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mercredi 29 mai 2013

1680 : TAROT DE BESANÇON


1680. Johann Mayer de la Suisse publie le premier exemple connu de la configuration dite "de Besançon" avec Junon et Jupiter au lieu de La Papesse et Le Pape. Cependant, tout en conservant la composition et les caractéristiques générales du Tarot de Marseille conforme.


Communément appelé le "Tarot de Besançon", il n’a pas été créé dans cette ville en premier. Malgré que ce soit l’appellation de "Besançon" qui soit utilisé pour le définir, il semble que ses origines soient suisse, voire même alsacienne!

Le rejet des noms du Pape et de La Papesse dans certains jeux de Tarot, dans plusieurs régions d’Europe, semble avoir eu lieu vers la fin du 17e siècle.

Les premiers éditeurs-cartiers à avoir remplacé les noms de ces arcanes furent ceux d’Alsace, d'Allemagne et de quelques régions Suisse.

Les premiers exemples émanaient de Constance (c. 1680), Strasbourg (1746), Mannheim (1750) et il a fallu attendre vers 1800 avant que de ces cartes fasse enfin leur apparition à Besançon!

Les variantes les plus intéressantes de ce modèle ont été diffusés durant la période de la Révolution, or, les cartes « de la cours » et les figures impériales y ont perdu leurs insignes royaux: des exemples de ces tarots étaient connus à Strasbourg et à Colmar.

D'autres variantes mineures ont été apportées en Suisse et en Allemagne

Enfin, selon les informations que nous possédons jusqu’ici, le premier tarot dit "de Besançon" aurait été publié par le cartier Suisse Johann Mayer en 1680.


Mais des rumeurs persistent comme quoi le modèle d’origine venait de Strasbourg. En ce qui concerne les innovations réalisé dans cette ville en matière d’imprimerie, il y aurait long à raconter. Comme par exemple : que Gutenberg ramena son idée de Strasbourg, et qu’il n’est peut-être pas vraiment l’inventeur de l’imprimerie. Et ce n’est pas là la seule incongruité de l’histoire!

Il semble que le tout premier tarot fut inventé à Strasbourg, non pas à Avignon ou en Italie. Et ensuite, on raconte que c’est à Strasbourg qu’on décida de remplacer La Papesse et le Pape par Junon et Jupiter. Si c’est le cas, il nous manque de preuves... Mais l’imprimerie a bel et bien été inventée par des artisans de Strasbourg, et pour le tarot... c’est bien possible... (Je classe par fantaisie ces questions dans "Mystères et Secrets de Strasbourg" ;) ).

Quoiqu’il en soit, les premier tarots dits « de Besançon » ont commencé à être en circulation en Europe autour de 1680, ce qui en fait un tarot précédent celui de Jean Dodal. Il ne faut pas oublié non plus que ce modèle de tarot a été conservé jusqu’à nos jours dans sa conformité comme c’est le cas pour le tarot dit "de Marseille". De fait, il est l’ancêtre du "Tarot JJ Suisse" ou du fameux Tarot d’Épinal, qui deviendrons, à une certaine époque plus populaire que les tarot de Marseille et relancera même la mode des tarots. Il fut très populaire auprès des "joueurs de tarots", mais aussi le Tarot d’Épinal fut un des premiers à être utilisé pour la divination, (dans le sens ou nous l’entendons aujourd’hui).

Cela dit, même si le Besançon est un modèle différent du tarot de Marseille, son évolution et son histoire se déroule en parallèle et en correspondance avec l’histoire du tarot de Marseille... Pour ce qui est du domaine de la divination ces deux tarots répondent de la même tradition et s’utilisent dans le même ordre d’idées.

JUNON & JUPITER

Les imagiers du Moyen âge ne s'étaient fait aucun scrupule de représenter une papesse, en dépit de l'orthodoxie. En France, il fut jugé opportun de remplacer La Papesse et Le Pape du Tarot par Junon et Jupiter et Junon. Certains tarologues zélés estiment qu’il s’agit de modification qui ont injustement travestit le tarot et considèrent ces deux compositions mythologiques d'intérêt médiocre. Quel manque de tact. Cela ne démontre que leur ignorance. Les éditeurs de tarots n’ont pas trafiqué les tarots bêtement, sans tenir compte des éminences qu’ils allaient devoir faire disparaître de leurs cartes. Les choix de Junon et Jupiter ne sont pas hasardeux et ne change en rien l’opérativité du tarot. Même qu’ici, en raison de l’obligation de retirer les noms de La Papesse et de Pape, les artisans-confrères, initiés ont soigneusement choisi ses nouveaux noms, car pour ceux qui savent lire entre les lignes, il s’agit de nom d’autant plus « symboliques » et « initiatiques ». Sans prendre ces nouveaux noms au pied de la lettre, plutôt satyrique ils s’adressent plus particulièrement à l’esprit exercé aux énigmes. Avoir recours à des personnages de la mythologie romaine sur les arcanes de ce tarot, c’était absolument malicieux, moqueur, nécessairement ironique.

