Affichage des articles dont le libellé est Mythologies. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mythologies. Afficher tous les articles

vendredi 21 juin 2013

L’INVENTION DES TAROTS ET LES "INITIÉS"


Il est évident que les premiers tarots sont nés durant la Renaissance. Certainement s’inspiraient-ils d’idées encore plus anciennes mais, il est indéniable que l’imagerie des tarots est apparue en premier en Italie du Nord, et s’inspirait de l’iconographie gréco-romaine...

Mais encore... La Renaissance est marquée par d’innombrables innovations et découvertes, c’est l’ère des sciences, des arts, et du néo-platonicisme. L’Europe sort enfin du Moyen-âge! Leonard de Vinci, Michael-Ange, Dante, Pétrarque, Josquin des Prés, Orlando de Lassus, Monteverdi, Gutemberg !

Au XIVe siècle, les prémices de la Renaissance se produisirent surtout en Italie :

À Avignon, le pape Clément VI fait appel, pour décorer le "Palais des Papes", à une équipe de peintres dirigée par Matteo Giovanetti.


 "Palais des Papes", Avignon, France

Dans la cathédrale de Pise, une chaire est sculptée par Pisano dans un style qui n'est plus celui du Moyen Âge, mais qui reprend l'esthétique grecque de l'Antiquité.

Venise est depuis longtemps en contact avec l'Orient, par voie maritime ; c'est la première puissance maritime d'Europe,

Des foyers de Renaissance importants sont les zones en contact avec les autres civilisations, notamment la civilisation islamique/musulmane : Sicile, Espagne.

Ces zones de contact existent en réalité depuis plusieurs siècles : l'Andalousie (royaume de Séville) depuis l'an mille, la Sicile depuis le XIIe siècle (Palerme).

L'Italie commence ainsi à importer les sciences et techniques islamiques dans les domaines de l'algèbre, de l'astronomie, de la médecine, de l'alchimie, de la géographie, bien que l'essentiel de l'influence culturelle et philosophique ait été récupérée depuis la chute de l'Empire byzantin qui provoque l'afflux de savants byzantins dans la péninsule italienne.

Un grand nombre de "découvertes" faites pendant la Renaissance et jusqu'aux Lumières, proviennent en réalité du savoir transmis par les musulmans depuis la Grèce, l'Inde et Babylone.

Beaucoup de mots de la langue française attestent de cette influence : algèbre, algorithme ("Al-Khuwarizmi"), alchimie...

Les pays arabes possèdent en effet une avance très importante sur l'Europe dans ces domaines. Les échanges avec l'Extrême-Orient, déjà commencés avec la route de la soie, s'intensifient par voie de terre à la suite du voyage de Marco Polo. Les premiers jeux de cartes ramenés en Italie semblent avoir beaucoup d’apparentées avec les jeux de "taraqua" des Sarrasins et jeux Perses.


Un jeux fait d’une série de lames allongées, somptueusement enjolivées comportant d’illustrations "symboliques". Ces jeux arrivent en Europe dans l’effervescence de la Renaissance...

Il faut maintenant comprendre que les lettrés du Moyen Âge avaient conscience qu'ils vivaient sur un continent appelé Europe par les géographes, pour le distinguer de l'Asie et de l'Afrique. En revanche, la grande masse des habitants de l'Europe n'avaient jamais entendu ce terme : ils lisaient difficilement et "le clergé leur parlait comme à des chrétiens appartenant au continent choisi par la Divine providence pour être le foyer de la vraie foi". En somme, les Européens n'avaient pas pleinement conscience de leur identité culturelle.

La conscience de cette identité n'apparut qu'à la Renaissance. Selon l'historien anglais John Hale, ce fut à cette époque que le terme "Europe" (Europa : une divinité grecque), entra dans le langage courant et fut doté d'un cadre de référence solidement appuyé sur des cartes et d'un ensemble d'images affirmant son identité visuelle et culturelle.


Liberale da Verona, "L’Enlèvement d’Europe" (détail), 1445-1523, huile sur bois, Paris, Musée du Louvre

Retour donc à une "symbolique" basée sur d’antiques "cosmogonies!

On remarque que de grands penseurs à la base de l’ésotérisme occidental précédèrent l’invention des tarots et leur apparition en Italie... Mais la plupart de ces penseurs faisaient renaître les savoir de l’antiquité !

Il est fréquent de dire que durant la Renaissance, on s'intéressa de nouveau à l'Antiquité, ce qui accompagna le mouvement intellectuel de l'"humanisme".

En fait, l'Antiquité était loin d'être inconnue au Moyen Âge :

- Une partie de la culture antique était conservée dès le haut Moyen Âge grâce à Boèce, Isidore de Séville, Bède le Vénérable… ; 

- Platon était déjà connu à la cour de Charlemagne (même si celui-ci avait des difficultés à écrire), sous l'influence de plusieurs lettrés (Alcuin…) ;

- Des auteurs tels qu'Ovide, Virgile, Cicéron, (liste très incomplète)…étaient connus ;

L’essentiel des œuvres d'Aristote qui nous sont parvenues étaient déjà traduites au XIIe siècle.

Les textes qui ont été sauvés de l'Antiquité l'ont été par les copistes médiévaux dans les "scriptoria".

Selon Régine Pernoud, ce qui caractérise la Renaissance est plutôt l'imitation de l'Antiquité considérée comme ayant déjà atteint la perfection que sa redécouverte.

Ce qui est juste, c'est que cette culture était réservée à une élite composée essentiellement de clercs, dans les monastères, puis, à partir du XIIIe siècle, dans les écoles urbaines, c'est-à-dire les premières universités européennes (école scolastique).

On sortit progressivement de cette situation de monopole... Pétrarque et ses amis du grand nord, dès le XVIè siècle (Trecento) élargirent la gamme des auteurs antiques connus avec d'autres gammes :

- l'"humaniste" Flavio Biondo découvrit de nouvelles œuvres d'auteurs romains et entreprit des fouilles archéologiques dans le Forum romain (vers 1430) ;

- en 1453, Constantinople fut prise par les Turcs ottomans, qui brûlèrent la bibliothèque ;

La même année l'invention de l'imprimerie allait permettre d'amplifier le phénomène.

Par conséquent :

L'archéologie permit de redécouvrir l'art antique : sculpture, arts décoratifs...

La connaissance de la culture antique s'élargit à davantage d'auteurs antiques (latins et grecs) et se répandit d'abord en Italie, puis en Europe.

Cette culture imprégna un nouveau réseau d'"humanistes" (Érasme, Thomas More, Guillaume Budé…), qui constituèrent une nouvelle élite.

En fait, si le terme "humanités" existait déjà, le terme "humanisme" ne fut employé qu'à partir du XVIIIe siècle (selon Jean Delumeau).

Il semble que les initiateurs d’une nouvelle approche "ésotérique", basée sur les modèles des précédés alchimiques firent leur apparition au cours des Croisades, et parmi eux on comptait d’éminents érudits comme, entre autre :

- Roger Bacon (1214-1294)
- St-Thomas d’Aquin (1224)
- Raymond Lulle (1232-1315)
- Arnaud de Villeneuve (1238-1313)
- Maître Eckart (1260)

Après eux on remarque aussitôt l’apparition d’"Écoles de Mystères", d’"Écoles d’Initiés", la plupart dispensant des enseignements "hermétiques".

Diffusion de l'information par l'imprimerie



L'une des inventions qui eurent le plus d'impact sur les hommes de la Renaissance était le perfectionnement de l'imprimerie par les caractères mobiles en plomb et la presse à vis, par Gutenberg vers 1450.

