samedi 18 août 2012

TAROT ET ALCHIMIE



La Structure Alchimique du Tarot

Nous arrivons à trouver assez facilement quelques développements alchimiques sur les 22 triomphes. Rares toutefois sont les ouvrages qui s'attaquent à l'ensemble du jeu de tarot et ses 78 cartes. Il faut bien convenir qu'une telle approche nécessite une maîtrise parfaite de l'Art ainsi qu'une connaissance absolue de l'ensemble du jeu. On peut cependant, sur la base de la connaissance des éléments et de la valeur des nombres, raisonner par analogie. 

Nous resterons ici pour l'instant sur la démarche de Jean Vassel et de Kernadeck de Pornic basée sur les 22 lettres-nombres de l'alphabet sacré avec un comparatif d'autres auteurs et notamment, pour l'essentiel, de l'ouvrage de maitre Henri-Michel Corbeau "Initiation aux Arcanes du Tarot" aux éditions de l’Étoile.


Alchimie et Tarots, Tarots et Alchimie 

La création s’est faite en 6 jours, le 7ème marquait le repos mérité suite à la réalisation de notre monde. Quoi qu’il en soit, le nombre 7 est bien celui qui marque la limite dans le monde de la réalisation matérielle, pour mémoire je vous rappelle que le nombre maximal de couches d’électrons autour d’un noyau est lui aussi de 7. 

Le terme « alchimia » dérive de l’arabe al-kimiya dont on pense que l’origine provient de l’égyptien ancien Kême, référence à la terre noire de la région qui y correspond. 

L’alchimie nous parle de 21 phases nécessaires à l’élaboration et réalisation du grand œuvre. Ce qui n’est pas surprenant, puisqu’elle s’inspire profondément des mécanismes du vivant et cherche à percer, comprendre, et reproduire l’œuvre du Créateur, mais encore cette science s’inspire-t-elle du savoir hermétique des initiés. 

Ces étapes alchimiques sont les suivantes : 

Les 22 arcanes majeurs du tarot s’accordent symboliquement aux 22 phases du Grand Oeuvre alchimique. On trouve les corrélations suivantes dans l’ouvrage Anthologie des Nombres Occultes par Christiama Nimosus (Editions Guy Trédaniel) : 

I- Le Bateleur = L'Extraction 
II- La Papesse = L'Attraction 
III- L’Impératrice = La Calcination 
IV- L’Empereur = La Purification 
V- Le Pape = La Liquéfaction – La Dissolution 
VI- L'Amoureux - L’Animation 
VII- Le Chariot - La Sublimation 
VIII- La Justice - La Décomposition 
IX- L’Ermite - La Putréfaction 
X- La Roue de Fortune - La Régénération 
XI- La Force - L'Ablution 
XII- Le Pendu - La Végétation 
XIII- La Mort - La Floraison 
XIV- La Tempérance - La Fructification 
XV- Le Diable - La préparation du ferment 
XVI- La Maison Dieu - La Fermentation 
XVII- L’Étoile- la Libation (nourriture) 
XVIII - La Lune - L’Exaltation 
XIX - Le Soleil - L’Imbibition 
XX- Le Jugement - La plus que Perfection 
XXI- Le Monde - La Multiplication 

Le Mat ou le Fou qui ne porte aucun numéro - La Projection 

D’après un livret de 7 feuillets intitulé "La voie resplendissante du soleil Hermétique ouverte par six arcanes" et dont l’auteur resté anonyme, semblait avoir la caution de la « Fraternité d’Héliopolis » dont Eugène Canceliet, entre autres, fit partie. 

Au cours de cette étude que je vous propose, nous serons donc en permanence confrontés aux nombres 6 et 7. Les 6 étapes ouvrent, la 7ème conclut. 

Les consignes récapitulatives de l’œuvre sont présentées en 7 points. 

1. Prenez 3 fois la terre minérale. (minerai de fer et d’antimoine) 2. Faites 3 fois le feu secret. (ce n’est pas un feu matériel) 3. Séparez 3 fois l’esprit du corps.(le subtile de l’épais) 4. Conjoignez-les 3 fois. (les noces alchimiques) 5. Cuisez 3 fois. 6. Imbibez 3 fois. 7. Multipliez 3 fois. 

Le vocabulaire alchimique est particulier, on y parle de dissolution, calcination, putréfaction, coagulation, sublimation, pulvérisation…et bien d’autres termes encore... 

La pratique de l’Art spagyrique, (la réalisation du Magistère) s’est étendue sur plusieurs dizaines de siècles, ce qui inévitablement a permis à chacun de développer ses propres termes et allégories, le sang du lion vert, le corbeau, l’aigle, le phénix, le cygne, le dragon, le serpent, le couple royal……. 

La tradition la fait remonter à la plus haute antiquité puisque le dieu THOT en serait le père. (Thot et Hermès Trismégiste semblant être, d’ailleurs, une même et identique entité). 

Pour avoir maintes fois utilisé les arcanes majeurs du Tarots, et au fil de mon propre cheminement, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il y avait là, dans ces représentations symboliques, quelque chose d’étrange, qui nous ramenait bien trop souvent pour que ce soit une pure et simple coïncidence, à l’Alchimie. 

Il faut savoir que le langage alchimique est souvent imagé, que derrière ces images se cachent des vérités codées en cascade par une symbolique de représentations graphiques de caractère, le plus souvent, naïf, cependant, ce n’est pas une simple recette de cuisine où il suffirait de suivre pas à pas les explications pour aboutir à un résultat satisfaisant. 

Alors, quoi de plus simplement génial, que de laisser un savoir, certes voilé, sur un jeu de cartes, au vu et au su de tout un chacun. Mais pourtant, une piste pour celui qui cherche à comprendre. Condition sine qua non, il faut savoir regarder les lames dans tous leurs détails, les décortiquer, car il s’y cache plusieurs niveaux de lecture. 

