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vendredi 15 février 2013

ALEISTER CROWLEY (1875-1947)


Edward Alexander Crowley (12 octobre 1875 à Leamington Spa dans le Warwickshire – 1er décembre 1947 à Hastings), dit Aleister Crowley, est un écrivain et occultiste britannique.

Fils d'une riche famille protestante fondamentaliste, il abjura la foi chrétienne à l'adolescence, après la mort de son père. À Cambridge, il changea son prénom d'Edward à Aleister et commença à s'intéresser à l'occultisme. Initié au sein de la Golden Dawn, il s'en détacha rapidement pour poursuivre sa propre voie ésotérique, basée sur une « magie sexuelle » sans tabou. Il dilapida sa fortune aux cours de ses recherches qui le menèrent partout dans le monde.

Il devint rapidement très controversé, tant pour ses mœurs sexuelles que pour ses idées occultes, mais aussi pour ses idées politiques. Germanophile, il devint indésirable en Grande-Bretagne avec la Première Guerre mondiale.

Il fut chassé de Sicile où il s'était installé, après divers scandales. Il continua ses errances. Il mourut d'une crise cardiaque liée à une bronchite chronique due à sa forte consommation de drogues. Il fut incinéré à Brighton et ses cendres auraient été perdues.

Aleister Crowley, joueur d'échecs, alpiniste, poète, peintre, astrologue, adepte des drogues, etc., est surtout connu pour ses écrits sur l'occultisme et particulièrement pour le Livre de la Loi, le livre sacré de Thelema.

Crowley était également membre influent de plusieurs autres organisations occultes : l'A.'.A.'. et l'Ordo Templi Orientis. Concernant cette dernière organisation, il participa même à la réécriture complète de ses rituels en fonction de la Loi de Thelema.

Crowley, Thelema & le "Sexisme"
Par Nun Tzaddi

La Magick de Crowley et Thelema, traitent rarement dans les textes disponibles des relations hommes-femmes, sauf, sous un jour purement technique, des opérations de magie sexuelle.

À la lecture de certaines œuvres ou de certains rituels, il est évident que Crowley instrumentalisait la Femme, en la réduisant à un élément technique, à un outil de la Volonté du magicien.


Ne voulant pas entrer dans un débat "moral" sur le besoin de l’équilibre des "Forces Sœurs", mâle & femme, il nous semble toutefois important d’analyser plus avant la vision qu’avait Crowley de la Femme. Le texte, inédit en français, de NunTzaddi 950 semble idéal pour le but ainsi défini...

Les déclarations faites ici sont destinées à refléter mon expérience d’Aleister Crowley, & ne doivent pas être comprises, de quelque manière que ce soit, comme une généralisation des personnes qui appartiennent aux organisations thélémites qui suivent les enseignements de Crowley. Il y a déjà des preuves de critiques similaires au sein des échelons supérieurs de l’OTO, mais il demeure une poignée d’individus qui ou bien ne sont pas conscients de la métaphysique de Crowley ou bien qui désirent perpétuer ce "metaphucking" absurde.

Je débuterai cette série d’articles du "Centre de la Pestilence" avec cet extrait du "Liber AL vel Legis".

Saint Paul chanta la dithyrambe de l’agape dans "I Corinthiens". Il existe plusieurs sortes d’amour si par ce mot français nous voulons signifier toutes sortes d’attraction, d’homologie, d’engagement, de copulation, etc... Pour nos besoins, nous avons besoin d’un mot plus spécifique – la distinction grecque entre "éros" & "agape" est très utile, bien qu’elle soit un peu obscurcie par les enseignements de Crowley...

Le terme "agape" est habituellement traduit par "charité" ou "amour spirituel". Certains gnostiques licencieux le comprenaient comme se référant à l’amour sexuel partagé de leur Eucharistie orgiaque sans imprégnation – ils développèrent une pratique de l’adoration & de la consommation du sperme en tant que corps du Christ & du sang menstruel comme le Sang du Christ.

Mircéa Eliade discute de cela dans son essai « Esprit, Lumière & Graine » dans « Occultisme, Sorcellerie & Mode culturelle » (Université de Chicago, 1976).

C’était leur banquet de l’agape. Ces chrétiens non-orthodoxes & persécutés mangeaient ces excrétions & s’en enduisaient le corps, ou des talismans & des ex voti tandis qu’ils pratiquaient leur version de la Messe Chrétienne. C’est pour cette raison que l’instruction secrète de Crowley au sujet de la magie sexuelle est écrite sous la forme de la plus explicite rhétorique chrétienne. Cela explique aussi la forme & le contenu gnostique chrétien évident de la Messe Gnostique Thélémite.

Cependant, je suis personnellement gêné par le degré auquel les écrits de Crowley manquent à distinguer "éros" & "agape".

Comme pour la Messe Gnostique Thélémite & sa racine essentielle dans la pratique de la relation magique hétérosexuelle connue sous le nom de IX°, je cite les passages suivants de l’instruction secrète du IX°, Agape vel Liber C vel Azoth… pour l’édification des lecteurs.

On trouve cette instruction dans « Rituels Secrets de l’OTO » (et j’ai également en ma possession un petit livre de Kadath Press in England ("Liber Agape & De Arte Magica"). Comme conséquence des copyrights & de la peur des membres de l’OTO, ce document existe dans un état de prétendu secret alors qu’il est très facile d’en obtenir des copies. Ce secret est malheureux car il entrave toute discussion importante concernant les allégations de sexisme de la part de Crowley & du secret intérieur de l’OTO.

« Car ceci est l’Arcane des antiques Hiérophantes qui, dans ce Culte du Soleil dans le Ciel & du Phallus sur la Terre, peut unir tous les hommes, car ces mystères sont raisonnables & vrais, & aucun homme ne peut les nier. Comme il est écrit : Paix aux hommes de bonne volonté ! Et ceci est le véritable & ultime secret de la Franc-Maçonnerie ; ce Soleil, n’est-Il pas le Grand Architecte de l’Univers, le Père du Système, l’Eidolon du Macrocosme ? » (Liber Agape, section X).

« Maintenant le Père est Un, érigé, seul, éternel.

Et le Fils est Un, dans l’identité du Père, et pourtant double en cette nature, étant Dieu-Homme. Et ici est un Mystère ; car étant le Verbe il est l’Esprit, descendant du Père & créant les mondes.

Et l’Esprit est Un, incréé mais procédant, la graine dont le Père & le Fils sont en vérité des véhicules & des gardiens. Et la nature de l’Esprit est Liberté & comme le vent, Il va & vient comme il Lui est donné d’imprégner les mondes.

Et comme le Fils est double ainsi l’Esprit est-il double ; car Il est à la fois mâle & femelle. Car la Colombe est l’oiseau de Vénus ; déjà notre antique Frère Marcus Valerius Martialis qui était Grand Orateur de l’Empire Romain aux jours anciens avait caché le Phallus Sacré dans cette image. Il est la Mère. Il est la Matrice. Est-Il le Sperme qui fertilise l’Ovule ? Non, mais il est cette chose fertile & vivante par elle-même qui n’est ni le sperme ni l’ovule mais leur mariage, la Parfaite Teinture, la Médecine Métallique, la Pierre Philosophale, la Médecine Universelle, l’Élixir de Vie » (Liber Agape, section XII).

Chaque fois que je lis ces passages, je me demande pourquoi j’ai commencé à lire Crowley comme s’il était sérieux plutôt que sous la lumière de l’analyse freudienne...

Il parle au sujet de la présence de l’Étoile ("Hadit") dans le Sperme. Il dit très clairement que les femmes sont des navires "vides" ("Nuit") qui contiennent cette semence....

À un niveau moins spirituel, il implique que les hommes, en tant que gardiens de cet "Esprit-Sperme" sacré, peuvent copuler sans aucune distinction puisque cet Esprit-Sperme-Volonté est libre, « Et la nature de l’Esprit est Liberté, & comme le vent, Il souffle là où Il le désire afin d’imprégner les mondes ».

Il m’apparaît qu’il veut signifier une notion très objectivée de la femme en tant que "mondes". Cette admonestation à laisser les hommes semer leurs graines est répercutée dans le "Livre des Mensonges".

Revenant au verset 57 du premier chapitre du Liber AL, je suggère au lecteur que Tzaddi est en vérité l’Étoile, mais que ce qu’il signifie est que la Lame du Tarot "L’ÉTOILE" n’est pas l’"Étoile".

Il désirait usurper cette interprétation de l’association traditionnelle avec la femme dans l’Arcane du Tarot "L’Étoile".

En l’attribuant à l’"EMPEREUR" & au signe martial du Bélier, il déroba magiquement (& rhétoriquement) aux femmes leur puissance & leur âme.

Remarquez que la carte précédente est "La TOUR", un symbole d’éjaculation, & la carte suivante est "LA LUNE" que même Crowley accepte comme un symbole de la menstruation. Crowley, un véhément anti-avortement (qui a prétendu dans son essai « Le Devoir de la Femme » que l’obligation & la fonction de la femme dans la vie sont la reproduction) rend tout cela très clair pour moi & pour quelques autres, au travers de ces passages, qu’il souffre d’une envie d’utérus.

Dans plusieurs autres instructions, comme « De Arte Magica », il déclare que les partenaires magiques féminins doivent être soit inférieurs soit inconscients de l’intention réelle afin d’assurer une imprégnation magique efficace de la volonté du magicien sur l’enfant magique.

Comme le Docteur Frankenstein, Monsieur Crowley désire créer un homunculus sans avoir recours aux femmes. Le passage suivant est une apologie sibylline de la sodomie :

« … si (le rapport anal avec les hommes)… évite tout contact avec des plans inférieurs (les femmes) ; qu’il se suffit à soi-même, qu’il n’implique aucune responsabilité, & qu’il laisse ses maîtres non seulement plus forts en eux-mêmes, mais totalement libres de remplir leur Nature essentielle » (Magie en Théorie & en Pratique, chapitre IV, page 27).

Ensuite, dans le Liber Aleph, il parle de Charles Stansfield Jones comme de son enfant magique, tel que prophétisé dans leLiber AL :

« Ici, j’élève haut mes Mains vers toi dans le Signe de l’Entrant, ô Fils de mes Tripes, car avec toute ma puissance magique je ferai en sorte que tu te battes vaillamment & que tu œuvres avec Diligence (avec l’Épée & la Truelle) dans cette œuvre » (Liber Aleph, chapitre 76).

« Mais tu n’es pas le rejeton des Couilles d’un Esclave ; tu te tiens ferme & droit, tu fais ta Volonté ; & tu es l’Élu, & en fait, pour cette Œuvre tu fus conçu dans la Couche Magicke, afin que tu puisses rendre l’Homme libre » (Liber Aleph, chapitre 77).

Le Jardin Parfumé de Crowley est dédié presque entièrement à ce thème du mysticisme anal. Il n’y a certainement rien de mauvais dans tout acte sexuel. C’est plutôt l’interprétation obsessionnelle de la spiritualité comme étant sexuelle, & de la suprême manipulation d’imposer ses "gènes" spirituels sur une autre personne lors de la relation sexuelle – d’engendrer une personne déjà vivante, je crois que vous voyez très bien qu’il s’agit là de vampirisme, bien qu’opposé dans son modus operandi (la force de vie & la Volonté s’introduisent ici dans le corps de la victime).

Crowley décrit également le vampirisme comme un digne hobby au sein du IX° OTO (De Arte Magica, XVIII). Il apparaît, grâce à la préférence de Crowley pour la sodomie passive, qu’il est très probable qu’il utilisait le vampirisme.

Il y a aussi le simple fait que des changements conséquents observables suivant l’interaction sexuelle ne sont pas facilement empreints de la « qualité » de la décharge sexuelle. Les journaux de Crowley enregistrant scientifiquement les opérations de magie sexuelle consistent, plus ou moins, en une brève description des qualités sexuelles de ses partenaires, une brusque description de ce qui s’est passé lorsqu’il eut son orgasme (avait-il peur d’écrire en anglais que son partenaire l’amenait à l’extase avec ses mains ?) & quelques adjectifs décrivant l’"Élixir".

Crowley ne parvient pas à en imposer par ses minables procédures de laboratoire ou par son approche détachée, priapique des relations humaines. Pire, il n’y a absolument aucune analyse psychologique ou scientifique des conditions ou des variables de ces opérations.

Peut-être encore plus insidieuse est l’imposition de ses obsessions sexuelles sur les autres. Il apparaît que Crowley désirait créer une Église de sodomites hémophages désireux de consommer leurs propres excréments & sécrétions sexuelles. J’ai une aversion personnelle par rapport à quelques-unes de ces pratiques, mais je suis sûr de moi lorsque j’insulte Crowley parce qu’il sature ses textes "inspirés" de ses propres prédilections & de les faire passer pour une technologie universelle & pour la loi suprême du Nouvel Éon d’Horus.