La première édition imprimée de la Bible apparut en 1455. Les premiers textes imprimés concernaient assez souvent la religion et ceci pendant une cinquantaine d'années.

Avant l'invention de ces procédés, l'imprimerie ne permettait pas une productivité beaucoup plus élevée que la copie manuelle, par des clercs, qui étaient les seuls capables de maîtriser les techniques d'écritures : au XIe siècle et XIIe siècle, les manuscrits étaient retranscrits par des moines dans les "scriptoria".



C'était l'une des deux principales tâches des moines à l'époque ; ils les embellissaient par des enluminures. D'autre part, la langue employée dans les manuscrits était souvent le latin (la littérature en roman existait néanmoins et a donné son nom au genre littéraire).

Curieusement, plusieurs éléments qu’on retrouve dans les premiers tarots ne peuvent avoir pour origines que le savoir-faire de ces moines-transcripteurs... Seuls à connaitre les lettres, les chiffres et pouvoir concevoir une "parodie" des connaissances se référant aux religions et à des symboliques ésotériques tout à la fois...

Les universités disposaient d'un quasi-monopole dans l'éducation et la diffusion de l'information. Les puissantes universités de Bologne, de Paris, de Salamanque, d'Oxford et de Cambridge, étaient seules habilitées à diffuser le savoir, selon les méthodes éprouvées de la "scolastique".

Le droit et la théologie étaient les principales disciplines enseignées dans ces universités.

Le savoir était ainsi réservé aux clercs, qui disposaient de l'éducation nécessaire à la compréhension des textes.

L'imprimerie permit brusquement d'ouvrir l'accès à la connaissance à d'autres cercles. Il devint possible, par l'édition de livres à partir du milieu du XVe siècle, de mieux comprendre les faits.

Par exemple, l'"Imago Mundi", de Pierre d'Ailly, qui fut écrit en 1410 et imprimé en 1478. Il fut l'un des fondements de la connaissance géographique utilisée par Christophe Colomb et les navigateurs pendant les grandes découvertes. Les textes imprimés bouleversèrent la hiérarchie des valeurs. À l'université de Paris, par exemple, la faculté des arts devint au XVIe siècle la faculté la plus prestigieuse, devant celle de théologie. Les bibliothèques se développèrent. En France, les rois installèrent des bibliothèques dans leurs résidences.


"Imago Mundi", du Cardinal Pierre d'Ailly

Réforme protestante

Le mouvement de renouveau en Europe s'accompagne d'un enrichissement jugé excessif de l'Église, ce qui provoque l'indignation de certains chrétiens, qui veulent revenir aux sources de la Bible.

D'autre part, à cette époque, certains chefs de l'Église étaient jugés trop proches des autorités politiques.

Au XVe siècle, plusieurs réformateurs dont John Wyclif en Angleterre et Jan Hus en Bohême, tentent de réformer l'Église, mais se heurtent à l'intransigeance des clercs.

Jean Hus est condamné par l'Église, ce qui laissera une blessure durable en Europe centrale.

Le moine dominicain Savonarole défia l'Église à Florence. Il mourut sur le bûcher.

APPARITION DU TAROT...

La rumeur veut que le tarot apparaisse "ex nihilo" du côté de Rome et Florence en Italie du Nord, en 1375, sous le nom de Naïbi. Un document rapporte qu’il est ramené en 1377 dans la ville de Viterbe par un "sarrasin" du nom de Hayl.

Le tarot de Charles VI  (1392)
Le plus ancien tarot du monde...



La plus ancienne trace d'un jeu de tarot date de 1367, année où son usage fut prohibé dans le canton de Berne. Également mentionné à Florence en 1376 puis à Lille en 1382, l'usage du tarot n'était alors autorisé que les jours de fête. À cette époque, les cartes étaient appelées "Naibes " et le jeu "Triomphe".

Le plus ancien jeu à nous être parvenu à ce jour, donc, est celui dit de Charles VI.

Ce tarot princier aurait été commandé à un certain Jacquemin Gringonneur en 1392 pour distraire le roi de France Charles VI.

Provenant vraisemblablement d'Italie du Nord, 18 cartes sont encore conservées à la Bibliothèque Nationale. Elles sont de grande dimension (180 - 185 mm sur 90 - 95 mm). Chaque carte est dessinée à la main et enrichie d'une fine feuille d'or décorée au poinçon avec un motif de sarments fleuris à l'intérieur et un motif en ruban sur le bord.

Seize correspondent à des arcanes majeurs et une seule à un arcane mineur, ce qui prouve que les arcanes mineurs existaient dès l'origine des tarots.

Tarochi Cary-Yale-Visconti  (1441)


Tarot Pierpont-Morgan-Visconti de Milan (vers 1441-1452 ?)

Tarot des Visconti-Sforza  (1450)


Commandés à l'origine en 1450 par Francesco Sforza, Duc de Milan, à Bonifacio Bembo, les Tarots Visconti représentent un formidable exemple de l'art de la Renaissance. Depuis des temps immémoriaux, la signification et l'histoire de ces superbes figures revêtent un caractère mystérieux, incitant des générations de spécialistes à étudier les Tarots et le symbolisme médiéval. Il est pourtant extrêmement rare de voir s'associer les mondes de l'histoire de l'art et de la divination, si différents l'un de l'autre.

Chez l’artiste Albrecht Dürer peintre, graveur et mathématicien allemand, toute la science initiatique des tarots est assimilée et restituée dans son œuvre. On y remarque déjà de fortes correspondances entre les domaines de la mythologie, de la théosophie, et de l’alchimie mystique. Or, il semble que ce soit là des enseignements qui circulaient déjà chez les initiés. Une rumeur veut que de son temps, Dürer aurait dessiné un tarot (perdu – mais j’insiste, ce n’est là qu’une rumeur).

Il est erroné aussi de croire que les tarots ont à voir avec les ouvrages ésotériques d’Érasme (1466-1536), de Cornelius Agrippa (1486-1535) ou de Paracelse (1493-1541). L’iconographie des tarots, on le voit ici, existait avant que ne soit produits leurs ouvrages...

Par contre, il apparaît qu’à l’heure où les premiers tarots ont circulé, les idées nouvelles qui circulaient excitaient et incitaient les penseurs à revoir les préceptes et pouvoirs de l’église et de l’état...

Au XVIe siècle, de nouveaux réformateurs apparurent :

Luther, théologien et réformateur allemand, s'indigne des indulgences accordées par Rome et publie ses "95 thèses" (1517),

Calvin, réformateur français, installé à Genève, en Suisse

Ignace de Loyola, fondateur de la compagnie de Jésus,

Thomas More, qui ne peut éviter la séparation de l'église anglicane.

L'église catholique tient plusieurs conciles dont le concile de Bâle, le concile de Constance et le concile de Trente.

Il est évident que les nouveaux tarots dit "de Marseille" font leur apparition au milieu de cette effervescence d’idées, cette multiplication de débats, de réformes et de "renouveau".

Dès lors des personnalités remarquables marquent les pensées de leurs sceaux... Ont pense ici aux derniers théoriciens de la fin de la Renaissance, entre autre :

- Michel de Nostradamus (1503-1566)
- John Dee (1527-1608)
- Michael Maier (1569-1622)
- Jacob Böhme (1575)
- Robert Fludd (1574-1637)

On constate qu’ils s’attardent tout à coup surtout sur des questions concernant la "théurgie", et la "thaumaturgie". Nostradamus s’intéresse à la divination, à la numérologie, à l’astrologie, etc... Ensuite, John Dee est encore plus décidément versé dans la théurgie et l’occultisme d’inspiration kabbalistique... Suivront, plusieurs érudits en la matière, mais surtout, ils s’intéresseront plus particulièrement aux domaines "alchimiques" de ces "hautes-sciences".

