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dimanche 6 janvier 2013

TAROT, ALCHIMIE ET TRANSFORMATION INTÉRIEURE


TAROT, ALCHIMIE ET TRANSFORMATION INTÉRIEURE
(selon Carl Jung) 

La découverte la plus originale de l'œuvre de Jung est sans doute l'existence dans l'inconscient humain d'un dynamisme de transformation.

Cette découverte, Jung en a d'abord fait l'expérience pour lui-même. Suite à la rupture de son amitié avec Freud, il se retrouva très isolé, et confronté à une grande solitude intérieure. Il traversa une crise importante, en proie à un grand flot d'images intérieures. Il vécut là une véritable confrontation avec l'inconscient, se retrouvant parfois aux limites de la santé mentale.

Il fit ainsi le constat que la souffrance (une dépression par exemple) ne revêt pas seulement des aspects négatifs, mais constitue souvent, à y regarder de plus près, une invitation au changement, à l'élargissement de nos horizons, une sorte de passage obligé à une métamorphose de la personnalité (un peu comme la chenille passe par la chrysalide avant de devenir papillon). L'inconscient se fait le maître d'œuvre d'un processus de transformation capable de briser le cercle infernal de la répétition. 

Il existe donc au sein de l'inconscient humain des forces d'auto-guérison et de transformation. Jung a nommé ces forces «organisateurs inconscients" ou "archétypes". Pour bien marquer que ces structures sont une caractéristique de l'humain, il parle d'"inconscient collectif". 

A titre d'exemple, l'archétype pourrait se comparer à la structure de base d'un cristal, qui est la même pour tout cristal (système axial particulier), alors que chaque cristal est différent, tant par sa couleur que par sa forme. Tous les cristaux de neige sont différents, alors qu'ils présentent tous la même structure.

Les archétypes ou dynamismes inconscients peuvent constituer un recours, quand les structures personnelles font défaut (quand il y a eu très tôt dans la vie des carences importantes sur le plan affectif). Ils sont alors capables de réparer et de relancer. D'où leur intérêt clinique, auquel Jung s'intéressa beaucoup, ayant été amené, au cours de sa carrière de psychiatre, à soigner de nombreux cas difficiles. 

Jung découvre donc qu'en se confrontant avec l'inconscient, le Moi se transforme. Il se produit une modification de la personnalité que Jung nomme "fonction transcendante", en prenant ainsi l'image d'une fonction mathématique. Cette fonction transcendante, nous la retrouvons à l'oeuvre en particulier dans les rêves, qui très souvent nous invitent au changement. 

A la même époque, Jung se plonge dans d'anciens manuscrits alchimiques. Il est très vite frappé par l'analogie entre leur quête de transformation de la matière et cette notion de transformation qu'il constate à l'œuvre dans l'inconscient.

"Cette curieuse faculté de métamorphose dont fait preuve l'âme humaine, et qui s'exprime précisément dans la fonction transcendante, est l'objet essentiel de la philosophie alchimique de la fin du Moyen-âge", écrit-il. "Elle exprime son thème principal de la métamorphose grâce à la symbolique alchimique. Il nous apparaît aujourd'hui avec évidence que ce serait une impardonnable erreur de ne voir dans le courant de pensée alchimique que des opérations de cornues et de fourneaux. Certes, l'alchimie a aussi ce côté, et c'est dans cet aspect qu'elle constitua les débuts tâtonnants de la chimie exacte. Mais l'alchimie a aussi un côté vie de l'esprit qu'il faut se garder de sous-estimer, un côté psychologique dont on est loin d'avoir tiré tout ce que l'on peut tirer : il existait une "philosophie alchimique", précurseur titubant de la psychologie la plus moderne. Le secret de cette philosophie alchimique, et sa clé ignorée pendant des siècles, c'est précisément le fait, l'existence de la fonction transcendante, de la métamorphose de la personnalité, grâce au mélange et à la synthèse de ses facteurs nobles et de ses constituants grossiers, de l'alliage des fonctions différenciées et de celles qui ne le sont pas, en bref, des épousailles, dans l'être, de son conscient et de son inconscient."


L'image ci-dessus, issue d'un traité nommé "Aurora Consurgens", donne une illustration alchimique de ce processus. Le cavalier de gauche apparaît comme le soleil, c'est le moi conscient. Le cavalier de droite, la lune, représente l'inconscient. Il y a bien confrontation des deux composantes de la personnalité.

Le résultat de cette confrontation est un nouvel être, que les alchimistes appelaient hermaphrodite. L'aigle qui réunit les deux composants (conscient et inconscient) pourrait constituer une bonne image de ce que Jung appelle la fonction transcendante. Elle aboutit à la création d'un nouveau centre de la personnalité, que Jung nomme le Soi.

Mais ce nouvel être est le résultat de toute une quête, de tout un processus, dont les phases sont décrites en détail par les alchimistes, et qui correspondent assez bien, sur le plan psychologique, au processus d'intégration de l'inconscient et d'élargissement de la personnalité, que Jung a appelé "processus d'individuation", pour souligner qu'il mène à devenir pleinement l'individu que nous sommes.


Ce processus, les alchimistes le projetaient dans la matière extérieure, en termes de transmutation de métaux et de cornues. Mais il s'agit en fait d'un Grand Œuvre intérieur, d'une dialectique (ou confrontation) entre le Moi et l'Inconscient.

Cette œuvre est la tâche de tout homme moderne qui se confronte à la découverte de lui-même et aux forces de l'inconscient.

Il s'agit de retrouver le contact avec ce qui est capable de nous animer de l'intérieur. Les alchimistes parlaient, de façon imagée, de la pierre philosophale, de la fontaine de vie et les orientaux de la Fleur d'Or. C'est en fait de notre coeur vivant qu'il s'agit, comme le montre de façon très belle la gravure qui suit.

Cette quête intérieure revêt donc un aspect religieux, au sens étymologique du terme : re-ligere, être relié à nous-même.

Elle aboutit à une sorte de nouvelle naissance psychologique, mais il faut passer par des caps difficiles, que les alchimistes appelaient mort et putréfaction, ou encore nigredo, "noir plus noir que le noir", pour indiquer que notre ancien moi doit "mourir", que les anciennes structures doivent disparaître pour faire place à un nouvel être en nous.

Il importe que le moi conscient ne se laisse pas emporter par les contenus de l'inconscient (danger de l'inflation) mais reste un partenaire de ce dialogue avec l'inconscient, capable de tenir bon.

Tel est l'enjeu d'une psychanalyse jungienne...

samedi 3 novembre 2012

L'OPTIQUE "INITIATIQUE"

TAROT INITIATIQUE 
(OPTIQUE « INITIATIQUE »)


LE DOMAINE « INITIATIQUE »

Il existe tout un ensemble de voies spirituelles, mais il me semble qu'il en existe trois essentielles qui correspondent aux centres énergétiques fondamentaux de l'être : la "Voie de la Conscience" (3ème oeil), la "Voie de l'amour et du sacrifice" (le Coeur), la "Voie de la Transmutation et de la Puissance" (le hara/Grotte Sacrée, sexe).

La Voie de la Conscience a été particulièrement développée dans le bouddhisme : la cessation de la souffrance du moi, par l'arrêt des désirs, mais aussi l'arrêt des pensées dans le calme absolu de la Nature essentielle de l'Esprit.

Les techniques de méditation de type Vipassana ou de claire conscience consistent à être le témoin non interventionniste de tout ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur de nous. Dans ce calme, l'individu se dissout pour devenir une simple présence "je suis", totalement désidentifié de sa propre personnalité, et atteindre l'état de Śūnyatā, dans lequel il n'y a plus de différence sujet / objet.

La Voie de l'Amour et du Sacrifice a été incarnée, entre autre, par "Yeshua", (le Christ). Il s'agit d'abord et avant de reconnaître le lien que nous avons avec toute chose et l'amour inconditionnel qui en résulte. Il n'y a pas de séparation, il n'y a pas d'être séparé.

Dans ce cas, l'amour pour chacun, et pour chaque chose, m'inonde, puisqu'il n'y a plus de peurs à avoir vis à vis de l'autre. Mais pour vivre pleinement cet amour, pour ne pas en rester à un amour d'ego à égo, où à la fois j'aime mais je veux obtenir quelque chose en retour, il s'agit de sacrifier cet ego à l'autel du divin. C'est pourquoi la voie christique est celle du sacrifice : le sacrifice de l'ego, des désirs, des attachements, de la personne.

Ici aussi, dans cette voie, on atteint la pure présence du "je suis", le "Eyeh Esher Eyeh" du Divin et de l’Éternel qui nous emplit de sa Grâce, et nous amène à vivre l'amour absolu et inconditionnel.

Il existe enfin une troisième voie, la "La Voie de la Transmutation", qui a été moins connue et qui n'a pas donné lieu à des religions exotériques (c'est à dire des religions pour tout le monde, comme le sont le Christianisme, l'Islam, le Judaïsme, l'Hindouisme et le Bouddhisme). Elle prend sa source dans la transmutation de la matière, à partir de la fusion des énergies féminines et masculines.

En occident, cette voie a été justement développée par l'Alchimie (l'art de l'"Alchimie Mystique".), la Magie et les pratiques occultes (Hermès Trismégiste, culture d'Isis), et en orient, ce sont les traditions tantrique et taoïste qui en ont été les porteuses. Elle prend sa source dans la puissance sexuelle et sa transmutation par le Cœur et la Conscience.

Chacune de ces voies, conduit à la suppression et à la transmutation de la souffrance : la Voie Bouddhique (Voie de la Conscience) supprime le désir et développe la Conscience et la Sagesse, la Voie Christique (Voie de l'Amour et du Sacrifice) transcende la souffrance dans le sacrifice de sa personne et dans l'amour inconditionnel, enfin la Voie Alchimique (Voie de la Transmutation) transmute la matière (et l’esprit) dans l'action.

Évidemment, chacune de ces voies emprunte aux autres... Dans la Voie Christique l'amour et le sacrifice est une incarnation de la "Voie de la Conscience". Car la Conscience s’adressera au Coeur, et vice et versa...

Du reste, la "Voie Alchimique" mets aussi l'accent sur la Conscience, la Sagesse et l'Amour, et il semblerait que certains aspects ésotériques de la "Voie Christique" aient pu rencontrer l'alchimie de la transmutation des âmes par la rencontre sexuelle avec le bien aimé (qu'il s'agisse du divin ou de l'être cher avec lequel s'effectue le Mariage Sacré, ces initiatiques "Noces Alchimiques").

Ces dernières années on a pu voir ainsi un rapprochement essentiel entre la "Voie Christique "et le "Tantra". Par exemple, par l'importance nouvelle que prend le personnage de Marie-Madeleine dans les nouveaux courants spirituels, considérée comme la compagne de Yeshua, celle qui lui enseigna la sexualité sacrée (voir à ce sujet "Le Manuscrit de Marie-Madeleine". (Puisse-t-il être possible d’apprendre quelque chose à l’incarnation de Dieu!)

Enfin... à ce sujet on peut aussi lire les livres, plus réservés néanmoins, de J.-Y. Leloup (On pourra lire avec bonheur son roman qui n'en est pas tout à fait un : "Une Femme Innombrable").

Cela dit, pour l'initié, il est clair que toutes ces trois Voies se combinent et font partie d'un tout. Et cela fait dire aux initiés qu'en vérité, toutes ces voies là font partie de la "Voie de la Transmutation"...


D'ailleurs, en vérité il y à 5 sphères dévolution pour l'initié, ce sont 5 routes, "5 voies" qui semblent aller dans le même sens... Des routes qui sont parallèles et qui parfois finissent par se croiser...

Donc à ces trois premières voies desquelles je faisais mention, 2 autres voies s’y  rajoutent... 

Une quatrième, qui n'a été révélée que récemment dans l’histoire, celle que l’on pourrait, à juste titre nommée : "La Voie Luciférienne"... (associée entre autre au pratiques de la magie sexuelle, magie invocatoire, goétie, satanisme, magie noire). Que certains voudraient qualifier de sorcellerie ou de paganisme, ce qui est tout autre... et s’explique dans un tout autre ordre d’idées.