La notion assez victorienne des poisons & de l’amour de Crowley soutient qu’il est nécessaire pour nous de tendre vers ce qui nous révulse & ce qui nous fait mal.

Dans le "Liber Aleph", nous le retrouvons sans cesse décrivant les femmes par des généralisations négatives. Il les appelle "Sirènes" & "Vampires" cherchant à détruire l’initié en le distrayant de la voie (Liber Aleph, 100, 103). Les implications sexuelles sont assez claires & il est évident qu’il envisageait cette rencontre comme une épreuve essentielle pour le Néophyte.

Afin d’entrer dans l’A.’.A.’., un compagnon ne peut vous retenir. L’amour ne peut pas vous arrêter. Cela semble normal pour la plupart des magiciens, mais je vous demande de vous arrêter un instant. Est-ce une attitude digne de soumettre des partenaires sexuels & magiques ?

Retrancher toute romance peut rendre la vie plus facile & moins douloureuse, mais cela empêche les profonds changements de notre caractère. Les partenaires magiques/sexuels sont très rares & précieux. Il me semble que le meilleur traitement serait le meilleur traitement qui soit. J’hésite également à attribuer une grande valeur à l’initiation spirituelle offerte par l’abandon de l’intimité en faveur de la concupiscence &/ou de l’« initiation ».

Un autre passage du Liber Aleph, que je pense assez important, est le suivant. Notez que ce livre fut écrit au sommet de l’expérimentation de Crowley au sein du IX° OTO.

« Mon Fils, je te charge de ne jamais révéler la Vérité aux Femmes. Car c’est ce qui est écrit : Ne jette pas les Perles aux Cochons, à moins qu’ils ne se retournent contre toi & te déchirent. Vois, dans la Nature de la Femme il n’y a pas de Vérité, ou d’Appréhension de la Vérité, ou de Possibilité pour la Vérité… Maintenant, pour une Femme tout Mensonge suffit & ne pense pas que la Vérité est puissante & dominera comme Elle le fait avec l’Homme… » (Liber Aleph, 133).

J’ai appris à me méfier des personnes qui se préoccupent & qui sont obsédées par les vampires – psychiques ou autres. Surtout depuis que nous avons des indications claires que Crowley était assez capable de commettre de telles négations machiavéliques des volontés des autres humains. Un vieux proverbe espagnol dit que « Les voleurs imaginent que tous les autres sont comme eux ».

Un aperçu plus profond de l’aveuglement & de la faiblesse de Crowley peut être obtenu en lisant ses journaux magiques rédigés lors de ses périodes frénétiques de magie sexuelle après son initiation au IX° de l’OTO. Dans ses enregistrements scientifiques comme le « Compte-rendu magicke de la Grande Bête 666 », nous le retrouvons modelant des description fantasmagoriques de relation sexuelle avec de nouvelles amantes...

Toutes ces œuvres sexuelles de 1914 à 1924 ont eu pour objets : plus de sexe, plus d’argent, plus de membres pour l’OTO & la publication de ces opérations. Ses commentaires démontraient un intérêt dans les seules réactions physiologiques & poétiques procurées par les femmes & dans la qualité de l’élixir. Il ne montre jamais la moindre considération pour les sentiments de ses amant(e)s.

Je ne pourrais pas non plus trouver un moyen de résoudre ces remarques avec mon propre intérêt dans le féminisme & les problèmes des femmes. Je dois être très clair ici pour ceux qui ne sont pas familiers que le contexte des citations qui précèdent est spirituellement très sérieux. Le IX° est le cœur & l’âme de l’OTO. Sa pratique est l’adoration la plus sacrée de ce système...

On doit également la considérer comme très dangereuse – comme l’Arche d’Alliance des juifs. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de souligner que les comptes-rendus ne font aucunement montre du sérieux de cette instruction secrète.

Par contre il n'est pas seulement explicite quand au style de relation qu,il veut entretenir avec les femmes...Il nous soumet le temps d’un paragraphe à ses lamentations sur le fait qu’un seul défaut « empêche la réalisation de l’idéal romantique » (c’est-à-dire qu’il s’ennuya avec toutes ces femmes..), il poursuit en donnant une longue liste de partenaires sexuels – chacun avec un défaut fatal qui l’empêchait de devenir sa "Babalon" idéalisée, la "putain parfaite". Ensuite, enfin, il semble arriver à une vision utile :

« Tôt ou tard, la théorie de l’Amour rate, même là où la pratique a perduré ; non, même lorsque ma passion s’est fatiguée de la femme, & s’est terminée par une chanson, un poème ou une histoire, ce n’était pas d’elles que je parlais. Ah ! mais j’ai un secret ! Dès que l’on cesse de m’étonner, de m’adorer, d’être mon esclave, la chanson prend fin. Car, toute chanson est une douleur, une attente, un cri de l’âme pour quelque chose de plus grand que soi-même, que cette grandeur soit réelle ou simplement une propre projection & fantasme… Je doute que je puisse aimer car l’Amour se contente de servir & d’adorer là où mon âme désire s’emparer, gagner la maîtrise sur ses propres faiblesses, la preuve de la victoire étant la soumission de la femme, ou son rejet, & ainsi la mort de l’amour. Je note que les plus grands poètes-amants de l’histoire furent toujours faibles par leur humanité, Dante & Pétrarche, Shakespear, tous semblent serviles, ou vantards. Mais, je suis de Catulle, de son école : je peux adorer mon propre idéal & habiller une femme des atours de la Fille du Roi ; mais, hélas ! » (pages 138, 139).


Le poème de "Catulle" extrait de « Odi et Amo », de Crowley  (cité pour votre édification) :

« Je vous donnerai des preuves de ma virilité, giton d’Aurélius et complaisant Furius, vous qui, pour quelques versiculets un peu libres, m’avez accusé de manquer à la pudeur. Sans doute le poète pieux doit être chaste dans sa vie ; dans des versiculets, ce n’est pas nécessaire, car enfin ils n’ont sel ni charme que s’ils sont un peu libres, s’ils manquent à la pudeur, et s’ils peuvent exciter le prurit, je ne dis pas chez les petits garçons, mais chez les vieillards velus qui ne peuvent plus mouvoir leurs reins engourdis. Vous avez lu ces vers où je parle de plusieurs milliers de baisers, et vous me croyez incapable d’être mâle : je vous donnerai des preuves de ma virilité ».

Après avoir repoussé sa digression introspective comme n’étant que "17 pages de boniments", il revient finalement à la raison de cette digression : quand les muses rempliront-elles sa bouche de chants à nouveau ?

La seule raison de son besoin & de sa méditation sur l’amour était qu’il ne pouvait plus écrire de bons poèmes... Il avait besoin d’une amante afin de pouvoir écrire de la meilleure poésie. C’est la seule signification au fait que Crowley désirait plus que tout que l’on se souvienne de lui tout d’abord comme d’un poète... (?)

J’ai une suspicion que l’A.’.A.’. n’était qu’un moyen d’attirer plus d’attention sur sa poésie & sur son pénis au travers du scandale & de la vogue fin de siècle pour la spiritualité alternative... Un regard sur ses amis & fantômes devrait affirmer cette dévotion au programme avant-gardiste & à une campagne de relations publiques ambiguë & si ambitieuse, qui fait que, Salvador Dali lui-même semble sage & apprivoisé en comparaison.

À nouveau, j’ai réalisé qu’en dépit des nombreux talents & des nombreuses réussites de Crowley, qu’il ne savait rien de l’agape...

Je vis & respire agape, ceci explique facilement pourquoi je me sens si différent de Crowley...

J’ai réalisé également que c’est exactement ce dont manquent les rituels de l’OTO (& la maçonnerie également) – du moins, selon mon expérience & mes réflexions à leur sujet. Leur ton est inexplicablement sérieux & formel. Dogmatique et terrain pour toutes formes de manipulations sur les autres...

Peu reste à dire sur la nature impersonnelle, légaliste d’un rituel formel où la logique est plus en jeu que les individus....

Virginia Held, Alison Jaggar & Carol Gilligan ont offert des critiques d’une telle société rationaliste dominée par les mâles!

Par exemple, dans l’OTO, le processus d’initiation qu’ils prétendent universel, objectif & réel, est imperméable aux individus & aux particularités. Par-dessus tout, il se sépare de l’irrationalité du cœur humain. Les leçons que j’ai apprises dans les initiations & par mes expériences sont totalement vides de tout ce qui se rapporte à la confiance, l’intimité, l’émotion ou l’amour (comme je les conçois).

Je trouve que l’OTO est plutôt une fantaisie dominée par des mâles, & déséquilibrée au sens le plus profond. C’est sans doute la seule raison pour laquelle j’ai quitté l’OTO. Je ne pouvais ignorer les passages & les dogmes comme ceux que j’ai cités ci-avant...

L’intimité émotionnelle est un élément très important de l’expérience humaine. En dépit de la vie sauvage de Crowley, il se sentait clairement insatisfait & sans amour...

Je ne sais rien de son état d’esprit. Je suis heureusement marié à une merveilleuse femme & j’ai une vie sexuelle pleine & amusante...

Crowley peut critiquer beaucoup de choses telles l’"Ancien Éon", mais son traitement de l’amour romantique est indicatif d’un cœur froid comme la glace & d’une incapacité à communiquer...

La Géomancie selon Aleister Crowley
Par Melmothia & Spartakus FreeMann


Une lecture critique du "Liber Gaias"

Paru en 1909 dans le second opus de la revue Equinox, le Liber Gaïas est, selon l’aveu de Crowley lui-même, incomplet : « Par ordre de l’A∴A∴ certaines formules y ont été introduites, et des omissions furent faites, afin de rebuter ceux qui veulent le prostituer afin de satisfaire la curiosité ou afin de tromper ». Que l’obscurité du texte soit intentionnelle est en effet possible, mais les mauvaises langues diront que la difficulté vient plus probablement de ce que le livre est constitué de notes de lectures que Crowley a récupérées et compilées, « après un examen scrupuleux » nous dit-il – mais là aussi, on peut douter.

Il en résulte que le texte est particulièrement décousu, obscur et, il faut le dire, d’une totale vanité que vous connaissiez déjà le domaine ou que vous soyez néophyte ; dans le premier cas, vous n’y apprendrez rien, dans le second, vous n’y comprendrez rien. Nous espérons que ce ne sera pas le cas de cette lecture critique.

1/ La géomancie est un art divinatoire arrivé en Europe vers le XIIe siècle par le biais de l’Islam, époque où sont rédigés les premiers traités connus en langue arabe et latine. C’est donc une mancie relativement jeune à l’échelle de l’humanité, même si on peut supposer, avec Toufic Fahd, que des procédés similaires existaient dès le IXe siècle en Orient. Ses origines culturelles ont longtemps été débattues, mais la plupart des indices historiques et linguistiques laissent supposer que notre art a poussé dans le monde arabe. Exit donc les atlantes, les lémuriens et les égyptiens – sans oublier les chinois et les indiens. Concrètement, elle consiste en un tirage au sort de figures au nombre de 16, chacune étant composée de 4 étages d’un ou 2 points (voir l’article La géomancie : mise aux points sur ce site).

En Occident, la géomancie connaîtra un grand succès durant le Moyen Age et surtout la Renaissance, avant de tomber en désuétude supplantée par d’autres arts divinatoires, plus accessibles aux classes populaires notamment l’astrologie. Il faudra attendre les cercles occultistes du XIXe et du début du XXe siècle pour la voir revenir à la mode. Alors qu’une grande partie de l’Afrique conserve une pratique géomantique uniquement basée sur le tirage au sort des figures, en Europe, le rapprochement avec l’astrologie (qui s’est surtout déployé à la Renaissance), est devenu constitutif du domaine, au point qu’il est difficile à l’heure actuelle, en Europe, de parler de géomancie sans évoquer les domifications, aspects, etc. S’en est suivi une complexification notable du système, d’autant que dès le XIIIe, les textes se multiplient, des traités souvent recompilés à partir des mêmes sources qui seront imprimés et traduits dans presque toutes les langues européennes. Aux textes arabes s’adjoindra un énorme corpus de traités en latin et en langue vulgaire, chaque auteur ajoutant ses propres sophistications dérivées de l’astrologie aux apports antérieurs.

Bien que les péripéties linguistiques du terme soient plutôt bien connues, puisqu’on sait que le nom « géomancie » a été attribué artificiellement à cet art divinatoire, demeure toujours le fantasme, tenace chez les adeptes de la communion avec la Terre-Mère, d’une étymologie révélatrice ; et c’est apparemment le cas de Crowley qui nous intitule son bout de traité Liber Gaïas (le livre de la Terre).

