le début de la carrière intellectuelle qu'elle envisageait.

Le 30 août 1874, elle adopta pour son premier article le pseudonyme qu'elle utiliserait dorénavant : « Ajax ».

Elle écrivit sur de nombreux sujets. Elle couvrit par exemple en octobre 1874, la campagne électorale pour une élection législative partielle à Northampton à laquelle se présentait Bradlaugh. Ses articles décrivaient la misère ouvrière de la ville. Dans d'autres, elle attaquait les membres des clergés opposés à la libre-pensée ou les hommes politiques opposés aux réformes. Elle continua également à prononcer des conférences, tâche qu'elle considérait comme essentielle à son travail de propagande pour la libre-pensée et la réforme sociale. Elle y était annoncée en tant que « célèbre Ajax ».

Au début de l'année 1875, elle publia un nouveau pamphlet : On the Nature and Existence of God (De la Nature et de l'existence de Dieu). Elle y écrivait que nul n'avait jamais encore eu de preuves de l'existence d'un dieu. Elle critiquait aussi les prêtres et les religions qui n'étaient capables selon elle de ne produire que des dégâts et du désespoir. Elle y considérait que la morale devait être séparée de la religion et ne venir que de la réflexion et l'expérience. Elle rejetait la prière à Dieu « Who are we […] to remind […] God of His duty ? (Qui sommes-nous pour rappeler à Dieu Ses obligations ?) » mais considérait qu'admirer la grandeur, la beauté et l'ordre du monde était une sorte de prière.

Annie Besant considérait l'athéisme non seulement comme une libération du joug de la religion, mais aussi comme une véritable morale. Elle craignait en effet que celle-ci ne disparût avec la religion car, au moins en Occident, la morale n'était fondée que sur la Bible. Elle souhaitait donc la mise en place d'une morale fondée sur la science et donc conforme aux exigences de la nature. Afin d'y parvenir, elle s'intéressa alors à la philosophie positiviste d'Auguste Comte.

La même année, elle fit une tournée de conférences à travers le Royaume-Uni pour la National Secular Society. Elle appréciait de plus en plus parler en public, chose pour laquelle elle se révélait aussi de plus en plus douée. Elle fut cependant attaquée verbalement par des spectateurs à Leicester, qui lui reprochèrent ses liens avec Bradlaugh. Les critiques reposaient sur un compte-rendu favorable écrit par ce dernier dans le National Reformer à propos de l'ouvrage Physical, Sexual and Natural Religion de George Drysdale qui défendait « l'amour libre » en considérant que tous les organes du corps devaient être régulièrement exercés pour rester en bonne santé.

Bradlaugh fut alors la cible de nombreuses critiques qui rejaillirent sur Annie Besant, une femme dont le statut marital et sexuel n'était pas clair pour ses adversaires.

De plus, Bradlaugh était séparé de sa femme. S'il semble qu'Annie Besant ait pu avoir une certaine attirance pour Bradlaugh, celui-ci avait alors une relation stable avec une vicomtesse française, Mme Mina de Brimont-Brissac souvent citée dans ses lettres, alors qu'Annie Besant en est absente. Cependant, la réputation d'Annie Besant en souffrit. Cette situation, ajoutée à son athéisme, poussa Frank Besant à refuser de rendre à sa mère sa fille Mabel, âgée de cinq ans, dont elle avait pourtant la garde à la fin de son séjour chez lui pendant l'été. Elle tenta d'aller la reprendre à Sibsey avec l'aide de Bradlaugh, sans effet. Elle menaça ensuite son mari d'un procès et retrouva sa fille.

À nouveau, elle tenta de fuir ses problèmes personnels en se réfugiant dans le travail : « Je ne crains pas la vie, si je peux la remplir de travail » écrit-elle dans son Autobiographie. Elle se lança alors dans la rédaction de longs articles pour le National Reformer sur la Révolution française qu'elle considérait comme le deuxième plus important événement de l'histoire humaine, après la naissance du Christ.

Au printemps 1876, elle entreprit avec Bradlaugh une longue tournée de conférences sur la libre-pensée durant laquelle le public et les journaux la considérèrent comme la « plus venimeuse » des deux. Un fort mouvement se développa alors pour l'empêcher de continuer à parler. Cette opposition (issue des milieux religieux) était très organisée, ce qui indique que la campagne menée par les libre-penseurs avait de l'effet : les opposants se rendaient au préalable dans les villes où Annie Besant devait parler pour préparer les attaques du public, toujours centrées autour de Physical, Sexual and Natural Religion et pouvant aller jusqu'à la violence physique.

Entre la pension que lui versait son mari, son salaire au National Reformer, les profits générés par ses conférences ainsi que, semble-t-il, une aide financière de la part de la branche aisée de la famille Wood qui désirait que la petite Mabel ne vécût pas dans la pauvreté, Annie Besant réussit à retourner dans le quartier de son enfance (St. John's Wood) où elle loua, avec sa tante maternelle, une maison avec jardin et écurie où elle logeait une jument.

Au printemps 1876 toujours, Annie Besant participa à la campagne républicaine contre la liste civile de la famille royale en cherchant à recueillir le maximum de signatures (au final un peu moins de 103 000) pour une pétition la dénonçant. Elle attaqua ensuite dans ses articles et ses pamphlets la politique extérieure, principalement concernant la « Question d'Orient », de Benjamin Disraeli, le Premier ministre conservateur.

Au contraire, elle vantait les mérites de son adversaire libéral, William Gladstone. Celui-ci l'en remercia chaudement.

Limitation des naissances

« Le procès Knowlton »

Après que leur éditeur, Charles Watts, attaqué en justice leur eut fait défaut, Bradlaugh et Besant créèrent le 20 janvier 1877 une maison d'édition Freethought Publishing Companydestinée spécifiquement à poursuivre la publication de The Fruits of Philosophy, un pamphlet écrit en 1832 par Charles Knowlton, un médecin américain, à propos du contrôle des naissances, de son caractère justifié et, surtout, des méthodes pour y parvenir. L'ouvrage avait été condamné aux États-Unis pour indécence, mais son succès était resté constant au Royaume-Uni. Il semblerait que Bradlaugh et Besant aient désiré un procès afin d'en faire une tribune pour la cause néo-malthusienne.

Ainsi, au début du procès, lorsque le magistrat proposa à Annie Besant de la relaxer, elle refusa. La première édition parut le 23 mars 1877, ils vendirent cinq cents exemplaires en vingt minutes ; même après le début du scandale et la campagne de presse contre l'ouvrage, ils continuèrent à le vendre en grand nombre, principalement dans les milieux pauvres, mais aussi à des épouses d'ecclésiastiques.

Bradlaugh et Besant en firent livrer directement au tribunal et à la police. La semaine suivante, ils se rendirent au poste de police pour demander pourquoi ils n'avaient pas encore été inquiétés.

Le 7 avril 1877, ils furent finalement arrêtés, une procédure beaucoup plus humiliante qu'une simple convocation, et jetés en prison. Annie Besant évoque dans ses Mémoires les souvenirs désagréables de ce passage derrière les barreaux : on lui prit son sac, sa montre, ses clefs, on la mesura avant de lui faire subir une fouille au corps. Ils étaient accusés de corrompre la jeunesse en l'incitant à « des pratiques indécentes, obscènes, contre nature et immorales ».

