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dimanche 22 juillet 2012

LE TAROT SERAIT-IL « LE LIVRE DE THOT-HERMÈS »?


« Le Tarot offre le cachet suprême de l'art qui est la simplicité. 

Les hiéroglyphes du Tarot, ce vieil et vénérable Livre de la Nature, cette bible d'Hermès, correspondent à un nombre, signe actif et universel d'une idée. » 

(François Jollivet-Castelot)


« Les tarots sont l'hiéroglyphe complet du Grand Œuvre alchimique qui contient 21 opérations avant d'atteindre la perfection de l'Élixir. » 

(Fulcanelli)


LE TAROT SERAIT-IL « LE LIVRE DE THOT-HERMÈS »?

Le Tarot, dont nul ne connaît l'origine véritable, est considéré par ses amis comme le résumé symbolique de la Tradition primitive commune à l'ensemble de l'humanité.

Mon cheminement personnel, à la recherche de vérité, m'a donc tout naturellement conduit jusqu'à lui et j'ai entrepris ma pérégrination au sein du labyrinthe de ce Livre unique il y a plus de 20 ans maintenant ; ce qui ne présente pas d'intérêt particulier pour autrui excepté celui de signifier qu'une telle complicité est une œuvre de longue, très longue haleine, et qu'il ne suffit pas de se rendre dans une librairie spécialisée pour acquérir un “jeu” et compulser une méthode de divination pour entrer en intimité avec lui, car un tel compagnonnage est le résultat personnel d'une vie.

Près de vingt années ont été nécessaires pour me résoudre à fixer quelques-unes des réflexions conservées de mon pèlerinage incessant au sein des Arcanes, de ce “topo-guide” en images des mystères enseignés dans la grande pyramide de Thot et dans le Temple d'Hermès, et au cours duquel j'ai suivi le conseil donné aux adeptes des écoles de mystères égyptiennes et grecques, hermétique et pythagoricienne, selon lequel l'initié doit, à un moment donné de son parcours intime, se consacrer à l'étude de l'une des trois sciences sacrées de la Tradition Primordiale, c’est à dire : L'Astronomie sacrée, (à ne pas confondre avec l'astrologie évènementielle des pythonisses autoproclamées des hebdomadaires du week-end), la Cabbale Mystique (bien antérieure à la Kabbale hébraïque - relative à l'étude des idéogrammes du Grand Livre de la nature et qui ne saurait se limiter à la correspondance analogique des lettres et des chiffres des textes vétérotestamentaires), et enfin, l'Alchimie Transcendantale ou "Alchimie Philosophale", laquelle est indépendante de l'alchimie opérative avec laquelle elle ne présente que des rapports ténus, souvent incompris; étant précisé que le Tarot appartient à la seconde de ces voies de l'Esprit et que l'étude intime de l'une d'entre elles met inévitablement l'adepte en rapport implicite avec les deux autres.

L'origine et la signification du nomen “Tarot” restent incertaines; il proviendrait selon Court de Gébelin des mots égyptiens « Tar » : la voie, et « Ro » : royal, et c'est à Etteilla que nous devons l'appellation utilisée par les compagnons de cette première bande-dessinée hermétique: “Le Livre de Thot”.

Pour ma part, en raison de ses correspondances, je lui réfère une alliance directe avec le « Corpus Herméticum » et la « Table d'Émeraude », que le Tarot, en vérité, traduit en images-idéogrammes...


LE LIVRE DE « THOT-HERMÈS »

Thot était, et demeure, comme Hermès son correspondant gréco- romain actualisé par la pensée occidentale, le « Néter » utilisé par les prêtres-médecins initiés aux grands mystères de l'Égypte ancienne pour désigner l'intelligence de l'âme incarnée en correspondance directe avec l'Intelligence cosmique universelle qui préside à la Grande Architecture Universelle et organisant et “gouvernant tous les mondes”. Il peut se traduire par : “TOUT”. C'était, pour les anciens égyptiens, l'archétype de la sagesse et des sciences sacrées, l'inventeur des nombres et de l'écriture occulte transmis aux humains par son alter ego féminin Séschat : “La Dame aux écritures, Maîtresse de l'architecture”.

Thot est représenté avec une tête d'ibis, oiseau des dieux, et les grecs se l'approprièrent sous la dénomination d'Hermès le “trois fois mage”, synthèse en Un des rois mages de la tradition de l'ancien testament ; c'est le Néter de l'Intelligence suprême accessible à l'initié qui a redressé son djed et qui a recourbé son temps propre.


L'Hermétisme personnifié par Thot-Hermès, science et spiritualité opératives conjuguées, n'est donc ni une religion, ni un système de pensée parmi tant d'autres, ni une école où se transmettrait un savoir particulier, c'est tout simplement l'Art d'apprendre par le miracle de la connexion de l'intime humain avec l'Universel céleste, ce que les chrétiens d'origine, avant les réinterprétations erronées de Paul et de ses épigones, dénommaient la Voie du Salut Tri-Unitaire enseignée par le Christ incarné, que les hermétistes désignent sous le terme d'Idéal de Résurrection.

"Hermès Trismégiste", auteur supposé de nombreux ouvrages grecs, n'est autre que le "Thot" égyptien. 

Dès les temps de Platon, Hermès fut identifié à ce personnage fabuleux qui passait pour l'inventeur du langage de l'alphabet, de l'écriture et de toutes les sciences. De tous les écrivains de l'ancienne Égypte, le dieu Thot a été le plus fécond, pour la bonne raison que c'est sous ce nom collectif qu'écrivait la caste sacerdotale, ce qui explique la variété et la valeur des nombreux ouvrages dits hermétiques attribués à Hermès, lesquels ne sont parvenus jusqu'à nous que par leur traduction grecque et avec de nombreuses interpolations.

Les livres de Thot sont au nombre de quarante-deux; ils renfermaient toutes les règles, préceptes et documents relatifs aux arts, aux sciences, à la religion et au gouvernement de l'Égypte ; dans leur ensemble, ces livres sacrés embrassaient toutes les connaissances humaines et formaient pour ainsi dire une vaste Encyclopédie égyptienne, dépositaire de tout savoir.