Depuis l’antiquité gréco-romaine, la « géomancie » désigne l’art de prédire l’avenir par l’observation des signes naturels de la terre (secousses sismiques, failles, érosion des roches, etc.).

Concurremment à la géomancie, existent, suivant la classification élémentale de Varron : la pyromancie, l’hydromancie et l’aéromancie, toutes basées sur le même principe d’interprétation des « signes naturels ». Au Moyen Age, la manie de scruter la terre est passée de mode. Le tiroir reste vide, jusqu’à ce que l’Europe découvre l’art oriental de faire des points dans le sable alors appelé «khatt al raml» ou ilm al raml». L’occident médiéval, épris de taxinomie et fidèle à Varron, décide de récupérer l’appellation pour désigner cette nouvelle technique, qui prendra désormais le petit nom qu’on lui connaît et qui fera tant gloser les occultistes et les new-ageurs du XXe. L’étymologie erronée va octroyer plein de nouveaux avantages à la géomancie puisque désormais, elle permet la connexion avec les esprits telluriques, notre mère la Terre, et d’autres salades du genre. Dans la foulée, la confusion a également permis le rapprochement avec la magie ; nos figures géomantiques qui n’en demandaient pas tant, se retrouvent dès la Renaissance apposées sur des talismans, puis utilisées pour invoquer les gnomes ; c’est que la géomancie en changeant de nom s’est alourdie en sacralité.

De là sans doute ce passage sur la fabrication d’un sceau qui arrive comme un cheveu sur la soupe : « Utilisez un papier (vierge); placez le Pentagramme approprié (soit avec, soit sans cercle externe) d’invocation.

Si c’est un cercle, tracez-le d’abord. Le Sceau du Gouverneur auquel la nature de la question se rapporte le plus doit être placé ainsi dans le Pentagramme […]. Dans le diagramme de la page 8, on doit utiliser le Sceau de Hismael ».


Géomantie selon Crowley

2/ Après avoir glissé sur la peau de banane étymologique dans le Liber Gaïas, Crowley se jette avec enthousiasme sur une deuxième dans le Liber 777, texte où il revient sur son expérience du domaine, ouvrant son exposé par un magistral :

«La géomancie présente l'avantage d'être rigoureusement mathématique ». L’affirmation est évidemment ridicule si l’on considère que l’intégralité du thème se base sur un tirage au sort des quatre premières figures — c’est même le principe de toute cléromancie : croire que le hasard n’en est point tout à fait, mais c’est un vieil argument que de prétendre à la science parce qu’on fait des additions.

Ce désir de loucher vers la « rigueur » a d’ailleurs joué un rôle important dans le rapprochement de la géomancie avec l’astrologie. Car même si certains historiens veulent déceler dans les figures des astres ou des constellations, l’utilisation des techniques proprement astrologiques est inconnue des premiers géomanciens qui se contentent de tracer des figures dans le sable et d’en déduire des prédictions ; ils ne convoquent pas les Maisons, les Aspects ou la Part de Fortune à la fête. Introduite en Europe, la géomancie va se complexifier à un tel point qu’on peut se demander si les auteurs n’ont pas pioché dans l’astrologie et mathématisé les pratiques parce qu’ils souffraient du complexe des figures tirées au hasard. Il faut introduire des subtilités, allonger la liste des règles, par souci d’enrichissement du sens, mais également pour rattraper l’astrologie dans la cour des arts « rigoureux », ces sophistications satisfaisant à une double illusion : si on fait des calculs, c’est donc scientifique & seul ce qui est scientifique est sérieux. Deux idées fausses, mais qui font toujours leur petit effet.

3/ Entrons à présent dans le détail du Liber Gaïas :

Après l’avertissement, déjà évoqué, concernant la présence d’omissions volontaires, le traité est préfacé par une citation donnée comme extraite des Oracles de Zoroastre [3], un carré de la Magie sacrée d’Abramelin le Mage et par un dessin d’Austin Osman Spare ; tous ces éléments n’ayant aucun lien, de près ou de loin, avec la géomancie.

La citation attribuée à Zoroastre est en fait une diatribe contre la divination :

« Ne dirige pas ton esprit vers les vastes surfaces de la Terre ; car la Plante de la Vérité ne grandit point sur le sol. Ne mesure pas non plus les mouvements du Soleil, collectant les lois, car il est porté par la Volonté Éternelle du Père, et non pour toi seul. Rejette de ton esprit la course impétueuse de la Lune, car elle se meut toujours par le pouvoir de la Nécessité. La progression des Étoiles n’est pas générée pour ton bénéfice. L’ample vol aérien des oiseaux ne donne aucune véritable connaissance, ni la dissection des entrailles des victimes; tout ceci n’est que simple jeu, la base de la fraude: fuis-les si tu désires pénétrer dans le paradis sacré de la piété où Vertu, Sagesse et Équité sont unies ».

L’utilisation du carré dit de « Macaneh » est encore plus curieuse, car ce carré particulier est tiré du dixième chapitre du troisième livre et est destiné à « empêcher les sorciers d’œuvrer »; sans aucun doute est-ce là une protection contre une mauvaise utilisation de la géomancie !

Le dessin de Spare, appelé « Posture de la Mort » est tiré du Livre du Plaisir publié en 1913, après l’article de l’Equinox donc ! À cette époque, Spare était un disciple de l’A∴A∴ de Crowley.

4/ Le texte lui-même s’ouvre par une classique table de correspondances, attribuant à chaque figure géomantique, des signes du zodiaque, un Elément, son sexe, son nom, sa signification, son Génie, son gouverneur et sa planète ; le tout étant assez conventionnel.

D’une façon générale, la méthode proposée par Crowley est, à bien des égards, similaire à celle enseignée dans le traité de géomancie attribué à Henri Cornelius Agrippa, se trouvant dans Le Quatrième Livre de la Philosophie Occulte, bien que des éléments semblent avoir été tirés d’œuvres médiévales et de la Renaissance (les sceaux des esprits planétaires et les tables du témoin et du juge, par exemple, ne sont pas d’Agrippa ou de cette autre courte œuvre De la Géomancie, attribuée à Gérard de Crémone, qui fut incorporée dans l’œuvre d’Agrippa; les attributions des figures aux signes du Zodiaque diffèrent dans certains cas).

Concernant ces correspondances, une remarque s’impose: La géomancie en voulant digérer l’astrologie s’est heurtée à un petit problème d’effectif, comment faire entrer 16 figures dans 12 signes (d’autant que les significations attribuées à tout ce beau monde ne se chevauchent que difficilement) ? De là, personne n’est d’accord sur les attributions. La lecture des traités permet d’ailleurs de constater que toutes les combinatoires ou presque ont été proposées avec le même aplomb.

Un problème quasi similaire se pose avec les Eléments, chaque auteur y allant de sa propre classification. Certes, on peut considérer que tout est négociable étant donné la difficulté, cependant l’option prise par Crowley est loin d’être optimum, notamment parce qu’elle va par endroits à rebours des significations fondamentales des figures ; ainsi Rubeus, le rouge, traditionnellement considéré comme lié la colère, à l’énergie brutale, figure enflammée d’explosion des passions est subsumé à l’élément Eau. Quant à Caput Draconis, figure d’élévation, généralement appréhendée comme abstraite, intellectuelle, voire spirituelle, la voilà affiliée à la Terre.

Crowley semble avoir recopié un tableau de correspondance sans se poser davantage de questions sur sa pertinence.

5/ Le second chapitre souligne rapidement la méthode de construction des figures géomantiques à partir des quatre Mères jusqu’au Juge, si ce n’est que Crowley introduit la prescription de la Golden Dawn de placer « un pentagramme d’invocation » ou un cercle. Le sceau du gouverneur de la nature de la question doit être tracé dans le pentagramme.

Cette recommandation a été répétée de nombreuses fois par d’autres écrivains de la tradition GD, dont Israël Regardie. Toutefois, il semble que le premier à avoir conseillé cette opération soit S.L. Mathers sur base des informations fournies par Heydon.

Si le procédé d’obtention des quatre premières figures (les Figures Mères) par la technique dite du Jet de point est correctement décrit, Crowley ne dit quasiment rien de la formation des autres figures, ne livrant qu’un très allusif « Les Filles sont déduites par la lecture horizontale des mères » [5]. Soit l’évitement participe des « omissions volontaires » évoquées plus haut, ce qui est absurde puisque la plupart des traités géomantiques décrivent ces procédures en détail, soit Crowley suppose que les procédés sont connus – ce qui rend alors l’intégralité du Liber Gaïas inutile, puisque le reste qui n’a rien de très original sera sans doute également connu du lecteur.

En passant, il avale le rôle de Témoins qu’il ne considère être « que des aides au Jugement général ». Plus loin, dans le chapitre IV, selon cette logique de réduction, ces trois figures donnent lieu à des tableaux indiquant la tendance de la réponse. Outre qu’en règle générale, l’utilisation de tables délivrant des verdicts est une catastrophe ôtant tout intérêt à la voyance en la transformant en bataille navale, celles de Crowley sont particulièrement indigentes. On peut se demander quel intérêt conserve un art qui après consécrations de sceaux, mathématiques savantes et quelques autres contorsions, vous livre en guise de « Juge » de la situation, des « bon », « mauvais », des « pas terrible » et des « youpi »…

Les tableaux de correspondances entre les figures et les Maisons sont aussi pauvres.

6/ Le chapitre III présente le système de domification traditionnel de la G.D., ce qui est déjà plus intéressant:

La façon classique de dresser un thème géomantique consiste à tracer un schéma en forme de bouclier divisé en 16 cases, les douze premières correspondant aux Maisons traditionnelles de l’astrologie ; les Mères seront placées dans les 4 premières Maisons, les filles dans les 4 suivantes, etc. La domification préconisée par la Golden Dawn est plus originale puisqu’elle va faire porter l’accent sur les Maisons Cardinales, celles-ci accueillant les 4 Mères. Pour cela, sera utilisé un schéma hérité de l’ancienne manière « carrée » de monter un thème astrologique :

Les 4 Mères vont se placer dans les 4 Maisons Cardinales en commençant par la X et en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (c’est-à-dire respectivement dans les Maisons X, I, IV, VII).

Les 4 filles vont se placer dans les Maisons succédentes en commençant par la Maison XI et en continuant toujours suivant le sens inverse des aiguilles d’une montre.

On place ensuite les nièces depuis la Maison XII.

Nous arrivons ensuite à la partie du manuel que Crowley semble avoir écrite afin de rebuter ceux qui chercheraient à prostituer ce système de géomancie… Du moins, on peut le penser, car cette partie consiste en un ensemble de tables interprétatives dont la seule originalité est d’être un mauvais résumé de textes antérieurs.

Les dix catégories de questions décrites par Crowley : « Vie, Argent, Rang, Propriété, Épouse, Sexe de l’Enfant, Maladie, Prison, Voyage et Chose Perdue » sont disposées de manière assez curieuse et ne sont qu’une version abâtardie des douze catégories des maisons astrologiques.

Israël Regardie dans son The Golden Dawn dit de ces tables : « Je les ai trouvées très peu fiables, n’offrant de réponses que dans une grande contradiction par rapport à la divination proposée par la lecture » [7].

Les cinq dernières pages du Manuel de Crowley couvrent très rapidement les interprétations astrologiques des figures, des aspects, des dignités principales, etc. Un travail très pauvre à nouveau illustré par un mauvais dessin de Spare.

En conclusion, on peut se demander si l’indigence générale du traité doit être imputée à la volonté de conserver l’information sous le manteau, ainsi que Crowley l’affirme – ce qui peut être le cas pour les sceaux planétaires, ou s’il ne convient pas de questionner plutôt sa compétence, d’autant que lui-même nous dit :

« À une époque, nous dit-il, le MAÎTRE THERION l’utilisait beaucoup ; mais Il n’était jamais totalement à l’aise avec ; Il trouvait l’interprétation très difficile. Qui plus est, il Lui semblait que les intelligences géomantiques elles-mêmes étaient d’un ordre inférieur, dont l’étendue de la connaissance se trouvait limitée à une petite partie des choses qui L’intéressaient; et aussi qu’elles possédaient un point de vue propre qui était loin d’être en résonance avec le Sien, de sorte que des malentendus perturbaient constamment le Travail ».

Ce que Stephen Skinner commente ainsi : « Crowley soutient avoir intensivement utilisé la géomancie, mais il avoue qu’il ne s’est jamais senti totalement à l’aise avec ce système, trouvant ses interprétations trop difficiles à déterminer, ce qui ne fait aucun doute s’il a utilisé ses propres tables ! »

* Cette critique s’inspire partiellement du travail de Stephen Skinner, Terrestrial astrology, divination by geomancy, Routledge & Kegan Paul, London, 1980.