Chaque élément, chaque couleur a une importance, rien n’a été représenté au hasard, d’autant que certaines anomalies sont évidentes, mais, précisément, vous interpellent afin de vous faire poser la bonne question… qui n’est en fait, qu’une indication supplémentaire, nous invitant à suivre une piste...

Je vous disais 7 jours, 7 phases, 7 étapes, 7 planètes (connues à l’époque), 7 chakras…. les lames majeurs du Tarot sont au nombre de 22, mais il n’y a que 21 lames de numérotées. Alors nous pouvons penser que ces 7 degrés, représentant le « Grand Œuvre » dans son accomplissement, se décomposent en 3 fois 7 dans les Tarots, encore que le 7 fois 3 ne soit pas inintéressant. Nous y reviendrons peut-être plus tard... 

La première phase de l’œuvre, répond à l’injonction suivante : PRENEZ LA TERRE MINERALE. Son nom est VITRIOLUM, lequel doit se décomposer en VITRI-OLEUM, qui est à dissocier de ses deux constituantes, en : 

1) Humide radical, le mercure : la femelle minérale.
2) Le chaud igné, le soufre : le mâle minéral. 

La construction géométrique est évidente, elle est basée sur des lois d’harmonie, il suffit d’en percevoir la trame, ce qui n’est pas sans rappeler quelque peu la Kabbale. Mais voyons un peu ce que nous suggère chacune des 22 lames, constituant les arcanes majeures du Tarot de Marseille : 

LE MAT EN TANT QUE « FOU »: 

À l’étonnement de plusieurs, je place toujours le MAT au début et à la fin de mes exposés... Je ne considère pas le MAT comme étant un Arcane numéroté... Il se place donc au début et à la fin de la Roue du Tarot. 

Si pour certain l’Arcane du MAT signifie un personnage aux belles qualités, selon moi le MAT représente plutôt l’ignorance et l’insouciance... Il est l’individu désintéressé, désinvolte qui s’apprête à être appeler à l’initiation. Le MAT peut donc être considéré comme la matière première, la matière à l’état brut, qui aux cours des étapes du processus alchimique, sera amenée à être complètement transformé, jusqu’à accomplir le dit « Grand Œuvre» » ; apothéose de l’Art Alchimique. 

Je place aussi le MAT à la fin du processus, mais non pas pour signifier qu’il est une dernière étape à adjoindre à l’ultime accomplissement... Je le place à la fine de la Roue, car après l’achèvement, le MAT représente la nouvelle liberté acquise... 

Le MAT, pour l’Alchimiste est « l’artisan » qui exécute le Grand Œuvre en 21 opérations symbolisées par les 21 autres cartes du tarot. 

Homme libre, ignorant, une fois transformé et accomplit, il repart, homme libre mais initié...

Fulcanelli parle du MAT (Le Fou) dans son ouvrage : « Les Demeures Philosophales » dans la partie intitulée « L’Homme des Bois héraut mystique de Thiers », et je vous invite à découvrir son point de vue : 

« ...Mercure apparaît sous l’aspect d’un fou de cour... il suffit de se rappeler que le mot français « Fou » (on disait jadis fol) vient du latin follis, soufflet à l’usage du feu, pour éveiller l’idée du souffleur, épithète méprisante donnée aux spagyristes médiévaux. Plus tard même, au XVIIe siècle, il n’est pas rare de rencontrer, dans les caricatures des émules de Jacques Callot, quelques grotesques exécutés avec l’esprit symbolique dont nous étudions les manifestations philosophales.

Nous conservons le souvenir de certain dessin représentant un bouffon assis, les jambes croisées en X, et dissimulant derrière son dos un volumineux soufflet. On ne saurait donc se montrer surpris que les fous de cour, dont plusieurs sont restés célèbres, eussent une origine hermétique. Leur costume bigarré, leur étrange accoutrement, — ils portaient à la ceinture une vessie qu’ils qualifiaient lanterne, — leurs saillies, leurs mystifications le prouvent, ainsi que ce rare privilège, qui les rattachait aux philosophes, de dire impunément de hardies vérités.

Enfin, le mercure, appelé le Fou du « Grand Œuvre », à cause de son inconstance et de sa première lame du tarot, intitulée le Fou ou l’Alchimiste. Quelques occultistes placent le Fou ou l’Alchimiste à la fin des vingt et une cartes du jeu, c’est-à-dire après celle qui figure le Monde, et à laquelle on attribue la plus haute valeur. Un tel ordre serait sans conséquence, — le Fou, dépourvu de numéro, étant hors série, — si nous ignorions que le tarot, hiéroglyphe complet du Grand Œuvre, contient les vingt et une opérations ou phases par lesquelles passe le mercure philosophique avant d’atteindre la perfection finale de l’Élixir. 

Or, puisque l’ouvrage s’exécute précisément par le fou ou mercure préparé, soumis à la volonté de l’opérateur, il nous semble logique de nommer les artisans avant les phénomènes qui doivent naître de leur collaboration.» 

1- Extraction = Énergies (Détermination) 
2- Attraction = Influence (Osmose) 
3- Calcination = Mouvement (Impulsion) 
4- Purification = Stérilisation (Cristallisation) 
5- Liquéfaction = Assimilation (Fusion et Amalgame) 
6- Animation = Impulsion (Ardeur) 
7- Distillation = Sublimation (Exaltation) 
8- Décomposition = Exhalaison 
9- Putréfaction = Déchéance 
10- Régénération = Palingénésie 
11- Décantation = Ablution 
12- Végétation = Naturalisme 
13- Floraison = Éclosion 
14- Fructification = Épanouissement 
15- Préparation du ferment = Fixation (Fiançailles) 
16- Fermentation = Effervescence (Élévation de l’Esprit) 
17- Libation = Conjonction (Accouplement) 
18- Exaltation = Enivrement (Clairvoyance) 
19- Imbibition = Imprégnation (Illumination – Noces Alchimiques) 
20- Plus que Perfection = (Transmutation) 
21- Multiplication = Grand Œuvre (Couronnement) 

22- Projection = Reconnaissance (Liberté) 


LE TAROT ET LES NOCES ALCHIMIQUES

1er SEPTÉNAIRE : Les arcanes 1 à 7

I LE ° BATELEUR : (l’unique, le départ, la décision, l’engagement)

Première lame du Tarot, l’aspirant alchimiste se prépare à l’accomplissement de l’œuvre ; sur une table rectangulaire, dont seuls, 3 pieds sont visibles, des objets et un récipient avec couvercle qui contient ?, 2 dés, dont le total des faces visibles est 6, d’autres éléments apparemment nécessaires, mais difficilement identifiables. 