JUNON

Junon montre d'une main le ciel et de l'autre la terre, comme pour rappeler la Grande Sagesse de la Table d'Émeraude d'Hermès Trismégiste : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Or le visible érigé en symbole de l'invisible, c'est le point de départ de la méthode analogique sur laquelle se fonde toute la science de la Papesse. Ici, Junon rempli ce même rôle avec beaucoup d’éloquence.

Deux paons accompagnent Junon, qui personnifie en réalité l'espace éthéré. Ces Paons : oiseaux de la Beauté, symbole du soufisme, oiseaux de "Maya", déesse de l'illusion, Anou en chaldéen, d'où Anna, notre sainte Anne, mère de la Vierge. Ce rapprochement contribue à préciser le sens des arcanes II et V.

Dans la mythologie romaine, Junon, en latin "Juno", est la reine des dieux et la reine du ciel. Fille de Rhéa et de Saturne, elle est à la fois sœur et épouse de Jupiter.

Ses attributs sont le paon, un sceptre surmonté d'un coucou et une grenade, symbole de l'amour conjugal, le lys et la vache. Elle est assimilée à l'"Héra" des Grecs.

Protectrice des femmes, elle symbolise le mariage lorsqu'elle est représentée recouverte de voiles, et elle est associée à la fécondité lorsqu'elle en tient l'emblème : la pomme de grenade.

Junon ou la Papesse représente : Sacerdoce, science religieuse, métaphysique, Kabbale, enseignement, Savoir (opposé au Pouvoir), autorité, certitude, assurance, absence de doute, influence suggestive exercée sur le sentiment et la pensée d'autrui. Affabilité, bienveillance, bonté, générosité judicieuse, directeur de conscience, médecin de l'âme, conseils moraux, personnage important, érudit. Pontife absolu dans ses opinions. Fonction conférant du prestige. Influence jupitérienne en bien et en mal.

JUPITER

Quant à Jupiter, que le Tarot de Besançon substitue au Pape, il est le maître du feu céleste, dispensateur de la vie tant intellectuelle et morale que physique. C'est lui qui tient en éveil la conscience, afin de faire régner sur terre l'ordre, la justice, l'affabilité, la bienveillance et la bonté. Le caractère de ce dieu concorde donc assurément avec l'arcane V.

En conclusion, ceux qui méprisent le tarot de Besançon rate une belle occasion de se rapprocher de l’essence magique et de l’aspect initiatique des tarots. Ce n’est pas parce qu’un tarot est différent du tarot Marseillais de Conver qu’il s’avère tout à coup inopérant ou non-valable! Les tarots de Besançon offre tout simplement une autre version du tarot. De plus, l’existence de ce tarot avec ses arcanes changés, est pratiquement une preuve que les cartiers étaient au courant de l’aspect « ésotérique » du tarot.

Certains fabricants connus de Tarot dits « de Besançon » :

- Pélage Mayer, Constance (c. 1680)
- Guillaume Mann, Colmar, (révolutionnaire)
- F. Laudier (1746), Anon (18e siècle), de Strasbourg
- L. de Laboisse (révolutionnaire 17??), de Strasbourg
- L. Carey (révolutionnaire 17??), de Strasbourg
- Neumur, Mannheim (c. 1750)
- Schaer, Mumlisweil (c. 1780)
- Krebs, Freiburg (c. 1780)
- Renault, c. 1800 Besançon
- J. Blanche, c. 1800 Besançon
- J. Jerger, c. 1800 Besançon
- A. Kirchner, c. 1800 Besançon

Je ne suis pas contre l’utilisation des tarots de Besançon. J’estime qu’ils sont autant opératifs que les tarots dits "de Marseille". D’ailleurs, il y a certaines personnes qui se sentent mieux avec les tarots de ce modèle. Même que pour certains utilisateurs des tarots, le Besançon est supérieur au tarot de Marseille.

Les arcanes de La Papesse et du Pape remplacés par Junon et Jupiter ne rende pas plus difficile la lecture des cartes, c’est une question d’habitude et d’affinités.