** Les citations du Liber Gaïas ont été traduites par Spartakus Freemann. Le texte original est consultable en ligne ici : Liber Gaias.

Aleister Crowley & l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée


En 1898, quand il avait 23 ans, Crowley lu le livre d’Eckarthausen, La Nuée sur le Sanctuaire. Cela eu un grand effet sur le jeune homme, car le livre parlait du Sanctuaire Secret des Esprits, dans sanctuaire intérieur qui détiendrait tous les secrets relatifs à Dieu et à la Nature. Aiguillonné par cette idée, il décida de se mettre à la recherche d’un tel ordre occulte qui pouvait lui offrir ce qu’il désirait depuis si longtemps : la connaissance des mystères qui lui permettrait d’être véritablement supérieur à tous.

Envisagez un instant la situation du jeune Crowley dont les jeunes années avaient été dominées par une religion rude et sans compromis qui ne promettait la vie éternelle qu’à ceux qu’elle estimait dignes et qui s’étaient conformés aux règles qu’elle avait établies. La lecture de ce livre, cependant, offrait une nouvelle perspective, une illumination pouvait être atteinte par l’étude et la connaissance (en fait par la gnose) et non par la soumission et par la fidélité à la Sainte Loi. Ceci devait fortement attirer Crowley qui ne se ressentait pas le besoin de se conformer à un système qui pris en horreur et qui préférait l’étude et la recherche.

Crowley commença ses recherches tout de suite et, plus tard cette même année, il fit la connaissance, à Zernatt, de Julian Baker à qui il expliqua ce qui cherchait. Baker, un étudiant du monde de l’occulte, devait l’introduire comme au sein de l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée. Cet Ordre était une société secrète ésotérique qui s’occupait de magie rituelle, de Qabalah et d’autres sujets occultes et mystiques. Ses origines furent sujettes à de nombreux débats bien qu’il soit généralement admis que William Wynn Westcott en fut le fondateur. Il nous faut à présent décrire quelque peu l’histoire de cet Ordre, son organisation et les raisons qui ont poussé Crowley à y entrer.

Le Docteur Westcott, un médecin légiste de Londres, franc-maçon, était profondément impliqué dans une société maçonnique de « marge », la Societas Rosicruciana in Anglia (S.R.I.A.), dont les buts étaient l’étude de la philosophie et du monde de l’occulte (la Qabalah et l’Hermétisme).

Insatisfait de cet Ordre qui ne pratiquait aucune magie réelle, n’existant que comme un simple groupe de discussion, il décida d’inventer un nouvel Ordre. Cependant, du fait de la nature même des ordres occultes, il avait besoin d’une origine authentique et bien déterminée. Il y réussit en « traduisant » quelques manuscrits codés « découverts » par un maçon dans une librairie. Ceux-ci, clamait-il, étaient des fragments de rituels magiques avec une adresse en Allemagne d’un ordre d’adeptes rosicruciens.

Il semble que les fameux manuscrits codés qui sont à l’origine de la fondation de l’Aube Dorée sont issus de l’imagination d’un autre personnage : Kenneth MacKenzie. Mais MacKenzie décéda en 1870, et l’on peut supposer que la création d’un ordre comme l’Aube Dorée était un projet déjà envisagé et que Westcott n’a fait que le récupérer et le concrétiser.

En 1887, avec la coopération de deux autres personnes, le docteur Woodman et Samuel Liddel Mathers, Westcott fonda le premier Temple de l’Aube Dorée, sur base d’une Charte donnée par les chefs de l’Ordre en Allemagne. Ce Temple qu’ils appelèrent « Isis-Urania », se réunissait au Mark Mason’s Hall, et ensuite à Great King Street à Londres.

L’Aube Dorée possédait une structure hiérarchique comme beaucoup d’autres institutions occultes, de la Franc-Maçonnerie à la société de la Rose-Croix.

L’Ordre était réparti en 11 Grades ou Degrés qui représentaient une progression successive dans l’apprentissage et les capacités magiques de l’adepte. Chacun de ces grades était représenté par un symbole ésotérique tiré de l’Arbre de Vie qui faisait partie du corpus de la Qabalah. La hiérarchie était divisée en trois Ordres représentant chacun une certaine classe d’adeptes.

L’Ordre le plus bas était nommé "Aube Dorée" et était constituée par les étudiants qui avaient étudié les doctrines magiques et réussirent des examens sur ces sujets. Le second Ordre était intitulé la "Rose Rouge & la Croix d’Or" au sein duquel les adeptes pratiquaient réellement l’art magique. Le troisième et dernier Ordre était connu comme l’"Étoile d’Argent" (Astrum Argentinum) et était composée des adeptes qui avaient "traversés les Abysses" et qui étaient devenus des maîtres dans l’art magique.

Les 5 grades du premier Ordre étaient très académiques, chaque grade avait un certain nombre d’aptitudes à perfectionner et de connaissances à acquérir. Par exemple, les adeptes devaient réussir à dominer le plan astral par la méditation et certaines formes d’exercices de yoga. Les connaissances requises étaient principalement Qabalistiques bien que d’autres parties de la doctrine occulte devaient être étudiées également : le Tarot, l’Enochien, la magie et la magie cérémonielle…

L’Oeuvre à accomplir au sein du Second Ordre était de parvenir à la « Connaissance & Conversation avec son Saint Ange Gardien ». Le SAG individuel est une intelligence céleste (un chef secret selon certains) que n’importe qui est capable d’atteindre au travers de la méditation. Ce contact était très bénéfique puisqu’il devait permettre à l’adepte de maîtriser son potentiel et ainsi d’atteindre et de dépasser les Abysses afin de devenir un véritable Maître. Ceci était considéré comme étant le Grand Oeuvre de l’Ordre et il est intéressant de lire les différentes narrations d’adeptes qui disent avoir réussi cette opération.

Aux environs de 1891, le chef de la branche allemande de l’Ordre – Madame Sprengel – décéda et il n’y eut plus aucun contact ultérieur suite à une réponse de l’Ordre qui déclarait que ceux qui voulaient apprendre plus avaient déjà en leur possession les moyens de le faire. Cela impliquait qu’ils devaient entrer en contact direct avec les "Chefs Secrets", un groupe ténébreux d’individus qui étaient les maîtres immortels de tous les autres maîtres de par le ponde. Ces Chefs Secrets étaient sensés habiter les régions inhabitées du Tibet ou être des esprits immatériels et éthériques. En aucun cas, les chefs de l’Aube Dorée ne voulaient ou désiraient entrer en contact avec ces âmes…

En 1891, dans le Bois de Boulogne à Paris, Mathers, le troisième chef de l’Aube Dorée proclama avoir établi un contact avec les Chefs Secrets. Il soutint que ceux-ci lui avaient donné l’unique autorité pour diriger l’Ordre, et il prît le contrôle des mains de Westcott, qui démissionna en 1897. Pendant ce temps, l’autre chef, le docteur Woodman décéda. Mathers était maintenant le chef suprême de l’aube Dorée. A cette époque, l’Aube Dorée était une organisation très hétérogène, formée par trois maçons membres de la S.R.I.A., avec des femmes et certains individus que la maçonnerie n’intéressait pas. Certains des membres les plus connus sont Arthur Edward Waite et W.B. Yeats, le poète prix Nobel.

Pour en revenir à Crowley, il fut introduit à Mathers par Georges Cecil Jones, un ami de Baker qui était aussi membre de l’Aube Dorée. Crowley accepta l’invitation de Mathers à rejoindre l’Ordre, et en Novembre 1898, il fut initié comme Néophyte 0° = 0° dans l’Ordre Extérieur de l’Aube Dorée. Il prit alors le nomen de « Perdurabo » (J’endurerai jusqu’à la fin) et fut dès lors connu comme Frater Perdurabo.


Un mois plus tard il devint Zelator et dans les deux mois qui suivirent, il obtint les deux grades successifs. Après une période d’attente statutaire il accéda alors au rang de Philosophus, et attendit l’accès au Second Ordre. Cela représentait une progression stupéfiante, en 6 mois à peine, il accéda au rang de l’Ordre Extérieur de l’Aube Dorée et il pratiqua bientôt la magie selon les enseignements de l’Ordre. Cela a dû énormément lui plaire de rejoindre un ordre comme l’Aube Dorée où il pouvait accéder à de « nouvelles accolades » et être reconnu en tant qu’adepte.

En 1900, Mathers vivait à Paris. Eloigné géographiquement de l’Aube Dorée d’Angleterre, la dissidence apparut. Les adeptes du Second Ordre commencèrent à se rebeller contre son autorité en demandant des preuves de son contact avec les Chefs Secrets. Le 16 février de cette année, Mathers, craignant d’être expulsé de l’Ordre et surtout de son statut de chef, écrivit une lettre à son représentant, Madame Emery (qui était aussi l’Instructeur des Rituels de l’Ordre) et l’informa de la vérité derrière la formation de l’Aube Dorée.

« … Ceci m’oblige à vous le dire sans ambages (et comprenez-moi bien, je peux prouver chaque mot de ce que je vous dis ici et plus encore, et comme lorsque j’étais en conflit avec S.A. [Saper Aude - Westcott] je vous dirai de même) pour le bien de l’Ordre, mais comme cela risque de porter atteinte à la réputation de S.A., je vous conjure de garder tout cela secret vis-à-vis de l’Ordre, pour l’heure actuelle du moins, même si vous restez libre de lui (Westcott) montrer ceci, après mûre réflexion, si vous pensez que c’est approprié. Il n’a jamais été à aucun moment ni en contact physique ni par correspondance avec les chefs Secrets de l’Ordre, il a seul forgé la pseudo correspondance entre lui et eux , et ma langue est restée liée pendant toutes ces années par un serment de Secret envers lui, demandé à moi par lui avant de me montrer ce qu’il avait fait ou provoqué ou les deux… »

Le lecteur pourra se référer à l’introduction de l’excellent « Dogme et Rituel de l’Aube Dorée » (éditions des Gouttelettes de Rosée, 1999) pour une explication plus détaillée de l’historique et des rituels de l’Ordre. Et enfin, se référer aux annexes afin de lire la correspondance attribuée à Mrs. Sprengel et aux adeptes allemands.

Quelques jours auparavant, le 13 janvier, Crowley s’était vu refusé l’initiation au Second Ordre, au grade 5° = 6°, par ceux qui dirigeaient l’Ordre en l’absence de Mathers. Il voyagea alors jusqu’à Paris pour demander à Mathers de l’Initier lui-même. Mathers accepta sous la condition que Crowley lui prête un serment d’allégeance absolue et que Crowley le reconnaisse comme seul chef de l’Ordre.

Ainsi, Crowley devint Adeptus Minor de l’Ordo Rosae Rubae et Aurae Crucis. A son retour à Londres, Crowley se rendit au quartier général du Second ordre afin d’obtenir les copies des rituels du grade qui lui étaient maintenant dus. Cependant, on les lui refusa et il ne fut pas reconnu comme Adeptus Minor du fait que l’initiation avait été donnée par Mathers (la secrétaire à cette époque était Madame Cracknell que Crowley n’appréciait pas beaucoup). En rage, Crowley retourna à Paris afin de tout raconter à Mathers et comment les choses se passèrent. Que sa rage soit due au fait qu’on lui refusa la reconnaissance de son nouveau statut ou de la rébellion ouverte contre l’autorité de Mathers, personne ne peut le dire, mais dans ses Confessions, Crowley écrira : « … l’institution de Londres était en révolte ouverte contre le Chef… » et ne fît aucune mention de ses sentiments à ce sujet. Ainsi, on peut supposer que c’est réellement le manque de loyauté de Londres qui le mit dans cet état.

Finalement, Crowley quittera l’Ordre de l’Aube Dorée, rompra avec Mathers et, en 1904, fondera son propre Ordre, l’Astrum Argentinum dont il sera le Magus Suprême. Dans sa revue magicke Equinox, il publiera le matériel de l’Aube Dorée à sa disposition et entrera alors en conflit ouvert avec les continuateurs de l’Ordre.

L’Aube Dorée a donc bel et bien joué, comme nous venons de la voir, un rôle primordial dans la formation magique pratique & cérémonielle de Crowley. L’enseignement de l’Ordre constitue la base sur laquelle il fondera son propre système, la « Magicke », en repiquant les éléments enochiens, qabalistiques, théurgiques, astrologiques et en les modifiant selon les spécificités de sa propre doctrine. Il finira par inclure ces éléments dans la révision des rituels de l’Ordo Templi Orientis, dont il deviendra le Grand Maître sous l’impulsion de Théodore Reuss.