Le processus d’une véritable "alchimie mystique" se dessine avec les ouvrages de Michael Maier qui renferment une infinité de "clés" ésotériques. À partir des ouvrages de Maier, on reconnait tout de suite une structure alchimique, un système à degrés, qui s’apparente aux enseignements hermétiques des tarots.

LE TAROT DE GEOFFROY CATELIN (Lyon 1557)
(article révélateur à venir... très prochainement...)



Tarot de Geoffroy Catelin (Lyon 1557)

ORIGINES ÉNIGMATIQUES DES TAROTS

Sans nul doute, le Tarot a été élaboré durant la renaissance, et fut aussitôt un instrument de propagande pour les artisans-confrères, desquels faisaient partie les imprimeurs-cartiers. À leur manière, ils proposèrent au gens de méditer sur les propositions de l’Église, comme sur les nouvelles idées des intellectuels de la Renaissance. Mais avant tous les tarots une agréable "réminiscence" des idées de l’antiquité mis en défaut par un satyre allégoriquement "chrétienne". Le tarot est indéniablement une invention "artisanale", dont l’enseignement initiatique provient d’écoles d’initiés, perpétuant une idéologie proche de celle des chevaliers des Croisades.

Le Tarot doit être considéré pour être le "guide des chevaliers et des pèlerins".

Le mystère des tarots est ici...

Allusions templières : "Croix de Malte" (endos des lames chez Viéville et Noblet), personnage comme les pages, chevaliers (cavaliers), items comme deniers, coupes, épées, etc...

Allusions aux Cathares : Papesse, tour hermétique

Allusions Mythologiques-Théosophiques : les "4 vertus cardinales" ("Justice", "Force", "Prudence", "Tempérance"), iconographie gréco-romaine, astrologie versus mythologie ("Étoile", "Lune", "Soleil"), etc...

Allusions Kabbalistiques : On remarque plus ou moins des correspondances avec les systèmes des kabbalistes, mais cette apparentée est sans doute due aux enseignements pythagoriciens (et hermétique), sur lequel le tarot a trouvé sa structure "initiatique", basée sur la numérologie.

Allusions à L'Égypte Ancienne : Aucune, sinon la lointaine origine des "divinités" gréco-romaines. Mais il n’y a pas de divinités représentées sur les véritables tarots. Seulement sur des tarots modernes absolument trompeurs. Anges, et sphinx de l’iconographie des tarots sont d’origines sumériennes (Chaldéennes), non pas égyptiennes!

Allusion Numérologique : Plus encore qu’une simple roue munie de lames chiffrées, le tarot illustre le chiffre parfait (le "3") composé des deux premiers chiffres, le "1" et le "2" né de la multiplication du "1". Le nombre "21", donc est encore une fois l’illustration du nombre parfait, se décomposant en 3 septénaires. Numérologiquement parlant, 21 = 2 + 1 = 3. Ce n’est pas par hasard si les chiffres romains figurent sur les tarots. Ils permettent une lecture "divinatoire" des lames, indépendamment des illustrations qui y sont associé. On pourrait se contenter seulement de chiffres romains sur des lames sans aucune illustration, si ce n’était de faire apparaitre une logique imparable absolument initiatique qui semble, cette fois, devenir "opératoire" aussitôt que l’on va dans le sens d’une "opération alchimique".

Allusions Alchimiques : correspondance des lames avec la symbolique "traditionnelles" des alchimistes, mercure, souffre, fer, argent, or, etc... Alchimie mystique, noces alchimiques de la Lune et du Soleil, etc...

mercredi 29 mai 2013

1680 : TAROT DE BESANÇON


1680. Johann Mayer de la Suisse publie le premier exemple connu de la configuration dite "de Besançon" avec Junon et Jupiter au lieu de La Papesse et Le Pape. Cependant, tout en conservant la composition et les caractéristiques générales du Tarot de Marseille conforme.


Communément appelé le "Tarot de Besançon", il n’a pas été créé dans cette ville en premier. Malgré que ce soit l’appellation de "Besançon" qui soit utilisé pour le définir, il semble que ses origines soient suisse, voire même alsacienne!

Le rejet des noms du Pape et de La Papesse dans certains jeux de Tarot, dans plusieurs régions d’Europe, semble avoir eu lieu vers la fin du 17e siècle.

Les premiers éditeurs-cartiers à avoir remplacé les noms de ces arcanes furent ceux d’Alsace, d'Allemagne et de quelques régions Suisse.

Les premiers exemples émanaient de Constance (c. 1680), Strasbourg (1746), Mannheim (1750) et il a fallu attendre vers 1800 avant que de ces cartes fasse enfin leur apparition à Besançon!

Les variantes les plus intéressantes de ce modèle ont été diffusés durant la période de la Révolution, or, les cartes « de la cours » et les figures impériales y ont perdu leurs insignes royaux: des exemples de ces tarots étaient connus à Strasbourg et à Colmar.

D'autres variantes mineures ont été apportées en Suisse et en Allemagne

Enfin, selon les informations que nous possédons jusqu’ici, le premier tarot dit "de Besançon" aurait été publié par le cartier Suisse Johann Mayer en 1680.


Mais des rumeurs persistent comme quoi le modèle d’origine venait de Strasbourg. En ce qui concerne les innovations réalisé dans cette ville en matière d’imprimerie, il y aurait long à raconter. Comme par exemple : que Gutenberg ramena son idée de Strasbourg, et qu’il n’est peut-être pas vraiment l’inventeur de l’imprimerie. Et ce n’est pas là la seule incongruité de l’histoire!

Il semble que le tout premier tarot fut inventé à Strasbourg, non pas à Avignon ou en Italie. Et ensuite, on raconte que c’est à Strasbourg qu’on décida de remplacer La Papesse et le Pape par Junon et Jupiter. Si c’est le cas, il nous manque de preuves... Mais l’imprimerie a bel et bien été inventée par des artisans de Strasbourg, et pour le tarot... c’est bien possible... (Je classe par fantaisie ces questions dans "Mystères et Secrets de Strasbourg" ;) ).

Quoiqu’il en soit, les premier tarots dits « de Besançon » ont commencé à être en circulation en Europe autour de 1680, ce qui en fait un tarot précédent celui de Jean Dodal. Il ne faut pas oublié non plus que ce modèle de tarot a été conservé jusqu’à nos jours dans sa conformité comme c’est le cas pour le tarot dit "de Marseille". De fait, il est l’ancêtre du "Tarot JJ Suisse" ou du fameux Tarot d’Épinal, qui deviendrons, à une certaine époque plus populaire que les tarot de Marseille et relancera même la mode des tarots. Il fut très populaire auprès des "joueurs de tarots", mais aussi le Tarot d’Épinal fut un des premiers à être utilisé pour la divination, (dans le sens ou nous l’entendons aujourd’hui).

Cela dit, même si le Besançon est un modèle différent du tarot de Marseille, son évolution et son histoire se déroule en parallèle et en correspondance avec l’histoire du tarot de Marseille... Pour ce qui est du domaine de la divination ces deux tarots répondent de la même tradition et s’utilisent dans le même ordre d’idées.