Tous les Besançon que j’ai testés étaient très opératifs, même les jeux les plus modernes comme le Tarot d’Épinal ou le JJ Suisse. À mon avis les techniques de taromancie traditionnelles s’appliquent à ce genre de tarot sans problème. Enfin, je le répète à qui veut entendre : la rumeur veut que ce soit avec des tarots de Besançon que fut pratiquée et élaborée la tradition de la cartomancie.

© Walter Boralis, 2012
N.B. : cet article a été fait à partir d'extraits du livre "Origines Secrète des Tarots", Walter Boralis, aux Éditions du Solstice, 2012

vendredi 19 avril 2013

LES "TAROTS DE BESANÇON"... ET AUTRES...


Ce nom désigne un style de jeux de Tarot avec des caractéristiques très particulières, qui sont nées, estime-t-on, dans la ville de Besançon, en Bourgogne, à proximité de la Suisse.

Bien sûr, nous parlons ici d'une variante de ce qu'on désigne sous le nom de "Tarot de Marseille". Vraiment la zone géographique dans laquelle elle s'est développé le style distinct des Tarots dit "de Besançon" se situe entre l'Est de la France, la Suisse et certaines régions d'Allemagne.

On relève sa présence dans les bourgs qui longent la frontière Est de la France, des deux côté de la lisière... Cette zone est appelée par certains chercheurs concernant l’origine des tarots "la route des tarots". En effet, il semble que les tarots ont souvent suivit cette route qui traverse l’Europe de part et d’autre de l’Italie du Nord au Pays Bas.

Bien que la plupart des historiens des tarots classent les "Tarots de Besançon" parmi les tarots qui sont nés après le Tarot de Marseille, plusieurs nouvelles données viennent démontrer le contraire... Les modèles du Tarot de Besançon seraient nés même un peu avant les tarots parus à Paris en 1650!


Tarot de Besançon  (Strasbourg, 1650 ? - 1750)

En vérité, nous parlons ici des ancêtres du Tarit dit "de Besançon", que je classe pour ma part dans les "Tarots Flamands" (tarots belges), qui sont nés à Strasbourg.

Une des particularités des Tarot de Besançon c’est que les noms de deux lames ont été changés, il s’agit des arcanes de LA PAPESSE et du PAPE qui ont été remplacés respectivement par Junon et Jupiter... Les Tarot Flamands, pour leur part, avaient remplacé LA PAPESSE par le Capitaine Espagnol et LE PAPE par Bacchus.

Il est très difficile de savoir quand ont commencé à être publiée les premiers Tarots de Besançon dans la version dite JJ (Junon et Jupiter).

La seule version connue d’un Tarots de Besançon dans une version précédant les Tarots de Marseille est celle réalisée au début du XVIIIe siècle par un dénommé François Héri, recteur en chef du village suisse de Soleure.

Tarot de Besançon J.B. Benois, Strasbourg

Le Tarot de la version dite « de Besançon » est peut-être l’invention des cartiers-éditeurs Benois (ou Benoit), une famille qui fut dévouée durant plusieurs générations à l’éditions de cartes à jouer et de tarots, basée à Strasbourg. Il semble que les Tarots de la maison Benois et de François Héri soient assez semblables, à quelques différences près.



À Belfort, en 1760 (ville française au carrefour des frontières suisses et allemandes, le cartier Jean-Pierre Laurent, diffuse une version du Tarot de Besançon.


Tarot Jean-Pierre Laurent (Belfort 1760)

Des cartiers à Marseille produiront aussi des versions du Besançon, mais lui donnerons le surnom de « Tarot Italien » (ce qui ajoute beaucoup à la confusion au sujet de ces tarots).

Il faut savoir que la popularité du Tarot avait déclinée en France déjà depuis la fin du XVIIe siècle, et il y est progressivement globalement oublié à part en Provence et dans les zones frontalières avec l'Allemagne et la Suisse.

Encore cité dans certains dictionnaires et encyclopédies, il est assimilé à un jeu de carte non français et souvent confondu avec le jeu de cartes à enseignes espagnoles... La production française des tarots (Marseillais et de Besançon) sont principalement destinées à l'exportation, notamment vers le Piémont ou l'Allemagne. À la fin du XVIIIe siècle, il n'est guère plus joué sur le territoire français qu'en Alsace, Franche-Comté et Provence.

Cela dit, les dit « Tarots Italiens » sont pour la plupart inspiré des nouveaux tarots de Besançon. Au milieu du XVIIIe siècle les cartiers allemands abandonnent progressivement d'une part les enseignes italiennes au profit des enseignes françaises, et d'autre part les atouts classiques au profit de motifs animaliers ou de scènes pittoresques. À la fin du XIXe siècle, ces Tarots d'un genre nouveau relanceront la mode du jeu en France. C’est l’apparition des Tarots "italiens" à double-tête. Et pour rajouter d’avantage à la confusion, ces tarots seront appelés : "Tarots Classiques".