LE TAROT DE CROWLEY : LE LIVRE DE THOT


Aleister Crowley (1875-1947) fut certainement un homme hors du commun. Le tarot de Crowley dit "Miroir des Ombre" ou "Tarot de Thot" est, de toute apparence, la création d’un illuminé! Les illustrations des arcanes ont été réalisées par Lady Frieda Harris, sous la direction du fameux occultiste.

Bien que Lady Harris n’en savait que très peu au sujet des tarots et de la divination, elle parviendra à intégrer avec grande sensibilité toutes les finesses de l’ésotérisme du nouvel âge dans ses peintures... En ce sens elle fut une pionnière du « psychédélisme ». Aussi, sous l’impulsion de Crowley, elle a créé le premier tarot avec un style qui mêle occultisme, kabbale et érotisme.


De nombreuses cartes furent peintes en plusieurs versions avant de trouvées l'approbation de Crowley. Plus de cinq ans passèrent avant que toutes les cartes fussent accomplies.

Ce tarot fût publié pour la première fois en 1969, après le décès de Crowley ainsi que de Lady Harris. Les peintures originales de Lady Harris se trouvent actuellement à l'institut Warburg, université de Londres.

Crowley croyait que les atouts du tarot, ou Atus de Tahuti, comprenait un système complet d'hiéroglyphes, qui représentaient la totalité des énergies de l'univers. Il a recherché à reconstruire les atouts grâce à une combinaison de l'astrologie et de l'Arbre de Vie avec dix sephiroth et les vingt-deux voies de liaison.

Les noms de quatre des arcanes majeurs, ou "Atu", ont été changés; l'arcane VIII l'ajustement a replacé la justice, l'arcane XI LA CONVOITISE a remplacé LA FORCE, l'arcane XIV L’ART a remplacé LA TEMPÉRENCE et XX L’AÏON ou L’ÉTERNITÉ a remplacé LE JUGEMENT.

Dans ce jeu de Tarot, on évolue dans un monde presque surréaliste. Les illustrations nous invitent à nous perdre dans un univers de symboles occultes, des allégories faites d’illusion, d’allusions, de trompe-l’œil et d’artifices... Ces illustrations tordues nous invitent à la rêverie ou au fantasme....

En vérité, les motifs de ce tarot s’affichent comme un amalgame indigeste d’éléments et de symbolisme aux diverses connotations, qui recouvre de multiples traditions et différentes disciplines et en fin de compte, on pourrait le surnommé "le tarot de la confusion"...

Comme avec toutes les discipline que Crowley a aborder, il s’est encore permit de changer complètement la tradition et il a créé son propre système, son propre dogme, et sa propre tradition... (pas très propre) Et enfin, de la même manière, Crowley s’est servi du tarot de Marseille, et d’éléments de la tradition ésotérique pour inventer son système et son tarot, selon sa vision et sa conception...

L’Art premier de Crowley reste : "L’art de désobéir, et de ne se pas conformer"....

VOICI DES OUVRAGES DE CROWLEY, QUE VOUS POUVEZ CONSULTER :
(cliquez sur l'image pour accéder aux documents)

DOGME DE LA KABALE, d’Aleister Crowley
L'ŒUVRE DE CEPHALOEDIUM, d'Aleister Crowley.

lundi 28 janvier 2013

ALICE BAILEY (1880-1949)


Alice Ann Bailey, dite Alice Bailey ou A.A.B., était un écrivain britannique. Née le 16 juin 1880 à Manchester sous le nom d'Alice LaTrobe Bateman, elle fut mariée à Foster Bailey. Elle est décédée le 15 décembre 1949.

Reconnue comme une des personnalités fondatrices du mouvement du New Age, Alice Bailey a écrit une vingtaine d'ouvrages occultistes, ainsi que des articles pour le « Lucis Trust », institut spiritualiste qu'elle fonda en 1920.

Esquisse biographique

Dans son dernier ouvrage publié à titre posthume, Autobiographie inachevée, Alice Bailey relate son aventure littéraire et initiatique. Après avoir été chrétienne évangélique et adepte de la Société Théosophique, Alice Bailey fonde l'École Arcane en 1923. Elle affirme que la plupart des ouvrages qu'elle a écrits lui ont été dictés par télépathie par le Tibétain Djwal Khul, un "Maître de Sagesse"...

Le thème de ses ouvrages consiste en un enseignement ésotérique autonome, se proposant d'être un complément plus détaillé et structuré de l'étude des « Stances de Dzyan », ouvrage sacré hindou analysé auparavant par la théosophe Mme Blavatsky dans son œuvre « La Doctrine Secrète ».

Ses 26 ouvrages ont popularisé des notions telles que la venue du Nouvel Age et l'avènement du "Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde", au travers de "Triangles Ésotériques" – réunions d'individus par groupes de trois, supposés travailler en réseau avec leurs énergies pour l'aide spirituelle à l'Humanité – qu'Alice Bailey a commencé à organiser en 1937. Ces "triangles" se fondent sur un mantra connu sous le nom de Grande Invocation, utilisé par des milliers de groupes ésotériques à travers le monde encore aujourd'hui1. De nos jours, l'enseignement d'Alice Bailey continue d'être diffusé et étudié au travers de l'École Arcane et de sa maison d'édition le Lucis Trust.

À propos d’Alice Bailey...

À partir de ses origines britanniques conservatrices, la vie d’Alice Bailey a pris de nombreuses directions, mais avec le temps, elle s’orienta vers une direction unique dès qu’elle eut acquis à travers des expériences personnelles draconiennes de toutes sortes, une vision synthétique, une compréhension et une conviction absolue qu’une vie unique divine pénétrait et animait l’humanité une; que le "Plan" pour l’humanité réclamait la coopération et le service d’êtres humains entraînés et dévoués, informés intelligemment des affaires du monde et collaborant avec ceux qui forment le gouvernement interne de la planète, la Hiérarchie spirituelle.

L’œuvre de sa vie devint une partie intégrale de cette synthèse et de cette réalisation. Sans perdre la moindre de ses qualités et de ses implications humaines, son âme s’engagea envers son Maître, et sa personnalité lui fournit une collaboration totale dans le champ de service qu’elle accepta.

Fondamentalement, son travail s’est développé comme une dualité - son service de discipulat, qui incluait la fondation d’une école ésotérique et son engagement, réticent au départ, à travailler avec le Tibétain Djwhal Khul pour la rédaction d’une série de livres présentant, dans la continuité de l’enseignement de la ‘Sagesse Sans Age’, la phase à venir pour le temps présent et le futur proche.

Vers la fin de sa vie Alice A. Bailey accepta, un peu contre son gré, de rédiger son autobiographie. Elle fut finalement persuadée d’écrire au sujet de sa vie par la lettre d’un ami qui, dit-elle, ressentait profondément que « Je rendrais un réel service si je pouvais montrer aux gens comment je suis devenu ce que je suis à partir de ce que j’étais. Il peut être utile de savoir comment un travailleur orthodoxe chrétien très engagé peut devenir un enseignant occulte largement reconnu. ».

L'œuvre du Maître D.K.


Introduction


Elle raconte avoir eut un premier contact avec son propre Maître, le Maître K.H. à l'âge de 15 ans. Entre 1919 et 1949, le Maître Djwal Khul ou Maître D.K., dit le "Tibétain", a dicté par télépathie supérieure à Alice Bailey, une grande initiée, un enseignement de quelques huit mille pages. Cet enseignement s'adresse aux hommes et femmes ayant pris ou s'apprêtant à prendre le chemin de l'initiation.

Le Maître D.K. est un Maître du 5ème degré depuis 1875. Il se présente ainsi dans une déclaration datant de 1934 :

"Il suffit de dire que je suis un disciple tibétain d'un certain degré. Cela ne signifie pas grand chose, car nous sommes tous disciples, du plus humble aspirant jusqu'au Christ Lui-même, et au delà. [...] Je suis un de vos frères, qui s'est avancé sur le sentier un peu plus loin que l'étudiant moyen, et assume par conséquent de plus lourdes responsabilités. J'ai lutté et frayé mon chemin vers plus de lumière que l'aspirant lisant ces lignes; aussi m'incombe-t-il de transmettre cette lumière à tout prix." 

Le rôle du Maître D.K.

« Ma tâche consiste à enseigner et à répandre la connaissance de la sagesse immémoriale partout où je peux éveiller un écho [...] Je cherche aussi à aider le Maître M. et le Maître K.H. chaque fois que l'occasion s'en présente [...]. »

Le but de l'œuvre transmise à Alice Bailey

Les deux idées majeures sont : 

- L'annonce de l'existence du nouveau groupe des serviteurs du monde, constitué d'un immense groupe de travailleurs efficaces (conscients ou non) entre l'humanité et la Hiérarchie spirituelle de la planète, 

- L'annonce de la réapparition du Christ.

Comment l'œuvre a été transmise...

Le détail de la prise de contact et le processus de transmission par télépathie supérieure a été décrit de manière détaillée et sans équivoque par Alice Bailey elle-même dans son "Autobiographie inachevée". Alice Bailey indique qu'elle avait été contactée par son propre Maître (pas le Maître D.K. mais le maître K.H.) lorsqu'elle avait quinze ans, en 1897 :

« J'étais assise à lire dans le salon. La porte s'ouvrit et entra un homme de grande taille, vêtu à l'européenne, (vêtements très bien coupés, je m'en souviens), mais avec un turban sur la tête. Il s'avança et s'assit à mes côtés. J'étais si pétrifiée par la vue du turban que je ne pouvais sortir un son ni demander ce qu'il faisait là. Alors il commença à parler. Il me dit qu'il était prévu un travail que je pourrais faire dans le monde, mais que cela demanderait que je change considérablement mes dispositions; je devais cesser d'être une petite fille aussi déplaisante et je devais essayer d'obtenir un certain degré de maîtrise de moi-même.

Ma future utilité pour lui et pour le monde dépendait de ma capacité à me prendre en main et d'opérer un changement. Il me dit que si je pouvais obtenir une réelle maîtrise de moi-même, on pourrait me faire confiance et qu'alors je voyagerais par le monde entier et verrais beaucoup de pays, "accomplissant le travail de votre Maître tout le temps". Ces mots ont résonné à mes oreilles sans cesse depuis lors. Il souligna que cela dépendait entièrement de moi et de ce que je pourrais et voudrais faire immédiatement. Il ajouta qu'il prendrait contact avec moi à des intervalles de quelques années. »

Elle devait découvrir en 1918 seulement l'identité du Maître K.H. en voyant son portrait à la Société théosophique.

Le 19 novembre 1919, elle est contactée cette fois-ci par le Maître D.K. ; voici ce qu'elle dit :

« [...] J'entendis une voix qui disait : "Il y a des livres qu'on désire voir écrire pour le public. Vous pouvez les écrire; voulez-vous le faire?" Sans un instant d'hésitation, je dis: "Certainement pas. Je ne suis pas une de ces damnées psychiques et je ne veux être entraînée à rien de ce genre"

J'étais sidérée de m'entendre moi-même parler à haute voix. La voix poursuivit, disant que les gens sages ne profèrent pas de jugements hâtifs, que j'avais un don particulier pour la télépathie supérieure et que ce qui m'était demandé ne revêtait aucun aspect de psychisme inférieur. Je répliquais que peu m'importait, que je ne m'intéressais à aucun travail de nature psychique. La personne invisible qui me parlait si clairement et si directement dit alors qu'elle me donnait le temps de réfléchir, qu'elle n'attendait pas ma réponse maintenant, qu'elle reviendrait dans trois semaines exactement pour savoir ce que j'avais décidé.

[...] Je n'y pensai jamais, mais bien sûr, à la fin des trois semaines, j'entendis de nouveau la voix un soir, tandis que j'étais assise dans mon salon après avoir envoyé les enfants au lit.

De nouveau, je refusais, mais celui qui parlait me pria de reconsidérer la chose pendant deux semaines et de voir alors ce que je pouvais faire. Cette fois, je me sentais curieuse, mais pas le moins du monde convaincue. Je voulais bien essayer pendant deux semaines ou un mois et décider ensuite de ce que je ressentais à ce sujet. Ce fut pendant ces quelques semaines que je reçus les premiers chapitres de "Initiation Humaine et Solaire". »

Alice Bailey a décrit parfaitement le mécanisme de la transmission :

« [...] Je garde le plein contrôle de tous mes moyens de perception et il n'y a rien d'automatique dans ce que je fais. Simplement j'écoute et j'écris les mots que j'entends; j'enregistre les pensées qui sont déposées, une à une, dans mon cerveau. Je ne fais aucun changement entre ce que je donne au public et ce qui m'a été donné, si ce n'est que j'adoucis l'Anglais et que je remplace un mot peu usité par un autre plus clair, prenant toujours soin de conserver le sens tel qu'il est donné. Je n'ai jamais rien changé à ce que le Tibétain m'a donné. Si je l'avais fait, ne serait-ce qu'une fois, Il ne m'aurait plus rien dicté. Je veux que cela soit très clair. Je ne comprends pas toujours ce qui est donné. Je n'y adhère pas toujours. Mais je transmets tout honnêtement et, alors, je découvre que cela a un sens et évoque une réponse intuitive.