Les livres de Thot étaient conservés dans les sanctuaires des temples, n'étaient jamais ouvert pour le peuple, on les lui montrait seulement dans les fêtes solennelles pendant les cérémonies religieuses.” (Ernest Bosc, Isis dévoilée, page 27).

Ce qui précède explique pourquoi il convient, selon moi, de dénommer le Tarot en sa forme originelle du Tarot dit de Marseille : « Livre de Thot-Hermès », car il constitue une synthèse parfaite des 42 livres du Thot des mystères de la Vieille Égypte et de celui de l'Hermès des mystères d'Éleusis réunis, c'est-à-dire de la totalité de la Connaissance accessible à l'homme, pour celui qui peut la déchiffrer.

Le « Tarot » ou « Livre de Thot-Hermès » constitue donc l'Ouvrage Unique destiné aux Mages réalisés, modèles discrets d'humanité, qui sont à la fois prêtres et médecins, qui portent en eux à la fois l'Intelligence divine, la Pensée incarnée et le Verbe vivant ; ce qui se trouve confirmé aussi dans cette autre citation d'Ernest Bosc (Isis dévoilée, page 26) : “Généralement, dans tous ces manuscrits, la médecine est associée à la magie, presque toutes les recettes pharmaceutiques y sont accompagnées d'incantations spéciales qui devaient en assurer le succès ; ajoutons que les égyptiens n'accordaient pas au mot magie le même sens que nous”.

Le Livre de Thot-Hermès a été conçu et mis en forme par des guides anonymes selon l'idée que la Tradition Primordiale qu'il conserve et transmet aux initiés ne survit pas à travers une organisation quelconque, car toute organisation humaine ne peut que se limiter à embaumer, momifier, rigidifier et trahir ce à quoi elle a eu accès.

C'est pourquoi ce Grand Livre de la Nature et de l'Univers n'est pas écrit avec un alphabet particulier, mais avec le langage universel des symboles communs à l'ensemble de l'humanité, qu'il n'appartient à aucune école de pensée en particulier, que personne ne peut en revendiquer la paternité, mais qu'il reste à la disposition, individuellement, de celui qui présente les qualités requises pour recevoir son enseignement, ce qui peut justifier une vie entière pour l'approcher dans sa globalité, traduisant en cela la loi énoncée par ceux, anonymes, qu'il convient de désigner sous le générique de Saint Jean : “Le vent souffle où il vent, tu entends sa voix mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va – ainsi en est- il de quiconque est né de l’Esprit”. 

Cela a déjà été dit, le Livre de Thot-Hermés est une synthèse en images-idéogrammes du « Corpus Herméticum » attribué à Hermès Trismégiste et de la « Table d'Émeraude ». 

Or, France Yates a démontré que ces ouvrages universels ne constituent pas seulement des traités ou recueils de pratiques occultes, mais qu'ils correspondent à une véritable somme scientifique qui a influencé des “esprits universels” tels : Pic de la Mirandole, Copernic, Giordano Bruno, John Dee, Léonard de Vinci, Newton ; elle a aussi établi que le Corpus Herméticum, à travers son récit de la Création, explique l'Adam Hermétique qui connaît certes une chute, mais qui, à la différence de celui de la Genèse, reconquière son pouvoir sur la nature par une communion magique avec le cosmos, avec le Maître du Tout et que cet Être régénéré, qui a retrouvé sa part interne de Divinité, n'est plus seulement un homme mais un Mage, c'est-à-dire à la fois un prêtre de la Religion Universelle et un médecin pour les corps et les âmes incarnées.

Le Tarot retrace en cartes, véritables “topoguides” successifs destinés à la conscience, les étapes de ce processus de réalisation de l'Être incarné et de sa réintégration, de sa réinsertion, dans le Grand Plan Cosmique.

La multiplicité innombrable des “jeu de tarots” en circulation démontre l'intérêt que lui porte les “chercheurs”, voire les passions qu'il suscite, or nous savons que, sur le chemin de La Connaissance, les passions ne sont pas les meilleurs conseillères; de surcroît, cette abondance de jeux indique qu'à chaque époque Le Livre de Thot-Hermès a subi, sous des formes diverses et variées, les influences culturelles et philosophiques de la pensée dominante, donc relative, des multiples sociétés humaines où elle s'exprimait, d'où l'intérêt d'essayer de déterminer la forme du Grand Jeu qui se rapproche le plus de “l'original”.

Beaucoup d'hypothèses ont été émises quant à l'origine du Tarot, dont aucune n'est prouvée.

Ce que nous savons avec certitude aujourd'hui, c'est que le plus ancien livre connu sous cette forme imagée est le livre de la Roue du « Yi King » (un Tarot?), composé de 64 cartes, qui serait apparu vers 3000 avant notre ère vulgaire à partir du livre sacré chinois : « Le Livre des Mutations ».

Il résulte des recherches sérieuses que, sous sa forme actuelle, le Tarot ne provient pas d'Égypte, mais qu'il a été colporté par les Tsiganes, autrement appelés Bohémiens souvent de façon péjorative, grands opératifs des sciences divinatoires en raison du caractère nomade de leurs clans ou tribus (favorisés en cela par leurs circonvolutions permanentes sur notre planète Terre en concordance avec le mouvement perpétuel de la Nature), lesquels Tsiganes sont génétiquement d'origine indo-européenne alors qu'ils ont été considérés à tort pendant longtemps comme les descendants errants des anciens égyptiens en mal de la Vieille Égypte.

L'origine historique et géographique égyptienne du Tarot n'est donc pas établie, et si la référence à la culture ancestrale de l'Égypte ancienne reste pertinente, c'est par le fait qu'il porte en lui les grands mystères des écoles du mêmes nom à l'origine des enseignements dispensés dans les temples et pyramides de la vallée du Nil.