L’attitude du personnage est curieuse dans sa main droite, l’équivalent d’une pièce d’or, située à la hauteur du 2ème chakra, le monde de l’affect, et dans la main gauche (celle qui reçoit) un tube orienté obliquement vers cette pièce d’or. Que capte l’autre extrémité ? Les énergies cosmiques, et probablement plus précisément celles de la lune et du soleil (les plus évidentes dans l’environnement immédiat). L’objet de sa recherche est donc clairement indiquée. Cette table dont on ne voit pas l’extrémité symbolise sans aucun doute possible : le travail entrepris, suggère aussi qu’il sera de longue haleine, et peut-être, n’en verra-t-il pas la fin, donc sans assurance de succès, le 4ème pied manquant renforce cette hypothèse, ainsi que l’horizon absent sur la droite de la lame (l’avenir). (un parallèle peut ici être fait avec les 3 piliers du Temple en F.°.M.°., où le 4ème pilier est manquant) Le 4 étant lui-même, le symbole du succès matériel, mais ce travail entrepris n’est il pas aussi autre chose qu’une victoire sur le monde matériel ….qui, dans l’esprit alchimique, doit être dépassé. On peut remarquer également dans l’attitude de ce jeune homme, aux cheveux bouclés dont les extrémités sont tintées d’or, qu’il a les deux pieds bien campés en terre, source de sa matière première, son regard est dirigé vers cette « matéria prima ». Entre les pieds, à l’horizon, un arbre en forme de pinceau, symbolisant quant à lui les énergies qui montent ou émanent de la terre. C’est aussi une allusion et une invitation à semer pour récolter.

II LA ° PAPESSE : (le binaire, la féminité, la connaissance)
Symbole de féminité, Isis (pour les voiles en arrière plan), le personnage est entouré d’un manteau bleu (le spirituel) qui contient le rouge, la matière, l’énergie primale. La tête porte une tiare à 3 niveaux, et repose sur une étoffe blanche (signe de nécessaire pureté à l’accomplissement de l’œuvre). La Papesse tient un livre ouvert, de couleur chair (livre de la vie, du savoir de la connaissance qui mène à la gnose). On retrouve le même axe oblique qui relie le chakra du cœur au livre, la connaissance n’est pas, manifestement, uniquement intellectuelle, le message apparaît ici comme évident. Derrière l’impératrice, en noir sur fond blanc, des lignes verticales (à gauche de la carte) puis des lignes horizontales (à droite de la lame), elles symbolisent respectivement, les forces spirituelles et matérielles. On devine que ces tracés se rejoignent au niveau du livre pour former l’équerre, symbole de rectitude, soit d’exigence de la part du discipline, voire d’abnégation que demande l’entreprise d’un tel travail. Le linge blanc qui couvre la tête se décompose en 5 triangles (L’Apprentissage et le Compagnonnage, passent par les 5 sens du néophyte), le nombre 5 est répété 2 fois dans le col de la papesse, ce qui ne peut plus être un hasard. Quant aux lignes du livre 2 fois 8 soit 16 c’est à dire 7.( A un autre niveau, lorsque l’acquisition des connaissances est réalisée, alors et alors seulement, on pourra parler de Maîtrise). La Papesse matérialise le savoir par ces nombres 3 5 et 7.ce qui n’est pas sans rappeler certains enseignements (le total 15 soit 6 déjà abordé avec le sceau de Salomon).

III L’IMPÉRATRICE : (le triangle, l’unité, la concrétisation, la réalisation)
Position statique : de concentration ou d’attente ? Voilà une bien curieuse impératrice…avec une pomme d’Adam, ce personnage aurait-il des caractéristiques androgynes ? Ou symbolise t-il la matière avec ses constituantes mâles et femelles, ses énergies yin et yang.( corps et esprit) Le dossier de son siège ressemble à deux colonnes dont la masse semble brute, telle la matière sur laquelle l’alchimiste devra travailler et purifier. Cette lame rappelle, synthétise et focalise les deux précédentes, les chakras 2 – 3 – 4 sont marqués, le 3 et le 4 sont reliés. Ce travaille demande donc une harmonie profonde entre la volonté, la persévérance et demande de sincères qualités de cœur. L’axe oblique est ici rappelé par la position du sceptre. Les lignes horizontales et verticales, une double couronne (association des énergies contraires mais complémentaires, comme le positif et le négatif, le yin le yang) Dans le pilier droit, de bas en haut, les nombres 2, mais 3 intervalles, une aile ?, 6 plumets, 7 lignes verticales, puis après le coude 5 que l’on retrouve également dans la touffe d’herbe jaune. La matière, lorsqu’elle est correctement travaillée se décompose en 3 éléments (soufre, mercure, sel), ce qui est suggéré dans le globe du sceptre et rappelé dans les 3 branches de la croix qui la surmonte, nous ramenant au nombre des manipulations principales : 6. Il nous reste à remarquer la robe rouge reliée à la terre, prolongée par une tunique bleue, le matériel puis le spirituel, pour s’achever sur la tête par de l’or enserrant le rouge : la pierre philosophale. Un aigle sur un écu dont les ailes sont orientées vers le haut, un appel vers les forces cosmiques, suggestion de l’envol ? La main droite, l’opérative est en contact avec l’aigle, objet et étape de sa quête. 