JUNON & JUPITER

Les imagiers du Moyen âge ne s'étaient fait aucun scrupule de représenter une papesse, en dépit de l'orthodoxie. En France, il fut jugé opportun de remplacer La Papesse et Le Pape du Tarot par Junon et Jupiter et Junon. Certains tarologues zélés estiment qu’il s’agit de modification qui ont injustement travestit le tarot et considèrent ces deux compositions mythologiques d'intérêt médiocre. Quel manque de tact. Cela ne démontre que leur ignorance. Les éditeurs de tarots n’ont pas trafiqué les tarots bêtement, sans tenir compte des éminences qu’ils allaient devoir faire disparaître de leurs cartes. Les choix de Junon et Jupiter ne sont pas hasardeux et ne change en rien l’opérativité du tarot. Même qu’ici, en raison de l’obligation de retirer les noms de La Papesse et de Pape, les artisans-confrères, initiés ont soigneusement choisi ses nouveaux noms, car pour ceux qui savent lire entre les lignes, il s’agit de nom d’autant plus « symboliques » et « initiatiques ». Sans prendre ces nouveaux noms au pied de la lettre, plutôt satyrique ils s’adressent plus particulièrement à l’esprit exercé aux énigmes. Avoir recours à des personnages de la mythologie romaine sur les arcanes de ce tarot, c’était absolument malicieux, moqueur, nécessairement ironique.

JUNON

Junon montre d'une main le ciel et de l'autre la terre, comme pour rappeler la Grande Sagesse de la Table d'Émeraude d'Hermès Trismégiste : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Or le visible érigé en symbole de l'invisible, c'est le point de départ de la méthode analogique sur laquelle se fonde toute la science de la Papesse. Ici, Junon rempli ce même rôle avec beaucoup d’éloquence.

Deux paons accompagnent Junon, qui personnifie en réalité l'espace éthéré. Ces Paons : oiseaux de la Beauté, symbole du soufisme, oiseaux de "Maya", déesse de l'illusion, Anou en chaldéen, d'où Anna, notre sainte Anne, mère de la Vierge. Ce rapprochement contribue à préciser le sens des arcanes II et V.

Dans la mythologie romaine, Junon, en latin "Juno", est la reine des dieux et la reine du ciel. Fille de Rhéa et de Saturne, elle est à la fois sœur et épouse de Jupiter.

Ses attributs sont le paon, un sceptre surmonté d'un coucou et une grenade, symbole de l'amour conjugal, le lys et la vache. Elle est assimilée à l'"Héra" des Grecs.

Protectrice des femmes, elle symbolise le mariage lorsqu'elle est représentée recouverte de voiles, et elle est associée à la fécondité lorsqu'elle en tient l'emblème : la pomme de grenade.

Junon ou la Papesse représente : Sacerdoce, science religieuse, métaphysique, Kabbale, enseignement, Savoir (opposé au Pouvoir), autorité, certitude, assurance, absence de doute, influence suggestive exercée sur le sentiment et la pensée d'autrui. Affabilité, bienveillance, bonté, générosité judicieuse, directeur de conscience, médecin de l'âme, conseils moraux, personnage important, érudit. Pontife absolu dans ses opinions. Fonction conférant du prestige. Influence jupitérienne en bien et en mal.

JUPITER

Quant à Jupiter, que le Tarot de Besançon substitue au Pape, il est le maître du feu céleste, dispensateur de la vie tant intellectuelle et morale que physique. C'est lui qui tient en éveil la conscience, afin de faire régner sur terre l'ordre, la justice, l'affabilité, la bienveillance et la bonté. Le caractère de ce dieu concorde donc assurément avec l'arcane V.

En conclusion, ceux qui méprisent le tarot de Besançon rate une belle occasion de se rapprocher de l’essence magique et de l’aspect initiatique des tarots. Ce n’est pas parce qu’un tarot est différent du tarot Marseillais de Conver qu’il s’avère tout à coup inopérant ou non-valable! Les tarots de Besançon offre tout simplement une autre version du tarot. De plus, l’existence de ce tarot avec ses arcanes changés, est pratiquement une preuve que les cartiers étaient au courant de l’aspect « ésotérique » du tarot.

Certains fabricants connus de Tarot dits « de Besançon » :

- Pélage Mayer, Constance (c. 1680)
- Guillaume Mann, Colmar, (révolutionnaire)
- F. Laudier (1746), Anon (18e siècle), de Strasbourg
- L. de Laboisse (révolutionnaire 17??), de Strasbourg
- L. Carey (révolutionnaire 17??), de Strasbourg
- Neumur, Mannheim (c. 1750)
- Schaer, Mumlisweil (c. 1780)
- Krebs, Freiburg (c. 1780)
- Renault, c. 1800 Besançon
- J. Blanche, c. 1800 Besançon
- J. Jerger, c. 1800 Besançon
- A. Kirchner, c. 1800 Besançon

Je ne suis pas contre l’utilisation des tarots de Besançon. J’estime qu’ils sont autant opératifs que les tarots dits "de Marseille". D’ailleurs, il y a certaines personnes qui se sentent mieux avec les tarots de ce modèle. Même que pour certains utilisateurs des tarots, le Besançon est supérieur au tarot de Marseille.

Les arcanes de La Papesse et du Pape remplacés par Junon et Jupiter ne rende pas plus difficile la lecture des cartes, c’est une question d’habitude et d’affinités.

Tous les Besançon que j’ai testés étaient très opératifs, même les jeux les plus modernes comme le Tarot d’Épinal ou le JJ Suisse. À mon avis les techniques de taromancie traditionnelles s’appliquent à ce genre de tarot sans problème. Enfin, je le répète à qui veut entendre : la rumeur veut que ce soit avec des tarots de Besançon que fut pratiquée et élaborée la tradition de la cartomancie.

© Walter Boralis, 2012
N.B. : cet article a été fait à partir d'extraits du livre "Origines Secrète des Tarots", Walter Boralis, aux Éditions du Solstice, 2012

dimanche 12 août 2012

TAROT ET MYTHOLOGIE GRECQUE


La Mythologie Grecque est étonnamment moderne. Avez-vous déjà recensé le nombre d’expressions françaises inspirées de cette mythologie et qui fait partie intégrante de nos vies ? 

Le supplice de Tantale, le tonneau des Danaïdes, avoir une voix de Stentor, être médusé, la boite de Pandore.... La liste est longue. Et toutes ces expressions si riches en symboles, racontent des histoires parfois oubliées mais toujours passionnantes car elles sont les miroirs de nos propres vécus. 

Nos enfants ne s’y trompent pas, eux qui dévorent les jeux vidéo, films, créatures qui les racontent. La mythologie grecque est le fondement de notre culture. Alors, que me raconte-t-elle de mon histoire ? Quelles solutions m’offre-t-elle ? 

La magie de cette mythologie est ni plus ni moins, une magie thérapeutique... 

La mythologie grecque, n’est pas seulement une cosmogonie destinée à constitué le panthéon des dieux... Il s’agissait surtout de faire les portraits « psychologiques » des dieux... 

Les déités grecques sont présentées comme des personnages, plus ou moins bons ou méchants, cléments ou colériques, car l’essentiel est de raconter leur histoire mythiques, ahurissantes, mais surtout symboliques, afin de définir leurs caractères, leurs caractéristiques propres, leurs attributs...