Bradlaugh qui maîtrisait le droit décida de se défendre lui-même. Annie Besant décida de l'imiter. Ses amis, Bradlaugh compris, tentèrent de l'en dissuader : cela ne serait pas convenable pour une « lady » et son mari risquerait d'utiliser les débats contre elle. Elle prépara sa défense en comparant les Fruits of Philosophy avec des textes médicaux et les écrits d'auteurs comme John Stuart Mill qui discutaient avec Malthus de la nécessité de limiter la croissance de la population, mais sans entrer dans les détails « techniques ».

L'accusation fut conduite par le Solicitor General, le numéro 2 de la justice britannique, Hardinge Giffard.

Selon le ministère public, l'ouvrage, défendant la contraception, incitait à l'amour libre, à l'abandon de la chasteté et donc à la fin de la société civilisée. Annie Besant se défendit en déclarant que c'était calomnier les femmes de Grande-Bretagne de considérer que la seule raison pour laquelle elles seraient chastes était la peur de la maternité. Elle ajouta que les femmes qui désiraient avoir une sexualité hors mariage étaient déjà suffisamment dépravées et n'avaient pas besoin des Fruits of Philosophy. Il s'agissait ici pour elle de bien marquer sa désapprobation de la prostitution.

Elle devint la première femme à publiquement défendre le contrôle des naissances en insistant sur le fait qu'une information sur celui-ci (dans le cadre du mariage donc) était nécessaire. Elle cita les témoignages qu'elle avait reçus de femmes mariées qui vivaient dans l'angoisse de leur prochaine grossesse dans laquelle elle risquaient leur vie. Elle évoqua les quartiers misérables peuplés d'enfants mourant de faim. Elle récusa l'accusation d'« obscénité », déclarant qu'il n'y avait pas eu intention de nuire, élément essentiel dans l'accusation ; de plus, elle insista sur le fait que les ouvrages médicaux, comme c'était le cas pour le livre de Knowlton, devaient nécessairement être exclus de ce type d'accusation. Elle ne demandait que le droit de rendre public le débat sur la limitation de la population. En tant que mère d'une petite fille, elle ne voulait pas, dit-elle, que celle-ci restât trop longtemps ignorante des fonctions des organes sexuels, peut-être ici inspirée par sa propre expérience malheureuse. Elle termina sa défense en demandant au jury de ne pas l'envoyer en prison, au milieu de femmes perdues dont le simple contact serait pour elle une souffrance. Ici encore, il s'agissait de condamner la prostitution.

Finalement, le jury, très partagé, déclara le livre condamnable, mais exonéra les accusés de toute volonté de nuire. Le verdict fut mis en délibéré. Le lendemain même, Besant et Bradlaugh tinrent une conférence au cours de laquelle ils vendirent ouvertement les Fruits of Philosophy. Aussi, lorsque la sentence fut prononcée, le juge se montra plus sévère que prévu. Ils furent condamnés à six mois de prison et £200 d'amende avec interdiction de continuer à vendre le livre. La sentence fut suspendue en attendant que la Court of Error(équivalent de la Cour de Cassation) ait statué sur un vice de forme : on n'avait pas notifié aux accusés les passages « obscènes » qui étaient la cause du procès (le juge avait déclaré que tout le livre était obscène et avait refusé de le lire).

Finalement, en janvier 1878, la Court of Error cassa le verdict. Le ministère public décida de ne pas relancer de procédure. De même, Besant et Bradlaugh retirèrent discrètement l'ouvrage du catalogue de la Freethought Publishing Company et le remplacèrent par l'ouvrage d'Annie Besant elle-même Law of Population. Le procès eut cependant pour conséquence ultime une scission dans la National Secular Society. Ceux qui considéraient que Besant et Bradlaugh étaient allés trop loin quittèrent le mouvement pour fonder laBritish Secular Society.

Poursuite de la lutte

Annie Besant persista dans son engagement pour la limitation des naissances. Elle adhéra ainsi à la Ligue malthusienne dont elle devint rapidement Secrétaire. Elle publia en octobre 1877 un essai sur ce sujet : Law of Population: Its Consequences, and Its Bearing upon Human Conduct and Morals, dont elle vendit 40 000 exemplaires en trois ans. Un de ses arguments était la situation en Inde.

L'augmentation de la population, due à une amélioration des conditions de vie, n'était pas contrôlée et les famines se multipliaient. Au passage, elle rappelait que l'année des pires famines (1876) avec 500 000 morts était aussi l'année où Disraeli avait proclamé Victoria Impératrice des Indes ; la politique était donc toujours présente. Elle décrivait ensuite très clairement des techniques anti-conceptionnelles tout en condamnant l'avortement (criminel selon elle) et le célibat (non-naturel).

La relation professionnelle entre Annie Besant et Charles Bradlaugh devint plus étroite à cette époque. Ils habitaient dans le même quartier et passaient leur journée à travailler dans le bureau d'Annie Besant, dînaient souvent ensemble mais Bradlaugh rentrait chez lui tous les soirs. Leur proximité cependant permettait, d'autant plus qu'ils s'étaient rendus célèbres par le « procès Knowlton », le développement d'une campagne de commérages. Tous leurs amis, comme Moncure Daniel Conway, témoignèrent plus tard que leur relation avait toujours été chaste. Il semblerait par ailleurs que son expérience maritale malheureuse ait définitivement dégoûté Annie Besant de toute vie sexuelle.

Annie Besant continuait aussi ses tournées de conférences où elle était accueillie en héroïne et quasiment adulée. Ainsi, à Northampton le 4 août 1877, une jeune femme lui baisa le bas de la robe. Son public, de plus en plus nombreux, était aussi de plus en plus divers politiquement et socialement. Elle élargit alors son discours : en plus du sécularisme et de la limitation des naissances, elle se déclarait opposée à l'impérialisme et partisane de la paix, de la justice sociale et de la fraternité.

Perte de la garde de sa fille

Les conférences, les publications, le procès et les rumeurs autour de la relation entre Annie Besant et Charles Bradlaugh, offrirent à Frank Besant le prétexte pour demander en mai 1878 devant la justice à récupérer la garde de sa fille Mabel.

Besant et Bradlaugh décidèrent à nouveau d'utiliser le procès pour faire avancer la cause des femmes et celle de la libre-pensée.

Par ailleurs, les décisions de justice seraient importantes car le procès était le premier depuis la nouvelle loi (1873) concernant la garde des enfants : elles feraient donc jurisprudence. Le procès fut donc confié à George Jessel, le « Master of the Rolls ». Dès le début, celui-ci se montra hostile à Annie Besant : il considérait qu'il était « impropre » pour une « lady » de se défendre elle-même et surtout, il n'appréciait pas la publicité qu'elle voulait donner au procès.