Seconde arcane : FAITES LE FEU SECRET. On comprend bien, qu’il ne s’agit pas là d’un feu traditionnel. « Appliquez le feu qui putréfie, mais ne donne point de flamme visibles. »

IIII L’EMPEREUR : (le carré, la matérialisation)
Cette lame est essentiellement régit par la verticalité, le sceptre, la position de l’empereur, de nombreuses lignes verticales, les ailes de l’aigle, ses pattes, la queue. Le personnage peut symboliser l’officiant qui a mûri, il a fait un travail important sur lui, en effet, il est essentiellement habillé de bleu, seul subsiste sur ses épaules le poids de la matérialité (rouge), ses pieds sont blancs, le contact avec la matière ici la terre, se fait dans le respect et la pureté. 

À noter la rigueur dont il doit faire preuve, la jambe droite, directrice, est plié à l’équerre qui une fois de plus, marque la nécessité du respect des règles attenantes à l’ordre des opérations qui mènent à la réalisation de la pierre philosophale. La couronne ressemble plus à un casque de pompier américain qu’à un attribut royal.(besoin de protection de la nuque, en correspondance avec le 5ème chakra ?) L’aigle et l’empereur regardent dans la même direction, vers le passé, l’origine, la mère. La main gauche tient la ceinture or, soulignant encore le 2ème chakra. Peut-on voir une cornue dans cette étrange couronne, dont les dents (en forme de flammes) sont au nombre de 7, mais dont les 2 dernières sont soudées, rappelant une fois encore la voie resplendissante du soleil hermétique ouvert par 6 arcanes mais dépendant de 7 phases. Le nombre 5, est présent dans la queue de l’aigle et l’herbe qui se confond avec le tumulus couleur or promesse de réussite du magistère. Le collier porté par l’empereur est curieux, mi-corde, mi-laurier séparés par un médaillon dont l’attache ressemble beaucoup à un point d’interrogation. Ce médaillon porte une pierre verte à la hauteur du 4è chakra (allusion à la table d’émeraude ?). Par ailleurs, 6 couples de feuilles de laurier se terminant par un écusson.(répétition des dents de la couronne, l’ambigüité des nombres 6/7 est toujours présente). Des formes en évolutions, des volutes, le bord de couronne, les boucles de la barbe, derrière le fauteuil, les accoudoirs, le dessus de l’écu, suggèrent le mouvement en opposition avec l’attitude du personnage. A noter également une disproportion très nette entre la taille des mains, la droite active est plus importante que la gauche, ce qui se retrouve par ailleurs dans les ailes de l’aigle. Le 6 et le 7 se retrouvent encore dans les plis de la tunique de l’empereur.(6 en haut, 7 en bas)

V LE PAPE : (le nombre de l’homme)
L’autorité spirituelle, l’habillement est pratiquement identique à celle de l’empereur, la différence réside dans des manches blanches, et une main gantée, le sceptre s’est transformé en une crosse surmontée d’une croix particulière. Les pieds ne sont pas visibles. Deux colonnes bleues, couronnées encadrent la tête, le nombre 3 est marqué par 3 personnages, 3 branches à la croix, 3 lignes horizontales dans le manteau rouge, 3 mains dégantées visibles. Des 3 personnages, 2 seulement sont bien visibles et les têtes sont pratiquement identiques, le 3ème ne montre que le bras gauche (celui qui reçoit), la manche est jaune, toujours le même rappel. L’allusion est claire, de la réunion de 2 éléments, naît le 3ème. Le chakra de la gorge est ici marqué, il correspond au verbe, à l’enseignement qui est dispensé. Le pape peut également représenter ici un maître qui dispense cet enseignement. De plus, il donne sa bénédiction de la main droite, de la gauche, il tient une croix à 3 transversales, terminées, aux extrémités, par une sphère ainsi que la partie supérieure du support verticale, le nombre 7, réapparaît donc, une fois encore, ici . Le fond de la lame est blanc, des lignes verticales, horizontales et une oblique rappellent le besoin de bases claires et justes à l’établissement de cette recherche, le tout sur un fond blanc, soulignant le détachement par rapport au matériel.

VI L’AMOUREVX : (l’harmonie, l’union)
C’est la première lame où visiblement se fait une intervention extérieure, matérialisée par un angelot armé d’un arc et d’une flèche de couleur blanche, en superposition d’un astre rayonnant trois types d’énergie, jaune, rouge, bleue. Un jeune homme se trouve entre deux femmes, l’une est d’âge mûr, détenant une autorité (chapeau sur la tête), elle a une main posée sur son épaule et elle semble capter son attention, l’autre, d’une jeunesse virginale, marquée par, d’une part un potentiel de spiritualité important, manteau bleu, et d’autre part, par des manches blanches. Une main orientée vers le cœur du jeune homme, l’autre bras semble tordu et la main indiquer son hara, la mère d’énergie…. Promesse, potentiel ? Quant à l’amoureux, il est nus pieds, en contact étroit avec la terre, il se préserve cependant le 2ème chakra. Le sol derrière le personnage central est parcouru de lignes d’énergie qu’il doit capter. Le sentiment amoureux est lié à des notions de combustion, de feu or l’amoureux est écrit avec un v ce qui nous donne, avec le X final, le nombre 15 à l’envers : correspondant à la lame du diable, l’enfer, le feu, la deuxième étape de l’œuvre était marquée par l’injonction : Faites le feu secret. 