Je reviendrai, au cours de d'autres exposés, sur cette fameuse "Voie Luciférienne", et sur le rôle que joue Lucifer dans l’univers de l’occultisme et de l’initiation, ce porteur de Lumière, prince de la dualité, qui a souvent pris le visage de Satan (l'accusateur) et du Diable (celui qui divise), sinon il prend le visage de l’Anthéchrist, celui que les islamistes nomment le "Dajjal", cet ange déchu qui se manifestera à la fin des temps afin d’aliéner l’humanité!

Les initiés vous diront que la "Voie Luciférienne" est illustré par l’arcane 15 du Tarot, il s’agit alors du "Baphomet", qui fut une représentation symbolique honoré par les Templiers et d’autres initiés lui faisant référence.

Cette voie, qui s'intègre naturellement aux autres, porte sur le travail de l'Ombre, sur tout ce que nous ne voulons pas voir en nous, sur tout ce qui devient la source de nos angoisses et de nos répulsions. Elle a été découverte en Occident, par le travail psychothérapeutique, notamment par Freud, mais surtout par Jung qui en a donné une vision claire en reliant cette ombre individuelle à l'ombre collective inconsciente de nos sociétés, et plus généralement de toute l'espère humaine. 


Attention! Il ne s'agit pas de suivre Lucifer, mais de reconnaître, de pardonner, et d'intégrer, en la transmutant en Lumière, cette part d'ombre qui est en nous. Or, le plus curieusement du monde, on pourrait faire un lien entre la "Voie Luciférienne" et l’utilisation du "Tarot Miroir", c'est-à-dire dans un optique thérapeutique, dans le sens d’une "évolution personnelle"!

Tout de même, il faut comprendre que la "Voie Luciférienne" s’adresse aux individus qui ont développé des affinités avec cet ordre d’idées... Cette "Voie Initiatique" particulière est sans doute inspiré à ces adeptes, par Lucifer même!

Cela dit, il y a en tout et pour tout 5 voies qui ensemble forme "La Voie Initiatique"
Ces 5 Voies distinctes mais alchimiquement en osmose sont ainsi transposées dans les figures du Tarot :

La Voie Bouddhique (Voie de la Conscience) est représentée par LA PAPESSE (2)
La Voie Christique (Voie de l'Amour et du Sacrifice) représentée par L’IMPÉRATRICE (3)
La Voie Alchimique (Voie de la Transmutation) représentée par LA TEMPÉRANCE (14)
La Voie Luciférienne (Voie des Ombres) représentée par LE DIABLE (15) 
Et enfin cette dernière et non la moindre... 
La Voie des Mages (Voie de l’Étoile Internelle, ou de la Lumière Éternelle) représentée bien évidemment par L’ÉTOILE (17)

Cette dernière nous apparaît comme la somme des 4 premières avec en plus cette lumière venant de l’astre révélateur, cette étoile guide qui nous ramène à notre propre lumière intérieure, cette fameuse ÉTOILE internelle... (à ne pas confondre avec certaines sectes du même nom). Les mages proposaient ce cheminement en disant : "LUX AETERNA".

Les dites "Voie Luciférienne" et "Voie des Mages", sont toutes deux protégés de sceaux qui leur assurent un hermétisme complet, impénétrables, à moins de vouloir s’en remettre complètement à Lucifer, où à cette Étoile des Mages d’où provient cette divine Lumière Éternelle!

Mais encore... Il semble qu'il existe depuis toujours une synthèse entre ces différentes voies, afin de former l'union de l'Incarnation, du Cœur et de l'Esprit et d'une manière générale, l'union "intégrale" : alliance du masculin et du féminin (en soi et en couple), union de l'action et de la sagesse, de la relation verticale (vers le divin) et action horizontale (action dans le monde), tout ça allié à la sagesse et à la grandeur d’âme... 

Quoiqu’il en soit, dans tout processus initiatique, l’âme est appeler à s’élever...

Cette synthèse des 5 Voies, en reliant au plus profond des traditions a priori séparées mais pourtant sœurs, permettent d'accélérer le développement individuel et collectif de l'humanité.

L'approche intégrale, s'effectue d'abord à l'intérieur de soi, au plus profond de son être, en reliant tout ce qui est vécu comme séparé et distinct, en réunissant ce qui a été disjoint, voire dissocié. Relier le sexe (et le ventre) au cœur et au troisième œil, relier la base vitale de notre survie immédiate et l'aspiration au divin, aller au delà de l'ego pour atteindre la reliance du cœur, et intégrer même cette part d’ombre à nous mêmes, afin de diminuer le mécanisme de projection, source des peurs et des exclusions de toute nature...

Ensuite, à partir de ce lieu où la Puissance, l'Amour et la Sagesse ne font plus qu'un, il est possible d'amener le travail à l'extérieur de ce temple et ainsi de transformer le monde.

Nous parlons ici de l’initié "accompli", celui-là qui est arrivé à la fin de son cheminement d’initié, de cette route qui est le début d’une autre route sans fin!

Tout initié accompli a fait la découverte qu’il n'a pas été nécessaire pour lui de se soumettre à la Voie Luciférienne ou adopter la Voie des Mages pour parvenir à ses buts... 

Tout véritable initié sait que tout commence par une transformation de soi-même, d’une lente mais profonde métamorphose, de notre être, de notre âme... Et en cela, l’initié s’en remettra avec sagesse à la Voie dite "de la Transmutation", qui est la "Voie Alchimique"... 

C'est le moyen que prennent les initié afin d’opérer des changements en eux, et qui d’une manière ou d’une autre les amèneront à aborder les autres Voies. Car les 5 Voies sont toutes, elles aussi, ni plus ni mois des moyens de transformer le cœur, l’âme et le corps astral de l’initié et de le convertir aux Vérités Immuables.

LA VOIE DE LA TRANSMUTATION


La Voie de la Transmutation propose de changer les souillures en qualités qui leur sont opposées...

La Voie de la Transmutation  fait appel au processus alchimique initiatique présenter par le Tarot, cette voie consiste à transcender le pur et l’impur, ce qui, une fois maîtrisé, est le moyen le plus rapide et le plus facile pour atteindre l’éveil.

Les diverses méthodes utilisent aussi différentes sortes de moyens de progression plus ou moins radicaux : on pourrait comparer à des méthodes pour se débarrasser de l’arbre de l’ignorance, de la souffrance et des négativités...

Certains préconisent d’arracher les feuilles...
D’autres prescrivent la coupe des branches...
D’autres qu’il faut trancher l’arbre à la racine...

Le Tarot propose, sachant pertinemment que toutes les souffrances sont dans les esprits, qu’on doit réaliser directement sa nature profonde, trouver la source du mal et ensuite, éliminer toutes les illusions que cette source génère... Voilà l’approche du Tarot.

La Voie de la Transmutation, permet sans aucun doute de réaliser l’éveil dans cette vie, et il permet même de résoudre l’énigme du secret des destinées!

Quant le Tarot appel un individu à être enfin initié aux mystères de l’alchimie céleste, et que l’aspirant initié est prêt à se laisser guider par l’Étoile des Mage, c’est qu’il est fin prêt à combattre son égo et mettre fin aux cycles de ces karmas...

Le Tarot propose de renaître à la vie avant sa mort! Il enseigne que la mort physique est une illusion, certes, mais il enseigne que le secret est dans l’œuf ! (egg = ego).

Effectivement, il s’agit ici pour l’aspirant initié d’opérer la transmutation alchimique du plomb en or, donc de la métamorphose de son ego en œuf philosophal! De cet œuf philosophal sera tiré la substance qui permet de réaliser le "Grand Œuvre".

L'enseignement secret de "La Voie des Mages"


D’une façon générale, les bouddhas enseignent le dharma conformément à l’esprit de leurs disciples.... De la même manière, LA PAPESSE, et L’ÉTOILE (Les deux Voix du Tarot) enseignent la Voie des Mages...

LA PAPESSE, immortelle déesse, dans son extrême compassion, délivre ces instructions particulièrement profondes, rapides et efficaces transposées en idéogrammes sur les Arcanes du Tarot.

L’ÉTOILE est la lumière qui nous inspire, nous guide, nous éclaire... au cours de notre cheminement, certes, mais elle est aussi et surtout : "La Voix du Bon Conseil".

Le Tarot est l’aboutissement ultime des enseignements des mages ; il s’agit certainement d’une sage voie à suivre... Mais, la "Voie des Mages" fait partie des "enseignements secrets", car il est facile de le mal comprendre, ce qui peut nous amener à commettre de grandes fautes qui produisent des existences misérables dans des états infernaux ; et en ce sens cette sorte d’initiation au Tarot peut s’avérée très dangereuse... Gare surtout à ceux qui prévois s’en servir insouciamment ou à des fins malintentionnées!

C’est pourquoi, cette sorte d’enseignement est réservés à certains initiés seulement, et est généralement considéré comme étant l’"enseignement secret". (Il en va de même pour la "Voie Luciférienne", qui se veut un enseignement hermétique) et, dans ses pratiques les plus essentielles, il n’est transmis qu’oralement et lorsque le moment est venu, par le maître à son disciple.

Enfin, en toute occasions, le Tarot, s’il est mal utilisé ou mal compris, peut effectivement nous amener à commettre de grandes fautes, et bouleverser nos existences, voire les rendre pénibles, malheureuses dans des conditions d’indigence, de déroute, de mal-être... Terrain propice aux troubles physiques et psychologiques...

Il faut le prendre en considération : Le Tarot peut aussi être source de confusions, d’obsessions, de contrariété, d’incompréhension, de sentiment d’impuissance devant les évènements, etc...

Encore une fois, il est difficile de cheminer sur la voie de la libération, c’est à dire, de se libérer des mauvaises habitudes et tendances de son égo...

Le Tarot demandent d’entreprendre un réel combat contre nos "bêtes intérieures"... Ce combat n’est pas sans causer toutes sortes de répercussions dans notre vie, et il est préférable de s’engager dans ces voies  d'initiation avec l’aide ou le support d’un maître ou d’un initié accompli...

Le Tarot est l’aboutissement ultime des enseignements des Mages ; il est donc extrêmement précieux à tout individus qui cherche à être initiés aux "secrets", et nous sommes fortunés de l’avoir comme outils, accessible à tous. Mais un secret, une fois révélé, n’est plus un secret.

Enfin, la "Voie de la Transmutation" proposé par le Tarot a ceci de particulier qu’elle ne demande pas de rejeter quoi que ce soit, mais simplement de transmuter notre esprit et ses expériences en reconnaissant leur nature essentielle ; c’est une voie de transformation ou de transmutation de ce qui est impur en ce qui est pur.

À cette fin, les tenants de la voie de la transmutation alchimique utilisent la "vision sacrée", dans laquelle ils reconnaissent que ce monde où nous nous trouvons est déjà, en fait, fondamentalement pur ; c’est déjà un "champ pur", une sphère où toutes les dimensions, toutes les connaissances et la seule Vérité peuvent être naturellement embrassées...

De même, ils considèrent que les êtres sont fondamentalement des êtres de nature divine et qu’il n’y a pas de distinction réelle entre le divin et la création, celle-ci ne tenant qu’aux apparences.

Dans la pratique de cette vision sacrée, le monde est médité ­comme champ pur et les êtres comme des aspects du divin, toutes les formes comme des aspects éveillés, tous les sons comme des mantras et le mental comme l’esprit pur! C’est d’ailleurs l’état que les clairvoyant connaisse pour être celle des "devins" et des pratiquants de la "divination"... Un sorte de d’osmose entre "tous les divins en une seule et même manifestation divine".

Pour sa part, le Tarot considère tous les êtres pour avoir la capacité de s’accomplir et de s’unir au "divin". L’humain est appeler à découvrir son essence divine et à la faire s’épanouir en sorte que s’opère une transformation de l’être...

La compréhension juste de cette vision et de cette pratique est délicate. Un point fondamental de l’abord du Tarot est de ne pas développer à son égard de vues fausses, d’avoir confiance en lui et de ne pas le rejeter parce que soudainement on ne le comprend pas et qu’on à la sensation que l’on s’égare.

Il y a certainement parmi nous des personnes très différentes, certaines avec des capacités spirituelles très vives et d’une grande intelligence, et d’autres moins réceptives. Certaines ont déjà une bonne connaissance du Tarot, et des concepts qu’il véhicule; d’autres l’ont peu étudié, et plusieurs ne le connaisse que de réputation...