C'est en Italie, au XVe siècle, à Milan, Ferrare et Bologne, que le Tarot dit de Marseille trouve sa pleine expansion; il rayonne ensuite sur l'Europe entière, et c'est à cette époque que sont fixés sous leur forme actuelle les Arcanes majeurs ou Triomphes; ce que nous dénommons donc le Tarot de Marseille peut être considéré comme d'origine italienne sans que cette constatation logique puisse toutefois être retenue avec certitude.

Ce qui est sûr, c'est qu'il correspond sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui à la pensée occidentale de la Renaissance italienne portée par les Maîtres du mysticisme, de l'occultisme et de l'ésotérisme, tels Pic de la Mirandole, Giordano Bruno, Léonard de Vinci et Dante, pour ne citer que ceux qui suscitent depuis longtemps mon intérêt, lesquels Maîtres de “l'étrange” ont créé ce qu'il convient d'appeler la Renaissance en reprenant sous les formes diverses des arts et des sciences les enseignements du Corpus Herméticum et de la Table d'Émeraude contenus dans le Tarot avant même que l'œuvre gigantesque de traduction et de décryptage de Marcil Ficin n'ait été entreprise.

Ce Jeu sacré, dénommé Tarot de Marseille, fut pour la première fois imprimé à Avignon pour des raisons uniquement politiques et, surtout, fiscales.

L'un des jeux de tarots les plus anciens qui serait à l'origine du Tarot dit « de Marseille » sous une forme dessinée primitive est daté de 1392 et il est connu sous le nom de Tarot de Charles VI, avec les réserves nécessairement d'usage pour un tel sujet. Ce qui signifie, aussi, que le Tarot – Livre de Thot-Hermès a été conçu par ses auteurs anonymes comme un moyen de dépôt et de transmission cryptée de la Tradition Primordiale, de la Religion Universelle originelle, pour être tenu à la disposition de ceux qui le désirent, en se montrant respectueux et compétents, et qu'il ne saurait valable ment être rattaché à un auteur, à une époque, à une culture ou à une société particulière dès lors qu'il les comprend toutes à la fois.

Quelques-uns des Maîtres passés les plus respectables et respectés, essayèrent pourtant de transcrire dans le Tarot dit de Marseille leurs connaissances acquises en le réformant ; ces tentatives sont méritoires au regard de la volonté de léguer à leurs disciples sous forme cryptée le fruit de leurs recherches et découvertes ; elles ne doivent toutefois pas se substituer à l'œuvre originale, d'autant que, malgré leurs sincérités et compétences respectives indéniables, ces maîtres passés n'étaient souvent pas d'accord entre eux quant à l'essentiel sur ce point, et que, pour certains, ils n'eurent que le souci de relier ce Grand Jeu de la Nature à une tradition donnée (kabbale hébraïque pour certains, bible pour d'autres) ce qui est par essence même une erreur dès lors, d'une part, qu'il est constant que le Tarot n'est pas issu de ces traditions particulières et ponctuelles auxquelles il s'oppose même fondamentalement en de nombreux points et, d'autre part, qu'il ne peut s'agir dans la réalisation du Grand Œuvre de réduire le Tout, aux éléments diffractés donc imparfaits et incomplets d'une culture religieuse spécifique à une race ou à une histoire particulière.

Peuvent être en ce sens cités les travaux de Court de Gébelin, Docteur Encause dit Papus, d'Oswald Wirth et d'Etteilla (de son vrai nom Alliette) dont on dit de manière absurde pour ce dernier qu'il aurait inventé la divination par le Tarot, alors que les Bohémiens, certes sous forme orale mais de manière indiscutable, l'utilisent à cette fin depuis au moins 400 ans au moment où Etteilla en développe l'usage en 1785.

Le disciple du Livre de Thot- Hermès pourra se reporter avec intérêt aux travaux des maîtres précités, en prenant garde de ne pas substituer ses interprétations personnelles à la nécessaire approche intime du Livre original de la Nature; car, in fine, ces auteurs, comme tous les autres, ont travaillé à partir du Tarot originel dit “de Marseille” et ils ont tenté avec plus ou moins de bonheur de lui ajouter ou de lui retrancher des éléments personnels en fonction de leur propre compréhension ponctuelle, donc relative.

Malgré leurs compétences et sincérité respectives, ces adeptes de l'occultisme ne se sont pas rendu compte que la traduction du Grand Livre de la Nature que constitue le Livre de Thot-Hermès ne s'interprète pas de façon générale, qu'il est lu par chaque disciple compétent en toute intimité individuelle, qu'il se suffit à lui-même sans qu'il soit nécessaire de lui apporter quoi que se soit de supplémentaire à caractère humain ou intellectuel, voire philosophique.

Point n'est donc besoin de redessiner, réécrire, réinventer le Tarot synthèse des sciences sacrées ; il suffit de s'en emparer en sa forme originelle fixée au moment de la Renaissance et de vivre en symbiose avec lui dans la durée, en étant conscient que le maître véritable dans cet accouplement d'une dimension “sur-naturelle” n'est pas celui que l'on croit.

À cet effet, l’initié s’en remettra à un Tarot de Marseille, traditionnel, et choisira préférablement une des versions d’un Tarot imagés par des initiés : Vieville, Noblet, Dodal, Payens, Burdel, Conver, ou le contesté Marteau.


ImageImage 
Noblet                 Dodal                 Burdel               
Parmi les éditions modernes, ré-édition, et rénovations de Tarots, on peut citer les travaux salutaires de Camoin-Jodorowski, de Jean-Claude Flornoy, de maître Henri Corbeau, artisan du Tarot, des éditions Dedalus et des éditions Bourg-Manoir. Ces derniers, nous proposent des Tarots de qualité, rénovés dans le respect, avec l’intention de redonner à cet instrument de divination ses lettres de noblesses...

Quelque soit le Tarot que vous choisirez, le meilleur conseil est de choisir un Tarot qui respectera l’ordre et le sens des archétypes du Tarot dit « de Marseille », donc de préférence un jeu qui respecte les préceptes du Livre de Thot-Hermès.