Le débat porta principalement sur la question de son attitude vis-à-vis de la religion lors de la séparation : était-elle encore chrétienne ou déjà athée ? Et son époux connaissait-il son état d'esprit ? S'il la savait athée, elle conservait la garde de sa fille. Son incapacité à élever une jeune fille fut ensuite mise en avant, à la lumière de sa défense lors du procès Knowlton puis de son ouvrage Law of Population. Annie Besant se défendit en affirmant qu'elle n'avait jamais eu l'intention d'expliquer les moyens de limiter les naissances à une jeune enfant et que si elle avait fait excuser sa fille des cours de religion à l'école et ne lui avait pas fait encore lire la Bible, c'était qu'elle voulait qu'elle fût en âge d'en comprendre la signification. Elle fit remarquer aussi l'ambiguïté de la loi : si elle n'avait pas été mariée à Frank Besant, les enfants seraient uniquement à elle ; mais comme elle était mariée, les enfants appartenaient à leur père. Elle conclut en disant qu'une femme mariée perdait ses droits de mère, alors que la maîtresse d'un homme les conservait.

Le juge Jessel statua alors que, après comme avant la loi de 1873, c'était le père qui avait légalement la garde de ses enfants ; que Mabel n'avait aucun avantage particulier à vivre avec sa mère tandis que chez son père, elle serait avec son frère ; qu'Annie Besant avait non seulement choisi d'ignorer la religion, mais de rendre ce choix public et qu'il avait à prendre en considération l'effet qu'une telle attitude pouvait avoir sur une femme ; que priver Mabel de toute éducation religieuse était non seulement répréhensible, mais aussi détestable ; qu'enfin, le contenu du livre « obscène », The Fruits of Philosophy reflétait la personnalité réelle d'Annie Besant, qu'aucune femme digne de se nom ne saurait fréquenter; en conséquence, il retirait immédiatement Mabel de la garde de sa mère. Au delà du verdict légal, il y avait là une condamnation sociale faisant d'Annie Besant un paria : aucune femme digne de ce nom ne saurait la fréquenter.

Mabel fut immédiatement retirée à sa mère. En août 1878, Annie Besant écrivit à son mari qu'elle était prête à tous les sacrifices pour retrouver ses enfants et lui annonça qu'elle revenait vivre avec lui à Sibsey. Il obtint une injonction interdisant à son épouse de l'approcher. Elle fit une nouvelle dépression nerveuse et passa plusieurs semaines alitée avec de la fièvre, parfois délirante. Lorsqu'elle fut remise, elle se lança à nouveau à corps perdu dans le travail. Elle prépara ainsi un long article pour le National Reformer sur les nécessaires réformes politiques en Inde et Afghanistan.

Elle y proposait d'amener rapidement l'Inde au self-government. Elle reprit les mêmes idées lors de son discours inaugural en tant que Présidente de l'Indian National Congress en 1917. Elle décida aussi de s'inscrire au University College de Londres qui venait de changer ses statuts et d'autoriser les femmes, pour y faire son droit afin de mieux défendre ses intérêts et ceux des femmes à l'avenir.

Annie Besant perdit son procès en appel l'année suivante. Ce fut à cette occasion que l'affidavit concernant la violence de son mari fut rédigé. Il ne nia pas mais n'admit pas non plus les accusations. Annie Besant ne retrouva pas la garde de sa fille. Elle obtint le droit de voir ses enfants, mais dans des conditions telles qu'elle ne réussit pas à les voir pendant les dix années qui suivirent. Ils ne virent pas non plus beaucoup leur père qui les plaça en pension. Enfin, elle n'obtint pas non plus le divorce et resta mariée à Frank Besant.

Étudiante et éducatrice

Afin de réussir l'examen d'entrée au University College de Londres, Annie Besant dut prendre des cours particuliers pour se remettre à niveau. Son tuteur en sciences, ainsi que celui des filles de Charles Bradlaugh, Hypatia et Alice, qui avaient décidé d'accompagner à l'université l'amie de leur père, fut Edward Aveling.

Rapidement, il lui fit partager sa passion pour les sciences et elle abandonna son projet d'étudier le droit pour s'y consacrer. L'influence était réciproque : Aveling insista toute sa vie sur la profonde admiration respectueuse qu'il avait pour Annie Besant. Ainsi, alors qu'il écrivait déjà pour le National Reformer, sous un pseudonyme, il décida à partir de juillet 1879 de signer de son propre nom ses articles et de se déclarer ouvertement séculariste. Il devint bientôt un des principaux orateurs lors des conférences de la National Secular Society et en mai 1880, il en fut élu vice-président. L'engagement séculariste d'Aveling lui causa des difficultés au King's College de Londres où il enseignait la botanique.

La Freethought Publishing Company de Besant et Bradlaugh l'aida alors à financer un programme d'éducation populaire au Hall of Science de l'Institut financé par l'État dans South Kensington.

Annie Besant, ainsi que les sœurs Bradlaugh, étudièrent et enseignèrent au Hall of Science avec Aveling (Annie Besant enseignait la physiologie, Hypatia Bradlaugh les mathématiques et sa sœur Alice le français). En parallèle, les trois femmes, admises sans problème au University College, s'y distinguèrent immédiatement, recevant des First Class Honours (l'équivalent de mentions Très Bien). Annie Besant excella ainsi en chimie, mathématiques, mécanique, botanique, biologie et physiologie animale. Cependant, afin de ne pas choquer les généreux donateurs, l'université se garda de faire apparaître le nom d'Annie Besant sur les listes affichées des admis.

Les résultats des cours dispensés au Hall of Science furent tels qu'en 1881, le Parlement britannique leur accorda un financement pour la poursuite de l'œuvre éducatrice, malgré l'opposition de certains députés, en raison du sécularisme des enseignants.

Poursuite de la défense de la liberté de pensée

Le 10 février 1880, Besant et Bradlaugh organisèrent une conférence sur la réforme agraire avec Edward Aveling, Stewart Headlam, Joseph Arch ainsi que de nombreux représentants des trades-unions.

La discussion s'élargit rapidement aux conditions de vie des classes populaires rurales et urbaines puis à la nécessité de justice sociale en général. L'idée avancée dans les jours précédant la conférence était de redistribuer les immenses jardins de la noblesse et de faire du pays une nation de petits propriétaires exploitants.

Cependant, Besant et Bradlaugh se firent déborder d'abord par le « London Trades Council » qui réclamait la nationalisation des terres puis par la « Irish Land League » de Michael Davitt, un Fénien de l'« Irish Republican Brotherhood », qui dans son discours critiqua très violemment la Chambre des Communes.

La conférence décida finalement de créer une Land League, au programme modéré, présidée par Bradlaugh qui y voyait surtout un instrument pour son élection au Parlement. Annie Besant en fut élue Vice-Présidente. En mars, lors des élections législatives, Charles Bradlaugh fut élu pour Northampton.

Cependant, un problème se posa dès l'ouverture de la session. Tous les nouveaux Membres du Parlement devaient prêter serment d'allégeance à la Couronne et ce serment comprenait les mots : « So help me God » (« avec l'aide de Dieu »).

Le Speaker, Henry Brand déclara qu'un tel serment par un athée déclaré ne pouvait avoir de valeur. Lorsque le Speaker annonça à Bradlaugh qu'il ne serait pas autorisé à siéger, celui-ci refusa de quitter la Chambre des Communes, arguant qu'on ne pouvait empêcher un élu de siéger. Il fut immédiatement arrêté et enfermé dans la tour de Big Ben.