Enseigner les moyens du Tarot à une personne qui n’est pas prête à les recevoir, qui n’a pas la préparation nécessaire car elle n’a pas approfondi suffisamment sa connaissance et son expérience, risquerait de faire naître en son esprit des vues fausses, ou pire encore, de provoquer un sentiment de rejet. C’est pourquoi le Tarot ne peut être abordé de façon juste, à moins d’avoir reçu des bases solides, constituées par la compréhension et les pratiques proposées par « Les Enseignements de La Papesse »*.

Cela dit, dans cette voie des moyens que propose la Voie de la Transmutation, il y a, comme vous ne cesserai de le constater, beaucoup de niveaux d’enseignement et de compréhension...

LECTURE DU TAROT DANS L’OPTIQUE « INITIATIQUE »


COMMENT DÉBUTE L’INITIATION PAR LE TAROT...

Le Tarot de Marseille, longtemps utilisé comme un jeu de cartes, puis comme un outil divinatoire, se révèle être également une œuvre philosophique et métaphysique. Il se présente, sous forme d’images symboliques - et tout particulièrement à travers les 22 arcanes majeurs - comme un manuel initiatique.

Les symboles offrent de nombreuses possibilités d’interprétation, ce qui confère au Tarot un inaltérable mystère, mais ce qui permet aussi, quand on tente de le déchiffrer, d’aller puiser à la source universelle de Connaissance. Même si cette tâche est en elle-même initiatique, le Tarot porte dans sa structure propre un message et peut se lire comme un récit, celui de l’éveil de l’être humain à son essence et à la réalité objective.

Dans le Tarot, LE BATELEUR représente "l’initiative" et après mûre réflexion, il se décide un jour à faire ses premiers pas vers LA PAPESSE, reçoit ses enseignements et s’engage à suivre la voie des initiés...

Dès lors, en bon élève, LE BATELEUR écoute les Enseignements de La Papesse.... Il doit donc d’abord accepter avec humilité d’apprendre que « Plus il apprend, plus il apprend, en vérité, qu’il ne sait rien », et que tout est encore à apprendre... C’est là, la première étape...

Ensuite, il apprendra l’immuable loi qui dit : « On récolte toujours ce qu’on sème ». Et, LE BATELEUR bien informé des enjeux cette fois, acceptera de faire des « devoirs d’apprenti », subséquemment il devra accepter de se regarder lui-même en face, il apprendra à s’évaluer lui-même... Il devra accepter d’opérer des changements en lui... 

Ensuite, notre aspirant initié devra traverser une série d’épreuves desquelles il devra tirer des leçons... Cette première série d’étapes font du BATELEUR un alchimiste duquel il sera lui-même l’athanor et la source des substances....

Enfin, ce cheminement d’initié se poursuivra jusqu’à ce qu’il atteigne le sommet du monde, c'est-à-dire : l’infini des cieux...

LE CHEMINEMENT INITIATIQUE...

Le tarot se présente comme un parcours initiatique dont la première carte est LE BATELEUR...

LE FOU qui se dirigeait droit vers un précipice est avertit par un animal qui lui arrache son pantalon! LE FOU qui a su écouter l’avertissement à pris une autre route et par hasard (sinon par destiné) il se retrouve devant le Temple de la Connaissance... La devant la Porte d’entrée du Temple, l’attend LE BATELEUR qui l’invitera à parier sa chemise !

LE FOU sortira-t-il perdant de cette joute avec cet habile dupeur qu’est le BATELEUR?

En vérité, LE FOU est devant LUI-MÊME!

Ce BATELEUR, c’est lui, dans sa vie future... enfin... dans une des destinée possible de son existence... LE FOU devient BATELEUR, et met fin à son errance... Il a décidé d’une manière de se sédentariser... Il s’installe à la porte du Temple de la Connaissance... Maintenant il est déterminé à trouver un moyen pour y entrer, et avoir le privilège d’être initier... Mais pour cela, le moyen qu’à trouver notre FOU est de se faire BATELEUR... Il doit dorénavant s’assurer de pouvoir entrer dans le Temple, il lui faut connaitre le moyen d,y pénétrer et amasser autant d,argent que de savoirs avant de s’y introduire... au détriment d,avoir au début à acheter des informations!

Le héros de ce récit est donc, d’une certaine manière LE FOU, qui a décidé de devenir BATELEUR. Car le FOU s’est enfin décidé à entreprendre sérieusement un cheminement sur la Voie des Initiés. Ce BATELEUR est surtout intéressé à acquérir des Savoirs, des Secrets et même des Pouvoirs, sans encore mesurer toute la sagesse et la patience qui sera requise.

Ce BATELEUR intrépide et hardi, part est décidé de partir à la découverte de lui-même et du sens de sa vie; c’est pourquoi il apparaît avec le premier arcane majeur sous les traits du BATELEUR, qui désigne, en ancien français, un faiseur de tours, un jongleur, un acrobate de foire, un prestidigitateur.

L’homme ordinaire est maintenant illustré montré comme un joueur, un illusionniste, car il est plongé dans le monde des apparences. Il évolue dans une réalité qu’il perçoit de manière subjective et sa personnalité est un rôle qu’il joue à ses semblables et à lui-même. L’arcane du Bateleur représente celui qui prend conscience de l’illusion dans laquelle il vit et qui doit découvrir et/ou redécouvrir ce qu’il est vraiment s’il veut comprendre le sens de son existence.

Et justement, LE BATELEUR est un arcane de volonté et de désir. Il est associé au chiffre 1, qui donne l’impulsion et marque le départ de la quête. Séparé du réel par les voiles de ses nombreux conditionnements, qu’ils soient instinctifs, émotionnels, mentaux ou sensoriels, l’être humain ne peut s’éveiller, ne peut voir “ce qui est”, s’il n’en a pas le profond désir et s’il n’effectue aucun travail sur lui-même.

La carte figure un homme debout derrière une table qui manie des objets. Ces objets symboliques correspondent aux quatre emblèmes attribués aux arcanes mineurs, à savoir : la coupe, le denier, le bâton et l’épée. Ces symboles représentent les quatre éléments et sont associés, en psychologie jungienne, aux quatre fonctions du psychisme humain qui régissent nos comportements : coupe - eau : sentiment ; denier - terre : sensation ; bâton - feu : intuition ; épée - air : pensée.

Le Bateleur est un alchimiste : il doit effectuer la transmutation de ses fonctions psychiques afin de les faire passer de l’état de mécanismes échappant à son contrôle à celui d’instruments mis consciemment au service de la création, de l’expérimentation et de l’amour.

Tout au long de son apprentissage à travers les arcanes majeurs du Tarot, allégories des étapes et épreuves initiatiques de la vie, il se confronte ainsi à ce qui le compose. Son initiation s’effectue à travers des cycles et des passages qui permettent la transformation intérieure et l’intégration de la conscience éveillée, et se déroule comme suit :

Le TAROT, forme un tout structuré et de forte cohérence. Il représente le TEMPLE DE LA CONNAISSANCE. Chaque arcane est une porte (un arche)...

Chaque arcane contient le message ou la somme des parcours initiatique de la précédente soit dans son évolution soit dans son accentuation. La preuve en est donnée par les couples de L’IMPÉRATRICE/L’EMPEREUR et des PAPESSE/PAPE qui ont de toute évidence un lien entre eux ou bien par la présence d'un arcane sans nom (L’ARCANE SANS NOM) et d'un arcane sans nombre (LE FOU) ou le sceptre symbole de pouvoir que l'on retrouve dans L’EMPEREUR, L’IMPÉRATRICE et LE CHARIOT. Il est notoire, que tous ces liens ne sont pas le fruit du hasard et semblent bien obéir à un dessein plus grand.

LE BATELEUR est la première impulsion, le point de départ, le commencement du parcours. C'est le coureur au début de la course, l'étudiant face à sa vie. Il réunit entre ses mains tous les instruments nécessaires pour faire le voyage. On pourrait se hasarder à formuler l'hypothèse d'une division du parcours, puis par la similitude entre les chapeaux du Bateleur et de la Force qui pourraient représenter la première partie du parcours puis entre LE PENDU et LE MONDE qui se présentent tous les deux sous la même position (debout avec une jambe repliée sur l'autre) mais inversés l'un par rapport à l'autre.

Le pèlerin commence son voyage et rencontre LA PAPESSE (II). Il se trouve de ce fait confronté à la connaissance spirituelle et à ses secrets. Le livre ouvert sur les genoux de la Papesse concerne l'homme et son DESTIN (devrait-on dire « sa raison d’être »).

D'ailleurs, si on place les deux cartes cote à cote, on constate que LA PAPESSE est tournée vers LE BATELEUR, elle semble le regarder et elle tient son livre exactement au même niveau que la bourse qui est posée sur la table du Bateleur.

En continuant notre raisonnement on pourrait supposer que LA PAPESSE se reflète dans le quatrième pied de la table qui n'apparaît pas sur l'image du BATELEUR et qui de ce fait symboliserait le monde de l'invisible, monde sur lequel règne LA PAPESSE.

En premier lieu, l’aspirant initié rencontre donc LA PAPESSE (2) : Il a tout d’abord l’intuition du Soi, l’intuition de l’éveil. Il découvre son centre à travers un moment de recueillement, d’isolement, de méditation. C’est cette connaissance silencieuse qui lui donne foi en sa quête et le soutiendra par la suite.

L’aspirant initié continue son parcours de la connaissance de l'univers et il rencontre ensuite L’IMPÉRATRICE (3) : Il s’applique à concevoir intellectuellement cette révélation et ses implications, il la mentalise, l’exprime, se documente. Il envisage les divers moyens mis à sa disposition pour faire évoluer sa conscience.

LE BATELEUR s’unit cette fois aux énergies inspirante autant que vivifiante de L’IMPÉRATRICE (3) : dont il prend et acquiers l'intelligence et la vivacité intellectuelle. Il obtient ainsi avec aisance le pouvoir, la puissance matérielle et spirituelle qui se manifestera dans L’EMPEREUR (4)... Il entre alors en action, s’engage sur la Voie. Il suit un maître ou un enseignement, pratique une discipline, structure son cheminement. Et grâce au PAPE (5) sa puissance matérielle s'élargira au monde spirituel.

Avec LE PAPE : L’aspirant initié fait une première expérience d’éveil à la réalité objective. Sa conscience adopte un point de vue global qui lui permet d’éprouver l’amour universel, la compassion et la compréhension sans jugement du monde, des autres et de lui-même.

L’aspirant initié s’amène ensuite vers l’arcane de L’AMOUREUX (6) : Il peut alors se confronter en conscience à ses émotions, ses désirs et ses mécanismes affectifs. Il traverse l’épreuve de la dualité entre raison et passion, entre sentiments et intellect, qui lui révèle les projections sur lesquelles il a fondé sa relation à l’autre.

Puis, déçu de l'illusion du pouvoir, qui, matériel ou spirituel, ne constitue pas la véritable connaissance, il se trouvera confronté à des choix. Un grand conflit intérieur le déchirera dans la carte de L’AMOUREUX.

C'est dans cet arcane que l'on retrouve LE BATELEUR en compagnie de deux femmes. Ces deux personnages semblent symboliser un choix que devra faire LE BATELEUR entre la vertu ou la légèreté, à moins qu'il ne s'agisse d'un passage symbolisé par les deux femmes et l'ange dans le plan supérieur de la carte.

Quoiqu'il en soit, il sortira visiblement victorieux de l'épreuve comme le symbolise LE CHARIOT (7).... Ici, LE BATELEUR, possesseur des attributs royaux : la couronne et le sceptre, aura enfin acquis l'expérience du pouvoir et obtenu une reconnaissance méritée. Il peut alors commencer son initiation spirituelle pour atteindre un niveau de connaissance supérieure.

Avec l’arcane du CHARIOT : L’aspirant initié apprend à concilier ses antagonismes en étant à l’écoute de lui-même et de ses diverses aspirations, à équilibrer pulsions et réflexion, besoins personnels et don de soi. Il acquiert maîtrise et confiance en soi.

L’aspirant initié a traversé les 7 premiers arcanes qui composent les 3 septénaires du tarot.