En ce sens, les déités du panthéon grec sont nées à partir d’antiques religions, venu de Sumer et d’Égypte... Ils ont savamment transposé les rôles des divinités... Ils ont conservé leurs rôles leurs fonctions, par rapport aux forces célestes et terrestre, ils sont chacun associé à un astre, une constellation ou encore à une force de la nature, comme le vent, la pluie, la foudre ; ils sont encore associés à des idées, à des domaines de la psyché comme l’amour, l’envie, la jalousie, le courage, l’inspiration... En ce sens, l’éventail de toutes ces divinités se préoccupe surtout de donner un sens ou de cerner des aspects de l’univers, des domaines de la psyché, des mystères de l’existence... L’histoire des divinités grecques relate le récit mythique des dieux créateurs, mais aussi, l’histoire des grands questionnements humains. D’où venons-nous? Où allons-nous? 

Pourquoi la vie est-elle parfois si pénible, si cruelle? Quel est le but de l’existence? 

La mythologie grecque est un macrocosme, miroir de l’humanité.

Comment ne pas s’émerveillée d’y retrouver tant de notions sacrées, fondatrices des structures de notre psyché, de nos habitudes, de nos croyances, et de nos sociétés. De par le fait que le mythe soit susceptible de plusieurs interprétations, nous y trouvons à la fois certaines raisons de notre malaise et à la fois des clés vers notre guérison.

Comme le Tarot de Marseille, qui participe à cette même dynamique, les déités grecques sont en quelque sorte des archétypes qui rappelle que le microcosme est à l’image du macrocosme, que ce qui est humain est né du divin, et que le secret des destinées est dans les astres!

Plusieurs mythes peuvent trouver un écho dans notre histoire personnelle, comme plusieurs lames du Tarot de Marseille peuvent faire sens dans la compréhension de notre cheminement.

Le But : Permettre de lire et de comprendre, pour nous même ou pour les autres, les messages et les enseignements des mythes et allégories élaborés jadis par ces érudits qui cherchaient à donner des outils de guérison...

À cet effet, la mythologie et le Tarot sont des confrères, car ils ont tous les deux des fonctions de guide, de conseillé et de guérisseur. Le Tarot comme la mythologie nous invite à comprendre les pourquoi de nos blocages et de nos maladies pour pouvoir ainsi trouver un chemin pour les résoudre.

En fait, la pensée mythique est un récit destiné à comprendre notre condition dans le monde, une réponse aux questions majeures de notre existence. Construite autour de symboles, elle parle de ce fait le langage de notre inconscient.

De tous temps, l’homme s’interroge sur sa place dans l’univers. D’où vient-il? Quel sens a son existence? Vers où se dirige-t-il?

Pour percevoir les réponses à ces questions qui le dépassent, les métaphores, paraboles, symboles et mythes sont des arcanes référant un cheminement vers un début de sens.

Et le sens nous permet de nous retrouver, puisque lorsque cela n’a aucun sens, nous sommes perdus.

C’est autour de ces histoires symboliques universelles que se sont probablement constituées toutes nos croyances. Et, sans doute, le tarot lui-même est né d’une très antique mythologie.

Au départ, tous les dieux de ce grand Arbre Mythologique sur lequel vient se greffer celui de la mythologie grecque, se présentent comme des dieux... Certains sans défauts, d’autres capricieux, certains bienfaisants, d’autres malfaisants...

Les éléments comme l’eau, le feu, l’air, sont des forces de la nature, entités tant incommensurables qu’indomptables, et pourtant, source de toute vie sur terre.

Les émotions, les désirs, l’inspiration, l’intelligence, l’instinct, le rêve... Tant d’innommables manifestations de la psyché humaine, et pourtant essentielle source de la sensation d’exister!

Alors, ces éléments sont cernés par les images, qui se racontent en mots, qui fondent des histoires qui bâtissent nos croyances et enfin nos civilisations.

Il s’agit encore d’une invitation à s’apprivoiser soi-même... Une invitation à écouter les sages voix des dieux, en quelque sorte, chercher nous-mêmes à se rapprocher de la divinité (ou de la divination).

C’est, en quelque sorte, la première généalogie. Ces forces deviennent anthropomorphiques. L’homme après avoir cherché à comprendre ces forces étranges, rêve de les soumettre.

Et se croyant l’égal des dieux, de ces forces brutes qui l’émerveillaient tout en le terrifiant au début des temps, voilà qu’il cherche à se les approprier au lieu d’apprendre à cohabiter avec elles.

Ovide nous en parle dans ses métamorphoses : les dieux sont décrits avec leurs nombreuses faiblesses, se métamorphosant sans arrêt, invitant le lecteur à aller au-delà de leur forme première. L’homme, en se posant ces questions sur les dieux, tend à refaire la création de laquelle naîtront les héros et les demi-dieux.

Car avec les faiblesses des dieux et déesses, arrivent les histoires des demi-dieux et des héros. Dans toutes les mythologies, il y a un déluge suivi d’une renaissance de la race humaine. La mythologie grecque n’échappe pas à la règle : Deucalion et Pyrrha sont les seuls survivants du déluge et la race actuelle des hommes nait de cailloux qu’ils ont plantés!!!

Les dieux se mêlent aux hommes, les héros naissent et dépassent apparemment le destin qui leur est initialement attribué en réussissant une série d’épreuves, leur permettant de rejoindre l’Olympe, en devenant immortels.

En nous dévoilant des histoires d’hommes qui forcent leur destin en échappant à la mort, la mythologie grecque nous interpelle.

Bien sûr, ce sont des histoires, des récits imaginaires, mais… Et si ces anciennes légendes comprenaient un début de réponse, un chemin à suivre dans le dédale de nos propres histoires ?

L’idée de la mythologie ne serait donc pas à la base une affaire de religion, mais plutôt, un mode d’emploi de compréhension de notre environnement et de nos états d’être.

À l’heure où énormément d’entre nous cherche un sens dans un monde qui en semble dépourvu, Hermès-Mercure, dieu des carrefours, nous invite à nous intéressé de plus près à nos origines comme à nos racines mythologiques.

Dans notre société où la mort est tellement mal approchée, et où nous avons perdu l’art du récit puisque tout est focalisé sur l’image, nos enfants cherchent à retrouver ce chemin, à recréer ce fil d’Ariane qui permet de sortir vainqueur d’un labyrinthe au cœur duquel se trouve un monstre qui nous terrifie tous : la personnification par le Minotaure de notre mort prochaine.

Pour mieux l’appréhender, il nous faut l’aide des héros et des dieux.

LES SECRETS DE LA MYTHOLOGIE...

Que raconte la mythologie? Que me raconte-t-elle de mon histoire ? Quelles solutions m’offre-t-elle ?

De par le fait que le mythe soit susceptible de plusieurs interprétations, nous y trouvons à la fois certaines raisons de notre malaise et à la fois des clés vers un mieux-être. Le mythe est si riche de symboles. Or, le symbole est ce qui rassemble et dans notre société qui sépare le corps de l’esprit, le matériel du spirituel, cette réunion des différentes facettes de notre être est très apaisante.

Avec le recul nécessaire que permet l’emploi des archétypes, nous pouvons écouter et comprendre ce que ces mythes mettent en lumière dans notre propre histoire... Ainsi Pénélope peut nous parler à tous : cette femme qui attend vingt ans le retour d’un mari idéalisé et qui dans cette attente, est incapable de la moindre création. Celle de Cassandre, qui en ne respectant pas sa parole, ne sera jamais entendue par son entourage. Ou enfin, celle d’Achille avec la trahison de son meilleur ami qui lui permettra de réaliser le destin qu’il s’était choisi.