Partout, ce travail du Tibétain a grandement intrigué les gens et les psychologues. Ils contestent ce qui est la cause du phénomène et ils déduisent que ce que j'écris provient probablement de mon subconscient. Selon Jung, m'a-t-on dit, le Tibétain est mon soi supérieur personnifié et A. A. Bailey en est le soi inférieur. Un de ces jours (si j'ai jamais le plaisir de le rencontrer) je lui demanderai comment mon soi supérieur personnalisé peut m'envoyer des colis de divers endroits de l'Inde, car c'est ce qu'il a fait." »

Après un mois, craignant de tomber malade et de laisser seuls ses trois enfants, elle refuse de poursuivre. Le Tibétain lui conseille d'entrer en contact avec le Maître K H. qui la rassure et lui dit qu'elle n'est pas en danger ni physiquement ni mentalement, qu'elle a là l'opportunité de faire un travail de grande valeur, et qu'il n'a pas l'intention de la transférer dans l'ashram du Maître D.K. Le travail reprend donc.

Alice Bailey donne encore des précisions sur le mode de transmission :

"Au début de mon travail pour le Tibétain, je devais écrire à des heures régulières et c'était une dictée claire et précise. C'était donné mot à mot, de telle sorte que je puisse affirmer qu'indubitablement j'entendais une voix. On peut donc dire que j'ai commencé par une technique de claire audience : mais très vite je découvris que comme nos pensées étaient en harmonie, cette technique n'était pas nécessaire et que, si je me concentrais assez, si mon attention était concentrée adéquatement, je pouvais enregistrer et écrire les pensées du Tibétain qu'il exprimait et formulait soigneusement telles qu'il les introduisait dans mon mental. Ceci exige que soit atteint et conservé un point d'attention intense et concentré.

C'est presque semblable à la capacité que l'étudiant avancé en méditation peut démontrer pour maintenir son point extrême d'attention spirituelle au degré le plus élevé possible. Cela peut être fatiguant dans les premiers temps, quand on essaie probablement trop fort de bien faire, mais après c'est sans effort, et le résultat est la clarté de la pensée et la stimulation qui a un bon effet physique.

Aujourd'hui, comme résultat de vingt-sept ans de travail avec le Tibétain, je peux entrer en relation télépathique avec lui sans la moindre difficulté. Je peux et dois préserver mon intégrité mentale tout le temps; je peux toujours discuter avec lui s'il me semble en tant qu'Occidentale que j'en sais plus que lui sur certains points de présentation. Quand nous avons une discussion sur quelque donnée, invariablement, j'écris comme Il veut que le texte soit écrit, bien qu'il soit capable de le modifier après en avoir parlé avec moi. S'il ne change pas sa rédaction, ni son point de vue, je ne change pas ce qu'il a dit.

Après tout, ces livres sont les siens, non les miens et, fondamentalement, la responsabilité est sienne. Il ne me passe aucune erreur et Il surveille la version finale avec grand soin. Il n'est pas seulement question de prendre sous sa dictée et ensuite de lui soumettre le texte, après l'avoir tapé. Il est question de sa supervision attentive sur la version finale. Je le mentionne avec force, car beaucoup de gens, quand le Tibétain dit quelque chose qui ne leur convient pas personnellement, sont capables de considérer ce point de désaccord comme étant dû à une interpolation de ma part. Cela n'est jamais arrivé, même si je ne suis pas toujours d'accord ou si je ne comprends pas; je veux le répéter. J'ai publié exactement ce que le Tibétain a dit. Sur ce point précis, je maintiens fermement ma position. Quelques étudiants aussi, qui ne comprennent pas ce que le Tibétain veut dire, affirment que ses prétendues ambiguïtés sont dues à ce que j'ai mal interprété ce qu'il disait. Là où il y a des ambiguïtés, et il y en a beaucoup dans ses livres, elles sont dues, au fait qu'il lui était absolument impossible d'être plus clair, à cause de la limitation de ses lecteurs et de la difficulté de trouver les mots pouvant exprimer des vérités plus nouvelles et les perceptions intuitives qui planent encore aux frontières du développement de la conscience de l'homme."

Conclusion du Maître D.K.

La conclusion d'un des livres est une recommandation de bon comportement :

"Je termine en priant tous ceux qui lisent ces instructions de réunir leurs forces, de renouveler leur consécration au service de l'humanité, de subordonner leurs idées et leurs désirs au bien du groupe, de détacher leur regard d'eux-mêmes et de le fixer sur la vision, d'éviter les paroles vaines et la critique, les commérages et les potins, de lire et d'étudier afin que l'œuvre puisse se poursuivre avec profit."

La conclusion de l'œuvre est la conclusion de son dernier livre :

"Puissent la lumière, l'amour et le pouvoir briller sur votre chemin, et puissiez-vous, en temps voulu et le plus tôt possible, vous tenir devant l'Initiateur et rejoindre les rangs de Ceux qui - activement et consciemment - aiment leurs semblables, travaillent en tant qu'Énergies reconstructrices et régénératrices, et pour toujours servent.

Je signe de mon nom, Maître Djwhal Khul, puisque mon identité a été révélée.

LE TIBETAIN."

Extrait d'une Déclaration faite par le Tibétain :

"Il suffit de dire que je suis un disciple Tibétain d'un certain grade, ce qui signifie peu de chose pour vous, car tous sont des disciples et y compris le Christ Lui-même, et au-delà. Je vis dans un corps physique comme d'autres hommes, aux confins du Tibet. Du point de vue exotérique, je préside parfois un groupe nombreux de lamas tibétains quand mes autres occupations me le permettent. C'est pourquoi on a rapporté que je suis un moine de cette lamaserie particulière. Mes associés dans le travail de la Hiérarchie (et tous les vrais disciples sont associés à ce travail) me connaissent par un autre nom et une autre fonction. A.A.B. sait qui je suis et me reconnaît par deux de mes noms.

Je suis un de vos frères, un de ceux qui ayant cheminé sur le Sentier un peu plus longtemps que l'étudiant moyen ont assumé de ce chef des responsabilités plus vastes. J'ai lutté et frayé ma voie vers un domaine de lumière encore inconnu de l'aspirant qui lira cet article. Il faut donc à tout prix que j'agisse en transmetteur de lumière. Je ne suis pas un vieil homme selon l'âge attribué aux éducateurs. Toutefois je ne suis ni jeune ni dépourvu d'expérience. Mon travail consiste à enseigner et à répandre la connaissance de la Sagesse Éternelle à tous ceux qui s'y intéressent, et je m'y suis adonné pendant de nombreuses années. J'essaye aussi d'aider le Maître M. et le Maître K.H. à chaque occasion, car j'ai été longtemps en liaison avec Eux et avec Leur travail.

Dans tout ce qui précède, je vous ai dit beaucoup, tout en ne disant rien qui puisse vous inciter à me vouer cette obéissance aveugle et cette dévotion irraisonnée qu'un aspirant émotif offre au Guru et au Maître qu'il n'est pas encore en mesure de toucher directement. D'ailleurs, il ne pourra établir ce contact désiré qu'après avoir transmué sa dévotion émotionnelle en dévouement désintéressé au Service de l'humanité – non envers le Maître. 

Les livres que j'ai écrits sont diffusés sans que je tende à en imposer la foi. Ils peuvent être corrects, vrais, et utiles, tout comme ils peuvent ne pas l'être. C'est à vous qu'il appartient de vérifier leur justesse par une bonne mise en pratique et en exerçant votre intuition. Ni moi ni A.A.B. ne sommes intéressés à les faire acclamer en qualité d'écrits inspirés ou à entendre parler d'eux (à voix basse) comme de l'œuvre d'un des Maîtres. Ces livres auront atteint leur but s'ils présentent la vérité selon l'ordre logique et les enseignements déjà donnés au monde, et si leur contenu élève l'aspiration et la volonté de service des lecteurs hors du plan émotionnel jusque sur le plan mental (celui où l'on peut rencontrer les Maîtres).

Si l'enseignement apporté évoque une réponse de la pensée illuminée du travailleur sur terre et provoque chez lui des éclairs d'intuition, que cet enseignement soit accepté. Dans le cas contraire, qu'il soit laissé. Si les indications données sont finalement corroborées, ou apparaissent vraies selon la Loi des Homologies, alors tout est bien. Mais s'il n'en est pas ainsi, le lecteur se doit de rejeter mes affirmations."

AOÛT 1934

RÉNOVATION DU MOUVEMENT...


Symbole représentant les Groupes du Triangle de la Lucis Trust

Après la 1ère Guerre Mondiale, la Société Théosophique avait déjà entamé sa période de déclin. Alors que les premiers chapitres de "Initiation Humaine et Solaire" sont publiés dans la revue officielle de la S.T., cette publication s'interrompt brusquement, du fait de la jalousie et du conservatisme de quelques membres influents. En 1919, un an avant ces événements, Bailey pensait déjà que la Société Théosophique avait "dégénéré en un groupe sectaire, plus intéressé par la création et le maintien de loges et par l'accroissement d'adhésion que par le travail consistant à transmettre les vérités de la Sagesse Éternelle au grand public".

Par l'intermédiaire de "L'Association Théosophique" (née en marge de la Société Théosophique dans une scission), elle fonde avec Foster Bailey la Fondation "Lucis Trust" puis l'"École Arcane" en son sein, quelques années plus tard, pour former des disciples aux enseignements du Maître Tibétain. 

HISTOIRE DE LA "LUCIS TRUST"
et ses multiples ramifications



« Lucis Trust » est une entreprise à but non lucratif créée en 1920 dans l'État de New-York aux États-Unis par Alice Bailey et son mari Foster dans le but de gérer les 25 ouvrages ésotériques écrits par Alice Bailey. L'entreprise possède des sièges à New York, Londres et Genève.

Lucis Trust, au départ "Lucifer Trust", s’occupe des activités d’une maison d’édition la "Lucifer Publishing Companies" (devenue la "Lucis Publishing Companies"), s’occupe d’une librairie, gère une école (« Arcane School »), et directrice de d’autres groupements connexes comme la "Lucis Productions", la "Bonne Volonté Mondiale" et "Triangles". (les Triangles réunissent les hommes et femmes de bonne volonté dans un service mondial pour un nouvel âge mondial).

Bailey a donc changé le nom de "Lucifer Trust", pour "Lucis Trust" parce qu’évidemment cela provoquaient des réticences, et aussi parce que, finalement, cela révélait la vraie nature de l'âge nouveau trop clairement à la masse... Le comble : À une certaine époque, le bureau d'affectation spéciale de la Lucis Trust en tant que membre du Conseil économique et social des Nations Unies à New York, était situé au 666 United Nations Plaza!

Selon la Lucis Trust, ce nom avait été donné à l’origine parce que Bailey considérait Lucifer, l'ange déchu, comme un principe positif, tout comme Helena Blavatsky, fondatrice de la société théosophique aujourd'hui classée comme grande secte dont les grands axes sont : ésotérisme, spiritisme, sorcellerie.

Accréditée auprès du Bureau d’information publique de l’Organisation des Nations Unies, la Lucis Trust a le statut consultatif auprès du conseil économique et social de l’O.N.U. et maintient des relations informelles avec un grand nombre d’organisations non gouvernementales, nationales et internationales. À cet effet, elle participe régulièrement à diverses activités de l’O.N.U.

Pratiquée par les Francs-maçons du "Droit Humain" une loge mixte maçonnique rattachée à l'obédience libérale, anticonformiste et à majorité féminine (la loge des parents de Dominique Strauss Khan), son influence est d'autant plus profonde qu'elle est très discrète.

Son symbole est de haute initiation, dans lequel la croix gammée et le serpent gnostique expriment bien des liens et des affinités occultes. Ce serpent, inspirateur de désobéissance, d'insubordination et de révolte, fut maudit par les anciens théocrates, alors qu'il était en honneur parmi les Initiés.