Le troisième arcane : SEPAREZ L’ESPRIT DU CORPS. « C’est le mercure philosophique qu’on obtient ainsi. C’est l’âme de la pierre qui contient les 4 éléments spagyriques où se trouve concentrée toute la vertu des astres minéraux. »

VII LE CHARIOT : (fin d’un cycle, début d’un nouveau)
Un char tiré par deux chevaux, nettement différents, voir opposés, jusque dans la direction prise. Le véhicule est couvert, 4 piliers (2 rouges, 2 bleus) ils supportent une tenture ouverte (par rapport au voile d’Isis), preuve que nous sommes à une étape importante du magistère, et qu’il va falloir choisir : quelle voie prendre, la sèche ou l’humide. Cette dualité est renforcée par des figures humaines (une féminine, une masculine) sur chaque épaule, 2 pieds visibles à chaque cheval, 4 bâtons de roue à gauche, 2 à droite, total 6, en correspondance avec les opérations à accomplir, 4 touffes d’herbe marquées de vert, 4 ronds au niveau de la ceinture. Les colonnes ressemblent étrangement au signe hiéroglyphique du verrou, qui a-t-il donc à ouvrir, si ce n’est la matière elle-même afin d’en extraire les composantes de base. S-M, Sa Majesté le roi est annoncée sur la face avant du chariot, mais Soufre et Mercure conviennent mieux à l’esprit alchimique, ou encore Secret et Maître. Nous avons déjà vu que le grand œuvre reposait sur le soufre, le mercure et le sel, or, si nous prenons les initiales de chacun de ces 3 éléments, S M S, numérologiquement pour valeur, 1- 4- 1, un fois encore nous obtenons 6. Le hasard et la coïncidence quel bel art dans les mains du G.°.A.°.qui pourrait nous y faire croire Manifestement cette lame marque un tournant décisif dans la réalisation du processus à poursuivre. Tous les regards sont axés sur l’origine, il ne faut donc pas perdre de vue cette matière première.


2ème SEPTÉNAIRE : Les Arcanes 8 à 14

VIII LA ° JUSTICE : (2 fois 4)
L’attitude du personnage est très rond comme un récipient, le rouge est contenu par le bleu. Une épée en main droite, une balance en main gauche, l’épée c’est l’action la décision, la balance la recherche d’un équilibre, autant sur un plan physique, que sur un plan psychique, d’une part, par rapport aux matériaux dont il faudra respecter les proportions (à noter que les plateaux sont inégaux, induisant la disproportion des rapports poids et volumes), et d’autre part, ne pas y perdre la raison. L’ensemble de la lame est entourée de Jaune, l’or des philosophe est clairement le but de l’opération finale (du moins en tant que test de vérification expérimentale). Le jaune déborde même la couronne qui ceint un couvre chef bien étrange…allusion à un matériel alchimique particulier ? Le dossier du siège est le plus structuré de tous ceux que nous avons vu jusqu’à présent, encouragement dans la progression des travaux entrepris. L’adossement (ou les bases sur lesquelles l’officient travail) doit donc être parfait. 


VIIII L’HERMITE : (Pape et Empereur)
C’est l’isolement de la matière, orthographiquement, une induction d’hermétisme est suggéré dans cette lame, et ce n’est pas un hasard si « Hermite » a été écrit avec un H, la partie gauche est plus sombre (ombrée), un double mouvement apparaît : D’une part le personnage, muni d’une lanterne (car il a besoin de lumière) s’oriente vers le passé, l’origine, ce peut être également une forme d’introspection, il a besoin d’un support le bâton, ce dernier symbolise le pouvoir naturel, un peu comme la baguette du sourcier, contrairement, par exemple à celui d’une épée. D’autre part un bonnet rouge indique un sens opposé (le futur) et se termine par un pompon de couleur or, une fois de plus, la quête est clairement exprimée. Au tiers de la lame et au centre, un signe curieux faisant penser à une lettre hébraïque inversée, marquant la frontière du bleu et du rouge. Il semble que la lettre représentée puisse être vav de valeur 6, et ayant pour signification : transformable, nœud qui unit ou point qui sépare le néant et le créé. N’oublions pas que l’or est intérieur. L’injonction qui correspondait à cette 3ème étape : Séparez l’esprit du corps. 

La quatrième arcane correspond à : CONJOIGNEZ-LES. « Pulvérisez mais ne vitrifiez point. Cela se fait sans toucher au vase et par les degrés du feu externe. »

X LA ROUE-DE-FORTUNE : (10 marqué par un X, ce qui correspond à la technique de traçage du point en géométrie, exemple : le centre d’un cercle.)
Une fois encore, nous voici avec une roue bien curieuse, mais les représentations imagées du TAROT DE MARSEILLE nous y ont maintenant habitués. En effet comment une telle roue peut-elle fonctionner ? L’axe central ne repose que sur un des montant du chevalet, un de ces montant n’est d’ailleurs que partiellement présent. Le chevalet repose sur un terrain étrange parcouru de lignes de force matérialisées par des tracés ondulants. La poignée de la manivelle n’est pas à angle droit, ce qui serait, quand même plus pratique, si l’on voulait s’en servir. 

3 formes animales, difficilement identifiables ornent cette roue, un animal est dans une position ascendante, l’autre à l’opposé de ce dernier, position descendante, quant au 3ème, il trône au sommet de la roue, position bien peu confortable, dès que l’on envisage de la faire tourner, ce qui n’est pas sans rappeler la citation latine : « Sic transit gloria mundi ». 

Voici une bien curieuse représentation marquée des nombres 2-3-6, et où la verticale, la perpendiculaire et l’horizontale sont sérieusement mis en valeur, avec toute l’ambiguïté d’un fonctionnement non mécanique traditionnel….. 

Cette lame est pratiquement à la mi-chemin, au centre, de la démarche alchimique, nous sommes donc devant une étape d’importance où tout peut basculer, elle nous suggère le mouvement, le temps les énergies et souligne la difficulté de rester en équilibre, de maîtriser l’action de l’œuvre entreprise. Les couleurs utilisées, pour habiller ces personnages entropomorphiques, n’est pas anodine, je vous laisse maintenant extrapoler leur signification. Le fait qu’ils puissent faire penser à des singes n’est pas gratuit, l’alchimiste ne cherche t-il pas à percer le secret de la création en singeant le Créateur lui-même ? S’il ne se borne qu’à cela, l’échec est assuré.