Il se présente enfin devant l’austère arcane de LA JUSTICE (8) : Fort de cette maîtrise acquise lors de son cheminement à travers les 7n premiers arcanes du tarot, il s’applique dorénavant à être seul juge de lui-même, à ne pas tricher avec sa vérité, à faire preuve d’honnêteté, de lucidité et d’impeccabilité. Il vit un moment de bilan au cours duquel il pèse le poids de son engagement sur la Voie et de l’intégrité que cela requiert. Maintenant, l’aspirant initié est très sûr de lui, mais n'a pas encore appris les limites et les interdits que lui inculquera l’imparable JUSTICE. Il devra apprendre à contrôler sa fougue et ses impulsions, à se plier aux lois et respecter les règles sociales.

Le message de LA JUSTICE est : "On récolte toujours ce qu’on sème"... Elle annonce les 7 arcanes des "épreuves"...

Suite à ce premier avertissement, il décide de commencer sa recherche initiatique en devenant L’HERMITE (9). Ici, LE BATELEUR quitte son rôle de « prétentieux » et deviens un humble pèlerin. Il reprend son bâton (le bâton du temps où il était LE FOU) et dans la solitude et l'éloignement du monde, retraite voulue et jugée nécessaire, il commence sa méditation... Sans doute aussi il profite de cette retraite dans des recoins de la nature qu’il a appris à connaitre et apprivoisé du temps qu’il était LE FOU, cet individu sauvage qui vivait en accord avec la nature.

L’étape de L’HERMITE marque un temps d'arrêt, le temps de se pencher sur soi et sur son passé, de faire son chemin intérieur.

Ce repli est nécessaire pour se recentrer et découvrir le sens profond des choses qui échappent au premier regard. Ce besoin d’authenticité le pousse à se détacher de ses maîtres à penser et du savoir qu’il a accumulé pour suivre sa route éclairé par sa vérité intérieure. Il pratique l’introspection et la méditation. Il devient son propre guide.

Il arrive, comme par hasard, devant la fameuse ROUE-DE-FORTUNE (10) qui semble faire tourner à la dérision!

Un évènement inattendu offre à l’aspirant initié la possibilité de rompre avec les schémas qui se répètent dans sa vie et lui permet d’acquérir la conviction que ce n’est pas son ego qui régit son destin, mais le Soi.

C'est là, qu'il apprend que rien n'est jamais acquis avec les aléas du hasard et du destin dont il est la victime, ainsi que l'implacable logique suivant laquelle toutes les choses évoluent avec LA ROUE-DE-FORTUNE.

Suite à cette constatation et après avoir subi le cycle infernal de l'éternel recommencement, il apprend à canaliser ses énergies, à maîtriser et diriger ses forces instinctives et sa libido avec douceur et compassion. Il expérimente le pouvoir de l’intention, de l’énergie créatrice. Il possède suffisamment de Volonté, c'est-à-dire "de FORCE (11) psychique intérieure" pour finir la traversée du premier corridor initiatique, représentée par la 1ère colonne du temple du Tarot.

L’aspirant initié termine ainsi le 1er cycle et commence les ÉPREUVES avec LE PENDU (12) : Il entre à présent dans la phase passive de l’initiation qui requiert de sa part confiance et acceptation. Sa volonté personnelle est mise à l’épreuve. Il doit lâcher prise, mettre momentanément ses désirs et ses aspirations de côté pour se rendre réceptif et disponible à l’inconnu.

Afin de commencer de se prêter au processus alchimique de la transmutation, l’aspirant initié doit absolument réussir à "lâcher prise".

Arrive le moment fatidique de LA MORT (13), signifiée par l’ARCANE SANS NOM... Il s’agit ici, bien évidemment d’une mort allégorique, initiatique... Il traverse l’épreuve de la mort symbolique qui lui permet une profonde transformation : il meurt à l’individu créé de toutes pièces par l’éducation qu’il a reçue et les idéaux qu’on lui a inculqués. Il cesse de se construire à travers le regard de ses parents, de son entourage et de la société pour renaître à lui-même.

C’est ici la 1ère étape du processus alchimique de transmutation...

Le deuxième cycle est bien plus difficile et dangereux que le premier. Avec l’ARCANE SANS NOM, l’aspirant fait l'apprentissage de la mort physique pour apprendre à renaitre sous une autre forme spirituelle. Libéré de son corps et suite à la transformation qu'est la mort, il entame une période de lente mutation où il doit comprendre la vérité non pas telle qu'elle apparaît mais, dans son essence pure. Un immense sacrifice est nécessaire pour cela. À partir de cette opération alchimique mystique, l’initié est devenu la matière qui subira la métamorphose!

Cette renaissance amorce un nouvel équilibre. Il redécouvre avec un regard neuf son corps, ses énergies, ses dons, sa créativité. Il vit un moment de régénération et de purification au cours duquel il assimile ce qu’il a appris.

Une fois qu'il a compris le chemin qu'il doit prendre, il se prépare à la renaissance symbolique avec LA TEMPÉRANCE (14) qui se présente tel un « ange alchimiste », combinant les substances nécessaire à l’opération alchimique en cours...

Il fait ce travail avec son esprit, mais ce repos est de courte durée, car il se trouve vite confronté à la bassesse de ses instincts les plus vils avec LE DIABLE (15). Il débusque son tyran intérieur, alimenté par les refoulements, les complexes, les désirs et ambitions non assumés. Il mesure pleinement la dualité et la subjectivité sur lesquelles il a construit sa perception du monde et de lui-même. Mais il sera défié sévèrement pas son EGO, et vouloir éteindre ses pulsions c’est souvent comme jeter de l’huile sur le feu!

De fait, il devra apprendre à résister aux tentations comme celles de l'orgueil et de l'ambition démesurée qui sera punie par le châtiment divin. Il recommencera tout à nouveau, en faisant table rase sur son passé.

L’aspirant Initié, avec LE DIABLE, traverse l’ÉPREUVE qui en fait un véritable initié... C’est effectivement avec l’arcane du DIABLE qu’il termine son périple au sein des arcanes du 2ème septénaire. C’est dans cette portion obscure du tarot que s’égare la plupart des aspirants initiées... Et pour eux c’est ici que le tarot devient en quelque sorte : un jeu de serpents et d’échelles!

Mais, d’autres poursuivent leur route, car ils ont fait appel aux 4 Vertus : PRUDENCE, FORCE, JUSTICE ET TEMPÉRANCE.

Dans son égarement passager, il sera, donc, rappelé à l'ordre par LA MAISON-DIEU (16) : Cette prise de conscience vient frapper comme la foudre la tour illusoire de ses croyances et de sa suffisance. Il la quitte de son plein gré, plongeant en toute confiance vers le Réel.

C'est alors, qu'un guide apparaîtra sous la forme de L’ÉTOILE (17) qui lui permettra de commencer sa véritable construction et de naître ainsi enfin affranchi de toutes les vicissitudes du monde et des hommes. L’ÉTOILE est espoir, conviction et inspiration... Elle est un guide aussi au sens où elle est notre lumière intérieure... L’ÉTOILE intérieur qui nous guide. L’initié découvre alors la paix, la gratitude et la confiance que procure l’acceptation de « ce qui est ». Et aussi de « ce qu’il est »... Il goûte l’amour inconditionnel de l’existence, la beauté de la manifestation, la vérité de l’instant présent. Si L’ÉTOILE est une invitation à prendre contact avec soi, avec son ÉTOILE intérieur, c’est aussi une invitation à prendre avec l’environnement, avec la nature (LE MONDE), avec tout ce qui nous entoure, avec le cosmos, et donc, avec la création... L’ÉTOILE nous invite à entré en contact avec les forces de la création, avec les voix de l’astral, les inspirations qui nous viennent des étoiles... Nous rappelant du fait, que nous sommes nés des Étoiles et que nous nous trouvons au milieu du cosmos.

Par contre, un dernier avertissement sera cependant encore donné à l’initié par LA LUNE (18) avec le risque toujours présent de la mort spirituelle et de l'inconscient! Armé de cette profonde sérénité acquise avec L’ÉTOILE, avec LA LUNE, cette fois, il descend au plus intime de lui-même, dans les parties les plus reculées de son inconscient, pour nettoyer sa source intérieure polluée par les toxines émotionnelles accumulées dans le passé et le karmique. Il transmute ainsi les énergies psychiques souterraines de l’imaginaire, des rêves et des fantasmes en richesse et en créativité.

Ultime épreuve qu'il devra affronter et réussir pour mériter de se laisser réchauffer aux doux rayons du SOLEIL (19) et se régénérer, suite à une dernière épreuve celle du JUGEMENT (20) des hommes où il devra savoir assainir son monde intérieur et spirituel. Il pourra enfin savourer une victoire méritée et se complaire dans la plénitude avec LE MONDE (21).

Alors qu’il chemine sur la route lumineuse du SOLEIL, l’initié recueille les fruits de son travail d’introspection, de déconditionnement, de détachement et de nettoyage : il est littéralement illuminé par la lumière de la pleine conscience et de l’amour universel. Son lien de communication avec la Source, avec l’Unité, est restauré.

L’arcane du JUGEMENT marque l’avant dernière étape du processus de transmutation de l’initié. Il s’éveille, il sait enfin qui il est. Il sort du tombeau de l’inconscience, nu, tout neuf, car l’éveil, étant hors du temps, est toujours neuf. Il sait enfin, pourquoi la vie, pourquoi la mort... Il résout l’énigme de la Rota, qui est l’énigme des destinées...

Il sort du tombeau et renait enfin sous un nouveau jour, transformé, métaphoriquement sublimé en or philosophal, tel un être nouveau et accomplit devant l’infini de la création, devant la grandeur du mystère du MONDE !

Le centre de sa conscience n’est plus le moi, mais le Soi. Il a réalisé la totalité de lui-même ; il est à la fois individué et indifférencié, unique et universel.

L’homme enfin libéré de son état d’inconscience est symbolisé par l’arcane du MAT... Il a mit en échec son Ego... C’est alors : « Échec & Mat »!

L’initié. Devenu maître, revêt son vieil habit de saltimbanque, indice qu’il n’a pas quitté le monde manifesté mais qu’il en est pleinement acteur, avec pour seule possession dans son baluchon la connaissance de sa nature véritable.

Maintenant, LE MAT poursuit sa route, le plus humblement possible, faisant la sourde oreille aux vils commentaires qui le font désormais paraître aux yeux des gens pour un FOU...

LE MAT est également LE FOL ou LE FOU, parce que cet arcane évoque la folie contrôlée du chaman, la folle sagesse de celui qui connaît son être véritable et qui, sachant que tout est expérience, création et changement, est à la fois observateur et créateur sans limite de sa réalité.

LE MAT n’est pas une étape initiatique, c’est un niveau de conscience. C’est l’état d’"êtreté", la capacité à éprouver l’intensité existentielle et à vivre ici et maintenant. Il symbolise le Bouddha, la conscience éveillée, l’être véritable. Il ne peut être placé à un endroit précis dans le jeu, car il en est l’âme, l’intention, le créateur.

La Conscience n’est pas un but en soi. Elle est l’essence de l’être. Le but de l’initiation est simplement de la découvrir. Si l’évolution de l’individu vers cette connaissance répond à des cycles et s’inscrit dans la durée, l’être éveillé, lui, est simplement là, permanent et intemporel.

Par son appellation qui rappelle celle qu’on retrouve dans le jeu d’échecs, cet arcane indique le lâcher prise de l’ego...

Le roi est « échec & mat » quand il ne peut plus bouger sans être pris. Le roi, c’est l’ego qui règne sur la personnalité et se comporte en despote chez l’individu non éveillé.... Quand il est contraint de renoncer à son pouvoir, parce qu’il est "pris”, parce que la conscience vigilante s’est installée et repère toutes ses tentatives de domination, l’Être est libéré.

LE MAT représente ainsi le véritable lâcher prise, qui ne signifie pas la non-action et la passivité, mais l’abandon au flux de la vie et à l’essence (le Sens) de ce qui est. Il avance, il est en marche, il est au monde.

Sur la lame, un animal suit ses pas, mordillant son pantalon : l’homme réalisé ne renie pas son animalité (instincts et émotions) puisqu’elle est indissociable de son expérience d’être humain. Il l’a intégrée et il vit avec elle. Mais à la différence de l’homme endormi, il la maîtrise. Ce n’est plus l’animalité qui le dirige aveuglément. Elle est devenue une force créatrice qu’il sait utiliser avec sagesse ; il en a fait son alliée.