TAROT ET "CABBALE D’HERMÈS"

Pour la Providence ce qui est « union » ou « désunion », devient amour ou haine pour la Conscience, et plaisir ou souffrance pour le Destin.

Nous retrouvons au niveau des principes le Nombre 1, (la Providence), le Nombre 2, (la Conscience), le Nombre 3, (le Destin, et le germe transformateur).

Essayons de voir comment s’articulent ces principes sur une des plus anciennes cabbales, mais aussi une des plus incontournables ; nous parlons ici des lames du livre de Thoth (le Tarot), et de ses 22 Arcanes majeurs. 

Le livre de Thoth (le Tarot) peut paraître simple et facile et pourtant, ce principe est d’une profondeur quasi insondable...

C’est un processus fractal qui se retrouve à l’identique dans l’infiniment petit les fameux Quarks, et dans l’infiniment grand la Lumière, la Matrice Universelle, le Logos...

D’abord il convient de dire que le Nombre 1, le grand TOUT, ne se divise pas, Il ne fait que se multiplier, comme une corde qui se dédouble et donne l’impression de deux lorsqu’elle se replie sur elle même... Merveilleux symbole de l’ancienne Égypte et du dieu Ptah...

Ce grand « TOUT » est obligatoirement constitué de trois éléments indissociables, Amon-Râ-Ptah, (le « + », le « - », le « neutre »), le mâle, la femelle, l’androgyne, le père, la mère et le fils, le 1, le 2 et le 3, les plus purs symboles d’un principe que nous retrouvons chez Pythagore, qui n’en est pas l’auteur, mais le transmetteur...

1 (Potentialité) 2 (Apprentissage) 3 (Mise en Œuvre)

C’est aussi les triades Bardiques, les trois éléments fondamentaux du Yi King et encore le sage chiffre « 3 » des Tables d’Émeraude, qui ne commence jamais par le 1. C’est le mercure, le soufre et le sel des Alchimistes.

Et de ces trois fondamentaux nous obtenons le « 1 », qui les globalise, et qui devient par ce fait l’élément transformateur le 1 + 3 = 4 de la Croix, de la Tétractys, du trop sectaire YHVH, de l’INRI, de la ROTA ou du TARO.

C’est pourquoi, lorsque l’on ajoute 1 au 3 nous obtenons 4 la matérialité, qui n’est que le 1 sur un des trois plans du TOUT...

Ces trois plans qui ne sont que la perpétuation fractale du ternaire Divin, qui fait que TOUT est dans tout, nous les traduirons de la façon suivante :
- 1) La Providence, Monde mental, archétypal, causal. 
- 2) La Conscience, le monde astral, celui de la volonté, de l’ego. 
- 3) Le Destin, le monde de la matière, de la fatalité des lois de cause à effet, de l’instinct animalier. 

La Providence est irréductiblement séparée de la Destiné, l’une et l’autre, par ce principe de division, sont éternellement dissociées.

La Providence n’ayant aucune action directe sur la Destiné, et inversement.

La Conscience est l’intermédiaire qui a commerce avec les deux, le moteur du mouvement : la Volonté, la liberté.

La Providence, qui est aussi le sanctuaire des Lois de la Création, agit sur la conscience suivant le monde supérieur de l’Amour à savoir qu’elle n’impose rien, elle demande à être librement choisi et reçu par la conscience et dans ce cas la Providence devient des trois composants que sont : la Providence, la Conscience et son fils, l’âme.

La Destiné à l’inverse de la Providence exerce sa très forte domination par attraction, et dans ce cas elle impose les lois de causes à effets, de la matière et de l’incarnation, et la Conscience prisonnière de la Destiné est instinct pur.

Mais la conscience est aussi Volonté, et lorsque la Volonté se libère de la domination de la Destiné, cette dernière devient l’élément d’un ternaire, qui est constitué par la Destiné, la Conscience et son fils l’Esprit.

Ainsi, la Conscience est l’intermédiaire indissociable de la Providence, et de la Destiné, elle est dans son ternaire de Volonté constituée de :

La Conscience, l’Âme et l’Esprit. L’âme dans sa partie mentale ayant affinité avec la Providence, et dans sa partie astrale avec la Conscience.

L’Esprit dans sa partie astrale a affinité avec la Conscience et dans sa partie terrestre avec la Destiné.

Ainsi la Providence assure la prééminence des lois de la Création sur la Destiné par l’entremise de la Conscience, si bien évidemment, celle ci qui dispose du libre arbitre de la Volonté aspire à la recevoir, moyennant quoi son action dans la Destiné sera empreinte de la plus haute et la plus puissante illumination celle de la Divine Création.

Dans le cas contraire, l’expression de la Conscience dans la Destiné sera celle de l’ego de l’Esprit, et quel que soit sont élévation intellectuelle, bien que supérieure à celle de la Destiné finira toujours par être absorbée par cette dernière...

Quant à la Destiné, sans l’influence de la Conscience et de la Volonté, libérées du joug de son implacable attraction, elle est impitoyablement soumise aux lois des causes à effets qui la font retomber inéluctablement dans un cycle perpétuel de temps et de mort.

Ce schéma, nous paraît parfaitement convenir aussi bien à l’atome d’hydrogène, qu’à la galaxie la plus lointaine...

L’homme n’étant qu’un aspect de la Conscience de l’archétype universel qu’est l’Humanité l’Adam Kadmon, tout comme l’atome d’hydrogène n’est qu’un aspect de son humanité archétypale, et qui rend semblable dans ses fonctions, tous les atomes d’hydrogène de l’univers.

Lorsque l’atome d’hydrogène est dans les mâchoires de la Destiné il est eau, arbre, minéral, animal, et lorsqu’il s’élève en conscience il devient Soleil...

Alors la cabbale c’est facile 1, 2, 3 qui donne 4 et ce 4, est le 1 sur une octave différente, "le transformateur"...

Résumons : 

Disons que DIEU (le « TOUT ») se MANIFESTE au travers du TERNAIRE DIVIN: LA PROVIDENCE... LA CONSCIENCE... LE DESTIN... 