XI LA FORCE (à valeur de 2 mais à une octave supérieure)
Cette lame inspire et requière la maîtrise absolue, elle n’est pas sans prévenir d’un danger, il n’est pas donné à tout le monde de tenir ouverte la gueule d’un lion, le roi des animaux qui ramène à la notion de couronnement c’est à dire de succès, dans l’entreprise. Il est bien évidemment de couleur jaune. Non seulement cette lame possède les qualités et le potentiel de la papesse, mais en plus, elle en a la totale maîtrise. Il est à noter une chose curieuse, comme si la tête du personnage avait été rapportée. Le fait de ne pas assumer cette maîtrise pourrait-il faire perdre la tête au chercheur ? D’autant qu’au-dessus de cette dernière nous trouvons le symbole de l’infini, encore une bien étrange coiffure, qui ne paraît pas réellement posée sur la tête de la dame, mais semble plutôt planer à la hauteur du front. La main droite se distingue de la gauche par une manche de poignet plus importante. (Toujours la main opérative) On remarquera que les chakras 2-3 et 4 sont connectés et reliés entre eux. Il n’y a aucun décors, le fond est blanc, seul un curieux pied semble ne reposer sur rien, un rappel à l’état de pureté est donc ici rappelé. Cette lame est une invitation à la maîtrise de l’impalpable, du subtil par d’une part, le symbole de l’infini, en haut et les pieds qui ne touchent aucun sol, en bas.

XII LE PENDU : (Soit le nombre 3 qui rappel l’impératrice, cette lame est statique, le personnage est suspendu, elle est aussi l’addition qualitative du X la roue et du II la papesse)
Le Tarot n’en finissant pas de nous surprendre, voici un pendu….par les pieds, si vous retournez cette lame, vous avez plutôt l’impression d’avoir à faire à un danseur figé…. Chose encore plus curieuse, les arbres paraissent eux aussi inversés. Cette lame donne l’impression d’un enfermement, par le cadre ainsi défini. La corde qui est sensée tenir le corps n’est en fait reliée à rien. Encore une jambe à l’équerre, et des mains non visibles comme attachées dans le dos, en fait ce pendu est en position d’attente et paraît, assez décontracté, malgré une position plutôt inconfortable. Se pourrait-il que, durant cette phase du magistère, seule l’attente et la patience prévalent ? Au niveau des nombres, 6 branches coupées à droites comme 6 autres à Gauche. 6 boutons sur le buste, 3 sur la partie basse du vêtement, total 9, nous sommes à la fin d’une étape importante. Deux poches en forme de croissant de lune. Attente d’un cycle lunaire ? Soit 28 jours. Cette lame illustre également cette vieille assertion « Tout ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut ». Dans la tête des arbres, discrètement le nombre 4 est signifié de part et d’autre, cette 4ème phase appelait l’injonction : CONJOIGNEZ LES 

La cinquième arcane ouvre sur : CUISEZ. « Le soufre Solaire a bien teinture rouge, cependant il ne teint point. L’or vif doit donc être mué en Elixir pour acquérir la vertu transmutative. »

XIII L’arcane sans nom : (le nombre 4 la matière)
Tout d’abord, cette lame qui symbolise la mort ne porte pas de nom, l’intention est donc de suggérer que ce n’est qu’une apparence, pour correspondre à : mourir pour mieux renaître, encore une invitation au lâcher prise. C’est la première fois que le noir est utilisé aussi abondamment dans une lame, l’alchimie nous parle de l’œuvre au noir et de putréfaction. Cette terre noire contient un élément mâle et un élément femelle, chaque coin inférieur de la lame l’indique sans équivoque. La lame de la faux est rouge et fait penser à une grande flamme dynamique. Le mouvement est orienté à gauche, preuve de continuité, c’est une maturation qui se poursuit dans le temps. Le personnage représentant la mort se veut être un squelette, cependant, sa facture est étrange, il paraît être habillé tout en laissant percevoir la structure osseuse, elle-même originale, la colonne vertébrale rappelle plus des feuilles de lauriers qu’un empilement de vertèbres, le bassin est plus proche d’un drapé que de sa véritable structure, la tête elle-même est composée d’une sorte de croissant de lune, 4 dents apparaissent nettement marquées, la lune n’a-elle pas 4 phases ? Le nombre 4 est souligné , à plusieurs reprises dans cette lame. Les pièces détachées (main, pieds, os) qui jonchent le sol, évoquent le morcellement : désunir pour mieux réunir.

XIIII TEMPÉRANCE : (le nombre 5 est celui du mouvement de l’action, c’est le nombre de l’homme)
Le personnage est angélique, il transvase des fluides d’un pot à l’autre, le mouvement se fait en hauteur, il appartient au subtil. C’est également ainsi que l’on pourrait représenter une action de purification, d’affinage, voire de distillation. Le personnage est habillé de bleu et de rouge, dans un axe vertical, la partie spirituelle domine. La lame indique une manipulation à pratiquer, faut-il une patience d’ange pour y parvenir ? Au sommet de la tête une fleure rouge calquée structurellement sur le pentalpha : l’objet de la recherche. Les chakras 4 et 5 sont associés, cœur et prières, d’où recueillement et invocations qu’il faudra obligatoirement respecter et appliquer. La ceinture est d’or, elle est composée de 9 lames indépendantes, la 10ème et la 11ème sont unies à la ceinture. Cette lame a sa résonance avec l’étoile, dans les attitudes et objets, mais les différences marquent une autre technique de manipulation. 


3ème SEPTÉNAIRE : du Dé-mon au Mon-de

XV LE ° DIABLE : (le nombre 6 sous un aspect négatif) SOLVE COAGULA
Personnage androgyne ( sexe masculin, mais poitrine marquée), avec des attributs animal (griffes, cornes, ailes de chauve-souris), deux diablotins de sexes différents, nus donc dépouillés, à l’état le plus pur possible, sont liés (ou reliés) au même brûlot rouge, représentant le feu qui d’une certaine façon les unit et les réunit, ils sont cependant coiffés de rouge. Leurs pieds sont à demi noyés dans la terre noire à laquelle ils appartiennent, et (ou) de laquelle ils sont issus, pour y retourner un jour….. Le brasier repose sur la terre noire de l’arcane sans nom, les personnages en font partie, le feu doit donc exister pour poursuivre l’œuvre. Les éléments constitutifs de la matière (nos 2 diablotins) sont coiffés de rouge, la pierre philosophale (du moins potentiellement), le diable, le maître de cette lame est coiffé d’or, résultat de la transmutation sous son aspect physique. Le fait que cet or soit porté par le diable, indique que l’or ne doit pas être utilisé à des fins bassement matérielles, d’ailleurs l’épée en main gauche (symbole de pouvoir) est démunie de garde, la mise en garde, si l’on peut dire, est nous semble t-il, une fois encore très claire. Pour rappel, l’injonction de cette 5ème phase était : CUISEZ. 