Conclusion :

Le Tarot, livre initiatique présenté comme un jeu, évoque l’aspect ludique de l’existence. Même à travers les épreuves et les grandes révélations, l’apprenti-sage doit se rappeler que rien n’est grave et ne jamais se prendre au sérieux. L’appel de la conscience éveillée est impétueux comme le feu du désir qui caractérise LE BATELEUR. Mais si celui-ci se crispe sur sa quête et en fait une affaire grave et personnelle, il en bloquera ou ralentira le processus. On ne peut atteindre l’éveil, puisqu’il échappe par nature à toute notion de devenir, mais simplement le laisser se vivre, se révéler à travers nous...

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OPTIQUE « ÉLÉMENTAIRE »

- Consécration d’un Tarot
- L’Accord des Cieux
- Comment questionner le Tarot
- Le Tarot et les Questions Sentimentales
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- Nostradamus, Prophéties et Tarot
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- L’Allégorie « des Noces du Soleil et de la Lune »
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- Clefs Ésotériques du Tarot
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OPTIQUE « INITIATIQUE »

- Tarot et Alchimie Mystique
- Les Noces Alchimique
- Le Processus de Transmutation
- Le « Grand-Œuvre »
- L’œuvre initiatique de Saint-Exupéry : "La Ligne de Force"
- L’œuvre initiatique de Maurice Maeterlinck : "Merveilles de la Création"
- L’œuvre initiatique de Léon Bloy : "Le Mystère de l'Être"
- L’œuvre initiatique de Goethe : Le Serpent Vert" et "Faust"
- Conte Initiatique : "Isabelle & l'Hermite"
- Les Dédales du Temple Tarot
- Symbolique Initiatique du Labyrinthe
- L’Accès au Divin
- L’Élévation de l’Âme
- La Voie des Mages

Etc... etc...

samedi 1 septembre 2012

LA LUNE (Arcane 18)


Ombres et Lumières Intérieures... 

L'arcane majeur du Tarot nommé la Lune est rattaché à la famille des planètes. Avec l'Etoile, l'arcane la Lune symbolise le monde nocturne, la face sombre et irrationnelle des événements et également, au niveau de l’individu, l'inconscient tout comme la profondeur du sentiment, de la sensibilité. La nuit peut être un symbole de mort, par opposition au jour symbole de vie. 

L'arcane le Soleil illustre le conscientisé par un esprit brillant et lucide ; alors que l'arcane la Lune est une représentation du Mystère de la vie/mort, de l'irrationnel, de l'inconnu ; le Mystère est abordé par un esprit méditatif. La lune symbolise également l’imagination, morbide ou créative. 

La lune influence les marées des océans, le cycle des menstruations, etc. Elle symbolise le temps, le rythme, qui provoque la transformation et la nouveauté inhérentes au mouvement. Ce mouvement agit sur nos humeurs ; les femmes y étant plus réceptives. 

Le nom de cet arcane, la Lune, désigne symboliquement le principe fondamental de l’énergie féminine. La planète lune est une sorte d'extension de la terre, de laquelle elle est dépendante. La symbolique de la lune est donc proche de celle de la terre qui est, symboliquement, notre mère nourricière. Je dirais que la terre représente l’aspect bienveillant de la mère, alors que la lune représente l’aspect ombre de la mère. 

La lune éclaire certaines de nos nuits en réfléchissant les rayons du soleil, la lune ne diffusant pas de lumière propre. Elle symbolise de la sorte l'illusion et le mensonge.

C’est durant les nuits qu’émergent nos peurs, parfois irraisonnées, ainsi que des résurgences liées à nos blessures et traumas les plus profonds. La peur est l’un des sentiments de base avec, à l’opposé, le courage. La peur maintient dans l’inertie, alors que le courage permet d’avancer.

Le nombre de l'arcane la Lune est 18, XVIII. Les vibrations du 18 prennent source dans le nombre 9. Le 9 symbolise la transformation, un besoin de renouvellement. Il signale un temps de crise durant lequel l'activité va consister à rassembler ses idées, à se recentrer sur l'essentiel, à réunir le multiple afin de reformer l'unité. 9 annonce un renouveau. Il est symbole de sagesse. L’Hermite, le neuvième arcane, paraît chercher quelque chose avec sa lanterne. L’arcane la Lune renseigne sur le lieu de recherche : dans les profondeurs de l’être, du Soi.

Ce royaume de l'ombre représente tout ce qui est caché, dissimulé, enfoui en chacun de nous, et qui précède la lumière.

La Lune représente : intuitions, prémonitions, imagination créatrices, clairvoyance, dons ou qualités psychiques, douceur réceptive...

Cet arcane met en évidence tout le côté obscur et négatif de l'inconscient. Il cherche à nous débarrasser de nos impuretés. L'angoisse, la dépression, les manies destructrices, les obsessions, les inhibitions, tous les problèmes psychiques et mentaux sont révélés et La lune nous encourage à les éliminer.

La lune indique encore que la réalité est trompeuse ou du moins elle apparaît différemment de ce qu'elle est. Les idées sont erronées, le consultant est sujet au fanatisme, aux préjugés.

Il faut affronter toutes ces épreuves avec un esprit de sacrifice et d'abnégation. Il faut faire des compromis, car on ne peut pas s'opposer au destin et à la malchance. Elle renvoie le consultant sur son propre passé et vers son intérieur.

La Lune – ou le Crépuscule – 18e arcane majeur du Tarot, principe féminin, est le symbole des créations imaginatives. Elles est le rêve, l'imagination, l'intuition et la sensibilité. 

Mais aussi, selon certains interprètes, elle exprimerait l’enlisement de l’esprit dans la matière ; la neurasthénie, la tristesse, la solitude, les maladies ; le fanatisme, la fausseté, la fausse sécurité, les apparences trompeuses, la fausse route, le vol commis par des proches ou des serviteurs, les promesses sans valeur ; le travail, la conquête pénible du vrai, l’instruction par la douleur ou les illusions, les déceptions, les pièges, le chantage et les égarements (O. Wirth).

Cet arcane complète les significations de l’Amoureux et, comme cette lame, correspond en astrologie à la 6e maison horoscopique.

Cette carte symbolise la clairvoyance, la sensibilité et l’inconscient mais aussi la nostalgie et le déclin.

Cet arcane est symbole d’imagination et touche à la sphère de l’inconscient. Il est alors question de secret, de rêve, de réceptivité mais aussi de réflexion. 

SENS ÉLÉMENTAIRE
Mots-clés : Passé, Déception, Obscurité, Inquiétude, Angoisse, Intuition.


Interprétations courantes de la Lune dans le sens positif :  C'est souvent pour annoncer une période de difficultés que cet arcane apparaît. Il annonce des conflits, des déceptions, des désillusions, dont les causes et origines se trouvent toujours dans vos erreurs ou vos faiblesses. Ils se manifestent dans votre vie et se révèlent à vous afin de vous éprouver, pour que vous en preniez conscience. Il est aussi en rapport avec les relations familiales, le passé, la confusion des idées et des sentiments, le psychisme et l'inconscient. C'est un arcane qui signifie souvent des troubles de la conscience, ou même d’ordre psychique.

Passion fusionnelle, imagination, avoir des rêves, intuition, absence de tabou dans la sexualité, maternité, cycle féminin, changement de maison positif, le couple vit chacun chez soi et cela est positif, maison de la mère, changement d'entreprise favorable, dominer, immobilier, passé, réflexion pour ouvrir notre conscience, poésie, comprendre le passé pour imaginer le futur, histoire de l'humanité, monde astral, mère cosmique.

Tirage amoureux : naissance possible et fécondité stimulée, relation affective basée sur l’imaginaire, amour secret, liaison non révélée, relation enrichissante sur le plan intellectuel mais aussi sentimental.

Tirage professionnel : travail de créativité favorisé, potentiel dans les domaines où la sensibilité et les valeurs féminines sont appréciées.

Tirage financier : prospérité, situation très favorable.

Tirage vitalité : énergie positive.

Message de l’arcane : La Lune vous conseille de toujours rester à l’écoute et de développer votre réceptivité. Il est important de prendre un peu de distance face à autrui et aux évènements et de prendre le temps de la réflexion avant de passer à l’action.

Interprétations courantes de la Lune dans le sens négatif :  Disputes de couple, manque d'imagination, dépression, cauchemars, manque d'intuition, tabous dans la sexualité, problèmes avec la maternité, cycle féminin et mauvaise humeur, changement de maison négatif, séparation, le couple vit chacun chez soi et cela est mal vécu, problème avec la maison de la mère, changement d'entreprise défavorable ou difficile à réaliser, ne pas avoir suffisamment de rêves, être dominé ou trop dominer les autres, problème immobilier, diffamation, problèmes avec le passé, disputes intérieurs entre la personnalité et l'âme.

Cet arcane peut aussi être synonyme d’angoisse, de trouble et de confusion. La Lune se révèle alors porteuse d’émotions négatives, de doutes et d’illusions. Les choses sont superficielles, fausses et les apparences trompeuses.

Tirage amoureux : instabilité dans les couples, relation cahotique, relations extra-conjugales, mensonges, retour du passé amoureux. 

Tirage professionnel : désillusions dans le travail, sacrifice à faire dans le travail, pièges à déjouer. 

Tirage financier : difficultés, nécessité de ne pas céder à des propositions malhonnêtes ou peu conventionnelles. 

Tirage vitalité : troubles psychosomatiques, manifestations de l’angoisse, faire un travail sur soi. 

Message de l’arcane : La Lune vous met en garde contre les affres de votre imagination. Il est bien de rêver mais attention aux illusions ! Notre petite voie intérieure nous brouille parfois la réalité des choses. Il faut trouver un juste équilibre entre raison et sentiments.


OPTIQUE « ÉVOLUTION PERSONNELLE »



Vous avez beaucoup d'imagination et d'intuition. L'eau stagnante vous obstrue la vue. Vous devez avancer au radar dans le marécage des incertitudes. Des idées noires, des émotions négatives, des égarements obscurcissent votre existence... Mais les enseignements ésotériques, les exercices d’introspection, fournit par la lumière régénératrice de la lune, vous éclaire la voie. La lune représente la gestation, la passivité, la réceptivité. Encore... La Lune vous invite à prendre conscience des chagrins que vous causées autour de vous. 

Conseils : Allez au delà des apparences. Méfiez-vous des disputes et des inconstances. 


LA LUNE = « LE JARDIN SECRET » 


Cet arcane est symbole d’imagination et touche à la sphère de l’inconscient. Il est alors question de secret, de rêve, de réceptivité mais aussi de réflexion.

L’Arcane de la Lune cherche à mettre en évidence le côté obscur de l'inconscient... La luminosité de la Lune est un éclairage « clairvoyant » sur notre passé et sur les problèmes accumulés. Tendances à la dépression, manies autodestructrices, obsessions, inhibitions, tous les problèmes psychiques et mentaux seront révélés, mis à la lumière de « l’astre révélateur ». 


OPTIQUE THAUMATURGIQUE 



Ce Nombre Dix-huit sera donc une nouvelle manifestation des facultés et pouvoirs de l’œuvrant dans sa pratique de la réalisation du Grand Œuvre. Et qui dit manifestation dit aussi épreuve avec de nouvelles possibilités offertes au libre arbitre dans notamment la faculté d’exercer ses pouvoirs, soit dans un but destructeur et mortel, soit dans une domination des influences néfastes de la Lune dans son aspect négatif, (l’inconscience, l’ignorance, la domination par les instincts, les ténèbres et l’obscurantisme, la passivité), ou encore en sublimant ces forces négatives pour parvenir à la sphère de Saturne éthique en réalisant, par un effort continu et soutenu, la synthèse de l’Intuition de la Foi et de l’Intelligence dans une analogie des contraires qui permettra le mariage de la Lune et du Soleil, pour donner naissance à l’enfant d’Hermès, but de la science Hermétique qu’est l’Alchimie.