Enfin, avec cette part de destin que l’homme choisit de dépasser, dans cette révolte face à son destin, apparaît l’autre face de la même médaille : la notion d’Hybris, si chère aux Grecs.

Celle ou celui qui commet l’Hybris est coupable de vouloir plus que la part qui lui est attribuée et prétendre par là-même s’accaparer celle d’autrui. Il commet ainsi la faute honnie par la mentalité grecque, celle de la démesure par orgueil, par déraison ou par passion.

Cette transgression, dans la mentalité grecque est impardonnable et elle est alors sanctionnée par Némésis, qui a pour fonction de faire retourner le fautif à l’intérieur des frontières qu’il a franchies. C’est ce que nous montre Ovide dans les Métamorphoses avec Narcisse.

Cette notion d’Hybris prend tout son sens aussi aujourd’hui.

Préserver l’équilibre pour permettre d’être dans la justesse des choses, que ce soit dans notre vie personnelle ou dans notre place dans la société, voilà une notion plus que jamais d’actualité.

Aujourd’hui, que ce soit la santé, la technologie, les matières premières, nous sommes passés maîtres dans leur contrôle, avec le sentiment enivrant que face à la nature, nous sommes des dieux. Pourtant, notre société n’a jamais été aussi vide de sens. L’homme moderne court derrière toute philosophie, religion, thérapie qui pourrait lui donner une direction, qui pourrait lui apporter une réponse à son mal-être spirituel profond.

Et si toutes ces histoires pleines de bruits et de fureurs de la mythologie grecque représentaient des jalons, les marches d’un Escalier Universel qu’il nous faut tous emprunter pour parvenir à cet équilibre ? La Justesse, l’Équilibre sont ces notions que l’on oppose au Chaos.

Personnifiées par Thémis, la titane, celle-ci a comme tâche essentielle de garder les vingt-deux lois qui régissent l’univers. Elle veille sans relâche à ce qu’aucune ne soit transgressée, car la vie se maintient dans le monde par leur respect absolu.

De là viennent ses deux attributs : le glaive et la balance. Le premier tranche quand l’équilibre cosmique est menacé. Le second, la balance, par l’inégalité de ses plateaux, soupèse la vie, car l’équilibre de la nature est toujours instable.

Ce sont donc des règles de bon sens évident que nous retrouvons dans la mythologie grecque. Nous les redécouvrons parlant de nos peurs primordiales. Nous apprenons quelles sont leurs armes face à ces monstres et nous apprenons tant de leur défaite que de leur victoire dans cette représentation du destin que nous sommes en train d’interpréter. Dominer sa peur par le jeu, c’est ce que font nos enfants. Cela explique sans doute en partie l’engouement actuel pour la mythologie grecque : être maître de son « Je ».

Il est donc indiqué de s’intéressé un tant soi peu à cet héritage du passé, à ces histoires mythiques qui ont tant occupées les grands esprits de l’antiquité... Car, il s’y cache un enseignement absolument inusité. L’art d’utiliser les grands archétypes et symboles, comme ceux qu’on retrouve dans le Tarot. Il faut se laisser raconter les mythes et les légendes, afin de comprendre l’origine et les causes de nos limitations. Vous allez peut être aussi découvrir que le Tarot et la mythologie grecque traduisent les maux de notre inconscient dont le langage appartient au monde des signes et des symboles.

Le monde de la mythologie grecque est tout aussi complexe que fascinant. Les récits des Anciens évoquent un grand nombre de dieux et de divinités intouchables, mais également Titans, héros et demi-dieux, union entre dieux et mortels. 

LES ORIGINES DE LA MYTHOLOGIE GRECQUE

La mythologie grecque serait apparue vers 3000 avant J.-C sur l'île de la mer Egée, où le peuple de Crète s'est installé. Cette civilisation croyait que tous les objets de la nature possédaient des esprits, voir même des pouvoirs magiques. Avec le temps, ces croyances ont constitué les légendes alimentant la mythologie grecque, dans laquelle les objets ont laissé la place à des dieux à apparence humaine. 


La mythologie grecque dans la littérature

Les auteurs de la Grèce Antique mêlent histoires et mythologie. Certains textes comme l'Iliade et l'Odyssée sont considérés comme historique, mais d'autres récits ont été déformés apportant une part d'invention, d'intrigue et de mystère. Ces déformations nous fond perdre tout repère et complexifie la généalogie. Dans les différentes formes de la mythologie grecque, nous observons même textes contradictoires.

Cette complexité est très certainement due à la multiplicité des influences, que ce soit babyloniennes, achéennes, minoennes ou autochtones.

Nous allons nous intéresser aux dieux de la Grèce antique en vivant leur épopée et en essayant de percer le mystère de la mythologie dont ils appartiennent.

Les principaux Dieux Grecs du canon Olympien

La tradition compte douze divinités Olympiennes, sept dieux et cinq déesses :
Zeus, Aphrodite, Apollon, Poséidon, Hestia, Arès, Artémis, Héra, Athéna, Héphaïstos, Hermès, Hadès

Cette liste initiale à varié suivant les époques. Cela explique pourquoi nous pouvons trouver des versions différentes dans la littérature et dans les livres d'histoires. 



LES DIEUX DU MONT OLYMPE DANS LA MYTHOLOGIE GRECQUE


Après avoir triomphé sur son père (Cronos), Zeus et ses frères se partage le monde. Zeus s'approprie du ciel, Poséidon de la mer et Hadès du monde souterrain. Zeus vécut avec ses frères et sœurs, et ses enfants au sommet du Mont Olympe qui était la résidence des Dieux Grecs.

Située entre la Macédoine et la Thessalie le Mont Olympe est le plus haut sommet d’une rangé de montagnes. Les principaux dieux de l'Olympe sont au nombre de douze. Cependant plusieurs autres divinités et dieux y vivent.

ZEUS : "Père des Dieux et des Hommes" Zeus est le dieu le plus célèbre de la mythologie grecque. Souverain du ciel, il est le puissant auteur de tous les phénomènes qui avaient pour théâtre les hauteurs de l'espace et l'étendue des airs.

Zeus, en effet, pouvait à son gré obscurcir le ciel, rassembler les nuées, déchainer les orages, darder en tout lieu sa foudre étincelante et faire trembler ses ennemies. Dernier fils de Cronos et de Rhéa, Zeus roi des Olympiens, est sage et rusé. Epoux de Justice, père de Droit et des Destinées, il est le créateur et l'organisateur du monde universel, l'inflexible vengeur, par le feu de sa foudre, de l'ordre intransgressible qu'il a su établir selon de justes droits. Zeus est la personnification du droit et de la justice.

Marié à Héra qui veillait aux lois du mariage, Zeus est au contraire connu pour son infidélité. Il est sans aucun doute, le mari le plus infidèle de l'histoire. 

POSÉIDON : Dieu de la mer, sa force était si grande qu'il soulevait les flots d'un coup de son trident. Seul Zeus possédait une telle puissance. Poséidon en colère, était capable de disloquer les montagnes, de causer des tremblements de terre, des noyades et des naufrages.

Divinité capricieuse et querelleuse, Poséidon se montrait souvent très violent. Il savait également se montrer généreux et venir en aide à ceux qui avait besoin de lui. Tout comme son frère Zeus, Poséidon eut un grand nombre d'enfants.