Annie Besant édita alors dans l'urgence une édition spéciale du National Reformer et un tract (Law Breakers and Law Makers) demandant que la volonté populaire, surtout celle des électeurs de Northampton, fût respectée. En mars 1881, Bradlaugh fut finalement démis de son siège par la justice, immédiatement réélu par sa circonscription et les incidents à la chambre se répétèrent. Régulièrement, les rumeurs à propos de la relation entre Bradlaugh et Besant, ainsi que l'immoralité supposée de celle-ci, étaient utilisées contre Bradlaugh élu ou candidat. Un meeting de soutien fut organisé sur Trafalgar Square le 2 août 1881.

Annie Besant s'y adressa à une foule estimée à 15 000 personnes. Le lendemain, accompagné d'une foule de supporters qui venait présenter des pétitions en sa faveur, Bradlaugh tenta de prêter serment. L'entrée lui fut refusée par la force, tout comme Annie Besant fut empêchée par la force d'accéder aux galeries du public. La foule dans le Lobby commença à gronder menaçant de forcer le passage. Annie Besant réussit à la retenir. Finalement, Bradlaugh, après trois nouvelles victoires électorales, et une réforme du fonctionnement parlementaire, réussit enfin à siéger en 1886.

Pendant les démêlés politiques et judiciaires de Bradlaugh, dans lesquels elle ne pouvait intervenir, Annie Besant continua le travail en faveur de la libre-pensée. En août 1880, elle se rendit à Bruxelles, au premier congrès de l'Internationale de Libre-pensée dont elle fut élue vice-présidente. Elle rencontra à cette occasion le penseur allemand Friedrich Büchner, un moniste. Il avançait que tout (sur les plans matériel et spirituel) découlait d'une seule source, la matière. Ces idées rejoignaient les réflexions d'Annie Besant qui cherchait toujours une spiritualité qui lui convint. Büchner et Besant se lièrent rapidement d'amitié : ils correspondirent pendant de nombreuses années et Annie Besant entreprit de traduire en anglais les ouvrages de Büchner, principalement Mind in Animals puis Force and Matter.

Au printemps 1883, Annie Besant ne put renouveler son inscription au University College, en raison de la « mauvaise influence » qu'elle était supposée avoir sur ces condisciples. Même Thomas Henry Huxley, un de ses tuteurs, déclara ne pas être opposé à son exclusion, non sur des bases religieuses (il était lui-même incroyant), mais pour des raisons morales : la libre-pensée ne signifiait pas l'amour libre. Miss Rosa Morison, la Lady Superintendent le signifia à Annie Besant en lui rappelant les mots de George Jessel, qui était aussi Fellowdu College, qu'« aucune femme digne de ce nom ne saurait la fréquenter ». Alice Bradlaugh fut elle aussi exclue alors. Edward Aveling lança une pétition au sein de l'université pour défendre les deux femmes ; il fit aussi une campagne de presse, sans succès. Cette exclusion en entraîna d'autres : les adversaires des lois concernant les maladies contagieuses lui annoncèrent qu'ils n'avaient pas besoin de son soutien ; le Secrétaire du jardin botanique de Regent's Park lui en refusa l'accès, à part à l'aube. Ses proches subirent aussi des attaques : Aveling perdit son poste d'enseignant au London Hospital. Stuart Headlam perdit sa cure et n'en retrouva plus.

Socialiste fabienne

Nombre de détracteurs d'Annie Besant, et nombre de ses biographes masculins, furent prompts à expliquer les évolutions intellectuelles et politiques de celles-ci par ses relations, décrites évidemment comme intimes, avec les hommes qu'elle avait rencontrés. Elle serait devenue libre-penseur grâce à Bradlaugh puis socialiste grâce à Aveling. Ce serait réduire ses engagements et son intelligence à des considérations fort triviales. Son évolution politique et intellectuelle est bien plus cohérente et individuelle, et en même temps caractéristique de son époque.

Premiers contacts

Comme de nombreux autres partisans de Gladstone et des libéraux dans les années 1870, Annie Besant fut déçue par leur politique une fois au gouvernement, principalement en matière sociale et en Irlande.

Dès 1881, Henry Hyndman fonda la Democratic Federation. Hyndman, converti au marxisme, était un grand admirateur d'Annie Besant qui avait, selon lui, su se détacher de la religion et des préjugés contre les femmes. Bradlaugh, de son côté, considérait les socialistes comme des concurrents et décida de les affronter sur le plan intellectuel en les invitant à écrire dans le National Reformer, à venir parler lors des réunions du mouvement ou à venir enseigner auHall of Science. Il espérait ainsi prouver leurs erreurs grâce à la qualité de ses collaborateurs, dont Annie Besant, qui fut donc en contact très tôt avec la pensée socialiste.

L'inverse se produisit. La National Secular Society servit même de tremplin au marxisme. Edward Aveling fut un des premiers convertis dès 1884. Annie Besant essaya alors de le convaincre de revenir à la libre-pensée. Il semblerait qu'elle ait désapprouvé le concept marxiste de révolution violente. Bradlaugh, dans son opposition au socialisme, était un ardent défenseur de la réforme. Il condamnait la lutte des classes qu'il considérait comme un fratricide.

La personnalité d'Edward Aveling envenima les premières relations difficiles entre les marxistes d'un côté et Besant et Bradlaugh de l'autre. Aveling commença à fréquenter avec assiduité Eleanor Marx.

Annie Besant essaya de prévenir la jeune femme : Aveling était un séducteur, déjà marié, à qui on ne pouvait faire confiance. Eleanor Marx considéra que ce n'était que de la jalousie. Bradlaugh se serait aussi brouillé avec Aveling en lui demandant de ne plus fréquenter la fille de Marx. Par ailleurs, Aveling passait son temps à emprunter de l'argent, à la National Secular Society, au National Reformer et à tous ses proches, sans jamais rembourser. En 1884, il fut exclu de la National Secular Society, dont il était vice-président, en raison de ses emprunts réguliers, mais cela se fit juste au moment où il devenait membre du comité exécutif de la Social Democratic Federation (qui venait d'ajouter « social » à son nom). La National Secular Society essaya alors de prévenir la Social Democratic Federation des « travers » d'Aveling, sans succès.

Conversion lente

Justice, le journal de la Social Democratic Federation, constata dès juin 1884 qu'Annie Besant « sentait la nécessité de devenir socialiste, mais refusait que quiconque lui suggérât de le faire ». Ses discours et articles devenaient en effet de plus en plus sociaux, tout en conservant un aspect réformateur dans la lignée de la pensée de Bradlaugh. Elle considérait cependant que la dénonciation du capitalisme par Hyndman faisait sens. À l'automne 1884, elle prépara une série d'articles suggérant à ses lecteurs de se rapprocher des socialistes avec qui ils avaient des points communs.

En 1884, Annie Besant lança aussi le magazine Our Corner dont elle était à la fois propriétaire et rédacteur en chef. Elle désirait élargir l'éventail des articles publiés : non seulement politiques et sociaux, mais aussi culturels et artistiques. Elle le publiait depuis sa nouvelle adresse, une grande maison dans St. John's Wood, le quartier de son enfance. Elle y logeait aussi ses collaborateurs désargentés. Le magazine avait un objectif d'éducation populaire mais servait aussi à aider de jeunes auteurs impécunieux à gagner de l'argent : George Bernard Shaw, qui y publia ses premiers romans, disait que Our Corner avait l'étrange habitude de payer ses auteurs. Shaw, qui avait adhéré à la « Fabian society » en mai 1884, présenta à Annie les idées socialistes de ce groupe, moins révolutionnaire que la SDF, moins virulente que la SDF envers Bradlaugh, mais en même temps proche des idées des radicaux.