Ce Nombre Dix-huit est celui de la Puissante faculté de nos cinq sens spirituels qu’est l’Intuition ; celle qui fait intervenir dans la Conscience éveillée les énergies suprahumaines et cosmiques ; soit cette Intuition sera livrée à elle-même et étant sans vertu elle sombrera rapidement dans les délires, les superstitions, les idolâtries et les sorcelleries d’une nature égotique livrée à sa propre folie ; soit elle sera en harmonie avec les Dix-sept Vertus et Puissances qui la composent et elle sera alors l’illumination intuitive de la Conscience dans la sphère du Destin, ce qui la mènera à la grâce d’une vision Juste et infiniment subtile.

La maîtrise de cette faculté spirituelle qu’est l’Intuition confèrera à l’œuvrant, une morale qui fera résonner (mais aussi raisonner) sa Conscience en harmonie avec la noblesse de l’Œuvre de la Providence. Son absence de maîtrise l’entraînera dans les profondeurs du monde souterrain de l’involution de la sphère organique temporelle.

Initiatique Sagesse d’Hermès : « Alors écoute bien mon avertissement O Homme, parce que la lumière vient seulement à celui qui fait des efforts et qui persévère. Il est difficile le sentier qui conduit à la sagesse et qui mène à la lumière. Plusieurs pierres obstruent ce sentier. Il y a plusieurs montagnes à gravir vers la lumière. Ne te laisses pas tromper par l’illusion de l’effort matérialiste en vue de se procurer des biens. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Nous parlons de l’effort en vue d’intensifier sa lumière intérieure et de pouvoir traverser le voile de la nuit comme un Soleil de lumière.

Regarde les étoiles et les soleils du Cosmos et tu comprendras qu’ils voyagent depuis toujours à travers les grandes ténèbres de l’espace infini. Et pourtant ils demeurent intacts et brillants. Voilà l’effort demandé, rester brillant et lumineux tout en traversant les ténèbres les plus obscures. Et ce n’est pas une mince tâche. Voilà pourquoi les Soleils de lumière durent de toute éternité ; "parce qu’ils sont constants dans leurs efforts". 


OPTIQUE "INITIATIQUE"



Cette carte symbolise la clairvoyance, la sensibilité et l’inconscient...

La partie supérieure de la lame représente le côté psychique. L’astre bleuté représente la spiritualité et l’intuition.

Au fond de l’étang, une écrevisse est l’emblème du monde souterrain, de l’examen de conscience de l’individu qui se retourne sur lui-même en son moi divin.

L’écrevisse dévore tout ce qui est corrompu et participe à la régénération... 

L’écrevisse mue et se défait périodiquement de sa carapace, comme l’homme, dont les cellules se régénèrent tous les 7 ans...

Les chiens qui hurlent à la lune sont les médiateurs entre le monde physique et le monde psychique... Ils se nourrissent des énergies lunaires qui tombent sous forme de goutte. Énergie de « régénération », énergie de « clair voyance ». (Clair de lune).

Cet arcane représente aussi la partie impénétrable de l’individu, son « jardin secret », sinon son inconscient associé à la nuit et au rêve...

Après l’arcane de L’ÉTOILE qui nous suggère de regarder en soi et vers le futur, l’arcane de la lune nous fait opérer un retour vers le passé, vers nos origines, vers les origines de la vie. 

Les grecs appelaient LA LUNE « Séléné » et la considéraient comme la plus importante des divinités astrales avec le soleil. On l’assimilait encore à « Diane » ou « Artémis » (sœur jumelle d’Apollon, le soleil) avec lequel elle éclaire le monde et assure vie et fertilité... L’Élément de la Lune est l’eau, la mer. La Lune symbolise évidemment la nuit, ou plus précisément la luminosité de l’astre régénérateur qui éclaire dans la nuit... La Lune symbolise le subconscient, l’imaginaire, l’inspiration, l’intuition, la médiumnité, la voyance...

Comme la lune réfléchit la lumière du soleil, l’intelligence humaine réfléchit la lumière créatrice de la conscience.
L’arcane de LA LUNE peut aussi représenter la « Maya ». Mais cette définition ne concerne pas le monde qui serait une « illusion », comme on l’a si souvent affirmé à tord. L’Illusion vient plutôt seulement de notre façon de voir les choses...
La structure de notre entourage et les événements qui nous arrivent ne sont que des concepts forgés par notre conscience humaine et non la réalité de la nature. « Maya » est l’illustration de l’illusion qui nous fait confondre les concepts avec la réalité. 

« Maya est inconstante comme le monde qui change sans cesse », nous enseignent les Upanishad.

La Lune nous rappelle que le futur découle du passé, que tous deux sont indissolublement liés. Il faut transcender ce passé afin de ne pas renouveler les mêmes erreurs.

Ce qui peut être déconcertant pour le lecteur non averti du livre de Thot, c'est que les 22 Arcanes qui le composent paraissent ne pas être classés suivant un ordre rationnel dans lequel les lames se succéderaient de manière logique et progressive les unes par rapport aux autres ; cela est dû au fait que, la plupart du temps, les Arcanes sont interprétés individuellement alors qu'ils ne trouvent leur véritable signification que les uns par rapport aux autres dans le cadre d'une vision globale des Principes de Vie et des Lois Naturelles Universelles. Seule cette approche unitaire et cohérente permet de donner à chacune des lames sa véritable signification.

Une belle démonstration de ce qui précède nous est donnée avec les Lames 

XVII et XVIII. Souvenons-nous (cf. Kha­lam n° 17) : avec l'Étoile, nous étions dans le monde du Divin, en plein exercice spirituel ; avec la lune, nous revenons dans le domaine de la matérialité et de l'intellectualité parce que l'Arcane XVIII est celui du double courant "intelligence — matière" contraire au double courant "durée — esprit" ou "intuition —conscience".

La Lune constitue le principe de la réflexion car, de même qu'elle reflète elle-même la Lumière du soleil, de même l'intelligence humaine réfléchit la lumière créatrice de la conscience ; ainsi, l'Arcane XVIII de la Lune, antithèse de l'Arcane XVII de l'Étoile, suggère le mouvement rétrograde représenté par la matérialité et l'intellectualité et contraire à celui de la vie. Tous les éléments de la lame XVIII - l'eau stagnante du marécage où veille l'écrevisse — scorpion, les deux tours rigides en pierre, le chien qui aboie de manière plaintive et le loup qui hurle vers le haut, les gouttes d'eau qui tombent, l'obscurité complète de l'éclipse - se situent à l'opposé de ceux de la lame précédente XVII, à savoir : le fleuve qui coule paisiblement, les arbustes verdoyants, la constellation rayonnante des huit étoiles, la femme dénudée versant "l'eau de vie" dans le fleuve de la continuité.

L'Arcane lunaire ou lame XVIII est celui du couple inséparable de la Terre et de son satellite, c'est-à-dire de la matérialité et de l'intellectualité du microcosme ; il nous indique que la divisibilité et la transformation permanente de la matière sont indispensables à l'intelligence pour s'exprimer, que la matière constitue l'élément vital de l'intelligence lui permettant de réduire en les quantifiant les notions de temps et d'espace alors que l'intuition conduit à l'invers.

Notre intelligence n'est tout à fait à l'aise que lorsqu'elle opère sur la matière brute ; c'est pourquoi, non seulement la science matérialiste cherche à décomposer en permanence les corps et les substances, mais également que les sciences occultes décomposent l'être humain en trois, quatre ou sept principes, selon les besoins, car l'intelligence, même lorsqu'elle se préoccupe de sciences occultes, ne se représente clairement que le fractionné et le discontinu alors que l'intuition peut seule se représenter l'Unité et concevoir l'état unitaire.

Le principe de l'intuition créatrice sera abordé avec l'Arcane suivant du Soleil qui est celui du printemps et correspond à la "participation à ce qui sera", alors qu'il s'agit ici d'aborder le principe lunaire automnal de l'intelligence qui est celui de la "compréhension de ce qui est".

Relevons à cet égard que l'Hermétisme, fondement même du Rite Ancien et Primitif de Memphis­-Misraïm, correspond à l'effort continu permettant d'aboutir à l'alliance de l'intelligence et de l'intuition ; c'est la voie de l'Union désintéressée dont le fruit est la Gnose.

Cette voie de l'effort continu nécessaire à l'union des contraires, but de tout hermétisme, est ce que la cabbale ésotérique appelle Kawwana, c'est-à-dire celle de la méditation profonde permettant de sonder les profondeurs obscures qui sont dans et autour du méditant. C'est ce qui permet de dire que l'Hermétisme ne porte pas sur un ensemble d’éléments obscurs ou extraordinaires, mais qu'il est une manière peu comprise de voir les éléments et les choses ordinaires en profondeur. Une telle réflexion trouve ici sa place car elle résulte précisément de la réflexion commune aux Arcanes XVII, XVIII et XIX.

La lame XVIII enseigne donc la méthode permettant de dépasser l'intelligence lunaire.
C'est l'Arcane montrant à l'initié qu'il lui faut impérativement passer de l'intelligence éclipsée de la technicité terrestre à l'intelligence illuminée par la spiritualité solaire, c'est-à dire l'intuition ; c'est l'Arcane montrant que le "savoir mieux" de l'intelligence stagnant dans le bassin de l'eau inerte recule comme l'écrevisse-scorpion et que ce "savoir mieux" est le cercueil de l'Hermétisme pratique et de sa capacité à connaître et à apprendre de tout le monde et de toute chose. 

Cette lame est fondamentale en ce qu'elle indique que, sur le chemin de la réalisation, le choix se présente inexorablement entre la possibilité d'avancer avec la spiritualité intuitive et unitaire ou de reculer avec l'intellectualité stagnante de la fragmentation. Apparaît alors la Voie de la Connaissance qui est celle du savoir intellectuel illuminé par la grâce intuitive, celle de l'intelligence unie à la sagesse, celle du savoir acquis et du savoir spontané ou révélé, en un mot celle de l'hermétisme millénaire qui révèle le "monde des profondeurs".

Sous jacent à notre lame XVIII et aux deux qui la précède et la suit immédiatement émerge le Grand Arcane Gnostique du mariage des opposés, c'est-à-dire ici de la transmutation de l'intelligence attachée au "comment" des choses, en véritable organe intuitif, s'occupant du "pourquoi" de la vie ; alors seulement, l'inconscient, au lieu de choquer l'intelligence, s'allie à elle. Il n'existe donc aucune technique d'enseignement, qu'elle soit ésotérique ou occulte, permettant de passer du monde de la surface au monde des profondeurs, en dehors du "sacrificium intellectus", du sacrifice de l'intelligence à la conscience. Aucun exercice de concentration, nul exercice de respiration car, ce qui est spirituel ne peut être atteint avec des moyens sensoriels ou objectifs ; la spiritualité de l'occident, sa mystique, sa magie et sa gnose ne peuvent résulter que de la communication et de la grâce, de l'Amour mutuel entre Dieu et l'Âme.

L'Arcane XVIII est celui qui laisse pressentir le mécanisme magique opérant derrière la surface de l'intelligence et qui annonce l'épanouissement du sens intérieur permettant de voir au-delà des choses de façon entièrement nouvelle. Derrière son imagerie évoquant des sentiments transparaît l'envoûtement du binaire, de la dualité, dont est victime et prisonnière l'intelligence subjective humaine et dont celle-ci ne pourra s'affranchir qu'au moyen de l'intuition en se tournant vers la conscience et la connaissance des profondeurs.

Les deux éléments de cet envoûtement sclérosant sont, d'une part, le doute de l'intelligence confronté en permanence au choix imposés par la dualité et, d'autre part, la psychologie objective et subjective de l'homme qui réduit son intention à l'intérêt qu'il se porte à lui-même car ce désir d'être important façonne en l'individu des motifs psychologiques cachés conditionnant de manière totalement inutile son intelligence. Cette psychologie courante projette la face de l'homme sur le luminaire lunaire et ce n'est jamais que la face humaine qui reviendra par reflet à l'auteur de la projection et rien d'autre. La psychologie contemporaine ne regarde et ne voit que la face humaine et elle contribue ainsi à enfermer l'intelligence dans le bassin d'eau stagnante où végète l'écrevisse-scorpion, et elle constitue un obstacle à la mise en œuvre du saut magique ouvrant la conscience au monde et à la vie. Car l'écrevisse de l'Arcane XVIII a le scorpion comme prototype, celui dont l'intelligence a préféré le recul pour aboutir à l'absurdité du suicide de la conscience.