La sixième arcane vous invite à : IMBIBEZ. « Ce vieillard Saturnien est un grand roi. Il vous montre comment le plomb minéral, décomposé puis recombiné, devient or transmutatif. »

XVI LA ° MAISON DIEV : (le nombre 7, la limite de la matière)
Une tour décapitée par un feu empanaché à caractère Divin. Il émane de la partie supérieure droite de la lame « Le père céleste » Deux personnages en tombent, accompagnés dans leur chute par de gros confettis bleus, rouges et blancs, soit les trois états de la matière, souligné par 3 ouvertures sur la tour. C’est ici l’échec de l’entreprise si le feu n’a pas su être adapté à l’opération en cours, ou si, tout simplement la sincérité du cherchant a été prise en défaut. Les apprentis alchimistes sont renvoyés a la terre, en quelque sorte, à leur point de départ. Dans la désignation de la lame Dieu est écrit avec un V, ce qui n’est pas sans nous interpeller et nous ramener à la lame 5, c’est à dire au Maître bien veillant qui a délivré son enseignement ou ses conseils qui manifestement ont été mal suivis, mal compris ou encore mal employés. 13 Pastilles rouges ( 13 la fin, 4 la matière) 13 Pastilles blanches (Idem) 11 Pastilles bleues 2 la dualité. Soit au total 37 c’est à dire, 3 + 7 ( soit 10, le retour à l’unité).

XVII L’ÉTOILE : (le nombre 8, soit 2 fois 4, la matière à une octave supérieure)
Le personnage est nu, preuve d’un dépouillement certain, correspondant à une démarche volontaire d’évolution par la connaissance, la gnose, un genou en terre, en signe d’humilité. Il est encore question d’affinage, de purification, mais cette fois un rapport direct est fait avec l’eau, les deux récipients sont identiques, de couleur rouge, c’est la même opération, nous approchons du but final, les astres sont avec nous, les énergies cosmiques sont présentes, à l’horizon, du côté gauche de la lame, un arbre sur lequel se tient un oiseau noir, allusion au corbeau ou beau corps qui deviendra pierre de projection, réalisant la transmutation, preuve indubitable de la réussite de l’entreprise. 7 étoiles dans le ciel encadrent une étoile double dont le fond est rouge et la face or, l’allusion à l’or qui naît de la pierre est, une fois de plus, clairement montrée, les 7 étoiles en sont les phases de travail, nécessaires et suffisantes à l’accomplissement de l’œuvre.

XVIII LA LUNE : (le nombre se réduit à 9, elle est l’élément féminin, la mère, l’inspiratrice, elle correspond à l’argent)
La lame de la lune, celle qui influence l’homme, elle régit les fluides et les humeurs, elle peut avoir une vocation d’inspiratrice bénéfique ou maléfique suivant l’orientation mentale de celui qui la reçoit. Elle est liée à la mère et à l’eau. Dans cette lame elle montre un visage bienveillant tourné vers le passé, son rayonnement est de 3 couleurs, bleu, rouge et blanc, cependant autour d’elle des gouttelettes de condensation, or, rouge et bleue, curieusement orientées vers elle, force d’attraction ? Allusion à la rosée printanière ? Une pièce d’eau bleue renferme un crustacé énorme (monstre de la nuit, allusion au signe du cancer et par déduction aux mois de juin et juillet période favorable pour la réalisation de l’œuvre ?). A l’arrière plan, deux tours, sous la lune deux chiens qui hurlent. C’est aussi le dernier avertissement d’un danger : « le coup de lune », mais aussi également que le magistère, sans elle, ne peut être réalisé. La 6ème injonction correspondait à : IMBIBEZ. 

Le septième point vous enjoint à : MULTIPLIEZ...

XVIIII LE SOLEIL : (10 soit 1 un nouveau départ, symbole du père, de l’or - après l’argent, quoi de plus normal - )
Un soleil rayonnant inonde de ses énergies, matérialisées par des gouttes, deux jeunes enfants très semblables, pratiquement des siamois, reliés par le plexus solaire, curieusement ils sont tous les deux marqués par une double ligne autour du cou, comme s’il ne s’agissait pas réellement d’enfants, mais plutôt, le produit unique d’une naissance (réalisation de l’œuvre, thème souvent rencontré dans la littérature alchimique avec le couple royal). Le soleil paraît ici dispenser 4 types d’énergies (en connexion avec les 4 éléments), différenciées à travers la teinte des gouttes nourricières ou fécondantes. A travers son rayonnement, toutes les couleurs (5 ) émettent sous formes de flammes ou de glaives, à noter que seuls, ceux de couleur or ont une émission rectiligne, elles sont au nombre de 4 en infériorité numérique par rapport au rouge (origine de la réalisation alchimique).Mais supérieures dans les gouttes 3 contre 2. Est-ce une allusion à la poudre de projection qui transmute le vil métal en or ? Il est cependant à noter ici que dans les lames originelles, les radiations solaires étaient uniquement basées sur l’or et le rouge. Le rayonnement or rappelant d’ailleurs étrangement l’épée flamboyante du V.°.M.°.