Le Tarot classique est produit, par exemple, par Lequart (qui sera racheté par Grimaud) sous la désignation de « Tarot italien ». On trouve aussi des tarots italiens à double-tête (Grimaud, Gaudais). Ces tarots à enseigne italiennes cohabitent avec différents types de Tarots à enseigne française.

Les Tarots de Besançon qui seront enfin diffusés à partir de Besançon apparaissent seulement autour de 1780, donc à peu près 20 ans après le Conver de Marseille (diffusé à partir de 1761). La version connu de ces Tarot dit de Besançon seront surtout produits en Suisse. La version la plus connu fut celle de Jean Jerger dont il nous reste quelques copies.


Tarot de Besançon Jean Jerger

Les Tarot de Besançon faits à Besançon-même sont des copies améliorées des tarots plus anciens conçus à Strasbourg (J. B. Benois). La plupart de ces tarots sont semblables au Tarot de J. Jerger.

En marge, la tradition des Tarots de Marseille, se fera perpétuera principalement en Suisse avec François Héri et Claude Burdel... La tradition du Tarot de Marseille et sa conformité doit beaucoup à Claude Burdel... Beaucoup plus que le laissent entendre les historiens du Tarot.

Donc, à partir des alentours de 1735, seront diffusés parallèlement des tarots de Marseille (provenant surtout de Suisse) et des tarot de Besançon (provenant de Besançon, Paris ou Marseille !)



« Le Tarot de Lequart » signé Arnoult (1748)

Une version dite du "Tarot de Besançon" sera donc aussi diffusé par un cartier de Paris sous le nom de  "Tarot Lequart » signé Arnoult (1748). Il s’agit là, plus ou moins, d’un "Tarot de Besançon", mais dont la plupart des cartes sont très proches du canon des tarots de Marseille, et qui, de plus, affiche une "fausse date", quant à son origine. Ce qui est facile à constater de soi-même, seulement en le comparant à d'autres tarots de la même époque.. (Déjà les méthodes d'imprimerie en 1748 ne permettaient pas de réaliser de telles cartes !!!) En vérité, le "Tarot de Lequart" signé Arnoult (1748) a été produit seulement à partir de 1810. Ici la date de 1748 se réfère au modèle qui a servit à Arnoult, sans aucun doute un tarot Suisse.

C’est le Tarot créé par Épinal en 1830, diffusé par la maison Pellerin & Co (Vosges) qui deviendra le plus populaire et le plus répandu en France. Les Tarots dit « d’Épinal » deviendront vite populaires partout en Europe. Ils seront aussi produits, dès lors, dans d’autres versions semblables en Suisse et en Italie...


Tarot d'Épinal

Cette version-ci amène de nouvelles modifications... Avec Junon et Jupiter, qui remplaçaient déjà LA PAPESSE et LE PAPE, voici maintenant LE BATELEUR qui devient L’ESCAMOTEUR, et L’ERMITE qui devient LE CAPUCIN!

Il faut noter aussi que cette version modernisée redessinée du tarot de Besançon par Épinal présente des couleurs qui ne correspondent pas aux jeux anciens du Tarot de Marseille, et est aussi bien différent de ces ancêtres, mais par contre, par son côté nouveau, actualisé et plus attrayant il aura la faveur du public, qui a plus d’attirance pour les belles images que pour l’authenticité des tarots selon une prétendue conformité... À cette époque le souci d’authenticité était loin de préoccuper les joueurs...

Enfin, cette version du Tarot de Besançon créé par Épinal propose des illustrations certainement plus attrayantes pour l’époque qu’un vulgaire Conver authentique plutôt "moyenâgeux"... De plus, il est à relier à toute l’Imagerie d’Épinal (très en vogue à l’époque), c’est une des raisons qui en faisait son intérêt.

Aussi, le Tarot d’Épinal sera le modèle qui inspirera la plupart des tarots dit "modernes", comme le "1JJ Suisse", et même des tarots modernes italiens! Ayant la cote surtout chez les joueurs, on affublera presque aussitôt les lames mineures avec les enseignes plus commodes ; trèfles, cœurs, carreaux, piques.

Tarot Suisse 1 JJ

Les joueurs préféreront ces tarots du style dit « de Besançon » modifiés expressément pour le jeu, au Tarot de Marseille... Et les Tarots de Besançon deviendront donc les tarots les plus en populaires, jusqu’à ce que la version de Paul Marteau remette le Tarot de Conver en circulation en 1930 (dans une version peu authentique mais qui deviendra la version universellement la plus connue).