- LA PROVIDENCE est Lois de la Divine Création (Amour) et se reçoit par adhésion volontaire et confondement. 

- LA CONSCIENCE est Volonté et liberté. 

- LE DESTIN est Fatalité mais une invitation à l’affranchissement. 

Ce livre, « Le Tarot », un jeu d’enfant certes ! Mais qui mène très vite aux écuries d’Augias ! 

Quoiqu’il en soit... Providence à celui qui s’ouvre pleinement à elles!

samedi 21 juillet 2012

LE TEMPLE DES ARCANES


Bienvenue dans le TEMPLE DE TOUS LES SAVOIRS!
Bienvenue dans le Temple d'Hermès Trismégiste, le trois fois grand!
Bienvenue dans le Le Temple des Arcanes...


Comme dans tous les temples, et encore plus dans celui d'Hermès Trismégiste, il y a de très nombreuses salles et de nombreuses cours intérieures. Chacune est librement accessible aux quêteurs sincères de la Connaissance, et qui auront su se mettre en condition pour recevoir autant de lumière qu'il leur sera possible. Le Temple de Tous les Savoirs est constitué de 22 Arcanes...

À l'inverse du savoir, qui n'est qu'accumulation d'informations périssables plus ou moins obsolètes, la Connaissance n'est pas un dû mais l'ultime quête volontaire, qui demande de la part du quêteur, la culture de nombreuses vertus, comme l'effort, l'endurance, le courage, la persévérance, le discernement, l'humilité et tant d'autres, sans lesquelles il ne serait qu'un profane inculte, qui n'aurait aucune chance de parvenir à ouvrir les salles de ce Temple sacré, contenant les plus impressionnantes richesses auxquelles l'être humain peut espérer accéder au cours de sa vie, comme la Pierre Philosophale et l'élixir de longue vie, que renferme le Naos sacré du Temple d'Hermès Trismégiste.

Le Temple d'Hermès Trismégiste, ne s'adresse pas au plus grand nombre, ceux-là, après quelques clics frivoles et désinvoltes, partiront sans rien avoir recueilli et ce n'est que justice.

Les autres, le petit nombre des dignes fils d'Hermès, à force de méditation et de travail sérieux, y trouveront tous les enseignements sacrés de la plus haute initiation qui de tout temps, sont réservés à cette collectivité d'âmes de vie qui a pour particularité de respecter le libre arbitre de chacun de ses membres.

C'est par leur haut niveau de Connaissance, que les Fils d'Hermès savent qu'ils sont de plein droit membres de cette fraternité universelle, sans qu'il soit nécessaire d'appartenir à un clan, une secte, une chapelle qui les enfermeraient dans des dogmes stériles.

À chacun selon ses mérites et vertus, telle est la règle qu'impose la Divine Providence, expression de la Justice absolue.

Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie. (Tabula Smaragdina)

Voilà en quoi consiste, de notre point de vue, le véritable parcours initiatique que constitue une vie.

Laisser le lourd, l’épais, le grossier, le matérialisme aliénant du périssable et du mortel, au profit du léger, du subtil, du volatil, du spirituel, de l’esprit et de notre véritable nature immortelle.

Le but : Simple et ambitieux à la fois, dans le plus strict respect du libre arbitre, offrir à chacun selon ses aspirations, harmonies, sensibilités, ouvertures d’esprit, intuitions, la possibilité de recevoir, d’exprimer et de partager ses richesses de connaissances ésotériques, mystiques, spirituelles, au travers de textes de la grande et belle tradition Hermétique occidentale si méconnue, avec en plus l’opportunité, dans le cadre des blogs amis, d’avoir des échanges d’idées, ouverts, fraternels et enrichissants.

Affiliation : Ce blog est entièrement LIBRE de ne dépendre, ni ne défendre, ni ne soutenir aucune religion, aucun courant de pensée sectaire qu’il soit philosophique, politique ou mystique.

J'insiste sur le fait que, dans votre quête personnelle de la Vérité et de la Sagesse, rien, jamais, ne doit vous faire abandonner votre indépendance, même si parfois vous deviez la payer au prix d’une certaine solitude ... ce qui est le propre du roi dans son royaume.

"Ne te laisse pas séduire par les frères des ténèbres qui te montrent la clarté obscure.

La lumière réfléchie n’est pas la lumière solaire. Ne te laisses pas séduire par la lumière artificielle qu’on veut projeter vers toi pour te donner l’illusion que tu existes."


(cf : « Tables d’Émeraude » - Tablette VII - Thoth, Hermès Trismégiste)


Bien que le pèlerinage sur les chemins de l’Esprit soit, il est vrai, nécessairement un acte solitaire et individuel, il n’exclut pas les rencontres et les partages lors de certains bivouacs, c’est même le principal attrait du cheminement sur le Camino de la quête de Vérité.


Parfois certains sont appeler à cheminer en couple, car leurs énergies combinées font des miracles! Il s’agit d’un cheminement accordé, à certains qui sont appeler à cheminer avec leur "âme sœur" et, si c’est le cas, l’amour réciproque, inconditionnel sera alors nécessité. 
Néanmoins, même en cheminant en couple sur les voies qui mènent à notre accomplissement, il faut savoir que l’on est toujours seul avec soi même, toujours seuls à faire face aux mystères de l’infini. 


L’initié, sur cette route qui le mène à lui-même, à son propre accomplissement, ressentira toujours une profonde solitude, car d’une manière notre sort est entre nos mains, mais nous sommes toujours laissé à nous-mêmes.

C’est pourquoi les échanges, de toutes sortes, entres amoureux, mais aussi entres amis, ou entre confrères sont indispensables, voire fondamentales ; car les échanges sincères, basés sur l’amour, la confiance, la sincérité sont des sources à la fois de connaissances et d’énergies vitales.

Ce que peut nous apporter les autres, ces êtres chers, font de notre solitude d’aspirant initié, une condition moins lourde à porter ; et ce soutient nous rappelle que nous ne sommes rien seuls. (Tout ce que l’on connait, tout ce que nous sommes, nous vient des autres!)