La « Bonne Volonté Mondiale »



Le mouvement de la « Bonne Volonté Mondiale » ("World Goodwill"), fondé en 1932, est une des activités les plus importantes du Lucis Trust. Cette branche de la Lucis Trust se voulait la façade d’une organisation visant à faire la promotion d’un nouvel ordre mondial fraternel. Cette fraternité universelle devrait être les premier pas vers une religion universelle, vers un nouvel âge... Le nom de cette organisation mondialiste cherche à faire oublier toute association que l’on pourrait faire avec une organisation « luciférienne ». Ici, le nom affiche une organisation ayant des buts louables. Et de fait, « Bonne Volonté Mondiale » a put facilement se faire inviter à tout occasion pour faire la promotion de ses idées...


Le mouvement de la "Bonne Volonté Mondiale", a été reconnu par l'ONU comme une organisation non gouvernementale (ONG) présente aux sessions de l'ONU de Genève et de New-York. "Bonne Volonté Mondiale" est membre du conseil économique et social de l'ONU. Il est aussi à la base de la fondation d'Amnestie International.. Ce rôle a attiré des critiques accusant justement l'ONU d'avoir une idéologie "New Age".



L'objectif déclaré de la « Bonne Volonté Mondiale » est de coopérer dans le monde pour la réapparition du CHRIST (cf : « One Earth », le magazine de la Fondation Findhorn , Octobre / Novembre 1986, Vol. 6, Numéro 6, p.24.).

Ce Christ ésotérique du nouvel âge, que les newagistes appellent le "Maitreya" et que les Chrétiens appréhendent pour être l’Antéchrist...

À cette fin, donc, sous la direction de Foster et Alice Bailey, la Lucis Trust a inventé le "sous-groupe" appelé la "Bonne Volonté Mondiale" qui est devenue une organisation non gouvernementale officielle au sein de l'Organisation des Nations Unies.

Mais le travail ésotérique à l'intérieur du l'O.N.U. ne s'arrête pas à ces groupes occultes reconnus. Une grande partie de l'élan à ce processus a été initié par le métier d'officier de deux secrétaires généraux de l'O.N.U., Dag Hammarskjöld (poste occupé: 1953-1961) et de U Thant (poste occupé: 1961-1971) qui lui succéda, et un secrétaire adjoint général, le Dr Robert Muller.

École Arcane


Symbole du Nouvel Âge selon l'École Arcane

Alice Bailey a fondé l'École Arcane en 1923 qui est une des premières société de spiritualité relevant du mouvement du Nouvel Age.

Thèmes principaux :

- Le corpus théorique d'Alice Bailey et du Maître Djwal Khul s'articule autour de thématiques héritées de l'enseignement spiritualiste de la Société Théosophique de Mme Blavatsky.

- Le fonctionnement de l'âme à partir des Yoga Sutras de Patanjali

- La méditation occulte

- La réincarnation et la question du Karma

- Les rayons, étude de l'influence des 7 rayons cosmiques - énergies spirituelles supposées influencer la vie dans les différents domaines de l'existence (civilisations, nations, animaux, psychologie et vie spirituelle de toute entité individualisée, etc.)

L'École Arcane enseigne à partir des ouvrages (entre-autre) d'Helena P. Blavatsky, Annie Bessant, Swami Vivekananda, Mabel Collins, Arthur A. Powell, Charles W. Leadbeater, Sir Oliver J. Lodge, et évidemment les ouvrages d'Alice Bailey...

Théosophie Moderne


Helena P. Blavatsky, fondatrice de la théosophie, basait sa doctrine sur le concept des races-racines. La doctrine soutenait que chaque vaste cycle de temps était dominé par une race-racine particulière, la cinquième race-racine de notre propre cycle étant la race aryenne. Sans surprise, cette doctrine fut facilement adaptée par divers milieux völkisch quand la théosophie atteignit l’Europe centrale, et joua un rôle majeur dans certaines sociétés occultes comme les Nouveaux Templiers de Lanz von Liebenfels et sa théozoologie, qui fournit le catalyseur pour l’émergence du national-socialisme.

C’est en Amérique qu’Alice découvrit les ouvrages de H.P. Blavatsky, et elle atteignit un niveau important dans la Société de Théosophie. Tout en conservant une croyance en le Christ dans un contexte plus mystique, elle rejeta le christianisme orthodoxe comme étant trop limité. Elle quitta la ST à cause de ses luttes de factions, mais la théosophie demeura néanmoins la base de sa propre doctrine.

Cette doctrine incluait le concept de « Maîtres cachés », des êtres super-évolués visant à réaliser un « Maître Plan » cosmique pour la planète et l’humanité (d’autres occultistes, incluant Aleister Crowley, conservèrent aussi ce concept du « Maître caché »). Son Maître était Koot Hoomi, et en 1919 elle affirma avoir établi un contact astral avec un autre Maître appelé « le Tibétain ».

En 1923, elle épousa le théosophiste Fred Bailey, et cette même année ils fondèrent l’Ecole Arcane pour promulguer le Grand Plan Universel. Des « Centres Triangles » ont été créés après 1937 pour continuer ce travail, en plus d’autres groupes comme « World Goodwill » et « Lucis Trust ».

Une grande partie de la doctrine actuelle est clairement libérale et mondialiste, ou du moins susceptible de telles interprétations. Les groupes de Bailey travaillent aujourd’hui avec l’ONU et sont reconnus par lui. Il est même possible que ce soit Bailey qui ait créé le terme de « Nouvel Ordre Mondial », maintenant tellement en vogue chez les mondialistes.

Néanmoins, le concept de Bailey d’un ordre humain plus universel, à la différence du présent concept ploutocratique, reconnaissait l’importance de la différenciation raciale et nationale, rejetant à la fois la haine raciale et le nivellement racial, constituant ce qu’on pourrait considérer comme une troisième voie.

DESTIN SPIRITUEL DES NATIONS

À la différence de ceux qui basent leur mondialisme sur des considérations matérialistes, qu’ils soient marxistes ou capitalistes, Bailey considérait que chaque nation et race avait son âme propre, un concept qu’on peut retrouver chez des philosophes allemands comme Hegel et Fichte, et qui fut développé dans un contexte psychologique par Carl G. Jung. Dans cette doctrine, chaque race et chaque nation, en tant qu’agrégat ou collectivité, possède son propre esprit qui se manifeste dans une personnalité raciale/nationale, tout comme un individu possède sa propre personnalité. C’est cette personnalité collective qui détermine le karma d’une race ou d’une nation, d’un point de vue ésotérique.

Elle considérait par exemple le problème juif du point de vue d’un karma racial et d’une personnalité raciale. Dans sa biographie inachevée, elle écrit :

« Il y a des torts des deux cotés… Dans les premières phases de l’histoire biblique, les Égyptiens persécutèrent les Juifs, et la persécution a été leur lot à travers les années…

Il doit y avoir quelque cause fondamentale pour cette persécution constante et incessante, quelque raison pour laquelle ils ne sont pas aimés. Quelle peut-elle être ? La cause fondamentale est probablement profondément enracinée dans certaines caractéristiques raciales… On affirme que le Juif est strictement matériel, que le tout-puissant dollar compte plus pour lui que les valeurs éthiques et qu’il est rapide et expert pour tirer avantage des Gentils. Mais la religion juive n’insiste aucunement sur l’immortalité ou sur la vie après la mort… Pourquoi ne prendraient-ils donc pas le meilleur de la vie sur le plan matériel ? … Tout cela est compréhensible mais ne favorise pas de bonnes relations. »


« A mesure que j’ai étudié et réfléchi et posé des questions, certaines choses se sont clarifiées dans mon esprit et font partie – pour moi – de la réponse. Les Juifs s’accrochent à une religion qui est fondamentalement obsolète. Ce qui se met entre le Juif orthodoxe et la masse des Gentils, ce sont ses tabous religieux, car la foi juive est largement une religion du ‘Tu ne feras pas’. Cela conditionne la pensée non-juive concernant le Juif non-orthodoxe et plus jeune dans son matérialisme, dont Shylock est le symbole … Un handicap vient des Juifs eux-mêmes. Personnellement, je n’ai encore jamais trouvé un Juif qui pourrait admettre qu’il y a peut-être eu des torts ou de la provocation de leur part. Ils prennent toujours la position que ce sont eux qui sont maltraités… »

Dans son livre « Guérison Ésotérique », elle cite la loi du karma dans la détermination des relations raciales: « Aujourd’hui la loi est en train d’agir, et les Juifs sont en train de payer le prix, factuellement et symboliquement, pour tout ce qu’ils ont fait dans le passé ».

Bailey s’opposait au sionisme comme à une forme d’arrogance raciale, critiquant la demande juive de « la soi-disant restitution de la Palestine, l’arrachant à ceux qui l’ont habitée pendant des siècles ». En refusant de voir que leurs actions avaient attiré la persécution sur leurs têtes depuis l’ancienne Égypte, les Juifs continueraient à être les victimes de « l’aspect punitif de la Loi de la cause et de l’effet » (le karma).

La réponse au problème juif, affirme Bailey, est que les Juifs, au lieu de se considérer comme un peuple élu au-dessus de tous les autres, devraient se « conformer à la civilisation, au fondement culturel et aux standards de vie de la nation à laquelle ils sont liés et dans laquelle ils devraient s’assimiler ». Elle affirme aussi que cela aura lieu « quand l’égoïsme dans les relations commerciales et les tendances manipulatrices prononcées du peuple hébreu seront échangés contre des formes d’activité plus désintéressées et plus honnêtes ».

RACES-RACINES

Comme nous l’avons dit, Bailey devait beaucoup à la théosophie et à sa doctrine des races-racines. Dans son livre Prophéties, elle fait allusion à "l’émergence d’un nouveau type racial" : « Cette nouvelle race est en train de se former dans chaque pays, mais surtout dans les pays où on peut trouver la Cinquième Race ou race caucasienne ».
Une nouvelle distribution spirituelle surgirait de l’émergence de cette cinquième race-racine, et cette nouvelle race-racine serait elle-même largement un concept spirituel, ou une race de l’esprit, rappelant la doctrine raciale de philosophes comme Oswald Spengler, Julius Evola et Francis Parker Yockey. Le concept est davantage un état d’esprit que de physiologie, bien que Bailey soutient que ce développement de conscience "conditionne et détermine la nature corporelle", aboutissant à une nouvelle physiologie raciale. Cependant, en tant qu’ésotériste, Bailey voit l’importance primordiale d’un état élevé de "perception mystique".

UN NOUVEL ORDRE MONDIAL BASE SUR UNE METAPHYSIQUE RACIALE

Comme nous l’avons dit, Bailey recommandait un "Nouvel Ordre Mondial" très différent de celui des actuels propagandistes ploutocrates et libéraux qui cherchent à imposer une dictature mondiale qui nivellera toutes les races, nations et cultures en accord avec leur but d’un supermarché mondial. C’est la contradiction entre l’internationalisme métaphysique de Bailey et le cosmopolitisme matérialiste des mondialistes ploutocrates.

Le mari d’Alice, Foster Bailey, déclarait en 1972 dans son livre "Running God’s Plan" [Suivre le Plan de Dieu] qu’une Europe unie faisait partie du Maître Plan : contrairement aux plans ploutocratiques et mondialistes pour exploiter une Europe unie basée sur des considérations purement économiques, comme cela se manifeste dans l’actuelle "Communauté Européenne", cette Europe unie ne chercherait pas à supprimer les différentes langues et nations d’Europe, mais chercherait un réalignement des nations pour une coopération européenne. Foster Bailey fait allusion à une tentative d’Europe unie, initiée par des « peuples unificateurs vivant dans la vallée du Rhin… Ce fut la tentative d’un disciple mais elle ne réussit pas ».

Comme un adversaire l’a remarqué, cette allusion devait concerner Hitler, et il est remarquable que Foster Bailey en parle comme d’un "disciple", désignant probablement un initié ésotérique accomplissant le "Plan" des "Maîtres cachés".

Ce "Nouvel Ordre Mondial", d’après Alice, serait fondé sur la reconnaissance que les peuples sont à des "stades différents d’évolution". Le nouvel ordre éviterait donc toute tentative d’« imposer aux nations un type uniforme de gouvernement, une religion synthétique, ou un système de standardisation ».

« Les droits souverains de chaque nation seront reconnus, et leurs génies particuliers, tendances individuelles et qualités raciales pourront s’exprimer pleinement. », précise-t-elle.

« Ce sera un monde dans lequel les distinctions raciales et les unités nationales seront reconnues comme enrichissantes pour l’ensemble et contribuant à la signification de l’humanité. »

Bailey considérait que les tentatives d’établir un super-État mondial, comme le recommandent les actuels partisans ploutocrates et libéraux d’un "Nouvel Ordre Mondial", relevaient d’un "concept déformé et parodique".

Les doctrines d’Alice Bailey, en dépit de toutes les déformations accomplies par la masse des libéraux du New Age, se révèlent être une source de résistance face aux conceptions matérialistes d’un Etat Mondial. Elles parlent aussi de la promesse d’un Nouvel Eon basé sur l’émergence d’une nouvelle race-racine fondée sur une race caucasienne revitalisée, spiritualisée et unie.