En conclusion, l'apparition de l'Arcane lunaire signifie pour le consultant qu'il peut encore choisir entre la voie de la "conscience-aigle" qui s'élève au-dessus des antinomies ou la voie de "l'intelligence-écrevisse" qui recule et mène à l'impasse. Elle nous invite à un exercice spirituel pour écarter les antinomies qui inversent le mouvement évolutif et qui sollicitent en permanence l'intelligence pour précipiter l'âme humaine défaillante dans le bassin d'eau stagnante ; elle nous suggère de renforcer le désir conscient d'aller plus loin que l'intelligence et de se décider à faire le saut permettant de sortir de notre milieu sclérosant . L'Arcane XVIII est une mise en garde contre notre propre fonctionnement, et son apparition ne doit jamais être prise à la légère. 


ALCHIMIE ET TRANSFORMATION INTÉRIEURE


La découverte la plus originale de l'œuvre de Jung est sans doute l'existence dans l'inconscient humain d'un dynamisme de transformation. 

Cette découverte, Jung en a d'abord fait l'expérience pour lui-même. Suite à la rupture de son amitié avec Freud, il se retrouva très isolé, et confronté à une grande solitude intérieure. Il traversa une crise importante, en proie à un grand flot d'images intérieures. Il vécut là une véritable confrontation avec l'inconscient, se retrouvant parfois aux limites de la santé mentale.

Il fit ainsi le constat que la souffrance (une dépression par exemple) ne revêt pas seulement des aspects négatifs, mais constitue souvent, à y regarder de plus près, une invitation au changement, à l'élargissement de nos horizons, une sorte de passage obligé à une métamorphose de la personnalité (un peu comme la chenille passe par la chrysalide avant de devenir papillon). L'inconscient se fait le maître d'œuvre d'un processus de transformation capable de briser le cercle infernal de la répétition. 

Il existe donc au sein de l'inconscient humain des forces d'auto-guérison et de transformation. Jung a nommé ces forces «organisateurs inconscients" ou "archétypes". Pour bien marquer que ces structures sont une caractéristique de l'humain, il parle d'"inconscient collectif". 

A titre d'exemple, l'archétype pourrait se comparer à la structure de base d'un cristal, qui est la même pour tout cristal (système axial particulier), alors que chaque cristal est différent, tant par sa couleur que par sa forme. Tous les cristaux de neige sont différents, alors qu'ils présentent tous la même structure. 

Les archétypes ou dynamismes inconscients peuvent constituer un recours, quand les structures personnelles font défaut (quand il y a eu très tôt dans la vie des carences importantes sur le plan affectif). Ils sont alors capables de réparer et de relancer. D'où leur intérêt clinique, auquel Jung s'intéressa beaucoup, ayant été amené, au cours de sa carrière de psychiatre, à soigner de nombreux cas difficiles. 

Jung découvre donc qu'en se confrontant avec l'inconscient, le Moi se transforme. Il se produit une modification de la personnalité que Jung nomme "fonction transcendante", en prenant ainsi l'image d'une fonction mathématique. Cette fonction transcendante, nous la retrouvons à l'œuvre en particulier dans les rêves, qui très souvent nous invitent au changement. 

À la même époque, Jung se plonge dans d'anciens manuscrits alchimiques. Il est très vite frappé par l'analogie entre leur quête de transformation de la matière et cette notion de transformation qu'il constate à l'œuvre dans l'inconscient.


"Cette curieuse faculté de métamorphose dont fait preuve l'âme humaine, et qui s'exprime précisément dans la fonction transcendante, est l'objet essentiel de la philosophie alchimique de la fin du Moyen-âge", écrit-il. "Elle exprime son thème principal de la métamorphose grâce à la symbolique alchimique. Il nous apparaît aujourd'hui avec évidence que ce serait une impardonnable erreur de ne voir dans le courant de pensée alchimique que des opérations de cornues et de fourneaux. 

Certes, l'alchimie a aussi ce côté, et c'est dans cet aspect qu'elle constitua les débuts tâtonnants de la chimie exacte. Mais l'alchimie a aussi un côté vie de l'esprit qu'il faut se garder de sous-estimer, un côté psychologique dont on est loin d'avoir tiré tout ce que l'on peut tirer : il existait une "philosophie alchimique", précurseur titubant de la psychologie la plus moderne.

Le secret de cette philosophie alchimique, et sa clé ignorée pendant des siècles, c'est précisément le fait, l'existence de la fonction transcendante, de la métamorphose de la personnalité, grâce au mélange et à la synthèse de ses facteurs nobles et de ses constituants grossiers, de l'alliage des fonctions différenciées et de celles qui ne le sont pas, en bref, des épousailles, dans l'être, de son conscient et de son inconscient." 


L'image ci-dessus, issue d'un traité nommé "Aurora Consurgens", donne une illustration alchimique de ce processus. Le cavalier de gauche apparaît comme le soleil, c'est le moi conscient. Le cavalier de droite, la lune, représente l'inconscient. Il y a bien confrontation des deux composantes de la personnalité. 

Le résultat de cette confrontation est un nouvel être, que les alchimistes appelaient hermaphrodite. L'aigle qui réunit les deux composants (conscient et inconscient) pourrait constituer une bonne image de ce que Jung appelle la fonction transcendante. Elle aboutit à la création d'un nouveau centre de la personnalité, que Jung nomme le Soi. 

Mais ce nouvel être est le résultat de toute une quête, de tout un processus, dont les phases sont décrites en détail par les alchimistes, et qui correspondent assez bien, sur le plan psychologique, au processus d'intégration de l'inconscient et d'élargissement de la personnalité, que Jung a appelé "processus d'individuation", pour souligner qu'il mène à devenir pleinement l'individu que nous sommes. 

Ce processus, les alchimistes le projetaient dans la matière extérieure, en termes de transmutation de métaux et de cornues. Mais il s'agit en fait d'un Grand Oeuvre intérieur, d'une dialectique (ou confrontation) entre le Moi et l'Inconscient. 

Cette oeuvre est la tâche de tout homme moderne qui se confronte à la découverte de lui-même et aux forces de l'inconscient.


Il s'agit de retrouver le contact avec ce qui est capable de nous animer de l'intérieur. Les alchimistes parlaient, de façon imagée, de la pierre philosophale, de la fontaine de vie et les orientaux de la Fleur d'Or. C'est en fait de notre cœur vivant qu'il s'agit, comme le montre de façon très belle la gravure qui suit.


Cette quête intérieure revêt donc un aspect religieux, au sens étymologique du terme : re-ligere, être relié à nous-mêmes. 

Elle aboutit à une sorte de nouvelle naissance psychologique, mais il faut passer par des caps difficiles, que les alchimistes appelaient mort et putréfaction, ou encore nigredo, "noir plus noir que le noir", pour indiquer que notre ancien moi doit "mourir", que les anciennes structures doivent disparaître pour faire place à un nouvel être en nous. 

Il importe que le moi conscient ne se laisse pas emporter par les contenus de l'inconscient (danger de l'inflation) mais reste un partenaire de ce dialogue avec l'inconscient, capable de tenir bon. 

Tel est l'enjeu d'une psychanalyse jungienne.

LE PROCESSUS ALCHIMIQUE DE LA FUSION DES CONTRAIRES 

La principale combinaison et fusion des « opposés complémentaires » que les alchimistes considèrent comme celle existant entre le masculin et le féminin est souvent analysée en fonction du conflit incestueux décrit par Freud... 

L’expression de l’opposition masculin/féminin est expliquée en référence au péché originel et à l’opposition de nature entre la matière et l’esprit ; le but de l’un est l’unification, celui de l’autre, la discrimination. 

La conscience, chez les alchimistes, de ce problème est mise en évidence par l’analyse de leur mythe des "Noces Alchimiques" et du double projet alchimique qui s’exprime ainsi :  "la découverte matérielle de l’or et la renaissance de la lumière hors des ténèbres de la physis". C'est-à-dire, la connaissance salutaire et la délivrance du corps pneumatique hors de la corruption de la chair. 

La tentative chrétienne de restaurer l’état d’innocence par la vie monastique et le célibat est contraire à l’esprit alchimique.... 

En utilisant l’image du « mariage mystique » entre le sponsus (le Christ) et la sponsa (l’Église), la première propose une solution purement spirituelle ; la deuxième utilise l’image du mariage alchimique, la conjonction du soleil et de la lune et prône, d’une certaine manière, l’inceste. 

Il est démontré que ces deux tentatives échouent parce que l’opposition des sexes doit être résolue à un autre niveau : dans l’âme de l’homme. On explique la difficulté de cette solution et on analyse l’universalité de la découverte freudienne du complexe d’Oedipe comme une forme psychologique du problème naturel de l’union des opposés. 


ALCHIMIE DES COMPLÉMENTAIRES 


LA LUNE et LE SOLEIL... Concise représentation de la dualité alchimique des opposés, des symboles qui l’expriment et de leur signification psychologique. Liste des facteurs réunis par la conjunctio : par ex. chaleur/froid, humidité/sécheresse, esprit/âme, actif/passif, etc. On note que ces polarités sont souvent aménagées en quaternité généralement symbolisée par une « physis »(une croix). 

On fournit des exemples personnifiés ou thériomorphes de représentations symboliques de la conjunctio. Brève analyse des poissons astrologiques et des symboles du cerf et de la licorne de la forêt tirés des "Symboles" de Lambsprinck. 

L’élévation de la figure humaine à la royauté ou à la divinité indique le caractère transcendant des couples d’opposés et renvoie à la relation entre le moi et le soi. 


LA LUNE ET LE PROCESSUS ALCHIMIQUE 


LA LUNE est le symbole de la féminité. LE SOLEIL est le symbole de la masculinité. Dans l’optique de l’initié, LA LUNE est la reine et LE SOLEIL est le roi. L’Arcane de LA LUNE représente la phase où LA LUNE se prépare au Noces... L’Arcane représente les préparatifs nuptiaux. C’est l’heure de faire le grand ménage de son passé et de se préparer à une vie nouvelles... C’est le temps de faire la paix avec soi-même. C’est aussi le temps pour la reine de se préparer à être reine. Il faut en ce sens que la reine se prépare à une transformation en profondeur. L’Arcane de LA LUNE est une pénombre qui permet la fermentation alchimique des liqueurs divines. 


LA LUNE, FIANCÉE DU SOLEIL



Les attributs du soleil sont présentés, analysés et rapportés au concept psychologique du moi. Le soleil est perçu comme une puissance bienfaisante, génératrice et transformatrice que l’on retrouve en l’homme et en l’univers. Le Soleil était considéré comme un élément unique et en cette qualité il était source du pouvoir universel de croissance, de santé, de magie et de prestige à partir duquel on pouvait produire de l’or. Cependant, il avait également un côté sombre, capable de nuire. L’image du soleil est donc symboliquement considérée comme l’expression du drame matériel et psychologique du retour à la « prima materia », une mort nécessaire au retour à l’innocence paradisiaque. 

On conclut que les projections alchimiques sont le reflet de certains faits psychologiques, le premier étant la paire originelle des opposés conscient/inconscient symbolisée par le soleil et la lune. Le soleil est interprété comme une projection du moi dans la mesure où celui-ci est la condition indispensable de toute conscience. Distinction entre le concept du soi, atman supra personnel, totalité du conscient et de l’inconscient, et le moi, atman personnel, point de référence central de l’inconscient (ou "miroir" de l’inconscient). Les alchimistes ont été bien près de discerner que l’arcane et la pierre recherchée étaient le moi. 

Les caractéristiques de la lune sont présentées et analysées en particulier d’après les textes de Dorn, Khurath, Ruland, Macrobe, Simon le Mage et les Allégoriae super librumTurbae. Contrepartie du soleil, LA LUNE est froide, humide, sombre, féminine, corporelle, passive et deuxième terme de la conjonction. La lune est la sœur, l’épouse, la mère. 

Symbolisée comme le vase du soleil et la cheminée de la terre, elle est responsable de la conception de la semence du soleil dans le ventre et les entrailles de la terre. LA LUNE symbolisée comme un arbre ou une plante est rapprochée du symbole de l’arbre dans l’alchimie arabe, la Kabbale, le christianisme et l’hindouisme. 