Partager des connaissances ancestrales intemporelles, vous offrir gratuitement le fruit de mes recherches, servir la Providence en permettant à celui qui a faim de véritables nourritures spirituelles, d’en recevoir jusqu’à satiété, voilà la mission de ce blog. 


C’est ce que propose le cheminement dans le Temple d'Hermès Trismégiste, c'est-à-dire le Temple Initiatique qu’est le Tarot.

Donner généreusement sans rien attendre en retour, est le seul véritable acte d’Amour...

Le vice se vend, 
la vertu ne s’achète pas...
Les Secrets des Arcanes ne sont pas à vendre...
Les Secrets sont à ceux qui savent écouter, recevoir et transmettre

Bienvenue dans le TEMPLE DE TOUS LES SAVOIRS!

jeudi 19 juillet 2012

LA TABLE D'ÉMERAUDE


Planche représentant une version latine de la Table d’émeraude gravée sur un rocher dans une édition de l’Amphitheatrum Sapientiae Eternae (1610) de l’alchimiste allemand Heinrich Khunrath.

La Table d’émeraude (« Tabula Smaragdina » en latin) est un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique. C’est un texte très court, composé d'une douzaine de formules allégoriques et obscures, dont la fameuse correspondance entre le macrocosme et le microcosme : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Selon la légende, elle présente l’enseignement d’Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l'alchimie, et aurait été retrouvée dans son tombeau, gravée sur une tablette d’émeraude. La plus ancienne version connue se trouve en appendice d’un traité arabe du VIème siècle. Traduite en latin peu après, elle fut commentée par de nombreux alchimistes au Moyen Âge et surtout à la Renaissance.

Après le discrédit scientifique de l'alchimie et le développement de la chimie moderne au XVIIIème siècle, elle a continué à fasciner occultistes et ésotéristes.

Historique 

À partir du 3ème ou du 2ème siècle av. J.-C., on voit apparaître dans l'Égypte hellénistique des textes grecs attribués au personnage mythique d'Hermès Trismégiste, détenteur de toutes les connaissances. Il s'agit d'un ensemble hétéroclite de textes (les « Hermetica ») à caractère parfois alchimique, mais aussi magique, astrologique ou médicinal, qui culmine avec les traités mystico-philosophiques du « Corpus Hermeticum » du 2ème ou 3ème siècle.

Dans l'un d'eux, la « Koré Kosmou » (la « pupille du monde »), Hermès grave et cache ses enseignements avant de remonter au ciel « afin qu'eût à les chercher toute génération née après le monde ».

En 640, l'Égypte, devenue entre temps chrétienne et byzantine, est conquise par les Arabes qui vont perpétuer la tradition hermétique et alchimique dans laquelle s'inscrit la Table d'émeraude.

Jusqu'au début du XXème siècle, on ne connaissait que des versions latines de la Table d’émeraude, les plus anciennes remontant à 2 siècles av. J.C. Ce sont l’historien des sciences anglais E.J. Holmyard (1891-1959) et l’orientaliste allemand Julius Ruska (1867-1949), qui en ont retrouvé les premières versions arabes.

Les manuscrits arabes

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Une page du « Secrets des Secrets » (Kitâb Sirr al-asrâr), avec deux tableaux permettant de déterminer si un patient va vivre ou mourir en fonction de la valeur numérique de son nom.

La Table d'émeraude a été retrouvée sous différentes versions dans une vingtaine de manuscrits arabes médiévaux. La plus ancienne version figure en appendice d’un traité qui aurait été composé au vie siècle, le « Livre du Secret » de la Création, Kitâb sirr al-Halîka (et dont on a une copie datant de 825).

Ce texte se présente comme une traduction du grec d’Apollonius de Tyane, sous son nom arabe Balînûs. L’hypothèse d'un original grec (peut-être du ive siècle) est vraisemblable, même si aucun manuscrit n'a été retrouvé; l'attribution à Apollonius, quoique fausse (pseudépigraphique), est courante dans les textes arabes médiévaux de magie, d’astrologie ou d’alchimie.

L’introduction du Livre du secret de la Création est un récit qui explique notamment que « toutes choses sont composées de quatre principes élémentaires, le chaud, le froid, l’humide et le sec » (les quatre qualités d'Aristote), dont les combinaisons expliquent les « rapports de sympathie et d’antipathie entre les êtres ». Balînûs « maître des talismans et des merveilles » pénètre dans une crypte sous la statue d’Hermès Trismégiste et y trouve la tablette d’émeraude entre les mains d’un vieillard assis, et un livre.

Le cœur de l’ouvrage est pour l'essentiel un traité alchimique où on trouve notamment pour la première fois l'idée que tous les métaux sont constitués à partir du soufre et du mercure, théorie fondamentale de l’alchimie au Moyen Âge.

Le texte de la Table d’émeraude vient en dernier, comme en appendice, et un des problèmes de son interprétation est de savoir s’il s’agit d’une pièce rapportée, de portée uniquement cosmogonique, ou bien s’il forme un tout avec le reste de l'ouvrage, auquel cas il a dès l'origine une signification alchimique.

L’émeraude est la pierre traditionnellement associée à Hermès, comme le mercure est son métal, Mars étant associée aux pierres rouges et au fer, Saturne aux pierres noires et au plomb.

Dans l'Antiquité, Grecs et Égyptiens désignaient comme émeraude la plupart des minéraux de couleur verte (jaspe vert et même granit vert), et au Moyen Âge c'était le cas pour des objets en verre coloré, comme la « Table d'émeraude » des rois wisigoths ou la « Sacro Catino » de Gênes (un plat dont s'emparèrent les croisés lors du sac de Césarée en 1011, et qui passait pour avoir été offert par la Reine de Saba à Salomon et avoir servi lors de la Cène).

Cette version de la Table d’émeraude se retrouve aussi dans le Kitab Ustuqus al-Uss al-Thani (Livre élémentaire du fondement) attribué à l’alchimiste du viiie siècle Jâbir ibn Hayyân, connu en Europe sous le nom de Geber.