Il épousa la Néraïade Amphitrine qui donna naissance à Triton (divinité moitié homme et moitié poisson). Amphitrine était l'une des cinquante filles de la nymphe Doris (fille de Océan et de Thétys) et de Nérée le grand devin des mers (fils de Pontos et de Gaïa). Poséidon eut également des enfants avec Méduse (une des trois Gorgones) qui était la mère de Pégase (Cheval ailé).

Pégase surgit du sang de la Gorgone au moment où Persée lui coupa la tête. Il est l'un des thèmes favoris de l'art et de la littérature grecs. De son union avec Aethra, naquit Thésée (roi d'Athènes qui tua le Minotaure en Crète).

Les historiens grecs attribuaient à Thésée la première organisation de l'Attique et la législation d'Athènes. Les autres enfants de Poséidon étaient Polyphème, Orion (Chasseur gigantesque et d'une grande beauté qu'Artémis tua. Il fut changé en Constellation), Ancée (fondateur de Samos) et bien d'autres, dont la plupart d'entre eux étaient des monstres qui n'apportaient aux hommes que calamité sur calamité.

HADÈS : Hadès, frère de Zeus, est le "Seigneur des morts", le gouverneur du Tartare. Il prit part à la guerre contre les Titans, et les Cyclopes l'armèrent d'un casque qui rendait invincible quiconque le portait. Marié à Perséphone, dont le caractère n'est pas moins cruel que le sien, et assisté de démons et de génies multiples (Charon le passeur, Cerbère, le chien à trois têtes), Hadès ne permet à aucune âme de revenir parmi les vivants. Il est également assisté de Thanatos (personnification de la mort) et de Hypnos (frère jumeau de Thanatos, et personnification du sommeil).

Minos, Eaque et Rhadamanthe aident également Hadès à juger les morts et à proportionner les châtiments aux fautes. Les âmes qui avaient vécu saintement, étaient envoyées dans les Champs Elysées où elles vivaient exemptes d'inquiétudes et de peine, partageant à jamais la béatitude et la joie. Celles qui durant leur vie terrestre s'étaient souillées de crimes, étaient précipitées dans le fond du Tartare.

Hadès est de tous les dieux celui que les mortels haïssent le plus. 

HESTIA : Soeur de Zeus, Hestia était une divinité qui veillait sur la vie des foyers et des Etats. Gardienne et reine de chaque demeure elle lui assurait concorde, bien-être et quiétude. Tout comme dans les demeures, les cités grecques possédaient également leur autel où brûlait le feu sacré d'Hestia. A chaque fois qu'une ville partait fonder une colonie, le feu sacré accompagnait les courageux partants.

De tous les dieux, Hestia était la déesse la plus aimée et la plus respectée des hommes. C'était une divinité modeste que n'entoure aucun mythe impressionnant.

HERA : Épouse légitime de Zeus, le maître du ciel et de l'univers, dont elle est aussi la soeur, Héra est la puissance du mariage. Fidèle et dévouée, elle voulait que toutes les femmes soient ainsi, attentives à leur mari afin d'avoir une famille heureuse. C'est pourquoi elle ne pardonnait jamais celles qui ne se montraient pas à la hauteur de leur rôle et les punissait sévèrement.

Elle donna naissance à Héphaïstos (dieu du feu et des volcans), Hébé (déesse de la jeunesse) et à Arès (dieu de la guerre). Héra est également cette figure tragique, qui ne cesse d'être trompée par Zeus. Jalouse, elle infligeait un châtiment cruel à toute femme qui s'immisçait entre elle et Zeus.

ARÈS : Dieu de la guerre, Arès, vit pour elle, se bat pour elle et pour le plaisir de détruire. Fils de Zeus et d'Héra, il fait partie de la deuxième génération des Olympiens. Redouté par ses propres parents, Arès au combat est accompagnée de sa soeur Eris (la lutte) et de ses fils Deimos et Phobos. Arès n'est cependant pas toujours satisfait de la bataille car il en revenait très souvent vaincu et, pire encore, ridiculisé !

Arès, oubliant que la belle Aphrodite était l'épouse de son frère Héphaïstos et sachant, par ailleurs, que la déesse n'aimait pas beaucoup son mari boiteux, il la persuada de passer une nuit avec lui. Hélios, le dieu Soleil, les vit chuchoter et prévint Héphaïstos. Ce dernier décida de les piéger

À peine les deux amants eurent le temps de s'asseoir sur le lit que des filets invisibles s'étaient étroitement refermés sur eux, leur interdisant tout mouvement. Héphaïstos apparut, et invita même les autres dieux à voir le spectacle. Tous furent saisis d'éclats de rire et les deux coupables ridiculisés. Aphrodite alla jusqu'a Chypre pour cacher sa honte, tandis que Arès quitta l'Olympe pour la Thrace lointaine, le pays des guerriers sauvages.

ATHÉNA : Athéna (souvent surnommée Pallas), est la déesse de la sagesse, de la guerre, de la justice, des arts et de la littérature. Athéna est sans aucun doute l'une des plus célèbres divinités de la Mythologie grecque.

La naissance d' Athéna, est assez original : elle sortit de la tête de Zeus ! C'est de la tête du maitre des dieux et des hommes que nait la sagesse !

Zeus, amoureux de la déesse Métis, maitre en toutes sagesses et en tout savoirs, décide de lui faire un enfant. Gaïa, la Terre, qui avait le pouvoir de lire le destin annonça à Zeus qu'il fait une terrible erreur : Ton fils va te renverser du trône comme c'est arrivé à ton père, Cronos, et à ton grand père Ouranos. Zeus alors, sans perdre un instant décida d'avaler Métis.

Quelque temps plus tard, il commença à souffrir de terribles maux de tête. Afin de s'en délivrer, Zeus ordonna à son fils Héphaïstos de lui ouvrir le crâne à coups de hache. De sa tête, surgit soudainement Athéna, la déesse de la sagesse, qui apparaît en guerrière portant un casque, un bouclier et une longue lance.
Athéna salua tous les dieux dans un cri de victoire. Par sa venue au monde si originale et si triomphale, Athéna est l'enfant favori de Zeus. Il lui permis d'utiliser toutes ses armes et notamment de sa foudre.

Athéna était adorée dans toute la Grèce pour ses grandes vertus et les services qu'elle rendait aux hommes. Sa cité préférée, était celle qui portait son nom : Athènes. Pour les Athéniens, la fille de Zeus était leur grande déesse. Toute l'Acropole et la plupart de ses temples lui étaient consacrés. Athéna, la protectrice d'Athènes, avec ses pouvoirs et ses savoirs, offra aux Athéniens un olivier, l'arbre nourricier qui renait de lui même, et tout comme la cité, vie éternellement.

Athéna, qui est présente dans le domaine de la guerre, de la mer, est aussi le symbole de la Victoire (Nike) et de la paix. Enfin, elle a aussi inventée le tissage et elle protégeait la poterie attique.

APOLLON : Apollon est le dieu de la musique, de l'inspiration poétique, le créateur du rythme des saisons et des jours; sa lyre en or éveillait au lever du soleil le chant de la nature et guidait à toute heure l'éternelle harmonie du monde universelle. Il est également le dieu des prophètes (c'est dans son temple de Delphes qu'officiait la Pythie). Apollon, le dieu solaire, apprend à l'homme à voir claire et loin et à connaitre ses propres limites (c'est la une des significations du "Gnossis Séauton" - "Connais- toi, toi-même" du temple de Delphes).