La relation de la lune à l’intellect et aux archétypes masculins dans l’inconscient est présentée, en même temps qu’une analyse de la gnose de Simon le Mage, comme exemple de la description d’un pneuma masculo-féminin. 

La relation Lune/Mercure et le rôle de la lune dans le mystère des transformations sont examinés à la lumière des textes alchimiques. Les aspects négatifs de la lune sont évidents d’après la position désavantageuse qu’il lui est attribuée par rapport au soleil et les appétits en tant que puissance sensuelle qui appartiennent à la sphère de LA LUNE. 

L’interprétation psychologique de la lune montre que les alchimistes concevaient l’union du soleil (le conscient) et de la lune (l’inconscient) comme dangereuse et produisant des animaux venimeux : d’abord des prédateurs à sang froid puis des animaux à sang chaud et enfin des oiseaux de proie. 

La représentation thériomorphe du Soleil (le conscient) et de la Lune (l’inconscient) sous les traits du chien et de la chienne indique que les aspects négatifs redoutables du conscient et de l’inconscient ne sont pas ignorés. 

Plusieurs textes démontrent le lien existant entre trois énergies : soit l’oiseau en vol, la maison et la pierre ; soit l’hermaphrodite, les colombes et le chien enragé ; soit encore le jeune homme ailé, Diane et le voleur.


Le chien enragé, particulièrement, symbolise l’inconscient, qui devient un aigle en vol qui symbolise le processus de transformation impliqué dans la guérison de la psyché.

Les archétypes du Diable (sexe, violence, inceste), de la Maison-Dieu (effondrement, avalanche, pierres, foudre), et de l’Étoile (oiseau, colombe, hermaphrodite) et les images alchimiques symboliques tels qu’ils apparaissent dans le rêve sont présentées comme la parabole qui prélude à la conjonction des opposés. Ces arcanes sont celles qui précèdent l’arcane de la LUNE. Ces sortes de rêves intenses sont souvent dues aux influences de l’arcane de l’Étoile. 

Description de la nature tant symbolique que chimique des méthodes et des finalités de l’alchimie : 


Dans la tradition alchimique la conjonction représentait plus qu’une simple tentative pour produire de l’or par la combinaison d’autres substances ; elle exprimait une conception du monde qui comprenait l’univers tant intérieur qu’extérieur de l’homme. Ce qui explique une telle addition de symboles pour représenter le processus de transformation ; tous les symboles décrivent finalement une réalité psychique plutôt que physique. 

La description alchimique du commencement du monde, par exemple, peut tout aussi bien représenter l’état primitif de la conscience au seuil de sa différentiation en des affects multiples. (représentés alchimiquement par les quatre éléments). 

Une dégradation accompagne cette différentiation, et les éléments doivent être réunis en une conscience du monde unique. 

Les alchimistes eux-mêmes associent l’union physique avec l’union psychique, puisqu’ils considéraient la connaissance de soi comme condition indispensable à la production de la Pierre Philosophale... 

Mercure, à la fois agent et objet de l’unification, est l’inconscient collectif, l’Être indifférencié. 

De même que de nombreux symboles alchimiques renvoient à certains archétypes, de même les archétypes sont rassemblés par le fait que chacun représente un aspect du Moi. Ce centre premier est lui-même symbolisé par le mandala, ou, dans l’alchimie par la pierre ou le Microcosme. 

On remarque que les théoriciens de l’alchimie, dépourvus d’une véritable connaissance des processus chimiques ou psychiques, croyaient au symbole plutôt qu’à la chose symbolisée, bien que les textes démontrent parfois une association entre les deux. 

Le rôle de moteur social du symbole est proposé comme contrepartie de sa fonction d’introversion ; les symboles poussent la conscience vers une finalité déterminée mais indéfinie.

Comparaison entre le symbolisme alchimique de la mort volontaire et de la réunion des opposés, et le processus d’individuation en psychothérapie :


Puisque l’âme participe de l’esprit et que le corps est un outil de l’âme, on conclut à la nécessité de prendre conscience des éléments du composé. 

Cette dissolution et cette séparation sont à rapprocher d’une dissociation de la personnalité, violation de l’homme simplement naturel, que les alchimistes perçoivent comme une sorte de mort. 

L’étape suivante de l’individuation est présentée comme la réunion de l’esprit et du corps, symbolisée par les Noces Alchimiques. Dorn a perçu les implications psychologiques de cette réunion. Ce qu’elle permet de comprendre doit être traduit dans la réalité, inscrivant dans le réel l’homme qui a acquis la connaissance de cette totalité paradoxale... 

Cette dernière étape est considérée comme le point crucial du processus d’individuation, étape qui n’est pas encore pleinement comprise. 

D’abord il y a les "Noces Alchimiques" au point de vu physique. Les préparatifs à ces sortes de Noces impliquent un travail sur soi au niveau des Chakras, et pour les couples d’initiés il est possible d’accéder à des sphères inusitées, réservés aux « couples royaux », et les pratiques qui permettent ces "Noces Alchimiques" entre le Roi et la Reine s’apparentent beaucoup aux pratiques du Tantrisme. Ces sortes de Noces sont le plus souvent prescrite par les adeptes du gnosticisme. 

D’autre part, il y a les "Noces Alchimiques" au niveau individuel. Celles-ci sont la représentation du mariage nécessaire, entre ce qui semble s’opposer en nous mais qui nécessairement devrait trouver l’équilibre juste et permettre le mariage des « opposés complémentaires ». 

De l’un ou de l’autre, il s’agit de deux voies différente qui convergent toutes deux vers la fusion transmutatoire, qui amène à une connaissance de soi, et à un équilibre entre le physique et le mental. 

Des citations de l’alchimiste Dorn illustrent la croyance suivant laquelle un “baume” ou quintessence est nécessaire à l’union des opposés, âme et corps, seconde étape de la conjonction. 



La nature de ce baume est définie et on en donne plusieurs synonymes. Ce baume (la vérité) est une connaissance de soi qui permet de savoir qu’on « est » plutôt que qui on est. De ce savoir surgira la connaissance du Divin, des autres et de l’univers.


Comparaison des moyens pour parvenir à la connaissance de soi par l’alchimie et la psychologie :

Le terme alchimique de méditation correspond au processus psychologique de mise en relation avec l’inconscient. 

Ce type de méditation est à différencier des exercices spirituels de Saint Ignace ou d’autres formes de méditation religieuse qui portent sur le moi conscient ou sur des évènements objectifs. 

Le premier effet de la confrontation avec l’ombre est appelée le chaos ou la nigredo mélancolique, car ce moment est celui d’un équilibre immobile, dans l’absence de toute décision morale. 

Signifiée par l’arcane de LA LUNE, la méditation des alchimistes, confrontation avec l’ombre, se différencie de la méditation philosophique ou religieuse. Cette dernière sert à développer la concentration et à renforcer la conscience. Elle n’a pas de valeur thérapeutique, sauf dans les cas où le conscient est débordé par l’inconscient. L’introspection critique, par ailleurs, est utile au sujet pour reconnaître ses projections et intégrer à sa personnalité les matériaux qu’il y découvre. 

On parvient donc à la connaissance de soi au moyen d’une union des contraires d’où jaillit un troisième terme au-delà des opposés. Les œuvres d’Albert le Grand révèlent une compréhension de la signification psychologique de ce troisième terme transcendant, créateur d’un quaternion qui correspond aux conceptions modernes du Soi. 

La confrontation directe avec le soi, en dehors des projections, était aussi difficile autrefois qu’elle l’est maintenant ; c’est pourquoi l’homme primitif a construit toutes sortes de rites et d’expériences religieuses pour se relier avec l’inconscient tout en s’en protégeant. C’est le rôle que remplissent aujourd’hui les religions institutionnalisées. Quand certaines formes archétypiques deviennent caduques par suite du progrès social et scientifique, de nouvelles formulations se font jour, qui représentent le mythe archétypique de manière mieux adaptée au style et aux attitudes de la nouvelle culture ; témoin la réinterprétation progressive de la religion chrétienne au cours des temps. 

Comme la tradition chrétienne a toujours refusé le corps, des croyances compensatoires se sont développées qui se préoccupaient, elles, des corps naturels ; c’est le rôle joué par l’alchimie, qui a commencé à s’épanouir à partir du 13e siècle. 

Le problème de l’analyste est son incapacité à apporter à ses patients autre chose que des solutions partielles ; il peut effectivement rectifier certaines aberrations de leur comportement ou de leur manière de penser, mais il ne peut résoudre les problèmes humains de la vie de tous les jours avec lesquels il se débat lui-même. 

C’est l’individu qui doit réaliser la connaissance de soi. Bien que l’analyste puisse apporter l’intuition initiale, l’expérience du Soi appartient au patient seul. 

La seconde étape de la connaissance de soi, dans laquelle le patient progresse de la simple appréciation de ses fantasmes au jugement moral et intellectuel porté sur eux, est tenu comme possible et même comme essentielle dans certains cas, bien qu’elle comporte toujours un danger 

Étude de la conception alchimique de l’Unus Mundus, dernière étape de la conjonction, du point de vue du processus psychique de connaissance de soi. 

Pour l’alchimie cette union finale produit le monde indifférencié d’avant la création ; pour la psychologie il s’agit de l’union de l’inconscient libéré et intégré avec l’inconscient collectif. Ce processus qui constitue une partie importante des croyances orientales, est une conception étrangère à l’esprit occidental. 

L’association du physique et du spirituel qu’implique une telle union est inaccessible à la capacité de comprendre le monde que détient l’homme actuellement ; mais à la lumière des nombreuses relations déjà découvertes entre l’univers physique et l’univers psychique, l’hypothèse de l’identité réelle des deux peut être légitimement envisagée. 

Que les deux aspects de l’homme aspirent à l’unité, toutefois, est une hypothèse difficilement démontrable. 

Si l'on peut dire que la conjonction des opposés est tout à la fois le but que vise le processus d'individuation, (la réalisation consciente du Soi), et le moyen qu'utilise le Soi pour atteindre ce but, ce but est inconcevable. Jung n'a cessé de dire qu'il ne comprenait pas ce que signifie vraiment l'union des opposés puisque cela transcende les possibilités de l'imagination humaine et que le résultat d'une telle conjonction entre conscient et inconscient est théoriquement inconcevable. 

"L'inconscient est inconscient et donc ne peut être ni saisi ni conçu. L'union des opposés est un processus qui transcende la conscience et qui, par principe, ne relève pas de l'explication scientifique." 

"Personne ne sait comment la totalité paradoxale de l'être humain pourra jamais être réalisée, écrit-il encore dans Mysterium Coniunctionis. C'est là le nœud de l'individuation... La réalisation de la totalité qui a été rendue consciente est en apparence une tâche insoluble qui confronte le psychologue à des questions auxquelles il ne peut répondre qu'avec hésitation et incertitude." 

Et pourtant, c'est cela l'enjeu de la psychanalyse jungienne : la réalisation consciente du Soi, cette hypothèse inconcevable, indicible en langage humain. C'est sur elle que Jung a fondé sa thérapeutique. 

Bien entendu, la conjonction des opposés ne s'arrête pas au travail sur l'ombre. Ce qu'on entend, en général, par conjonction des opposés se passe à un autre niveau. L'Anima en est le protagoniste principal. 

C’est ce que met en évidence le désaccord des alchimistes face à la spiritualité qui exclut la fusion des corps, des cœurs et des âmes, seulement parce que cela implique souvent des relations au niveau physique. 

L’intolérable exclusion du conscient/spirituel aux dépens de l’inconscient/physique les amena à rechercher une unification au moyen de la conjonction alchimique. De là les procédés inspiré de l’orient, qui proposent de travailler sur trois plans : cœur + corps + âmes... Les 3 Plans sont représenté par les arcanes 6 (cœur) + 12 (corps) + 18 (âme).




En ce sens, les Noces Alchimiques doivent êtres réalisées sur trois niveaux... Représentés par les 3 arcanes du Tarot qui sont les 3 astres : ÉTOILE (le moi) + LUNE (le soi – l’ego) + SOLEIL (osmose). 

LA LUNE propose de procéder à des changements en profondeur avant de s’engager dans la voie des mages. Il faut d’abord dompter notre ego. Il faut que la Lune soit absolument rayonnante pour le soir de ses Noces!