Une autre version se trouve dans un livre hétéroclite du xe siècle le « Secrets des Secrets » (Sirr al-asrâr), qui se présente comme une pseudo-lettre d’Aristote à Alexandre le Grand pendant la conquête de la Perse, et qui traite de politique, de morale, de physiognomonie, d’astrologie, d’alchimie, de médecine... Le texte est là-aussi attribué à Hermès mais sans le récit de la découverte de la tablette.

Le topos littéraire de la découverte de la sagesse cachée d'Hermès se retrouve dans d'autres textes arabes des environs du xe siècle. Notamment dans le « Livre de Cratès » : alors qu'il se trouve en prière dans le temple de Sérapis, Cratès, un philosophe grec, a la vision d'« un vieillard, le plus beau des hommes, assis dans une chaire ; il était revêtu de vêtements blancs et tenait à la main une planche de la chaire, sur laquelle était placé un livre [...]. Quand je demandais quel était ce vieillard, on me répondit : “C'est Hermès Trismégiste, et le livre qui est devant lui est un de ceux qui contiennent l'explication des secrets qu'il a cachés aux hommes.” ».

C'est aussi le cas dans le texte connu sous le nom latin deTabula Chemica de Senior Zadith, c'est-à-dire l'alchimiste arabe Ibn Umai, dans lequel une table de pierre, repose sur les genoux d'Hermès Trismégiste, dans la chambre secrète d'une pyramide. Ici la table n'est pas gravée d'un texte mais de symboles « hiéroglyphiques ».

Les versions latines

Le livre du secret de la création fut traduit en latin (« Liber de secretis naturae ») au début du xiie siècle par Hugues de Santalla, mais cette version de la Table d’émeraude ne fut pas très répandue.

Le « Secretum Secretorum » est traduit en latin en version courte par Johannes Hispalensis ou Hispaniensis (Jean de Séville) vers 1140, puis en version longue par Philippe de Tripoli vers 1220, et est un des livres les plus célèbres du Moyen Âge.

Une troisième version latine se trouve dans un traité d’alchimie datant probablement aussi du xiie siècle (mais dont on ne connaît pas de manuscrit avant le xiiie ou le xive siècle), le « Liber Hermetis de alchimia » (Livre d’alchimie d’Hermès). C'est cette version, dite « vulgate » qui est la plus répandue.

Texte latin et texte français 

Tabula smaragdina Hermetis Trismegisti :

« Verum, sine mendacio, certum et verissimum : quod est inferius est sicut quod est superius; et quod est superius est sicut quod est inferius, ad perpetranda miracula rei unius. Et sicut omnes res fuerunt ab uno, meditatione unius, sic omnes res natae fuerunt ab hac una re, adaptatione. Pater ejus est Sol, mater ejus Luna; portavit illud Ventus in ventre suo; nutrix ejus Terra est. Pater omnis telesmi totius mundi est hic. Vis ejus integra est si versa fuerit in terram. Separabis terram ab igne, subtile a spisso, suaviter, cum magno ingenio. Ascendit a terra in coelum, iterumque descendit in terram, et recipit vim superiorum et inferiorum. Sic habebis gloriam totius mundi. Ideo fugiet a te omnis obscuritas. Hic est totius fortitudine fortitudo fortis; quia vincet omnem rem subtilem, omnemque solidam penetrabit. Sic mundus creatus est. Hinc erunt adaptationes mirabiles, quarum modus est hic. Itaque vocatus sum Hermes Trismegistus, habens tres partes philosophiæ totius mundi. Completum est quod dixi de operatione Solis. » 

La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste :
père des Philosophes (traduction de l’Hortulain) 

« Il est vrai, sans mensonge, certain, & très véritable: Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose. Et comme toutes les choses ont été, & sont venues d’un, par la méditation d’un : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent l’a porté dans son ventre ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel, et derechef il descend en terre, & il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et pour cela toute obscurité s’enfuira de toi. C'est la force forte de toute force : car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront & sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. C’est pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que j’ai dit de l'opération du Soleil est accompli, et parachevé. » 



La découverte de la Table d'Hermès dans l’« Aurora consurgens »

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La Table d'émeraude et sa découverte légendaire sont citées pour la première fois dans son De essentiis (1143) par Herman de Carinthie, ami de Robert de Chester, le traducteur en 1144 du Liber de compositione alchimiæ considéré comme le premier traité d'alchimie en occident.

On la retrouve dans le De mineralibus d’Albert le Grand, vers 1256. Vers 1275-1280, Roger Bacon traduit et commente le Secret des Secrets, et par une interprétation entièrement alchimique de la Table d’émeraude, en fait un résumé allégorique du Grand Œuvre.

Le commentaire le plus connu est celui de l'Hortulain, alchimiste dont on ne sait presque rien, dans la première moitié du xive siècle : « Moi donc Hortulain, c'est-à-dire jardinier, [...] j'ai voulu mettre en écrit la déclaration et explication certaine des paroles d'Hermès, père des philosophes, quoiqu'elles soient obscures ; et déclarer sincèrement toute la pratique de la véritable œuvre. Et certes il ne sert de rien aux philosophes de vouloir cacher la science dans leurs écrits, lorsque la doctrine du Saint Esprit opère ».

Ce texte se situe dans la lignée de l'alchimie symbolique qui se développe au xive siècle, avec notamment les textes attribués au médecin catalan Arnaud de Villeneuve), qui poussent la comparaison allégorique entre les mystères chrétiens et les opérations alchimiques.

Dans le commentaire de l'Hortulain, dépouillé de considérations pratiques, le grand œuvre est une imitation de le création divine du monde à partir du chaos : « “Et comme toutes choses ont été et sont venues d'un par la méditation d'un” : Il [Hermès Trismégiste] donne ici un exemple disant : comme toutes choses ont été et sont sorties d'un, c'est à savoir, d'un globe confus “par la méditation”, c'est-à-dire, par la pensée et création d'un, c'est-à-dire, de Dieu tout-puissant. » Le soleil et la lune représentent l'or et l'argent alchimiques.