À Marseille, Jean-Baptiste Camoin qui avait commencé par récupérer la fabrique de Nicolas Conver, et avait fait main basse sur tout le marché de la carte à jouer dans la métropole phocéenne. Modernisant les modes de productions, il publia d’abord notamment autour de 1880 une version modifiée du Tarot de Nicolas Conver avec une palette de couleurs restreinte adaptée aux nouveaux modes de production industrielle. On lui doit d’avoir maintenu la diffusion du Tarot de Marseille, et d’avoir fait du Conver une référence.

Mais les "Tarots de Besançon", les tarots dits "Italiens" et "Tarots Classiques", deviendrons tout de même  les plus populaires auprès des joueurs, surtout à partir de la parution d'un deuxième jeux dit "d'Épinal", cette fois un jeux "à deux-têtes", inspirés des tarots allemands. Surnommés le "Tarot aux Armes" d'Épinal, à cause du choix de ces illustrations...

"Tarot aux Armes" d'Épinal


"Tarot aux Armes" d'Épinal

Le "Tarot aux Armes" d'Épinal, sera le tarot le plus populaire partout en Europe... Il était essentiellement utilisé pour le jeu... Mais il était aussi utilisé pour la divination par les bohèmes, et tziganes...

Maintenant récapitulons...

- Un Tarot dit "de Besançon" est nécessairement un tarot avec les arcanes de JUNON et JUPITER

- Un "Tarot Italiens", pour le peu qu'il doit au tarot de Besançon, devrait être considéré plutôt pour être un "Tarot Piedmontais" ou "Tarot Lombard", puisque pour la plupart, les tarots modernes d’Italie sont revenus aux enseignes de LA PAPESSE et du PAPE et à une iconographie très proche des antiques tarots italiens.

Parler d'un "Tarot Classique" c'est absolument imprécis... D'innombrables tarots ont été publiés sous ce simple nom... Entre autre, le Burdel/Gassmann, le Chosson, et le Conver!  (Et encore, ce terme sert a désigner des tarots de Besançon ou de Marseille, et enfin les nouveaux jeux de tarots (souvent à "têtes-doubles") conçu expressément pour le jeu., qui sont, en vérité des copies modernisées du "Tarot aux Armes" d'Épinal...



"Tarot Classique" à tête double (pour le jeu)

On trouve toujours les versions plus modernes du Tarot de Besançon dans les boutiques, surtout dans la version "Tarot Suisse 1JJ" et la version Française, mais attention ! À cause de la confusion qui règne au sujet des appellations des tarots, ils sont bien souvent vendus indifféremment sous les noms erronés de : "Tarot de Marseille", "Tarot Italien", ou "Tarot Classique").

Ces tarots sont les jeux utilisés le plus couramment par ceux qui jouent au jeu du Tarot. Mais pour ceux qui pratiquent la divination, ou qui veulent procéder à un cheminement personnel ou une initiation avec le Tarot, il est fortement recommandé d’utiliser un « Tarot de Marseille » traditionnel conforme. (À cet effet, donc, il vaut mieux s’en tenir aux tarots qui ont été créés et diffusés entre 1650 et 1760 – Noblet, Dodal, Burdel, Conver).

Le Tarot d’Épinal quant à lui, dans sa version originale, peut être utilisé pour le tirage des cartes... Il est même assez efficace! Il faut reconnaître qu’il a beaucoup inspiré le jeu d’Etteilla. Et même si les noms de certains arcanes ne correspondent pas à ceux du Tarot de Marseille traditionnel, ils ne sont pas moins éloquents, et si vous êtes apte à vous mettre d’accords avec ces sympathiques surnoms, vous trouverai très agréable de vous servir de ce jeu...

Et puis, les présences incongrues de Junon et Jupiter, sont autant un sujet de controverse chez les tarologues qu’une manière instructive d’aborder la mythologie associée au tarot... L’Énigme posée par les tarots de Besançon n’est vraiment pas sans intérêt... Si vous vous trouvez privez de la papesse et du pape vous vous retrouvez par contre avec deux nouveaux sujets d’étude à approfondir... Cette modification, convenue par respect envers les autorités de l’Église, s’est fait de manière plutôt astucieuse, par de petits roublards et sans aucun doute le Tarot de Besançon est un brin satyrique...

Tout compte fait, il est possible de trouver un Tarot de Besançon qui vous plaira au point d’en faire votre Tarot Personnel... Si c’est le cas, les tarots d’Épinal et le tarot 1 JJ Suisse sont les deux versions les mieux appropriées.