Apollon, est le fils de Zeus et de Léto (fille des Titans Coïos et Phoebé). Il a une soeur jumelle Artémis qui incarne la Nature qui est tantôt douce, tantôt violente. Furieuse de l'infidélité de Zeus, Héra se vengea sur Léto en l'obligeant à traverser le monde entier avant de trouver refuge pour accoucher. Héra lui avait interdit d'accoucher sur terre, sur une ile ou en mer. Seule une ile flottante, celle de Délos, qui allait à la dérive sur les mers et les océans, n'appartenait pas à Héra. Léto posa le pied sur l'ile et la supplia de bien vouloir l'accueillir. Délos accepta, Apollon naquit et éleva sur son sol un majestueux temple qui fait encore de nos jours briller le nom de Délos.

Enfin, Apollon est celui qui préside à la fondation des cités, qui conseille les sages législateurs (Solon), qui veille au développement harmonieux des jeunes gens, à la santé de leur âme comme à celle de leur corps.

APHRODITE : Aphrodite est la déesse de l'amour, du désir et de la beauté. Elle ne cesse d'inspirer à toute créature la tendresse d'aimer, le besoin de créer et de trouver sa joie la plus parfaite. Selon Homère, Aphrodite est née de Zeus et de Dionè. Selon la tradition hésiodique, elle surgie de la semence écumeuse des parties sexuelles d'Ouranos mutilé, que son fils Cronos avait jetées dans la mer.

Reine de la beauté éternelle et déesse de l'amour, elle régnait dans les coeurs des Dieux et des hommes. Mariée à Héphaïstos, elle est d'un côté, celle qui protège l'union conjugale et veille sur le bonheur des époux et celle qui représente le désordre érotique, en séduisant et en s’opposant aux valeurs civiques et matrimoniales. Beaucoup de déesses sont capables d'aimer sincèrement mais l'amour de la déesse de l'amour ne peut se comparer à aucune autre. Ainsi Aphrodite quitta l'Olympe pour regagner Chypre et rejoindre un mortel, Adonis. Elle donnera naissance à Éros (dieu de l'amour et du désir, fils d'Arès), à Enée (héros Troyen, fondateur de la culture Romaine, fils d'Anchise)...

L'arbre d'Aphrodite est le myrte, et de toute les créatures animales, sa préférence allait aux colombes qui s'unissaient dès la naissance et s'aimaient jusqu'a la mort. Les fleurs qui étaient aussi un don divin, étaient nées sous les pas d'Aphrodite. La déesse de la beauté, était toujours accompagnée des trois Grâces qui personnifiaient ce qu'il y a de plus séduisant dans la beauté. Avec l'aide de son fils, le petit Eros ailé, armé de son arc aux flèches infaillibles, elle distribuait joies et amours aux dieux et aux hommes (Pygmalion et Galatée).

HERMÈS : Dieu des vents, la rapidité de ses talons ailés lui avait valu d'être aussi le messager des Dieux, de présider aux courses des jeux athlétiques, de rassembler les âmes et de les pousser sur les chemins conduisant au monde souterrain d'Hadès. Toujours en route, il dirigeait les vents, protégeait les marchands se rendant d'un comptoir à un autre, assurait la sûreté du trafic, des marchés, des voies de commerce maritime ou terrestre. Dieu du commerce il inspirait tous les négociants à convaincre ou duper acheteur ou vendeur.

Hermès est le fruit des amours de Zeus et de Maia (la plus jeune des Pléiades). La vie d'Hermès est pleine de conquêtes amoureuses. Pan, dieu des bergers et des troupeaux, mi-homme et mi-bouc est né de l'union d'Hermès avec une nymphe arcadienne Dryops. Associé au mariage, Hermès est à ce titre en relation étroite avec Aphrodite qui lui donna un enfant Hermaphrodite (divinité androgyne).

Enfin, Hermès est l'inventeur de l'astronomie, des poids et des mesures et des gammes musicales. Parallèlement, il s'avère être l'inventeur du vol et de la fraude. Hermès, malgré sa ruse, était un des dieux les plus affectionnés des mortels et des autres dieux.

ARTÉMIS : Déesse de la chasteté et de la virginité, Artémis est passionnée de chasse et elle est souvent représentée armée d'un arc aux ciselures dorées. La déesse du clair de lune est la soeur jumelle d'Apollon, le dieu du jour. Fille de Zeus et de Léto, elle pria son père de rester vierge et pure, tout comme les Nymphes, durant toute son existence.

Artémis est fière, audacieuse, sévère et malheur à celui qui tiendrait des propos irrespectueux sur ses proches et, plus encore, à son sujet.

Agamemnon, roi de Mycènes et d'Argos, lorsqu'il voulut partir pour faire une guerre de représailles contre les Troyens, responsables de l'enlèvement de la belle Hélène, il ne pu quitter le port. En effet, il ne pu partir, soit qu'il n'y eût pas de vent, soit a cause de vents contraires envoyés par Artémis, qui de cette manière se vengea d’une offense qu'Agamemnon lui avait faite. Pour apaiser sa colère, Agamemnon dû même lui sacrifier sa propre fille, Iphigénie. Selon certaines versions de la légende, Iphigénie, fut finalement épargnée et devint desservante de la déesse en Tauride.

Enfin, Artémis est porteuse de lumière. Souvent identifiée à la lune, elle montre le chemin aux voyageurs et aux fondateurs de cités l'emplacement propice. Sa qualité de guide l'apparente à Hermès.
Son principal sanctuaire est à Éphèse.

HÉPHAÏSTOS :  Héphaïstos est le dieu du Feu et des volcans. Selon plusieurs traditions, il est soit le fils de Zeus et d'Héra, soit il fut engendré par Héra toute seule. (Zeus donna tout seule naissance à Athéna).
La légende veut, qu' Héra en voyant l'enfant qu'elle venait d’enfanter, laid et boiteux (aucun dieu du Mont Olympe n'est ni laid, ni infirme), elle l'empoigna par le pied et le lança par-dessus l'Olympe.
Deux divinités de la mer Thétis et Eurynomé, eurent pitié du petit et prirent soin de lui. Il grandit dans une grotte sous marine, puis sur l'ile de Lesbos.

Maitre du Feu, Héphaïstos est aussi dieu des métaux et de la métallurgie : il fabriqua un trône d'or qui emprisonnait tout ceux qui s'y asseyaient. Pour se venger de sa mère, Héra, il décida de lui envoyer ce trône. À peine, eut elle le temps de s'y installer qu'aussitôt des invisibles chaines se refermèrent sur elle.

Tous les dieux de l'Olympe le prièrent de délivrer sa mère. Héphaïstos refusait catégoriquement. Zeus lui proposa alors, de lui offrir Aphrodite en échange; ravi, il délivra aussitôt sa mère du trône d'or. Aphrodite cependant, devient très rapidement la maitresse d'Arès, et Héphaïstos prévenu par Hélios, le soleil qui voit tout, inventa un stratagème pour emprisonner les amants. Aucun prodige technique n’est impossible à réaliser au dieu forgeron. Il construit aussi, la foudre de Zeus, le bouclier d' Athéna, les flèches d'Eros, le chariot en or d'Hélios et les armes d'Achille. Les volcans sont ses ateliers où travaillent avec lui les Cyclopes.

Héphaïstos contribua même à la fabrication de la première femme, Pandore, avec de la terre. Elle sera douée de la vie par Athéna, et parée par les dieux de l'Olympe de toutes les grâces et tous les attraits. Ses inventions techniques ont également étaient décisives et d'un grand secours lors de la Guerre de Troie et de la Gigantomachie.