La Tabula Chemica de Senior, dans laquelle la table est gravée de symboles, est traduite dès le xiie siècle ou le xiiie siècle. Et à partir de 1420, de larges extraits en sont repris dans un texte illuminé, l’Aurora consurgens, qui est l'un des tout premiers cycles de symboles alchimiques.

Une des illustrations montre la découverte de la table d'Hermès, dans un temple surmonté d'aigles sagittaires (représentant les éléments volatils). Ce motif est fréquemment repris dans les imprimés de la Renaissance, et est l'expression visuelle du mythe de la redécouverte du savoir antique — la transmission de ce savoir, sous forme de pictogrammes hiéroglyphiques lui permettant d'échapper aux déformations de l'interprétation humaine et verbale. 

De la Renaissance aux Lumières 

À la Renaissance s'impose l'idée qu'Hermès Trismégiste est le fondateur de l'alchimie, en même temps que la légende de la découverte évolue et s’entremêle aux récits bibliques. C'est notamment le cas à la fin du xve siècle dans le Livre de la philosophie naturelle des métaux du pseudo-Bernard le Trévisan : « Le premier inventeur de cet Art ce fut Hermès le Triple : car il sut toute triple philosophie naturelle, savoir Minérale, Végétale et Animale ». Il retrouve après le déluge, dans la vallée d’Hébron, celle où Adam vivait après avoir été chassé du paradis terrestre, sept tables de marbre sur lesquelles sont gravés les principes des sept arts libéraux. Il en tire un bref ouvrage (qui reproduit le début de la Table d’émeraude), qui passe à son disciple Pythagore, puis à Platon, Aristote et enfin à Alexandre le Grand.

Ainsi, la sagesse antédiluvienne s’est transmise, indépendamment de la révélation faite à Moïse au Sinaï.  Elle évolue encore avec Jérôme Torella, dans un livre d’astrologie Opus Praeclarum de imaginibus astrologicis (Valence, 1496), où c’est Alexandre le Grand qui, en se rendant à l’oracle d’Amon en Égypte, découvre une Tabula Zaradi dans le tombeau d’Hermès. Cette histoire est reprise par Michael Maier, médecin et conseiller de l’« empereur-alchimiste » Rodolphe II dans son symbola aureae mensae(Francfort, 1617), et qui se réfère à un "Liber de Secretis Chymicis" attribué à Albert le Grand. La même année, il publie le célèbreAtalanta Fugiens (Atalante fuyante), illustré par Théodore de Bry de cinquante emblèmes alchimiques, chacun accompagné d’un poème, de la partition d'une fugue et d’explications alchimiques et mythologiques. Les deux premiers emblèmes illustrent un passage de laTable d’émeraude : « le vent l’a porté dans son ventre ; la terre est sa nourrice », et le texte explicatif commence par « Hermès, le plus diligent explorateur de tout secret naturel, dans sa Table d’émeraude, décrit parfaitement, bien que brièvement, l’œuvre de la nature. ».

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1er emblème de l’Atalanta Fugiens : le vent l’a porté dans son ventre. 

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2e emblème de l’Atalanta Fugiens : sa nourrice est la terre.

La "Tabula Smaragdina Hermetis"


L’emblème hermétique de la Tabula Smaragdina Hermetis

À partir de la fin du XVIème siècle, la Table d’émeraude est souvent accompagnée d’une figure symbolique, appelée Tabula Smaragdina Hermetis.

Cette figure est entourée d’une acrostiche en latin « Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem » (« visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée »), dont les sept initiales forment le mot VITRIOL (ancien nom de l’acide sulfurique).

En haut le soleil et la lune se déversent dans une coupe au-dessus du symbole du mercure. Autour de la coupe mercurielle, les quatre autres planètes, association classique entre les sept planètes et les sept métaux : Soleil/Or, Lune/Argent, Mercure/mercure, Jupiter/étain, Mars/fer, Vénus/cuivre, Saturne/plomb, qui étaient aussi reliés par des couleurs traditionnelles (or, argent, gris, bleu, rouge, vert, noir) aux sept mots de l’acrostiche dans les premières versions du symbole.

Au centre, figurent un anneau et un globe impérial, et en bas les sphères du ciel et de la terre (autant d’allusions au macrocosme et au microcosme). Trois écussons représentent d'après le poème les trois principes (tria prima) de la théorie alchimique de Paracelse par les associations Aigle/Mercure/Esprit, Lion/Soufre/Âme et Étoile/Sel/Corps.

Enfin deux mains prophétiques encadrent l’image et « attestent par serment le vrai fondement et la vraie doctrine ».

La plus ancienne reproduction connue est la copie datée de 1588-89 d'un manuscrit circulant alors de façon anonyme et écrit probablement dans la seconde moitié du xvie siècle par un paracelsien allemand. L’image était alors accompagnée d’un poème alchimique didactique en allemand, intitulé Du secret des sages, probablement du même auteur. Le poème en explique la symbolique en relation avec le Grand Œuvre, et les objectifs classiques de l'alchimie : fortune, santé et longue vie. Elle était seulement secondairement accompagnée du texte de la Table d’émeraude. Mais très rapidement, au cours du XVIIème siècle, le poème d’accompagnement disparaît dans les reproductions imprimées, et l’emblème devient, jusqu'à l'époque moderne, sous le nom de Tabula Smaragdina Hermetis, le symbole, ou la représentation graphique, de la Table d’émeraude, aussi antique qu’elle.

Ainsi par exemple en 1733 selon l’alchimiste Ehrd de Naxagoras (Supplementum Aurei Velleris), on fit à la mort d’Hermès une « plaque d’émeraude précieuse », gravée d’inscriptions et du symbole, et retrouvée dans la vallée de l’Ébron par une femme nommée Zora. On situe cette emblème dans la tradition mystérieuse des hiéroglyphes égyptiens, et dans l’idée des platoniciens et alchimistes de la Renaissance que les « secrets les plus profonds le nature ne pouvaient être exprimés de façon appropriée que suivant un mode de représentation obscur et voilé ».