Fabienne

Elle adhéra à la « Fabian Society » le 19 juin 1885, un an et demi après la fondation de celle-ci. De nombreux détracteurs d'Annie Besant alors (et ensuite) considéraient que son adhésion était surtout due à l'influence de George Bernard Shaw. Ce dernier le suggéra même dans ses Mémoires, mais les sources de l'époque prouvent que ce ne fut pas le cas. Ce type d'affirmation fait partie du discours misogyne autour d'Annie Besant qui la décrit comme incapable de la moindre pensée autonome et toujours influencée par les hommes qu'elle fréquentait. Il est cependant vrai que ce fut Shaw qui présenta Annie Besant à la société fabienne. Cette « conversion » au socialisme l'éloigna de Bradlaugh.

Dans ses premières années, la Fabian Society nouvellement créée (après scission de la « Fellowship of the New Life », le groupe de pensée fondé par le philosophe Thomas Davidson) à la faveur du renouveau socialiste des années 1880 au Royaume-Uni n’avait pas encore de stratégie propre et hésitait dans sa définition du socialisme (de la social-démocratie des « époux » Marx-Aveling au refus du capitalisme de William Morris en passant par le marxisme d'Hyndman). La stratégie de Sydney et Beatrice Webb consistant à imprégner les classes dirigeantes d’idées socialistes triompha dans les années 1900, mais, dans la décennie précédente, Annie Besant contribua à la formulation de la pensée socialiste fabienne et dans l’intérêt que développèrent les Fabiens pour la politique parlementaire.

Annie Besant était influencée par la pensée évolutionniste de Darwin et Spencer et la pensée positiviste d'Auguste Comte.

Elle décrivait l'évolution des sociétés passant de la barbarie au féodalisme puis à l'âge industriel. Pour elle, l'étape suivante dans l'évolution était le socialisme caractérisé par l'association coopérative et la fraternité. De l'évolutionnisme, elle retenait la "survie du plus apte" (mais elle refusait le darwinisme social) qu'elle appliquait à la structure économique et sociale. Ainsi, le capitalisme, système le moins efficace serait appelé à disparaître, remplacé par le socialisme. 

Dans ce mode de production socialiste, l'État jouerait un rôle primordial avec des grandes entreprises étatiques ou municipales concurrentes des entreprises capitalistes et avec une protection sociale pour les plus démunis. La transformation de la société se ferait selon elle de façon graduelle grâce à des lois qui corrigeraient d'abord les excès les plus dévastateurs du capitalisme avant d'accentuer le rôle de l'État dans la régénération économique, sociale, physique mais aussi morale de la société, car son analyse de la société était autant économique et sociale que morale.

Cette évolution graduelle ferait qu'« il n'y aurait jamais de moment précis où la société passerait de l'individualisme au socialisme ». Elle considérait donc que la révolution serait plutôt un obstacle à cette évolution. Cependant, une centralisation étatique n'était pas son objectif : elle préférait organiser les travailleurs en petites structures (exploitations agricoles ou ateliers industriels) où ils ne travailleraient plus que huit heures par jour.

De même, Annie Besant fut à l'origine de l'implication des Fabiens dans la vie politique. Elle tenta sans succès, en juin 1886, de rassembler les divers groupes de réflexion de gauche et d'extrême gauche (radicaux, socialistes, réformateurs, athées, etc.) autour d'une base d'action commune en vue de leur représentation au parlement britannique.

À l'automne, au sein de la Fabian Society, elle créa la Fabian Parliamentary League avec George Bernard Shaw, Hubert Bland et Sidney Olivier.

La League vantait les succès de la social-démocratie continentale et annonçait son intention de s'impliquer dans les élections locales et législatives. En 1888, la League réintégra la Fabian Society qui s'était finalement rangé à l'idée d'une action parlementaire et avait donc infléchi sa route sous l'action d'Annie Besant.

Elle fut élue membre du comité directeur de la Fabian Society le 19 mars 1886 : elle avait « gravi les échelons » dans le socialisme aussi rapidement que dans le sécularisme. Pour se préparer à un rôle politique plus vaste, la Fabian society organisa à l'été 1887 le « Charing Cross Parliament », sorte de Shadow cabinet qui simulait ce que pourrait être un gouvernement social-démocrate : Sidney Webb avait par exemple le portefeuille de l'économie et Annie Besant celui de l'intérieur.

En 1888, elle participa à la rédaction des Fabian Essays in Socialism ouvrage fondateur du socialisme britannique. Elle écrivit le chapitre « Industry under Socialism » (« L'industrie sous le socialisme ») de la partie « The Organization of Society » (« L'organisation de la société »).

Elle milita aussi au sein de la société pour que celle-ci dépassât son cadre uniquement londonien et s'élargît socialement et géographiquement avec la création de « branches » locales en province. Ainsi, elle fut très active lors de la tournée de conférences fabiennes en 1890 dans le Lancashire (ce fut son dernier grand engagement fabien). L'idée, avec les Essays et les branches locales de la société, était de fonder un véritable parti politique.

L'intense activité déployée par Annie Besant en 1886 (direction de Our Corner, co-direction du National Reformer, tournées de conférences pour la National Secular Society et pour les Fabiens, cours au Hall of Science, poursuite de ses études, écriture et diffusion de pamphlets, etc.) la laissa épuisée : elle souffrait d'érysipèle et de diverses affections qui mettaient des semaines à se soigner. Son engagement socialiste était de moins en moins bien accepté au sein du sécularisme. Elle finit par démissionner de la direction duNational Reformer en octobre 1887.

Bloody Sunday

L'agitation sociale se fit de plus en plus forte au Royaume-Uni en 1887, aussi bien à propos de la condition ouvrière que sur la question irlandaise. Our Corner s'en faisait l'écho régulièrement. Depuis quelques années déjà, la répression policière touchait les rassemblements socialistes. Pour aider juridiquement les militants arrêtés et traduits en justice, Annie Besant fonda avec William Morris la Socialist Defense League en octobre 1887 : elle leur évita ainsi souvent les travaux forcés. Dès le 15 octobre, elle participa à des meetings quotidiens défendant la liberté de parole et réclamant une amélioration de la condition ouvrière, aux côtés d'autres orateurs comme Morris ou Shaw sur Trafalgar Square, lieu de manifestation populaire symbolique car à la frontière sociale entre l'East End et le West End de Londres. L'affluence du public finit par bloquer une grande partie de la place. Le 8 novembre, celle-ci fut interdite au public, alors qu'un grand rassemblement avait été prévu pour le dimanche suivant, principalement pour protester contre les conditions d'incarcération de William O'Brien ainsi que contre l'exécution des anarchistes accusés du massacre de Haymarket Square à Chicago.

Jusqu'au vendredi 11 novembre, Annie Besant tenta s'obtenir l'autorisation du Home Secretary Henry Matthews, sans succès. Le samedi, il fut décidé de manifester sur Trafalgar Square « dimanche après dimanche ».