Continuité...

L'école Arcane et le mouvement Bonne Volonté Mondiale, créés par elle en 1923 et 1932 existent encore, la première consacrée a l'acquisition présumée de pouvoirs parapsychiques, la seconde à la préparation du retour du Christ cosmique.

Les théoriciens du Nouvel Age et de nombreux chefs de sectes ont largement puisé dans l'héritage doctrinal Bailey. Faits curieux : soit ils ne lui accordent pas d'influence, soit ils déclarent avoir reçu des "révélations" - similaires - par d'autres voies mystérieuses.

Toujours est-il que les "nouveaux christs" n'ont pas manqué, tous venus avec leur religion sous l'aile : le Christ de Montfavet avec son Église Chrétienne Universelle ; Maîtreya, présent dans la communauté asiatique de Londres depuis 1982, comme le prétend le mouvement Partage International de Benjamin Creme ; le Christ cosmique du Mandarom de Castellane, avec son Aumisme, etc...

Pour certains groupes Nouvel Âge, la religion mondiale sera élaborée à partir de matériaux orientaux et ésotero-occultistes (thèmes de la réincarnation et du karma, de l'Illumination, des pouvoirs paranormaux...) ; pour d'autres, elle serait celle de l'homme céleste, cosmique, divinisé.

L'existence d'un Gouvernement Mondial accélérerait le processus du retour de l'Age d'Or, dit-on facilement dans les milieux Nouvel Age. Pour l'heure, les "réseaux" ( SPINs, selon M. Ferguson), créés, autonomes et quelquefois combinés, ne cherchent qu'à influer sur les politiques en place, notamment par le biais de l'écologie considérée comme une Nouvelle Culture Planétaire.

La vision écologique du Nouvel Age est de type holiste : la Terre-Gaïa comme être vivant dont chaque homme, animal, végétal et minéral font partie; une Nouvelle Alliance avec la Nature ; une écologie à la base de la Nouvelle Société post-industrielle, etc. La tentation d'un Gouvernement mondial a saisi quelques chefs de sectes bien connus, or, nombre de sectes proposent, elles aussi, leur religion mondiale :  : Maharishi Mahesh Yogi (Méditation transcendantale), religion universelle solaire pour la Fraternité Blanche Universelle d'O.M. Aïvanhov (FBU), religion athée pour le Mouvement Raëlien, de Claude Vorilhon (mouvement raëlien), la "Nouvelle Acropole" de J.A. Livragareligion unificatrice mondiale pour Sukyo Mahikari ; christianisme mondial pour Moon ; un nouvel ordre scientiste planétaire de L. Ron Hubbard (Scientologie), etc...

L'émergence d'une civilisation planétaire nécessitera un ordre politique accordé à l'ordre cosmique. Le maître tibétain d'Alice Bailey lui avait communiqué le "Plan" du nouvel ordre mondial ; et c'est à cet effet qu'elle avait créé "Bonne Volonté Mondiale".

Influences et personnalités - opposants à la théosophie moderne

Les artistes qui ont été inspirés par les doctrines de la théosophie sont nombreux. À titre d'exemple, on peut citer au niveau musical les compositeurs Ruth Crawford-Seeger, Dane RudhyarCyril Scott ou encore, plus célèbre, Alexandre Scriabine. Mais c'est particulièrement dans le domaine des arts picturaux et de la littérature que les théories théosophiques connurent beaucoup de succès, comme par exemple auprès de James EnsorWassily KandinskyPiet MondrianJackson PollockFranz Kafka ou encore William Butler Yeats.

Par ailleurs, la théosophie aurait touché dans sa jeunesse londonienne l'exploratrice et tibétologue Alexandra David-Néel et l'aurait incitée à explorer l'Asie. Elle aurait même vécu un certain temps dans une maison au siège international de la Société théosophique à Adyar en Inde, dont elle décrit les adeptes avec une certaine ironie dans un livre posthume,Le sortilège du mystère.

Certains auteurs comme Nicholas Goodrick-Clarke pensent qu'Adolf Hitler aurait été inspiré par le livre Doctrine Secrète de Madame Blavatsky, et qu'il en aurait tiré une interprétation erronée du concept de race Aryenne et de sa suprématie, notamment à partir du chapitre IV du volume 3, Création des premières races. Or les « vagues de vie » auxquelles elle fait référence dans la "Doctrine Secrète" s'étendent sur des dizaines de millions d'années, et elle condamna fermement, au nom de la théosophie, toute forme de racisme quel qu'il soit. Il faut aussi citer les écrits de deux émules de Blavatsky : Guido von List (1848-1919) et Jörg Lanz von Liebenfelsoccultistes autrichiens.

René Guénon et la Société théosophique

Parmi les opposants à la théosophie moderne, René Guénon est un des plus virulents. Dans la seconde édition de 1928 du livre "Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion" (1921), il déclare en note additionnelle : « ...voyant dans le théosophisme une erreur des plus dangereuses pour la mentalité contemporaine, nous avons estimé qu'il convenait de dénoncer cette erreur au moment où, par suite du déséquilibre causé par la guerre, elle prenait une extension qu'elle n'avait jamais eue jusque là... ».

Il y établit également une distinction entre « théosophie » et « théosophisme ». Dans l'avant-propos, il écrit :

« Nous devons avant tout justifier le mot usité qui sert de titre à cette étude : pourquoi "théosophisme" et non "théosophie" ? C'est que, pour nous, ces deux mots désignent deux choses très différentes, et qu'il importe de dissiper, même au prix d'un néologisme ou de ce qui peut paraître tel, la confusion que doit naturellement produire la similitude d'appellation. (...)

En effet, bien antérieurement à la création de la Société dite théosophique, le vocable de théosophie servait de dénomination commune à des doctrines assez diverses, mais appartenant cependant toutes à un même type, ou du moins procédant d'un même ensemble de tendances ; il convient donc de lui garder la signification qu'il a historiquement. (...)

Telles sont par exemple, des doctrines comme celles de Jacob Bœhme, de Gichtel, de Wiliam Law, de Jane Lead, de Swedenborg, de Louis-Claude de Saint-Martin, d'Eckartsausen ; nous ne prétendons pas en donner une liste complète, nous nous bornons à citer quelques noms parmi les plus connus. (...) Or, l'organisation qui s'intitule actuellement "Société théosophique", dont nous entendons nous occuper ici exclusivement, ne relève d'aucune école qui se rattache, même indirectement, à quelque doctrine de ce genre ; sa fondatrice, Mme Blavatsky, a pu avoir une connaissance plus ou moins complète des écrits de certains théosophes, notamment de Jacob Bœhme, et y puiser des idées qu'elle incorpora à ses propres ouvrages avec une foule d'autres éléments des provenances les plus diverses, mais c'est tout ce qu'il est possible d'admettre à cet égard (...). »


Livre en pdf à télécharger...
(en cliquant sur le titre du livre)
"Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion", de René Guenon

LA LUCIS TRUST ET CES TENTACULES...



Dans un ouvrage d’Alice Bailey intitulé "L'éducation pour une nouvelle ère", elle suggère que, la citoyenneté mondiale devrait être l'objectif d’un "Nouvel Âge" éclairé, avec une fédération mondiale et une "intelligence" régnant sur le monde... En d'autres termes, un gouvernement mondial unique et un nouvel ordre mondial...

C’est vers les années 1920 que la Société théosophique connaît de nombreux schismes et perd progressivement de son influence. Ces ruptures ont donné naissance à des mouvements et groupements divers tels que :

l’"Anthroposophie" de Rudolf Steiner (approche se voulant plus chrétienne que la théosophie et centrée sur l’Homme),

l’École Arcane d’Alice Bailey (qui se veut la continuation directe de la doctrine de Mme Blavatsky en y incorporant une dimension fortement chrétienne),

l’"Agni Yoga Society" d’Helena et Nicholas Roerich

le mouvement "New Age", dont certains de ses acteurs se réclament des enseignements théosophiques.

D’autres acteurs plus controversés s’inscrivent également dans cette lignée tel que :

l’école dite de la Nouvelle Acropole (encore très puissante en Amérique du Sud)

au sein du mouvement New Age, dans les années 1970, le mouvement "Share International", fondé par Benjamin Creme, un Écossais se réclamant des écrits d’Helena Blavatsky et plus particulièrement de ceux d’Alice Bailey.

LUCIS TRUST est parrainé, entre autres, par Robert McNamara , ancien ministre de la Défense aux États-Unis, le président de la Banque mondiale, membre de la Fondation Rockefeller, et Thomas Watson (IBM, ancien ambassadeur à Moscou).

La secte sponsorise, encore, les organismes suivants :

- L'UNICEF

- L'O.N.U. a longtemps été l'un des signes avant-coureurs du monde avant tout pour la "Nouvelle Spiritualité" et le "New World Order" sur la base de l'occulte et les principes maçonniques. Sept ans après la naissance de l'O.N.U., un livre a été publié par le théosophe et fondateur de la LUCIS TRUST, Alice Bailey sur la croissance de l'intelligence humaine en résonance avec les ondes du cosmos et l’avènement d'une nouvelle ère d'éveil spirituel qui allait changer la face du monde, politiquement, socialement, au point d'exiger un nouvel ordre mondial...

- Goodwill Ambassadors of the World (Bonne Volonté Mondiale)


Ainsi que :

- Greenpeace International
- Amnesty International
- Société Théosophique
- École Arcane
- Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde
- New Order Planification Council
- Council on Foreign Relations ou CFR
- Bildeberger Group
- Commission Trilatérale
- The Triangles
- La "F.E.D."
Office of Strategic Services, le Bureau des services stratégiques, ancienne agence de renseignement du gouvernement des États-Unis, remplacée en 1947 par la "CIA", ce sigle est souvent associé à l'espionnage.
- Mouvement du Partage International (Share International) de Benjamin Creme
- Mouvement Zeitgeist, propagande
- Mouvement des Indignés, manifestations


Symbole de l'antakarana ou "anthakarana", En sanscrit, cela signifie "pont" entre notre "Moi Conscient" et notre "Moi Supérieur". Selon Alice Bailey, c’est un symbole millénaire tibétain. Utilisé par la nécessité pour l’être humain d’être connecté à sa dimension supérieure divine. Grâce à ce symbole, on peut se connecter aux mémoires Akashiques.

BIBLIOGRAPHIE D'ALICE BAILEY
La liste des ouvrages du Maître D.K.

Les 18 livres attribués au Maître Tibétain, Djwal Khul transmis par Alice A. Bailey, aux éditions Lucis Publishing Company :

1 - Initiation humaine et solaire (1922)
2 - Lettres sur la Méditation Occulte (1922)
3 - Traité sur le Feu Cosmique (1925)
4 - Traité sur la Magie Blanche (1934)
5 - L'État de Disciple dans le Nouvel Âge, vol. I (1944)
6 - L'État de Disciple dans le Nouvel Âge, vol. Il (1945)
7 - Les problèmes de l'Humanité (1947)
8 - Le Retour du Christ (1948)
9 - La Destinée des Nations (1949)
10 - Le Mirage, Problème Mondial (1950)
11 - La Télépathie et le Corps Éthérique (1950)
12 - Éducation dans le Nouvel Âge (1954)
13 - Extériorisation de la Hiérarchie (1957)

Traité sur les Sept Rayons (1936-1960) :

14 - Vol. I - Psychologie Ésotérique I (1936)
15 - Vol. II - Psychologie Ésotérique II (1942)
16 - Vol. III - Astrologie Ésotérique (1951)
17 - Vol. IV - Guérison Ésotérique (1953)
18 - Vol. V - Les Rayons et les Initiations (1960)

Alice Bailey est aussi l'auteure des ouvrages suivants :
(Publications de la Lucis Trust)

La Conscience de l'Atome
L'Âme et son Mécanisme
De l'intellect à l'Intuition
De Bethléem au Calvaire
La Lumière de l'Âme (Les Yoga Sutras de Patanjali, paraphrasés par le Tibétain et commentés par Alice Bailey) 

ainsi que "Autobiographie inachevée"...
Une compilation appelée "Réfléchissez-y" a été réalisée, vers 1970, par un "étudiant" comme il se nomme lui-même, Aart Jurriaanse, sud-africain décédé en 2002. Elle est constituée d'extraits soigneusement référencés (n° du livre, pages extraites) groupés en 184 thèmes ou concepts, sur 650 pages environ.

Vous pouvez consultez ou télécharger ces ouvrages-ci d’Alice Bailey :
(en cliquant sur les titres des livres)




Une bibliographie est disponible à cette adresse :