XX LE JUGEMENT : (le nombre 2, relié à la papesse, à la force, 2+2+2=6)
Une entité angélique sonne de la trompette, c’est l’heure du bilan de la réussite ou de l’échec, les influences sont encore présentes, le rayonnement est uniquement jaune et rouge, à parts égales 10 – 10.( rappel du binaire, de l’épais et du subtil) En bas de la lame, 3 personnages dont deux nettement visibles, un homme et une femme dans une attitude de recueillement, qu’attendent-ils ? ( comme pourrait-être l’attitude de celui qui attend le résultat de ses travaux, échec ou réussite). Le 3ème est de dos et non identifiable, il se trouve dans une cuve rappelant les moules à lingot. La vérité est dévoilée, l’œuvre est réalisée, il subsiste cependant un sentiment d’attente, la méditation ou la prière appellent à rendre hommage au créateur….humilité toujours.

XXI LE MONDE : (a ici une valeur de 3 la réalisation, la transmutation de l’impératrice s’est réalisée en passant par le 12 le pendu, l’attente)
C’est la seule lame ou le graphisme dans sa partie supérieure sort du cadre (avec la Papesse), les limites du normal ont été repoussées . L’ensemble est une synthèse de l’œuvre spagyrique, par les couleurs, les personnages, les nombres évoqués. Les 4 évangélistes sont présents en résonance avec les 4 éléments, à travers les évangélistes ont retrouve différentes allusions aux lames que nous venons d’étudier.(3 avec auréoles 1 sans, le parallèle peut être fait avec nos 3 piliers présents et le 4ème manquant). Je vous en laisse faire les rapprochements par vous-même. La partie centrale, ovalisée, une couronne de laurier signifiant réussite victoire. Elle rappelle les trois principales couleurs qui nous ont accompagnées tout au long de cette étude, bleu, rouge, jaune, ces teintes sont répétées 2 fois, ce qui nous ramène aux phases de l’œuvre. Une femme nue, mais discrètement voilée de couleur chair, se tient au centre de la 21ème lame, un pied repose sur une surface d’or, qu’elle a donc dépassée et maîtrisée pour se transmuter elle-même, véritable objet, en vérité, de cette difficile quête qui passait par la maîtrise de la matière. La nudité évoque la naissance, voire la renaissance, véritable transmutation. Ce qui d’ailleurs n’est pas sans rappeler l’initiation. La boucle est bouclée par l’objet qu’elle tient, verticalement, dans la mais gauche. La verticale indique que le contact est, à présent, établi entre le monde matériel et celui du spirituel. La teinte employée pour ce personnage central est identique pour les objets qui s’y rapportent, c’est l’unité avec le tout, en fait, elle ne fait plus qu’un avec l’univers. 

Le mat et la conclusion...

0 LE MAT : 22ème arcane, non numérotée, c’est le fou, celui qui est hors normes touchant à l’indéfinissable. Il a valeur d’oméga, l’équivalent de notre lettre Z. (Tout un programme, d’autant que correspondant au nombre 22, sa réduction est 4….).
Un personnage original va de l’avant, la tête orientée légèrement vers le ciel, il ne se soucis pas de sa tenue, et n’a cure de l’animal qui s’accroche à ses basques, il se moque du qu’en dira-t-on, de ce qu’on pense de lui, il peut passer pour un illuminé, ce n’est pas, ce n’est plus son problème. L’animal derrière lui peut également symboliser la peau de bête dont il a su se dépouiller en travaillant à la réalisation de l’art royal. Son bâton de marche est d’or, pour subvenir, un petit sac sur l’épaule, maintenu par un étrange outil qui se termine par une grosse cuillère (rappel du temps où il écumait la matière qu’il avait sur ses fourneaux et possibilité de s’en servir pour manipuler du plomb en fusion si cela s’avérait nécessaire). Les 6 étapes sont marquées sur son pourpoint (5 pompons visibles, un caché, mais correspondant au sac qu’il a sur l’épaule, le résultat de ses recherches s’y trouve) La tête est couverte d’un étrange bonnet de couleur or, terminé par une boule rouge, rappel de la pierre convoitée, dont il a le processus de fabrication inscrit dans sa mémoire. 

On ne sait pas grand chose du devenir des grands initiés, c’est peut être pour cela, si vous regardez bien dans le coin inférieur droit (côté de l’à venir -en deux mots-) se trouve manifestement un indéniable point d’interrogation, ce qui n’est pas sans rappeler l’attache du médaillon de l’empereur et bien entendu le mystère lié à la table d’émeraude. 

Nous restons bien dans l’atmosphère et l’ambiance que les initiés se sont ingénié à distiller tout au long de leurs communications. Aucun sot ne pourra utiliser bêtement les enseignements, révélés, ça et là dans leurs écrits, seul celui qui sera sincèrement dans leur démarche, pourra accéder à la voie royale et en comprendra le langage. 

Ce mystère restera donc entier, excepté pour celui qui aura su, compris et mené à bien le Magistère. 

En conclusion : Les Tarots peuvent se lire à bien des niveaux. 

1. C’est tout d’abord un outil de divination, il est un support et un révélateur à la pratique de la voyance. 

2. Les différentes lames synthétisent des séquences de vie, des attitudes rencontrées dans le quotidien, concernant les plans affectifs, émotionnels, matériels, l’état de santé. Le Tarot résume le plan de vie idéal d’une évolution humaine, il est en quelque sorte le moule, la matrice de l’évolution cosmique, certains y voient même la maquette de l’Univers. 

3. Sa lecture peut se faire sur des plans : · Philosophiques · Hermétiques · Symboliques · Kabbalistiques (facette non abordée dans ce travail) · Maçonniques 

La liste n’étant pas exhaustive …. 

Il touche à la vie dans sa globalité, par conséquent, les sciences sacrées, l’érudition des initiés, y sont présentes comme : La Mythologie, la L’Astrologie ou la Numérologie... 

Le Tarot de Marseille, par la richesse des informations qu’il dispense, est certainement, un des meilleurs outils que l’Homme ait pu concevoir ou recevoir, pour communiquer la connaissance, sous une forme anodine, à celui qui cherche avec sincérité, à se perfectionner dans la voie de l’évolution spirituelle. 

Le tarot est le livre de SAGESSE par excellence...

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