Le dimanche 13 novembre 1887, plusieurs cortèges se dirigèrent vers Trafalgar Square depuis diverses directions. Annie Besant en dirigeait un. Sur Shaftesbury Avenue, la police chargea en distribuant des coups de matraques. 

Le cortège d'Annie Besant se dispersa en désordre, Shaw disparaissant dans la foule. Annie Besant se précipita vers Trafalgar Square où les manifestants étaient encerclés par les forces de police. Elle tenta, en vain, de dresser une barricade. Elle décida alors de se faire arrêter. Après avoir poussé sur le cordon de police en déclarant être une des oratrices prévues, elle se vit déclarer par un officier que pousser n'était d'un point de vue technique pas un délit et lui enjoignit de circuler. Elle quitta donc la place pour le Hall of Sciencede Kensington où Shaw faisait ce soir-là une conférence sur le socialisme pratique. Pendant ce temps, la dispersion violente de ce rassemblement pacifique par la police montée se poursuivit. Elle est depuis connue sous le nom de « Bloody Sunday ».

Elle fit deux morts et cent-cinquante blessés. Il y eut aussi trois-cents arrestations. La Metropolitan Radical Federation qui regroupait toutes les formations londoniennes de gauche renonça, à l'initiative de Shaw, à organiser une nouvelle manifestation le 20 novembre.

Conséquences

Annie Besant entreprit ensuite d'aider ceux qui avaient été arrêtés et étaient jugés. L'argument principal qu'elle avança pour leur défense était qu'ils ne faisaient ce jour-là qu'exercer leur droit à la liberté de pensée et d'expression : elle poursuivait donc la lutte de ses premiers engagements. Elle créa le 18 novembre avec le journaliste W. T. Stead la Law and Liberty League dans ce but. Ils furent rejoints par Henry Hyndman, William Morris, John Burns, Stewart Headlam, Charles Bradlaugh, mais aussi Richard Pankhurst ou Jacob Bright. Une des premières actions d'Annie Besant au sein de cette ligue fut d'organiser les funérailles grandioses d'Alfred Linnell, mort des blessures reçues durant le Bloody Sunday. Elle soutint aussi moralement et financièrement les épouses de militants emprisonnés (Robert Cunninghame-Graham ou John Burns par exemple).

Les relations entre Annie Besant et Charles Bradlaugh s'étaient déjà dégradées lorsqu'elle s'était engagée dans le socialisme. Bloody Sunday accentua le ressentiment de la part de Bradlaugh. Il lui en voulut d'avoir suggéré qu'il aurait pu faire partie des orateurs le 13 novembre. Il insistait sur le fait que cela lui avait nui auprès de ses collègues députés aux Communes et qu'il était ainsi moins efficace pour la cause des militants emprisonnés.

Annie Besant et W. T. Stead fondèrent à la même occasion le journal The Link, l'organe de la LLL, afin de protester contre les injustices sociales en général. Elle suggéra de créer localement des « cercles de vigilance », liés à la LLL, afin de surveiller les policiers et les propriétaires et de protéger les pauvres et la liberté d'expression. Une quarantaine d'organisations de gauche participa au congrès fondateur de ces cercles. Cependant, ils amenèrent plus ou moins l'échec de la LLL car leur fonctionnement semblait un peu trop proche de celui d'une société secrète, du type Fenian Brotherhood.

Dès janvier 1888, Justice de Hyndman s'en désolidarisa. Ensuite, Bradlaugh ou le Fabien Graham Wallas refusèrent d'y participer.

Le journal « The Link » poursuivit et son existence et son combat. Le journal avait des rubriques régulières comme « The People's Pillory » où le gouvernement, et surtout le Home Secretary, jugé responsable du Bloody Sunday, étaient en permanence remis en cause. Le journal servit aussi de relais aux revendications populaires des deux îles britanniques, en offrant par exemple une plate-forme régulière à Michael Davitt.

Durant les premiers mois de 1888, elle essaya, au nom de la liberté d'expression, d'organiser de nouvelles manifestations sur Trafalgar Square toujours interdit. Elle ne fut cependant pas suivie par ses alliés de gauche et ostensiblement ignorée par les forces de l'ordre. À l'été, elle réussit malgré tout à organiser ce qu'elle appelait des « conversazione démocratiques », tous les après-midi, de 16 h à 17 h. Les « manifestants » se contentaient de se promener en discutant et à chaque quart d'heure, ils chantaient des slogans (pour l'Irlande, la réforme agraire ou la liberté d'expression) avant de reprendre promenade et conversations. L'efficacité en était cependant limitée.

Les événements de Trafalgar Square firent radicalement évoluer Annie Besant, à l'inverse même de ses collègues fabiens. Alors que Shaw, Bland ou Webb prirent peur et abandonnèrent tout discours révolutionnaire, elle, au contraire se rapprocha de la « Social Democratic Federation » de Hyndman, dont elle avait pourtant jusque là critiqué la rhétorique révolutionnaire.

En août 1888, elle finit même par y adhérer (être membre de la SDF et de la Fabian society n'était pas exclusif ; elle ne fut pas la seule dans ce cas) et sa première contribution à Justice parut le 1er septembre.

En juillet 1889, elle participa à Paris, comme déléguée de la SDF, aux débats qui menèrent à la création de l'Internationale ouvrière. Son discours, en français, très remarqué, lui valut d'être élue vice-présidente de la dernière journée.

Grève des allumettières de Bryant & May

Le 15 juin 1888, Annie Besant, alertée lors d'une réunion de la Société fabienne par une militante socialiste, Clementina Black, découvrit à cette occasion les conditions de travail déplorables de ce qui était alors la plus importante fabrique d'allumette de Londres, Bryant & May. Après avoir visitée la manufacture, révoltée par la situation imposée aux ouvrières, elle publia le 23 juin 1888 dans The Link un article retentissant sur l'« esclavage blanc à Londres » (« White Slavery in London »).

Annie Besant y dénonçait les conditions de travail des ouvrières : des adolescentes qui travaillaient de 6 h 30 à 18 h pour quatre shillings par semaine (soit moins que le loyer d'une seule pièce) et qui ne mangeaient que du pain beurré trempé dans du thé. Du reste, les salaires étaient souvent amputés à cause des nombreuses amendes imposées par la direction (pour pieds ou vêtements sales par exemple).

Enfin, les gaz du phosphore utilisé pour fabriqué les allumettes leur pourrissaient les dents et les gencives.

Annie Besant voulait faire comprendre à ses lecteurs et aux actionnaires de ce genre d'entreprises les conditions de vie de jeunes filles qui avaient l'âge de leurs propres enfants alors qu'eux touchaient des « dividendes monstrueux ». Une liste d'actionnaires fut publiée, pointant les personnes « respectables » tels des pasteurs qui s'enrichissaient de cette façon. Elle concluait en appelant au boycott des produits de l'entreprise. Les propriétaires de Bryant & May déclarèrent dans le Daily Telegraph que l'article n'était qu'un « tissu de mensonges » et d'inventions et licencièrent les ouvrières qui avaient parlé à Annie Besant. Ils exigèrent ensuite des autres qu'elles signent un texte qui dénonçait les mensonges de l'article et disait qu'elles étaient très heureuses dans leur travail. Elles refusèrent. Quant à Annie Besant, elle demanda publiquement pourquoi la direction de l'usine ne l'attaquait pas en diffamation. Le 26 juin, avec Burrows et un autre membre de la SDF, John Williams, elle distribua des copies des articles à la sortie de l'usine.

Le 2 juillet 1888, Annie Besant participa à un meeting de protestation des allumettières. Le 5 juillet, l'agitation crût et les ouvrières qui avaient cessé le travail défilèrent dans les rues du quartier depuis l'usine. Une nouvelle réunion eut lieu le samedi 8 juillet : 1 400 ouvrières votèrent une résolution déclarant que l'article d'Annie Besant disait la vérité, demandant l'intervention du gouvernement et la création d'un syndicat. La grève fut décidée pour le 11 juillet. Leurs conditions ne pouvaient pas être pires, même si, en l'absence de syndicat (alors quasiment réservé aux hommes), il n'y avait pas de caisse de grève.

Annie Besant, Herbert Burrows et la SDF apportèrent leur soutien direct au mouvement tandis que les Fabiens apportaient une aide financière. En six heures, £700 furent réunies. Les journaux se divisèrent : The Times soutint la thèse des patrons tandis que les autres crurent l'article d'Annie Besant et les témoignages des ouvrières, d'autant plus que la direction ne pouvait prouver que ces affirmations étaient fausses. Charles Bradlaugh suscita un débat au Parlement sur cette question ; il y fit même recevoir une délégation des grévistes. Devant le mouvement d'opinion publique, la direction de Bryant & May finit par céder. Le 17 juillet, une délégation d'ouvrières, menée par Besant et Burrows rencontra des représentants de l'entreprise. Les jeunes filles licenciées furent réembauchées ; les conditions de travail s'améliorèrent ; les salaires furent augmentés et les amendes supprimées. Un syndicat fut même créé dans l'entreprise, Annie Besant en fut élue Secrétaire et Burrows trésorier.

Cette grève et son issue heureuse ne furent pas sans retentissement dans le pays et constituèrent de fait une étape importante dans l'histoire sociale du Royaume-uni, dans la mesure où il s'agit du premier mouvement social mené par des personnes situées au plus bas de l'échelle sociale britannique, des travailleuses sans qualification.

Grâce à cette grève victorieuse, de nombreux ouvriers et ouvrières de l'East End se tournèrent vers Annie Besant, pour l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail : ouvriers des usines et sweatshops, fabricants de chaîne, conducteurs de tramways, peintres en bâtiment, employés de magasins, etc. Elle fut essentielle dans la grande vague de syndicalisation qui traversa le Royaume-Uni à la fin des années 1880, dite « New Unionism ».

Élue locale

L'engagement politique d'Annie Besant prit un tour nouveau quand elle décida de se faire élire. Le Royaume-Uni fonctionnait alors avec un suffrage masculin, mais, le London School Board, l'institution, créée par l’Elementary Education Act de 1870, qui s'occupait de l'enseignement élémentaire à Londres, avait accordé le droit de vote et de se présenter aux femmes. Elle se présenta pour la circonscription de Tower Hamlets dans l'East End en 1889. Un de ses objectifs étaient de mettre en place des repas gratuits pour les enfants des quartiers pauvres qui ainsi mangeraient au moins une fois par jour puisque l'école était obligatoire depuis 1880. Lors de la campagne électorale, elle ne cacha pas ses convictions socialistes, insistant sur le fait que l'éducation était un facteur d'égalité. Ses adversaires l'attaquèrent sur le fait qu'elle était contre l'éducation religieuse obligatoire. Elle fut cependant élue.

Pendant les trois ans de son mandat au London School Board, Annie Besant siégea dans les principaux comités (celui sur le travail des enfants et celui sur la gestion directe des écoles). Elle milita pour la mise en place d'une éducation laïque. Elle obtint les repas gratuits qui grâce à la London Schools’ Dinner Association nourrit à la fin de 1889 36 000 enfants pauvres. Elle lança aussi l'idée de services médicaux dans les écoles. Enfin, elle obtint que les contrats que passaient le London School Board fussent avec des entreprises qui respectaient les droits syndicaux et qui payaient des salaires décents (le minimum syndical). Le London County Council adopta cette politique peu de temps après. C'était en fait obtenir un soutien des institutions publiques aux trades-unions.

Son engagement et ses activités politiques lui coûtèrent temps et argent, au point qu'elle finit par renoncer à la direction et la publication de The Link et Our Corner.

Théosophie

Les liens noués entre W. T. Stead et Annie Besant au moment du Bloody Sunday avaient eu pour celle-ci une autre conséquence. Le journaliste avait le même genre d'interrogations spirituelles qu'elle. Il avait même créé une Église destinée à régénérer le christianisme. Elle commençait à considérer que si l'athéisme lui avait apporté la paix en supprimant un Dieu injuste, il n'était cependant pas la réponse à ses questionnements.

En 1889, William Thomas Stead demanda à Annie Besant de préparer pour la Pall Mall Gazette un compte-rendu de la « Doctrine Secrète » d'Helena Blavatsky (appelée souvent « Madame Blavatsky »). Elle en fut émerveillée : elle avait trouvé la réponse à toutes les interrogations métaphysiques et spirituelles qui la taraudaient depuis l'enfance.

La théosophie, inspirée des sagesses orientales, considère que toutes les religions ne sont que des variations d'une Sagesse universelle première. Elle sembla à Annie Besant être la Vérité qu'elle avait toujours cherchée. Elle rencontra Madame Blavatsky et fut impressionnée malgré elle par la culture de cette femme de plus de cent kilos qui ne se déplaçait plus qu'en fauteuil roulant. Elle lut les diverses critiques adressées à la théosophie et à Madame Blavatsky : elle n'y vit pas plus que les critiques qui lui avaient été adressées à elle tout au long de sa carrière. Elle se déclara donc ouvertement théosophe et devint membre de la Société théosophique.

Ses amis (qui devinrent rapidement ses anciens amis) en furent horrifiés : Charles Bradlaugh le premier, même s'ils s'étaient déjà éloignés lorqu'Annie Besant était devenue socialiste, mais aussi George Bernard Shaw.

Ils considéraient qu'ils perdaient une des plus ardentes militantes de la libre-pensée et de la réforme sociale. Elle quitta en effet d'abord la National Secular Society puis la Fabian Society puis le London School Board et enfin la Social Democratic Federation.

Malgré tout, elle n'abandonna pas la lutte politique pour autant : dans son tout premier article théosophe (« Practical Work for Theosophists »), elle suggérait aux membres de la société d'acheter des actions des entreprises qui exploitaient leurs ouvriers afin d'en prendre le contrôle et de les réformer. Elle fonda dès 1891 une ligue des ouvriers théosophes. Elle consacra ses conférences à la théosophie dont elle devint rapidement une des principales animatrices et pour laquelle elle transforma sa maison pour en faire un lieu de réunion.

En 1890, ses deux enfants, Digby (vingt-et-un ans) et Mabel (dix-neuf ans) la rejoignirent, comme elle l'espérait, dès qu'ils se trouvèrent en âge de pouvoir décider de leur sort, hors de l'autorité paternelle.

En 1891, lorsque Madame Blavatsky décéda, Annie Besant prit la direction de la Société théosophique pour l'Europe et l'Inde.

En 1893, après avoir participé au « Parlement mondial des religions » lors de l'Exposition universelle de Chicago, elle s'installa en Inde. Elle déclara y avoir trouvé sa patrie spirituelle et prit l'habitude de s'habiller à l'indienne. Cependant, elle y trouva la société théosophique en pleine tourmente. De nombreux scandales avaient été en effet « révélés » par la presse : usage de faux ou mœurs de certains membres. Elle se battit alors pour rétablir la réputation de sa société.

En 1907, elle en devint la présidente, succédant au colonel Henry Steel Olcott et fut réélue à ce poste jusqu'à sa mort. Elle établit le centre de la société à Adyar, près de Chennai. Elle y découvrit Krishnamurti en 1909. Elle voyait en lui le futur « guide spirituel » (« World Teacher ») et participa à son éducation. S'il renonça à la théosophie en 1929, il ne renia ni sa mère adoptive, ni son rôle spirituel.

Indépendance de l'Inde

Renouveau intellectuel de l'Inde

Parallèlement à son activité spirituelle dans la société théosophique, elle commença à s'intéresser au sort moral de son pays d'adoption : l'Inde.

Elle critiquait depuis longtemps le joug politique, économique et moral du Royaume-Uni sur la région. Elle considérait que l'attitude britannique était en train de briser l'Inde. Elle voulut lui redonner sa grandeur. Elle commença par fonder des écoles et lycées pour encourager la redécouverte locale de la philosophie, de la littérature, de la religion et des arts indiens (Central Hindu College en 1898, un lycée de garçons, la Central Hindu Girls’ School, un lycée de filles, en 1904, et enfin la Hindu University en 1911 à Bénarès).

Elle milita aussi pour les droits sociaux des Indiens, mais aussi des Indiennes. Elle s'engagea à nouveau en politique.

À partir de 1913, elle multiplia les articles et les discours réclamant le droit à l'auto-détermination du pays. Elle considérait que le gouvernement britannique n'avait pas tenu ses promesses à l'Inde et lui conseillait de commencer à traiter les Indiens comme des égaux faute de quoi il verrait le pays lui échapper. Elle ne critiquait pas l'idée de l'Empire britannique ou de la présence britannique en Inde. Elle suggérait d'en revoir le fonctionnement, principalement via l'auto-détermination. Elle se heurta là à l'opposition de certains théosophes. Ses idées politiques et sociales étaient diffusées à travers les journaux New India et Commonwealth.

Parti du Congrès

En 1913, elle adhéra au Parti du Congrès. Au début de la Première Guerre mondiale, elle déclara que l'Inde pouvait aider le Royaume-Uni mais ne devait pas cesser de réclamer le Home Rule. Elle fonda en 1915 la Home Rule League avec le soutien et la coopération de Bal Gangadhar Tilak. La direction de la branche britannique fut confiée à George Lansbury. Elle devint alors très populaire en Inde, beaucoup moins en Grande-Bretagne. Il fut décidé de l'interner. Comme elle était âgée de soixante-dix ans, elle fut assignée à résidence à Ootacamund. Cela souleva une immense protestation en Inde. Elle reçut le soutien de Motilal et Jawaharlal Nehru, de Gandhi et de Jinnah.

Les autorités durent se résoudre à la libérer. Elle reprit immédiatement ses activités politiques. En 1917, elle fut élue présidente (pour un an, comme tous les présidents du mouvement) du Parti du Congrès à Kolkata, la première femme à ce poste. L'année suivante, elle soutint les grèves dans les filatures de Madras et aida les ouvriers à créer le premier syndicat indien : le Madras Textile Workers’ Union.

Cependant, malgré son amour pour le pays et sa popularité, il lui sembla évident qu'une vieille femme blanche n'était pas la meilleure personne pour incarner la population indienne. Même si elle avait été une des premières inspiratrices du mouvement d'indépendance, elle ne pouvait continuer à en être une des chefs de file. Elle continua à participer dans l'ombre aux différents mouvements, comme celui de la non-coopération (Non-Cooperation Movement). Elle prédit cependant des conséquences négatives à la politique de résistance passive prônée par Gandhi. Le massacre d'Amritsar en avril lui donna raison, mais ses critiques furent mal ressenties. Quand Gandhi prit la direction du Parti du Congrès en 1920 et imposa la désobéissance civile comme tactique officielle, elle démissionna.

Lutte pour l'Inde au Royaume-Uni

Dès 1918, lorsque les femmes obtinrent des droits politiques au Royaume-Uni, le Parti travailliste proposa à Annie Besant de se présenter au parlement britannique.

Elle accepta, mais les autorités britanniques interceptèrent son télégramme qui n'arriva pas à destination, l'empêchant de se présenter. Elle revint cependant au Royaume-Uni en 1919. Elle adhéra alors au Parti Labour et participa à la commission parlementaire qui discutait sur le futur statut de l'Inde. Elle demandait l'autodétermination mais aussi que le modèle occidental ne fût pas imposé aux futures institutions indiennes qui devraient être aussi inspirées des traditions locales. Elle réclamait que le droit de vote fût accordé aux femmes indiennes. Le projet fut cependant rejeté par le Parti du Congrès en 1920, ce qui constitua une autre raison de la démission d'Annie Besant.

En 1924, elle tenta de créer un nouveau mouvement indépendantiste indien, l’« Indian National Convention » qui rédigea le Commonwealth of India Bill un projet de self-government pour l'Inde. Celui-ci reçut le soutien de Sidney Olivier Secretary of State for India du gouvernement Ramsay MacDonald, mais, ce gouvernement tomba avant que le projet pût être proposé au parlement.

Elle fut invitée en 1928 à participer à la Commission Nehru qui prenait le contre-pied de la Commission Simon, composée exclusivement de blancs. Le Rapport Nehru suggérait la transformation de l'Inde en dominion, à l'image du Canada ou de l'Australie. Annie Besant retourna alors en Grande-Bretagne pour défendre ce projet. Elle échoua car Gandhi de son côté exigeait l'indépendance totale. Devant les tensions, principalement ethniques, croissantes dans le sous-continent, elle en prédit dès 1930 la partition.

Franc-Maçon

Annie Besant portant les emblèmes du 33°degré maçonnique

Annie Besant fut l'une des fondatrices en 1893 de l'ordre maçonnique The Order of Universal Co-Freemasonry, lié à l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » de Maria Deraismes.

Ce fut d'ailleurs, en uniforme de maçon, qu'elle participa à la manifestation des femmes suffragistes au moment des cérémonies de couronnement de George V le 17 juin 1911.

Décès

Annie Besant mourut le 20 septembre 1933 à Adyar. Son corps fut brûlé sur un bûcher, selon la tradition hindoue. Ses cendres furent dispersées en partie dans le Gange et en partie dans le jardin de la société théosophique d'Adyar.



BIBLIOGRAPHIE :

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« Principles of Education » (1932), Theosophical Publishing House.

« Old Memories and Letters » (1936), Theosophical Publishing House, Adyar.


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"LA VIE OCCULTE DE L’HOMME", Annie Bessant